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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

Publié le par Lurker
Publié dans : #Initiations
« Cantique des montées. De David. Voyez!
 Qu'il est bon, qu'il est doux
 d'habiter en frères tous ensemble!
C'est une huile excellente sur la tête,
qui descend sur la barbe, qui
 descend sur la barbe d'Aaron,
sur le col de ses tuniques.
C'est la rosée de l'Hermon, qui descend sur les hauteurs de Sion;
là,  YHVY a voulu la bénédiction, la vie à jamais. »
Psaume 133

Le grade d'Apprenti est mentionné dans les manuscrits les plus anciens, tel celui d'Edinburgh ( 1696 ) qui propose un système à trois dénominations  dont le premier est celui d' « Apprenti-entré », terme que l'on retrouvera plus tard dans les constitutions d'Anderson et qui reste en usage à la Grande Loge Unie d'Angleterre. Le Grade d'Apprenti maçon est probablement le plus vieux de la Franc-maçonnerie, il est aussi le plus bas de la hiérarchie des grades maçonniques, paradoxalement c'est aussi, probablement, celui qui offre le plus riche thésaurus symbolique.

Note :
Le texte du manuscrit d'Edinburgh ( Ms 1696 ) indique« Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'Apprenti entré. Mais pour être un Maître maçon ou compagnon du métier il y a plus à faire, et c'est ce qui suit. Si nous avons utilisé le terme de « dénomination » c'est afin de bien indiquer qu'il ne s'agit très probablement pas ici de « grades » tels que l'on peut les connaître aujourd'hui. Pour ce qui concerne la position des Apprentis, ou « prentice », selon les cas, celle-ci est très bien identifiée tel que nous l'indiquons. Les grades de Compagnon et de Maître, posent parfois quelques soucis d'interprétation dans la mesure où les anciens textes mêlent les termes. En effet, la maçonnerie « opérative », c'est à dire la maçonnerie de métier, ne connaît formellement qu'un seul grade, celui de « compagnon » qui est celui utilisé pour désigner les ouvriers qualifiés. Ce terme est d'ailleurs repris encore de nos jours dans la franc-maçonnerie anglaise puisqu'elle se nomme elle-même « fellowcraft », c'est à dire « groupe de compagnon » dans le sens « compagnonnage ». Le Maître est alors le qualificatif relatif à une fonction, celle de « président » de l'assemblée, de « Maître d?ouvrage » ou de « directeur de chantier » ce qui se conçoit tout à fait dans un système comme celui de la Grande Loge Unie d'Angleterre où existe un grade de « past master », c'est à dire de « Passé Maître" - Rien n'indique s'il s'agit de qualifier celui qui a été "Maitre de la Loge" ou s'il est fait référence à ce qui est devenu le Grade de "Past Master" dans la maçonnerie de Marque - A mon avis, il serait bon de privilégier la première option.

Dans ce manuscrit d'Edinburgh, la cérémonie de réception décrite s'avère particulièrement légère quant à sa rituélie. Il n'y a pas, comme dans le rituel "Emulation" aujourd'hui, de voyages, mais deux saluts précédant deux sorties durant lesquelles le plus jeune Apprenti enseigne les attouchements et les « postures » au demandeur, à la suite de quoi « le Maître lui donne le mot et lui serre la main à la manière des maçons, et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon. »

Manuscrit des Archives d'Edinburgh.
1696    La manière de donner le mot du maçon.
Tout d'abord vous devez faire agenouiller la personne qui va recevoir le mot, et après force cérémonies destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa damnation, et qu'aussi bien les maçons ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit :
Par Dieu lui-même; et vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit ; vous ne le mettrez jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun autre instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est avec un maçon entré ; ainsi que Dieu vous soit en aide.
Après qu'il a prêté le serment, on l'emmène hors de la compagnie, avec le plus jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces ridicules. il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre, ce qui est le signe, et les postures et paroles de .son entrée, qui sont comme suit :
Quand il rentre dans la compagnie, il doit d'abord faire un salut ridicule, puis le signe, et dire : Dieu bénisse l'honorable compagnie. Puis, retirant son chapeau d'une manière très extravagante qui ne doit être exécutée que dans ces circonstances (comme le reste des signes), il dit les paroles de son entrée, qui sont comme suit :
Me voici, moi le plus jeune et le dernier Apprenti entré, qui viens de jurer par Dieu et saint Jean, par l'équerre, le compas et la jauge commune, d'être au service de mon Maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes marées, où nul ne saura [qu'est ma tombe].
Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.
Ensuite, tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au Maître maçon, qui donne le mot à l'Apprenti entré.
Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'Apprenti entré. Mais pour être un Maître maçon ou compagnon du métier il y a plus à faire, et c'est ce qui suit.
Tout d'abord, tous les Apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des Maîtres. Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite, il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maçon pour apprendre les postures et signes du compagnonnage, puis, en rentrant, il fait le signe des Maîtres et dit les mêmes paroles d'entrée que l'Apprenti, en omettant seulement la jauge commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par le plus jeune comme précédemment, après quoi le nouveau maçon doit avancer et prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure au plus ancien maçon : les dignes Maîtres et l'honorable compagnie vous saluent bien, vous saluent bien, vous saluent bien.

Cette brève cérémonie qui contient déjà quelques éléments de ce qui constitue aujourd'hui la Cérémonie d'Initiation, porte le nom d' « entrée » ( entrie ). Ce terme est repris des « Statuts Schaw  », connu des historiens de la maçonnerie comme formant le premier véritable « encadrement » législatif de la maçonnerie et qui, un siècle plus tôt faisaient nettement la distinction entre l' « Apprenti reçu » et l' « Apprenti entré ». Le premier terme désignait le néophyte admis à recevoir l'enseignement, par un Maître, sans que cette admission donne lieu à un formalisme particulier sinon l'enregistrement sur le cahier de la Loge d'appartenance de ce dernier. Suffisamment instruit, l' « Apprenti reçu » pouvait alors prétendre à « entrer » et, dès lors, subissait les épreuves que nous venons d'indiquer et acquérait un statut lui conférant un minimum d'initiative professionnelle.

Il n'existe plus, actuellement, que des « Apprentis entrés », « entered Apprentice », terme utilisé dans les Constitutions d'Anderson et qui survit encore auprès des Loges d'Angleterre et dans certaines pratiques rituelles. De même, les pratiques maçonniques ont largement évoluées ; la cérémonie est devenue plus conséquente et plus riche d'un thésaurus provenant de nombreuses pratiques traditionnelles d'occident et d'orient ; religieuses, chrétiennes, judaïques ; influencées d?ésotérisme. Tout cela emprunté aux mythes et mystères de l'antiquité, apporté par les Rose+Croix du XVIIème siècle et les symbolistes du XIXème.

