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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

Publié le par Lurker
Publié dans : #Bloc note
apprenti.jpg
« Premier Diacre : Qui va là ?
Second Diacre : C'est le Frère N. qui a été régulièrement initié comme Apprenti franc-maçon, passé  au degré de Compagnon et qui espère aujourd'hui recevoir plus de Lumière en Maçonnerie en étant élevé au sublime degré de Maître Maçon.
Premier Diacre : Fait-il cette demande librement ?
Le Candidat : Je la fais librement. »
Style Emulation

Après avoir franchi la porte du Temple, la préparation qu'il vient de subir permet au candidat de prendre sa place dans le temps créé.

Depuis la nuit des âges, chaque être humain prend peu à peu conscience de ce qu’il est. Pour la franc-maçonnerie, cette prise de conscience est désignée par le secret, et s’affiche sous forme d’outils qui, par leur usage implicite, sont un prolongement de la pensée intime, donc, de la dimension sacrée qui déterminera les cadres du mythe fondateur. Il n'y a pas de secret sans conscience...

On sait que l’Homme est conçu, génétiquement, pour évoluer. Cette évolution opère de différentes manières dont chacune est source de culture. L’évolution de l’homme et de son environnement procèdent par étapes pas nécessairement parallèles. Il n’est pas de civilisation ou, au moins, de regroupement humain structuré hors de la prise de conscience de la Mort. Sans cette prise de conscience, le groupe reste un ensemble animal. Elle permet aussi de concevoir l’habitat, la protection, à la fois pour les Morts, mais aussi pour les vivants. On protège les uns des autres afin qu’il n’y ait pas de contamination. Ce constat de Mort implique aussi qu’il soit possible de la représenter sous l’image selon laquelle elle apparaît. En effet, contrairement à la Mort qu’il voit et pour laquelle il manque de théorisation, l’Homme se pense mais ne se voit pas. Dans ce cadre alterné, ce qui se représente est différent de Dieu… en représentant la Mort selon ses formes les plus élémentaires, squelette, corps en putréfaction, enlèvement de la jeunesse, égalité…, non seulement on lui accorde l’universalité et la permanence, mais aussi, on la différencie de Dieu car on lui reconnaît une forme qu’il est possible de réaliser, de sculpter, de peindre, d’élaborer. Cette forme, bien évidemment, est la nôtre et l’identification devient alors complète d’une part avec le destin immuable, d’autre part avec l’éternité. Alors, si l’on peut réaliser des sanctuaire pour l’accueillir, on peut aussi en faire de même pour accueillir Dieu et pour protéger les hommes. Celui qui construit est alors le Maître des Hommes, qu’il soit architecte, bâtisseur ou Prêtre, et c’est parce qu’il utilise des outils pour modifier son environnement visible qu’il projette ces mêmes outils dans un imaginaire qui lui permet d’édifier la part inconsciente de lui-même. Du visible à l’inconscient, de la forme au désir, aucun autre que nous ne peut percevoir ce qui réside en nos cœurs. Tel est le réel secret de la maçonnerie.

Aucun homme ne peut voir en votre esprit ou cœur. Aucun homme ne peut nous dire comment appliquer les leçons allégoriques de Franc-maçonnerie à notre vie, actions et caractère. Personne ne peut savoir « à quoi cela nous sert », on peut simplement constater l’aisance ou la maladresse à utiliser et comprendre le langage symbolique. La facilité ou la difficulté à accepter la prise de conscience de l’éphémère, la permanente certitude que cette éternité sur laquelle nous construisions notre perception de nous-même prend une autre forme.

L’usage des outils et des formes de construction qu’ils induisent amènent à réaliser alors que nous sommes, en quelque sorte, prisonnier de nos doutes tout autant que de nos certitudes. Bien que Maîtres maçons, nous ne sommes jamais réellement sortis du Cabinet de réflexion. Cela implique une corrélation particulière entre le développement de la pensée et la certitude de la Mort. En effet, l’évidente existence du « Moi » pensant et son corollaire d’éternité se heurtent au constat d’une fin irrévocable qui, par l’image qu’elle nous renvoie, ne peut être admise. Si nous pouvons admettre le pourrissement de nos corps, rien ne nous permet de concevoir la solidarité entre la chair et ce qui l’anime… « j’affirme mon existence parce que je la pense »… « je sais que mon visage existe mais je ne fais que l’imaginer » ou le connaître par d’autres images que celles de ma vision directe… mais « la fragilité de mon être physique m’amène très vite à comprendre que je ne suis pas seulement ceci ou cela et que je ne peux être ce que je suis universellement, éternellement ».