Sur ces points, nous ne saurions trop recommander la lecture d'ouvrages historiques. Les différentes études et recherches sur le sujet sont assez nombreuses. Il faut néanmoins bien comprendre que la recherche des filiations historiques s'avère fort différente de l'étude de la symbolique qui est ici notre propos. En effet, la maçonnerie opérative n'était rien d'autre qu'une guilde de bâtisseurs chrétiens et les statuts les plus anciens apparaissent plus comme des « devoirs de bonne conduite », des « règlements intérieurs » que comme des viatiques mystiques chargés d'un passé traditionnel et ésotérique profond. Il suffit, pour s'en convaincre, de se plonger dans le « Regius », « le manuscrit Sloane » ou celui des archives « d'Edinburgh ». Les « statuts Schaw » sont des règlements de métier et les « constitutions d?Anderson », un acte de naissance doublé d'une profession de foi déiste bien souvent remise en cause. En fait, il fallut attendre l'affiliation des scientifiques illuminés du XVIIème siècle tels Elias Ashmole initié en 1648 et la vague de l'illuminisme rhénan qui donna naissance aux Rose+Croix et précéda la guerre de Trente ans pour que la maçonnerie se dote d'un réel corpus Traditionnel. Ce lien puissant entre la Rose+Croix et la maçonnerie se retrouve en forme de témoignage dans un curieux poème de Henry Adamson, « The Muses Threnody » publié à Edinbourgh en 1638,  dont le thème principal est la construction d?un pont enjambant la rivière Tay, près de Perth en Ecosse :

"For we be brethren of the Rosie Cross ;
We have the Mason Word and the second sight,
Things for to come we can foretell aright."

"Pour ce que nous sommes frères de la Rose Croix ;
Nous avons le Mot de maçon et la seconde vue,
Nous pouvons prédire les choses à venir"

Note :
Les statuts Schaw sont répertoriés comme écossais par A. E. Waite: dans son « Encyclopedy. of Freemasonry »1598 -1599, dates des STATUTS SCHAW, lois et codes promulgués par William Schaw, décrit comme Maître des Travaux du Roi et Surveillant Général des Maçons. Un des statuts concerne le Métier en général et l'autre la Loge de Kilwinning en particulier. Cité par les deux parties dans la controverse sur la préséance de Kilwinning, dite Loge en Chef sur Mary's Chapel, dite Loge Principale.

Les éléments dont nous parlons ici sont liés à une perception particulière de l'idée du Verbe fait chair, de l'épiphanie, définie dans l'occident chrétien comme la cause active de toute la vie et par laquelle ce Verbe se retrouve intermédiaire entre un Dieu parfaitement immanent dans son aspect d'Architecte Universel (on notera que le concept d'Architecte est différent de celui de Créateur) et une communauté créée non plus par miracle, mais selon des plans mécaniques qu'elle se donne pour tache ultime d'expliquer et c'est ici en grande partie le thesaurus Rose+Croix. Parce que  de cette explication ultime viendra la rencontre avec l'Architecte, mais surtout la réponse à la question de savoir qui est l'Homme. D'être à même de le comprendre. Cette nuance fondamentale de la pensée maçonnique par rapport à la pensée chrétienne est assez importante pour être soulignée car elle apparaît en permanence dans le parcours des Loges dites Bleues  elle se reflète particulièrement dans la formulation dont on comprend bien la relation avec les trois premiers grades selon un ordre que l?on peut exprimer :

APPRENTI COMPAGNON MAITRE
Via Purgativa Via Contemplativa Via Unitiva
Audi, Vide, Tace Quarite et Invenietis Fiat Lux, et Lux fuit.


Le parcours devient tout à fait clair, de même ses relations de cause à effet. Les mots et le silence sont tout autant le véhicule de la pensée que la voie vers la Lumière qui devient, dans cet ordre d'idée, l'expression du silence. C'est, en quelque sorte ce qui est sous-entendu dans la première épître de Saint Jean : « ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont palpé du Logos de la vie; la vie s'est manifestée; nous avons vu, nous attestons..."  L'Apprenti Maçon se voit devenir, se transformer par une transmutation qui lui permettra de se rencontrer, de se multiplier pour redevenir Un. De la même manière, l'Eternel s'est regardé, ainsi il s'est créé, a pris forme, et dans cette théogonie, a retrouvé son double après s'être replié et s'être parlé dans le silence. Cette symbolique du double est très importante, en effet, la franc-maçonnerie initiatique ne propose rien d'autre que la découverte de soi, la stéréotomie de la pierre brute pour utiliser les termes des bâtisseurs, afin que celle-ci, cet homme, trouve sa place. Comment mieux exprimer ce retour à l'Unité sinon en constatant que l'Eternel était multiple lors de la Création et que cette multiplicité s'est étendue à chaque élément du monde  lequel devient complexe, mais aussi mécanique. Cette idée se traduit nécessairement, à un moment ou à un autre, par l'illusion qu'il suffit de comprendre le monde pour comprendre Dieu. C'est le type de notion qui donne lieu, par extension, au rationalisme de la recherche scientifique. Un état d'esprit tel que celui traduit par René DESCARTES, qui n'était pas Franc-Maçon, dans ses discours : "Et me résolvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-même, ou bien dans le grand livre du monde, j'employai le reste de ma jeunesse à voyager,[...] à fréquenter des gens de diverses humeurs et conditions, à recueillir diverses expériences, à m'éprouver moi-même dans des rencontres que la fortune me proposait, et partout à faire telle réflexion sur les choses qui se présentaient, que j'en pusse tirer quelque profit."



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Publié le par Lurker
Publié dans : #Initiations
"Ce qu'un homme ne sait pas ou ce dont il n'a aucune idée
se promène dans la nuit à travers le labyrinthe de l'esprit
"
Goethe


Sont petits Mystères, les mystères de l'Homme et les mythes relatifs au cycle de Mort-Renaissance, pour la Franc-Maçonnerie il s'agit du thésaurus des trois premiers grades et d'une grande partie des hauts-grades Ecossais, bref, tout ce qui touche à la légende d'Hiram.

Ces mystères concernent tout ce qui correspond au monde visible, identifiable et « mythifiable ». Le solstice d'été est en relation avec les « petits mystères » parce que la chaleur, la Lumière et la Vie sont identifiables : « le monde est ce qu'il est et je cherche à le comprendre ».

C'est l'Eau sur la Terre ( Hexagramme n° 8 du Yi King ).

En haut K'an : L'Insondable, l'Eau
En bas K'ouen : Le Réceptif, la Terre

Les eaux sur la terre unissent leurs cours chaque fois qu'elles le peuvent, comme dans la mer où tous les fleuves se rassemblent. C'est le symbole de la solidarité et sa loi. Cette idée est confirmée par le fait que tous les traits sont faibles... jusqu'à la cinquième place. Les faibles s'unissent pour s'entr'aimer parce qu'ils subissent l'influence de la volonté ferme à la place d'autorité qui est leur point de réunion. C'est l'image de la Chaîne d'Union. Mais cette personnalité forte du cinquièle trait, dit, "maître de l'hexagramme" qui dirige les travaux et conserve l'union avec les autres hommes grâce auxquels elle trouve un complément de sa propre nature.


Les petits mystères sont le Passé et le Futur.

Sont Grands mystères, ceux relatifs à la Connaissance du Sacré. C'est à dire ce qui se passe entre la Mort et la Renaissance.

Pour la Franc-Maçonnerie, on peut retrouver une partie de ces préoccupations dans ce qui relève des Ordres de Sagesse. Tout ce qui détermine d'une quête de la nature profonde du « Sacré », ce qui définit ou permet d'approcher la nuance contenue dans le "en principe",  « in illo tempore », de l'Evangile de Jean.

La Saint Jean d'Hiver correspond aux Grands Mystères. Le solstice d'Hiver est en relation avec eux pour ce que la Nature cache en son sein de mystères, c'est la Terre qui cache les Eaux.Ces Mystères sont déterminant de tout ce qui est  relatif au « pourquoi » de la Création, à la rétractation et à l'« éclatement » d'Elohim ( forme plurielle ) dans le « Tsim Tsoum ».

Si le monde était différent peut être n'en ferions nous pas partie.

Pourquoi le Monde est-il ce qu'il est ?

Les Grands Mystères définissent la nature improbable du Présent.

La question fondamentale posée par les Grands Mystères est la suivante : la Lumière brillait dans les Ténèbres et les Ténèbres ne l'ont-ils  point reçue ou point gardée.


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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles

"Il y avait un homme connu pour tout ce qu'
Il avait oublié en prenant le bateau:
Sa montre, ses bijoux, son parapluie, ses bagues,
Et les hardes acquises en vue du voyage

La perte de ses hardes importait peu, puisqu'
En arrivant à bord, il portait sept vestons
Et trois paires de chaussures; mais le pis est qu'
Il avait oublié totalement son nom."
Lewis Carrol - La chasse au snark


Quel peut bien être cet homme et quel genre de voyage a-t-il entrepris. Est-il bien sûr que ce voyage soit le bon, celui pour lequel il n'existe que sa vie ?
Pour quelle route un tel viatique est-il nécessaire qu'il faille oublier jusqu'à son nom pour la parcourir ?
Êtes-vous bien sûr de n'avoir rien oublié en route, de n'avoir pas voulu prétendre franchir des caps qui n'étaient que l'illusion de bornes sur la route. Aimez vous les oranges pour leur aspect ou pour les vitamines invisibles qu'elles vous procurent ?
Vous qui en êtes à ramasser les pierres taillées sur le bord des chemins alors que vous pensez les tailler vous-même, vous devez connaître les réponses... vous devez aussi savoir que peu importe l'arrivée ou le départ.
Il y a une route... On la prend bien souvent sans savoir ce qu'il en coûte, comme on se prend la tête entre les mains ou les pieds dans le tapis et nos estimations de sa longueur sont toujours erronées. Comme les estimations de nos chagrins, de nos amours, on y va à grand coups de jamais et de toujours et on s'arrête en route... Blasés... Certains... Victorieux... Orgueilleux... Meurtris... ou, pire, Humbles.., Misérables... Les pires formes de l'orgueil, celles de l'exemple, celles de la démonstration, de l'affirmation, de la bonne conscience, de la foi en soi, en ce que l'on touche, en ce que l'on sait, en oubliant ce que l'on ignore, en parlant  du passé pour justifier l'avenir ou pour le fustiger. Bref, comme le chien que l'on croise sur la route, on se laisse mener par la queue, parce que celle là, au moins, on est sûr qu'elle existe....

On croit pouvoir signaler au chef de gare l'heure d'arrivée du train et lorsque celui-ci n'est pas à l'heure, c'est qu'il est en retard. En est-on bien sûr... Ne s'agit-il pas plutôt d'une illusion, l'horloge est restée dans nos bagages comme celle du chasseur de Snark, et nous ne savons plus très bien dans quelle gare... Il y en a tellement. Mais, peu importe, seule compte l'arrivée, du moins, l'impression de l'arrivée. Les baisers sucrés du passage des mots.
Alors, on lève les yeux pour  prendre à témoin l'invisible chef de gare et l'on se rend soudain compte que rien n'est plus beau qu'un ciel sans étoile, d'un bleu limpide, très chaud à la fragilité d'un voile.
On y voit très loin, jusqu'au matin, comme des lignes sur la peau, c'est un espace sans fin.
Au début de l'enseignement, tous les étudiants sont généralement étonnés de voir que les récits qu'ils font de leurs expériences n'éveillent guère de curiosité chez ceux qui ont déjà reçu une formation du même ordre. Voire, que ceux-ci leur demandent de se taire... Pour quoi faire, puisque la parole crée des mondes...?
Le plus sain, pour eux, serait  certainement de garder le silence sur ce qu'ils ont ressenti et de parler uniquement  de la difficulté ou de la facilité qu'ils éprouvent à pratiquer les règles de conduite. Non pas face aux règles elles-mêmes, mais face à la difficulté que l'on peut ressentir à les rompre... Qui sommes nous pour détruire le monde ?
Pour juger de nos progrès, celui qui a déjà subi une formation puise à de tout autres sources qu'à ce que les néophytes disent d'eux mêmes. En fait, dans la plupart des cas, celui-ci apprend de celui-là, mais, cela a toujours pour résultat de nous durcir alors que nous devrions rester essentiellement souples et flexibles.
La vie ne serait-elle pas un long fleuve tranquille ?

Un exemple: supposons que j'apprenne une nouvelle et qu'aussitôt, je ne forge un jugement, une opinion à ce sujet. Si, peu de temps après, j'apprends sur le même événement d'autres nouvelles qui contredisent la première, me voici forcé de modifier mon jugement. La chose eût été tout autre Si je m'étais tu, intérieurement dans mes pensées, extérieurement dans mes paroles, jusqu'à ce que je fusse assez sûrement documenté pour édifier mon jugement.
Ce qui doit devenir notre caractéristique, c'est la manière circonspecte de former et de formuler des jugements. Ce qui  peut être une caractéristique des voyages du Compagnon, c'est, peut être, de construire le monde puisque dans l'analyse des rêves, l'Homme est généralement l'expression de l'univers.
Nous sommes ici ailleurs et non pas autre part. Pour en revenir au voyage que vous allez entamer, j'aimerais vous parler, une fois n'est pas coutume, de l'Évangile de Jean. Pas pour y faire référence et vous resservir à une nouvelle sauce le Logo, la Lumière et les Ténèbres. Il est bien entendu qu'au rite français, le Logo est le petit signe typographique qui désigne une entreprise et que la Lumière et les Ténèbres ne dépendent que de l'interrupteur électrique, Je vous ferais grâce du sens du courant et des règles de la photocomposition pour lesquels Je vous renvoie à l'immensité des rayons bricolage de la FNAC.
Non, Je voudrais vous parler de ce texte parce qu'il comporte un passage qui me semble intéressant.
Après sa résurrection, Christ demande à Simon Pierre: "Simon, m'aimes-tu  ?" Et Pierre répond: "Oui, Seigneur, tu sais que Je t'aime" et Christ lui dit alors:
"Fais paître mes agneaux"

Pour n'a part, Je ne parle pas grec, mais j'ai trouvé, dans une analyse d'Arnaud Desjardins sur le texte grec, un passage que je vous livre:
"Agapè désigne une forme d'amour au delà des actions, des peurs, des désirs, des attachements. /.../ Et phileo correspond à l'amour instable que nous connaissons tous; on peut aimer, ne pas aimer. Or, le Christ emploie, dans ses questions à Pierre, le terme agapè, mais Pierre répond en utilisant le mot phileo. Pierre utilise un autre mot, comme si le Christ lui demandait: "Pierre, m'aimes-tu de 1' amour libre, conscient, de l'amour dans la non-dualité ?" et que Pierre réponde à un autre niveau: "Mais tu sais bien que je t'aime de l'amour humain ordinaire." Cet échange entre le Christ et Pierre a lieu deux fois de suite. Et, la troisième fois, le Christ n'emploie plus le terme agapè, mais phileo."