Nous ne sommes définitivement pas uniques, nous ne sommes pas que ceci, pas que cela. Nous sommes tous à un moment ou à un autre, « par ceci » et sur « ceci », nous sommes l’outil et son usage. Nous sommes la source et les formes que nous lui donnons, c’est ainsi que les rituels se présentent comme une sorte de danse pédagogique. Ils nous incitent à apprendre. Ils constituent  une part importante de notre vie . Depuis les temps les plus anciens, la rituélie était utilisée pour donner corps, actualiser la description du monde et ses conséquences, ses croyances et ses Dieux. La danse de l'homme primitif, comme sa gestuelle rituelle, montrait les éléments du monde à l’état brut. Ils y étaient montrés comme on désirait les voir, le plus exactement possible. La vision symbolique n’avait pas encore de fondements potentiels assez solides pour pouvoir s’exprimer. Les contacts avec les esprits ou les divinités vinrent ensuite. Les plus anciennes sont celles où le Shaman danse seul afin de pouvoir converser avec les esprits. Peu à peu certains hommes du clan y ont pris part. Ces rituels et ces danses nous le confirment toujours ; à aucun moment nous ne pouvons être « entièrement » ce que nous sommes. Chaque part de nous tue l’autre pour la remplacer. C’est le pèlerin, l’étranger qui prend sa place en nous, nous ne pouvons même pas être certains que la totalité des « ceci » ou des « Moi-je » qui se seront succédés auront pu faire de nous une complétude. Tel est le sens ultime des voyages, de pérégrinations du Compagnon qui aura laissé sa marque sur sa construction du Monde. Telle est l’affirmation du mythe d’Hiram tué, détruit par étapes et jamais complètement ressuscité. Les mots, le souffle, sera substitué et c’est l’objet de la substitution qui se transformera en présence dans l’énonciation de la pensée. Du fin fond des âges, l’Homme est génétiquement programmé pour évoluer. Il en est de même de ses formes de pensée dont l’apparition s’accompagne de la certitude de l’existence universelle de l’être comme elle s’accompagne de l’émergence d’une signification pour la mort. L’Homme ne devient Homme que dans la mesure où il ritualise son existence et où, par cette rituélie, il la partage avec d’autres hommes. Aujourd’hui, la Mort ne nous apparaît plus de la même manière, elle n’est plus représentée naturellement. Seule la mort violente est montrée, comme une exception, une fin anormalement tragique de la vie. Cette dénaturation de la place de la Mort provient essentiellement de notre individualisme. L’Etre humain n’est un membre d’une société, mais une identité indépendante et revendicatrice de son ego, à ce stade il n’y a plus de différenciation entre la Mort et Dieu, l’une est le bras de l’autre, il n’y a plus d’évolution naturelle et, par la même, il n’y a plus de transfert de l’intelligence. Là où l’on pouvait naturellement concevoir que l’âme était la prolongation de l’être, on affirme que l’individu est une fin en soi… cet individu reste toujours égal à lui même et l’évolution naturelle, naissance, jeunesse, vieillesse, mort n’est plus un cycle, mais une malédiction… Notre regard se construit de l’intériorisation, d’une forme de schizophrénie contrôlée, sacralisée qui se caractérise comme le regard d’un alter ego susceptible de reconnaître l’immuable avancée du Temps sur la pensée.

En prenant conscience de ce que nous sommes « universellement », il se peut que nous puissions nous comparer à ce que nous avons été.

Dans cette conception du Temps l’être n’a plus sa place, seul reste le souffle immuable. La Tombe est vide puisque le souffle a été substitué et la seule raison qui justifie cette substitution est la signification que l’on attribue à notre existence et qui dépasse la limitation par la mort. Nous n’acceptons pas de mourir, c’est l’une des conséquences de l’évolution spirituelle, dès lors, naturellement nous nous représentons les choses après la mort et notre seule référence est ce que nous constatons chez les autres. L’ordre du monde n’en est pas perturbé. Bien évidemment, l’idée de mourir ne contredit pas la réalité de la pensée, sinon celle de penser sa propre Mort. Spontanément, dans cette situation, nous projetons la vision que les autres portent sur nous et nous acceptons notre propre image de Mort puisqu’elle résulte de l’affirmation universelle de l’être dans la formule ritualisée « je suis ».