Et les questions se posent et se reposent encore et j'envie de plus en plus ceux qui ont les réponses et qui m'affirment savoir...
Alors, j'ai repris mon bâton de pèlerin et j'ai demandé à Sigmund la signification des voyages que j'effectuais en rêve, la signification du Temple, des Colonnes en couple à l'entrée du Temple, du Compas, de l'étoile... Cette dernière, c'est toi-même, m'a-t-il dit, une étoile qui brille dans la nuit. Pour le compas, son analyse fut plus qu'ambiguë. Les deux Jambes articulées figurent la marche, la marche vive... Refermé, il est phallique, mais que peut bien être ce rêve du croisement d'un compas  sur une équerre rigide... Quel genre de marche peut bien construire un homme doté du Nombre 5 dont pythagore disait qu'il était le Nombre de l'accouplement ? Il m'a parlé d'un grand vide, de peurs enfantines... De sexes béants et dressés, de la chaleur du ventre dont le Temple est l'image, de ma vie, de ce voyage de noces qui parcours le monde vers une fin connue dont j'ignore le moment; "partir, c' est mourir un peu".

Il m'a parlé d'amour, de ses chairs palpables, de destins mortifiés, de présents invivables ou tout est à créer et j'ai repris la course, la marche, sur un sable d'azur où se brisent les marées de coeurs purs.
Alors on crache dans les cendres fumantes de nos illusions qui pleurent en d'innombrables braises ardentes. Avec courage on déchire les voiles de vies perdues en nuits sans étoiles, on descend au fond des enfers entre deux lignes de statues de pierre aux visages et aux membres brisés par tout ce que qu'elles ont oublié.
Les corps déchirés de Dieux improbables, anciennes images de poudre et de sable. Orphée est inconnu sur les rôles de l'Hadès, et chacun, comme Ulysse, est Jouisseur de Déesses.
Ce soir, chacun de vous est la dernière femme chargée de reproduire ces êtres que vous êtes, pentagones parfaits.
Des êtres de plaisir, d'espoir, à qui il manque un corps. Proliférer, produire, reproduire jusqu'à la Mort.
Puisque le créateur absolu, le Pygmalion, s'il fait vivre les formes, leur donne aussi la Mort pour qu'elles soient achevées.
Mais pour donner la Mort, on doit mourir soi-même.
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, partez mes soeurs et mes frères et revenez un jour, riche de Calypso, de Circée et de l'enfer. Vous retrouverez Pénélope qui coupera le dernier fil de sa tapisserie au Jour de votre arrivée. Dans un murmure, dans un souffle, un baiser, elle dira : "Ta place t'attend au soleil du Midi".




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Publié le par Isha
Publié dans : #Paroles

« Le monde est double pour l’homme,
car l’attitude de l’homme est double
 en vertu de la dualité des mots fondamentaux,
des mots principes qu’il est apte à prononcer."
Martin Buber, JE et TU


Je retournais  à moi-même, ayant contemplé la lumière autour de moi et le bien qui était en moi. Je devins Dieu..
Traité de l’étranger, codex  de Nag Hammadi


« Apprenti(e), j’ai beaucoup dormi sur ma colonne. Ce n’est que lorsque j’ai été compagnon que j’ai commencé à participer, que je n’ai eu le sentiment de participer pleinement aux travaux de la loge ». Cette expression je l’ai déjà entendue à plusieurs reprises.
Serait-ce donc la caractéristique, (la finalité ?) du lieu où l’on demande à l'Apprentie de s’asseoir ?
Colonne des apprentis, colonne du Nord, il y fait plus sombre, la sieste y est plus facile après une dure journée de travail, même si certains chuchotis viennent perturber la qualité de la récupération.
Mais dès que je m'y suis assise le premier soir, une petite voix s'est élevée : « tu n’as pas fini de m’entendre, ne t’en fais pas. Cette colonne est aussi mienne … . »


La symbolique générale de la colonne des apprentis

Une colonne ? Ah oui, là-bas . A la fois l’objet et le lieu où je dois me tenir.

La colonne est l’axe autour duquel s’articule une vie, principe qui soutient la marche et le mouvement et donc autorise le développement.
Elle est rouge, pleine d’énergie vitale, couleur de la joie, mais aussi de l’agressivité. Elle est de la couleur du Yang qui culmine en été et au sud.
Une couleur terriblement communiste, oh là là … .
Colonne du nord, Colonne qui déjà présente met en lien l'ombre et la lumière que je ne suis pas encore capable de la percevoir pleinement.

La colonne représente aussi le regard vers le ciel, lieu élu du spirituel, l’arbre de vie qui puise ses forces dans la terre pour se tendre vers l’infini, dans l’espoir, partagé avec les hommes qui s’identifie parfois à lui, de saisir l’infini, de s’élever vers l’insaisissable.
Colonne J. Colonne Yakin. « Il établira ». Cette colonne constitue le premier symbole d’origine biblique que je perçois visuellement et prend place parmi les éléments d’évocation du temple de Salomon. Elle supporte une lettre de l’alphabet, ça tombe bien je ne sais qu’épeler. Elle s’est adaptée à moi ma colonne, je sens que je vais bien l’aimer cette petite. Et peut-être me permettra-t-elle, conjuguée avec le silence, de construire un axe de développement en vue d’une parole réorganisée.
Arbre de vie, support de l’affirmation de soi, axe du développement de la connaissance et de la découverte de la parole, la colonne me montre une voie. Elle ne se limite déjà plus au support, elle me laisse libre des choix à opérer et devient une voie vers de multiples possibles.

Le colonne J, le Iod en hébreu, est une colonne me dit-on partout , active par excellence et donc par excellence masculine, elle se veut caractéristique du travail de l’apprenti par opposition à l’autre colonne, colonne B, représentant la maison, l’intériorité, colonne dite passive et féminine par principe.
Le Iod est la dixième lettre de l’alphabet hébraïque, le point, la genèse d’où toutes les autres lettres sont issues.

Le 10 est la somme équilibrée de 5 + 5 traduction des deux sens du courant contraire de la conscience, l’évolution et l’involution. Ses attributions sont multiples : le monde a été créé en dix paroles nous dit le Zohar, les dix séphiroth de la Kabbale son considérées comme identifiant des attributs divins. Pour les Mayas, le chiffre 10 représente la fin d’un cycle et la début d’un autre, il est le chiffre de la vie et de la mort.
Pour le tarot, la dixième carte est la roue de fortune, où un sphinx qui pose la question « qui suis-je ? » se situe sur une roue.
La colonne Iod représente donc pour l'apprenti la colonne de la naissance où chacun doit trouver son propre nom, pas seulement dans le présent mais aussi vers l’avenir, puisque la colonne est le point autour duquel le mouvement de la roue peut se faire, le point d’où l’échelle qui relie le ciel et la terre, l'âme et le corps peut être fixée.

Le 10 se conçoit aussi comme un retour à l'unité, par l'addition de ses deux composantes. (1+0=1).

Le nom de la lettre « yod » composé de lettres qui éclairent son essence : d’abord un iod, le point de départ puis un « Vav » trait qui initie le mouvement et enfin, l’union des deux précédents dans le daleth pour créer le changement de direction par le trait brisé et marquer le libre arbitre et la potentialité d’orientation.
Déjà, la colonne commence à me parler : "petite apprentie, tu t'établiras, par la pleine conscience de tes choix, en avançant dans un univers multiple." Mais cette voix d’où est-elle originaire ? S’agit-il de ma colonne ou plutôt de ma petite voix intérieure  ? Quel rapport la colonne entretient-elle avec mes doutes, mes peurs ? Et déjà se fait jour l’intuition d’un chemin tracé vers une libération des doutes

La colonne J représente aussi le principe yang du tao, lui aussi décrit comme masculin et actif.

La colonne désigne dans son acception la plus large  à la fois l’objet et aussi le lieu où l’on s’assoit, mais ce dernier constitue plutôt le lieu sur lequel la colonne projète son ombre, ses significations philosophiques et symboliques. Apprenti, je m'assoie dans un espace symbolique enveloppé par l'ombre de ma colonne.


CECI – CELA : Colonne et binaire


Mais que veut-elle m’indiquer, en quoi peut-elle m’être utile sur ce chemin que j’ai choisi de prendre ? A quoi me sert d’être assise à l’ombre de la colonne ? Je ne voie pas beaucoup de colonnes à l’extérieur de la loge. Je ne peux répondre à mon interrogation que par le langage des symboles, par le raisonnement d’analogie.
L’analogie est la jonction entre l’induction qui permet de passer des faits à l’abstrait de la connaissance avec la déduction fondée sur l’expérience tangible. Elle ne s’oppose pas à un raisonnement totalement scientifique qui recherche l’identique et le reproductible alors que l’analogie oriente la recherche vers la fonction. Elle offre une autre voie à la réflexion sur le monde, à l'intelligence humaine.
L’analogie est le mode de raisonnement par lequel je vais me mettre en quête du semblable et non de l’identique. Elle est l’instrument que je vais devoir apprendre à mieux manier si je veux comprendre et rendre utile tout ce qui m’entoure.

La meilleur définition de l’analogie  qui me vienne à l’esprit jaillit d’une référence biblique « Et D.ieu créa l’homme à son image. », non pas identique, mais semblable, doté du pouvoir de création, du pouvoir de nommer et donc de faire exister ce qui l’entoure et aussi du pouvoir de s’auto-créer, d’être dans le futur et non de demeurer figer dans le présent, de devenir celui qu’il sera.

Par l’analogie, je peux espérer identifier puis nommer ce qui m’entoure et d’abord les êtres humains que je côtoie.
Lourde responsabilité comme nous le verrons plus loin, puisque je peux les identifier comme « Tu » ou comme « Cela », comme autres moi-même, proches et différents, ou comme choses susceptibles d’expérience.

L'analogie exige une distance face à l'objet étudié et cette distance sauve du danger de l'incarnation des principes qui exige que le symbole, la fonction immatérielle soient retranscrit dans l'espace symbolique, du danger de l'idolâtrie qui se fixe à l'apparence pour oublier le sens. L'espace immatériel est alors limité pour être renvoyé au visible, au tangible du symbole matériel.
Elle n’est pas seule ma colonne, elle a une sœur, plus loin. Elles sont deux. Je sais que les colonnes sont réparties différemment selon les rites, mais j’ai aussi découvert que peu m’importe le sens ponctuel que chacune reçoit, ce qui m’importe, c’est qu’elles soient deux. Peu importe que la colonne du Nord soit « il établira » ou « dans la force » parce que les deux contiennent l’idée de construction et de force intérieure. L’établissement, la construction est enveloppée dans la force intérieure qui lui est nécessaire. Le couple des colonnes désigne une construction binaire du monde ou plutôt renvoi au lien entre l'unité, le binaire. Le tao n’enseigne-t-il pas que l’Un engendre le Deux, avant d’engendrer la multitude.
Les colonnes désignent en premier lieu le pavé mosaïque, principe ternaire.
Puisque l’initiation est une démarche par étape, je vais donc d’abord m’intéresser au principe binaire avant d’être en mesure peut-être un jour d’approcher le principe ternaire et qui sais, de tendre un jour mes branches vers le ciel.

Lorsque j’ai commencé à réfléchir sur la signification de la colonne J, Yakin, j’ai été très choquée de lire partout l’association entre une caractéristique fondamentale, l’identification au principe male et l’association au principe actif. Sur la colonne se trouve le J, et donc le Iod hébraïque, lettre mâle, elle représente le principe actif, elle ne peut donc qu’être associée au principe mâle, à moins que ce ne soit l’inverse. L’essentiel est ici la fusion, comme une mille-feuille donc la crème serait trop lourde.

En tant qu’individu de sexe féminin, je me suis alors mise à hurler et à trépigner (qu’est ce que c’est que ces … âneries !) et ceux qui connaissent mon parrain unique et préféré pourront vérifier auprès de lui. Il a fait les frais de mes hurlements.
Moi qui suis apprentie, pour entrer, on m’a demandé de me débarrasser de mes métaux et voilà que j’ai l’impression de trouver solidement enchaînés à l’airain de ma colonne les phantasmes, les projections culturelles et les jugements de valeurs les plus archaïques, tous présentés comme vérités d’évangile, évangile alchimique peut-être, mais vérités intangibles et imprégnées de dogmes humains.

J’ai donc dû dépasser cette analyse réductrice et en m’appropriant l’analogie, chercher une meilleur explication du principe binaire, non connotée idéologiquement.
Les alchimistes européens qui ont établit ce principe symbolique sexué vivaient tout de même dans un monde chrétien, ils ont donc été susceptibles, malgré leur curiosité et leur démarche de quête, d’être influencés par la culture de l’Europe chrétienne et une hiérarchisation des principes mâle et femelle. L’association entre deux principes dont l’un est polysémique, à la fois principe et jugement de valeur, ne pouvait se faire qu’au détriment des femmes supposées incarner le principe féminin, principe inférieur.   Ou le symbolisme au secours du pouvoir social.

Pour dépasser ce blocage, alors traversons les mers et allons regarder ce que les traditions orientales peuvent nous apprendre. La source des principes qui ont agité les esprits européens ne pourrait-elle pas résider dans le TAO Te King  qui instruit en ces termes  ce qui veulent tenter l'aventure de la voie du milieu :

« Qui connaît son masculin
tout en préservant sa féminité,
celui-là est le ravin du monde.
Etant le ravin du monde
La Vie éternelle ne le quitte pas
Et il redevient tel qu’un enfant. »


Le TAO comme le Yi-King et l’acuponcture fonctionnent sur le fondement du Yin et du Yang, ce qu’il convient d’appeler ici pour l’utilité du raisonnement et de la compréhension le « ceci-cela »., soit le couple du principe ceci et du principe cela.

L'analogie permet de comprendre les représentations communes du yin et le yang.
 
Yin-Yang
Féminin
Négatif
 Passif
Descendant
Contraction
Noirceur
Maison
Impairs
Eau
Froid
humide
Intérieur
Masculin
Positif
 Actif
Ascendant
Expansion
Lumière
Jardin
 Pairs
Feu
Chaud
Sec
Extérieur
 
Je dois ici présenter un mea culpa aux humains de genre masculin ici présent : à l’occasion de mes relectures, je me suis aperçue que j’avais quelque peu adapté cette tradition. Je m’explique : le yang est présenté comme masculin et actif et le yin comme féminin et passif. Je me suis aperçue lors d’une relecture attentive que ma présentation m’avait conduit aux termes suivants : le yang est féminin et actif et le yin masculin et passif. Il paraît que cette compréhension qui me semblait si naturelle pourtant n’est pas totalement conforme à la présentation traditionnelle.
Bon, je promets, je le ferai plus, ...
Mais derrière la plaisanterie, j’ai aussi mieux compris à quel type d’erreurs menait l’incarnation des principes, la limitation physique et territoriale du symbole . Il ne faut surtout pas que je me limite à la forme sensible, à la compréhension immédiate qui se trouve devant moi car alors je ne regarderai que le doigt en oubliant de regarder la lune.

Ces définitions ne sont que des tentatives de traduire en mots compréhensibles pour les occidentaux que nous sommes un concept qui nous est éloigné. A défaut de pouvoir véritablement l'expliquer, il convient de le mettre à portée par des définitions analogiques simples mais qui confinent à l'erreur de traduction lorsqu'elles sont prises dans leur sens littéral.

L'analogie est sexuelle: le yang n'est pas mâle, il est principe enveloppé; le yin n'est pas femelle, il est principe enveloppant.

Les alchimistes qui représentent la lune enveloppant le soleil avaient traduit cela dans leur langage symbolique propre .

Identifions l’un comme le principe cela et l’autre comme le principe ceci. Peu importe la qualification donnée, ce qui est signifiant réside dans le couple que « ceci » et « cela » fondent et dans la relation qui unit chaque membre du couple.
Une chose n'existe dans sa part de réalité que parce que quelque chose d'autre lui permet de se définir. "Ceci" n'existe que parce que "cela" participe aussi de l'ordonnancement du monde .
Le bas suppose l’existence du haut, le chaud l’existence du froid, le soleil est définit comme tel parce que la lune lui répond. Le mâle ne peut exister sans la femelle et inversement .

La colonne J ne peut exister que parce qu’une autre colonne se situe dans le cosmos symbolisé par le Temple. Si l’autre n’existait pas, elle n’existerait pas elle-même puisqu’il n’y aurait qu’elle dans le monde. Son existence est une partie de l’existence de l’autre. La colonne du Nord constitue l'un des éléments d'une polarité, d’un couple. Et c'est entre les deux vibrations de la polarités que la parole circule.
Ce que l'on présente souvent comme opposé ne l'est pas et chacun n'a qu'une fonction : exister avec l’autre. Les colonnes sont une double hélice, comme l’ADN. Par analogie, ma colonne ne peut exister sans sa sœur, je ne peux exister sans l'autre, même s’il me reste à identifier cet « Autre ».

Le Zohar ne dit rien d'autre : « Ce qui provient de l’arbre de la connaissance porte en soi la duplicité ». Ses fruits en sont l’amour et la haine, la lumière et les ténèbres.

Les colonnes sont donc la manifestation matérielle de construction binaire, d'un enveloppant et d'un enveloppé, de ceci et de cela, d'une dualité dans l’unité.
Même si une colonne est attribuée aux apprentis, ce sont les deux colonnes qui sont les colonnes des apprentis francs-maçons. Il est impossible de les séparer, elles sont un couple, comme l’indique le texte même de la bible les décrivant.

Une unité dans la dualité. Le couple de colonnes existe, il est une unité divisée en deux. Le couple existe, le Un se fait deux. Ce n’est pas parce que B existe que J existe. Si seule Yakin ou seule Boaz était matérialisée, l’élément matérialisé ne constituerait ni Yakin ni Boaz. C’est le couple qui est présenté aux apprentis et à tous les francs-maçons. Chaque colonne est Une tout en étant part de l’origine, l’unité duelle. Elle est à la fois Un et part du Deux, donc part d’une autre unité. (elle existe par et pour elle-même tout en étant membre d’une dualité). L’établissement est enveloppé par la force intérieure qui lui est nécessaire.

Un autre exemple permet de comprendre cette intuition de l’Unité dans la dualité : l’aimant. Si quelqu’un tente de briser un aimant pour séparer les polarités, quelque soit le mode de fracture qu’il choisit, il obtiendra tout de même, un nouvel aimant toujours porteur d’une double polarité intrinsèque .

Les exemples donnés précédemment illustrent la mutation et le mouvement permanent au sein d'un système binaire, ce qui est chaud refroidit, ce qui est en haut se retrouve en bas .... .
Si le soleil chauffait sans discontinuer, la terre serait brûlée, si la lune ne s'effaçait jamais, la végétation ne pourrait se développer.
Le yin est appelé à devenir le yang. Le vieux Yin devient jeune Yang. Le mouvement est aussi constitutif du binaire que l'est la complémentarité entre les éléments.

Les chinois matérialisent cette idée sous la forme du tao dont la représentation graphique est en cercle bicolore séparé en deux moitiés par une ligne ondulée dont la forme est celle d'une hélice de l'ADN. Chaque part présente un œil, couleur de l'autre part.
Les mutations du Yin et du Yang renvoient donc à une expérience en matière d'ombre et de lumière car elles favorisent le dépassement des oppositions relatives à ce qui se passe (le Yi) et ce qui demeure, (le King) pour, par l'union des complémentaires, ouvrir à la compréhension de toutes les possibilités qui naissent devant mes pas.

En étant deux, les colonnes sont le mouvement, un « va vers toi » retranscrit dans le symbole. Dans la double hélice de l’ADN, la branche qui est à droite passe à gauche et ce qui est à gauche passe à droite.

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, par définition du principe analogique, alors ce qui est à l'extérieur de moi est comme ce qui est à l'intérieur de moi. Le monde est double à l'extérieur de moi, le monde est double à l'intérieur de moi.


La colonne, axe pour appréhender l'altérité.


La colonne du Nord est là pour me rappeler, comme le disait Martin Buber dans son ouvrage « Je et Tu » que "les bases du langage ne sont pas des noms de choses, mais de rapports". L'apprentie que je suis existe en loge dans un réseau de relations de fonctions, avec les autres membres de la loge. Mon silence n'est donc pas absence de langage ou de communication.
Depuis le début de cette planche, une petite voix, celle qui s'est manifestée le premier soir, essais de percer mes mots : "Au moins, quand tu es dans le silence, le chemin pour perturber tes pensées est plus long, tel le chemin des labyrinthes des cathédrales qui symbolise le long chemin vers soi . Quand tu charries des mots, tu exprimes du verbiage, le chemin pour perturber tes pensées est plus court". Agaçante, très agaçante voix qui peut mettre dans ma bouche des mots que je ne n'imaginais pas en voir jaillir.

Ce silence apparaît donc comme un instrument de mise en face avec une part plus ou moins ignorée de soi-même dans le contexte d'un processus initiatique.
Le silence permet de donner à l'initiation son effet sur les mots : les rendre actifs, pleins et non plus simplement des enveloppes de buées. La colonne, enveloppée, donne sa fonction au silence apparemment force d'inertie : elle permet aux mots de ne plus être des "Abel" mais de devenir verbe. Et puisque les mots définissent notre part de réalité : elle nous permet de devenir plus existant, à nous mêmes et aux autres.

Le conscient et l'inconscient sont tous deux importants, égaux. L’un sans l’autre n’existent pas, seul le couple existe. A ce titre, une différenciation en voie de hiérarchisation n’a pas de fondement.

Le silence autorise l'accès à cette altérité intérieure, pour dégrossir la pierre brute, par la confrontation avec cette voix qui piaffe et dérange . Le dialogue entre le principe ceci et le principe cela se manifeste ici : l'inconscient est principe enveloppant et le conscient principe enveloppé.
Le paysage intérieur évolue, le mouvement du tao est ici aussi perceptible, l’inconscient peut devenir conscient, lorsque l'individu aborde certains aspects de lui-même. L'ombre peut reculer lorsque la conscience s'exprime, mais elle ne disparaît pas. Le long chemin initiatique de la connaissance de soi, comparable aux labyrinthes de cathédrales, peut espérer conduire à développer le conscient.
Moi apprentie, il m'appartient de prendre conscience de mon enveloppant et de mon enveloppé intérieur en harmonisant les deux parts de l'intériorité et de l'esprit. Par l’initiation, le profane cherche à devenir celui qu’il contient lui-même mais qu’il ne connaît pas véritablement.

Je ne voie dans l’ombre de mon inconscient que ce que la lumière de ma conscience me permet de voir. Je ne verrai dans l’ombre de la colonne que ce que la lumière de mon existence me permettra de voir, et que mes expériences me permettront de dégager progressivement .

Je peux alors commencer à comprendre que l’on ne m’a pas donné la lumière lors de l’initiation, on m’a montré ce que j’abrite en moi-même. Pour trouver ma place symbolique à l’ombre de la colonne des apprentis, je dois trouver ma place à l’intérieure de moi, mon équilibre changeant et peut-être un jour mon harmonie lorsque j’aurais véritablement accepté les mouvements intérieurs. L’harmonie nécessite que l'on ne projette pas sur les autres ce que l'on ne peux assumer de moi-même, les accusant in fine d’être le miroir de ce que l’on se cache.

Transmettre la présence d'une lumière, c'est aussi transmettre la présence d'une part d'ombre. Révéler la lumière, c'est révéler l'ombre. L'ombre est ce qui permet à la lumière d'exister et d'être perçue. Voilà pourquoi l’on ne présente le TAO qu’en disant « le YIN et LE YANG » et non l’inverse.


S'il n'y avait que lumière, absolue conscience de soi, la personne serait aveuglée et ne pourrait faire face à ce qu'elle perçoit d'elle même en miroir. « Donner la lumière » selon la formule usuelle, conduit à révéler l'existence de l'ombre et à confronter l'apprenti à son ombre intérieure.  


De la confrontation entre l'inconscient et le conscient, peut naître un équilibre, équilibre toujours ponctuel et perpétuellement changeant. Grâce à cet équilibre, l'individu redevient dans sa propre conscience de lui-même une unité qui peut se présenter comme telle à la perception du monde. L'unité pour exister doit être double pour redevenir ensuite unité.

Je suis un être humain multiple. Un et double et la pleine compréhension de ma dualité me trace une voie vers une autre compréhension : de la dualité apparente des choses doit se vivre le retour à l'unité.

Chaque humain est duel, Je est un Autre, les deux colonnes sont pour moi, en couple. J’établit dans la force. La force se comprend non pas comme une manifestation de la brutalité mais comme l’énergie vitale commune à tous les vivants.

Les symboles et les rites et le langage sont les chemins qui ouvrent les voies à l’éthique, c’est-à-dire à la relation au monde. S’ils ne contiennent pas d’éthique, ils deviennent répétition, ils ne sont que des sujets d’étude vides d’application.

Je suis apprentie, je suis une succession d’équilibres changeants qui se doit de maîtriser ses émotions pour émettre un Verbe véritable. La distance au monde, issue, par exemple, du silence, protége de l’identification réductrice. Comme le dit Marianne DUBOIS, « Quand la particule ne s’identifie pas aux circonstances de la vie, elle retrouve en elle la lumière de ses origines. »  

Alors, si je parviens à approcher cette lumière sans m’y consumer ,
Chevalier JEDI je serai devenue.

L’équilibre de la dualité intérieure autorise la construction d’une éthique en vue du compromis de la relation extérieure. L’altérité intérieure, cette éthique du rapport à soi conduit à une éthique du rapport à l’Autre extérieur, l’autre doté d’un regard, d’une voix, d’un visage qui n’appartiennent qu’à lui.

Nul ne peut dire Tu à un être humain analogue s’il ne s’est pas auparavant construit intérieurement. Seul l’être entier, qui a appris à considérer son Tu intérieur, peut accéder à une parole qui qualifiera l’autre en TU externe. A défaut, il ne peut rien d’autre que projeter ses faiblesses, prêter aux autres ses propres manques et obéir à une voix intérieure qui se mue alors en dictateur impitoyable. En étant incapable de reconnaître son Tu, celui qui s’exprime ne qualifie pas l’autre avec lequel il est en relation comme un autre « Tu » mais comme un « cela » une chose tangible que l’expérience permet de qualifier.

Qualifier l’Autre avec lequel je suis en relation de « Tu » constitue aussi une voie pour éviter un écueil fondamental des relations humaines : la réception des mots au travers du philtre de ses a-priori et non la compréhension empathique du sens donné par l’autre à son propre Verbe. pour que l'empathie puisse opérer, il convient que la communication ne soit pas uniquement verbale. Certes les relations sont projections de soi sur l’Autre, mais si ces projections sont construites de non-dit, de peur, elles construisent une barrière de verre entre les humains.

Mais là aussi, le mouvement existe, le Tu, lié à la relation immédiate, devient Cela lorsqu’il cesse d’être animé par la présence. Lorsque j’évoque une personne sans être dans la relation avec elle, elle devient Cela pour moi et pour mon interlocuteur, ce qui ne constitue pas une faible responsabilité dans mon rapport ultérieure avec elle. Mais le Cela peut devenir Tu s’il entre dans la relation.

L’humain ne peut vivre sans l’alternance du Tu et du Cela. « On ne peut vivre dans la seule présence, elle nous dévorerait » dit Martin BUBER. Comme il l’explique, l’être humain ne peut vivre sans le Cela, mais si son monde n’est organisé que de Cela, il ne peut se vivre véritablement et pleinement en être humain.

Cependant, les relations avec le Tu intérieur ne sont pas de même nature que les relations avec l’Autre extérieur.
Avec moi-même, il est question d’équilibre. Je ne peux progresser ou simplement me supporter qu’en acceptant les différentes éléments de ma personnalité, en ne renonçant pas aux différentes sources d’équilibre qui fondent mon existence, délimitent ma part de cosmos. A cette seule condition, je serai moi-même et non la copie d’un autre.

Avec le Tu extérieur, la relation suppose un compromis entre deux « Moi intérieurs », entre deux individus, deux unités doubles. L’enjeu est alors de ne pas occuper tout le territoire commun disponible pour laisser une place physique, éthique et aussi symbolique à cet analogue à moi-même.
L’un des enjeux de l’affirmation de soi réside dans la nécessité de garder une porte ouverte au compromis pour rendre possible la rencontre. Les sociologues  expliquent l’extension du célibat dans notre culture et la multiplication des lieux de rencontres entre personnes cherchant l’âme sœur par l’application de cette idée : notre civilisation de l’affirmation de soi freine le contact. Comment toujours s’affirmer comme individu et ne pas oblitérer le possible d’un croisement de regard ?


La double colonne, analogie de la complémentarité sexuée entre les humains.


Avant d’être une identité de genre, je suis un être humain et celui qui me parle est un être humain., lui-même représentant une unité dans la dualité , unité enveloppée et enveloppante.

Je me définie comme un être humain, unité double, avant d’être une identité sexuée, soit dit en passant parfaitement assumée dans toutes ses composantes. Même si mon identité sexuée, constitue l’un des éléments de ma qualité sociale d’être humain.

Mon unité intérieure me conduit au rejet de la parité politique. Je n’ai jamais été adepte de la parité que je perçois comme un enfermement déterministe dans une identité sexuée imposée et figée, identité figée, ne reconnaissant pas la valeur analogue de chacun des membres de l’humanité.

Si la parité avait pour fondement premier de permettre l’accès de femmes au monde politique, des motivations déterministes que je ne peux que rejeter sont très vite apparues. Dans la parité homme-femme, l’un n’est pas l’autre. Ni l’un ni l’autre n’est perçu comme une unité duelle, mais comme une identité déterminée et surtout solitaire à elle-même. Chacun est présenté comme une incarnation d’une des composantes du TAO et son identité sexuée l’enferme dans l’incarnation de cette seule part. Cette dualité se traduit dans la perception de l'autre par la définition d'un comportement pré-établi prédéterminé qui doit conditionner la manière dont l’individu se vit.

L’Homme est l’incarnation du principe masculin seul et de même, en parallèle, pour la Femme. L’un ne peut donc parler au nom de l’autre et chacun doit être représenté par une autre incarnation de son propre principe. Tel est le fondement de la parité. Le  binaire se vit ici comme une opposition intrinsèque

Mais la parité oublie que l’individu est une unité composée de deux, yin et yang, principe ceci et principe cela, principe enveloppé et principe enveloppant.

La parité raisonne sur le fondement d’un rapport d’identité et non d’analogie. L’être humain féminin et l’être humain masculin sont analogues car ils ont les mêmes fonctions. Ils ne sont pas identiques puisque les fonctions ne s’expriment pas sur le même mode. La parité est la mise en avant de la dissemblance pour exalter l’absence d’identité et ensuite revenir à une forme de naturalisme. L’Homme, c’est ainsi ! (sous-entendu : fort, violent, dominateur) et la Femme, c’est comme ça et pas autrement (sous entendu douceur, amour, fragilité).

Mais puisque je suis une unité duelle, je ne peux et je ne veux être limitée à une identité unique. Je suis un être humain qui ne veut être limité à l’image et à des pré-définitions sociales de mon identité sexuée. Je m’adresse à des êtres humains. Lorsque je me place dans la société en tant qu’individu politique, je le fais en tant qu’Etre humain, unité duelle dotée d’une capacité au mouvement et au changement. Je ne me sens pas appartenir à une autre race, contrairement à Françoise Héritier pour qui "les femmes sont d'une race différente de celle des hommes".

L’analogie m’autorise à m’approprier une conception de soi comme individu doté de futurs, de libre arbitre et de multiples possibles tout en étant toujours en relation avec d’autres humains analogues .

L’initiation procède d’un processus qui suppose, dans un jeu de ténèbres et de lumière, la recherche des significations des symboles, puis, leur appropriation consciente en vue de leur utilisation éthique au sein et hors de la loge.

Les symboles conduisent à faire des rapprochements analogiques qui sont autant d’outils utiles pour se positionner dans le monde, ils sont une aide à la construction intérieure. J’ose espérer que les colonnes accompagneront mes pas, sinon pourquoi les avoir rencontré ? J'ai appris d'elle que l'apprentie que je suis n'est ni active ni passive par nature, ma colonne ne me fige pas dans une posture apparemment déterminée. Je suis ce que je décide d'être, active ou passive selon la valeur donnée par moi à mes silences, selon ma faculté à m'approprier tout ce qui est par les autres mis sur la table commune pour y manger ce dont j'ai besoin ou ce que je suis capable d'absorber et aussi selon ma capacité à donner à manger aux autres.

Les colonnes m’apprennent par la dialectique entre l’unité et le complexe, la distance au monde pour ne plus être l’esclave des mots et du Verbe. Elles m’apprennent le danger de l’incarnation, le grave danger qu’il y a à se contenter de l’apparence revêtue par le symbole, à regarder le doigt et à ne pas essayer de soutenir l’éclat de la lune.

Et toujours cette petite voix qui se manifeste  : « ta colonne, tes colonnes , bon ! moi aussi je serai toujours à tes cotés, nous sommes inséparables ne l’oublie pas. Tu ne pourras jamais m’oublier puisque moi je suis une part de toi et que chacun de tes pas manifeste une part de moi. »

Apprentie franc-maçon, je porte en moi les deux colonnes. Si je veux construire solidement, je ne peux m’établir que dans la force, être en acte dans la puissance, en fondant ma démarche sur la complémentarité et non sur l’opposition, en combinant les principes enveloppé et enveloppant, yin et yang, ceci et cela qui sont réunis dans tout ce qui est manifesté. Pour former l’unité. Pour être celle que je serai.

Je ne trouverai ma place dans la loge et dans le monde que lorsque j’aurai la réponse à ma question : de qui suis-je à la semblance ?

Alors qui sait ? maître JEDI un jour peut-être deviendrais-je.

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