14-XIIII-XIV-Temp--rance.jpg La Mort n’est plus, depuis longtemps, l’inconnaissable concurrente entre Dieu et l’Etre, Elle recouvre son universalité. Dans l’Egypte ancienne, le Pharaon existe sans être limité à celui qui l’incarne. Le Roi ne meurt jamais. Cette immortalité Royakle est exprimée depuis le XVème siècle par l'acclamation "Vivat, Vivat, Semper Vivat" au passage du cortège funèbre du Roi défunt et conduit par le Roi en titre... Si son corps est abattu, il se relève toujours et les mots qu’il prononce sont toujours ceux qui font référence. Bien que substitués, les mots sont éternels et se drappent de la même fonction d'immortalité. Ils définissent l’archétype tel qu’il se présente à l’issue de la cérémonie de Maîtrise et se trouve confirmé dans la Cérémonie du Maître installé  : « l’esprit de l’Homme mûri et discipliné offrant sur toutes ses faces les beautés de la piété et de la Vertu. Un esprit ainsi mûri et discipliné ne peut être mis à l’épreuve que par l’Equerre de Dieu et par le Compas de sa propre conscience. » Avoir le pouvoir sur les noms c'est avoir le pouvoir sur les choses... Reste à franchir l'image du Temps qui nous cloue à la peur de la Mort... nous ne voyons que l'eau qui coule et jamais celle qui est dans la jarre, nous n'avons plus la vision du cycle et même les francs-maçons s'attardent sur l'illusion des grades hors la réalité de l'Etude...

Pour nous, l’Apprenti observe et se construit, le Maître se prépare à revenir Apprenti, en fait, il établi son viatique pour aller vers autre chose. C'est très probablement ce que l'on peut comprendre par une formule qui déterminerait l'unicité de la franc-maçonnerie et sa complétude dans les trois grades uniques d'Apprenti, de Compagnon et de Maître, y compris l'Arche Royale... Le conducteur des travaux redeviens celui qui cherche… l’ensemble se construit, comme on vient de le voir, par l'Equerre et le Compas, c'est à dire la rectitude et l'intelligence.

« et portam Fontis aedificavit Sellum filius Choloozai princeps pagi Maspha ipse aedificavit eam et texit et statuit valvas eius et seras et vectes et muros piscinae Siloae in hortum regis et usque ad gradus qui descendunt de civitate David » Neh 3:15


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Publié le par Lurker
Publié dans : #Les mythes
Je suis repassé, ces derniers temps, par la case J.G. Frazer, père de l'anthropologie religieuse et de la mythologie comparée, très anglais et très, comment dire ? Britannique ? A qui l’on doit  les onze volumers de l’immense « Rameau d’Or » mais aussi un certain nombre de digressions tout à fait avantageuses sur la grandeur de l’Empire Britannique et ses devoirs civilisateurs envers les « sauvages » et autres ignorants de la vraie civilisation… Il est vrai que notre très chère soeur Clémence Royer et son invention du darwinisme social n'est pas mal non plus dans ce registre... bref, la somme colossale de traditions et de mythologies qu’il a présentées dans sa série d’ouvrages reste, à ce jour inégalée même si ses explications et analyses mélangent un peu l'anthropologie religieuse et la mythologie comparée d’une manière parfois empirique... Mais, ne soyons pas mesquin, nous avons entendu en Loge des analyses plus que lapidaires… si nous faisons aujourd’hui la différence c’est d’abord et avant tout parce qu’il fut le premier et que lui ne la faisait pas… Je ne sais pas si J.G. Frazer était franc-maçon, j’avoue ne pas avoir cherché. Néanmoins, si l’on se dit que les trois piliers du Royaume Uni sont, depuis fort longtemps, la Royauté, l’Anglicanisme et la Franc-Maçonnerie, je ne serais pas surpris d’apprendre qu’il en fut…

Bref, revenons à nos moutons… Mon voyage entre ses pages n’était pas trop innocent car j’y cherchais la piste d’Hiram, je tournais un peu en rond, comme les Neuf Maîtres durant la cérémonie et, comme eux, je vis l'Acacia… Pour l’analyse de l’âme extérieure et de la vie substituée, je vous renvoie à son ouvrage tout autant qu’à C.G. Jung… mais, par contre, je ne résiste pas à vous livrer ce conte, tiré de « Balder le Magnifique »…


« Cette histoire fut écrite sous le règne de Ramsès II, environ 1 300 ans avant Jésus-Christ. Elle est donc plus vieille que la version d'Homère que nous possédons, et beaucoup plus ancienne que 'la Bible. Voici le résumé de cette histoire, du moins en ce qui nous concerne ici. Il y avait une fois deux frères; l'aîné s'appelait Anpu, le cadet Bata.
Or Anpu avait maison et femme, et son jeune frère vivait avec lui comme domestique. C'est Anpu qui faisait les vêtements; chaque matin, quand venait l'aube, il conduisait les vaches aux champs. Il marchait derrière les bêtes qui :lui disaient : « L'herbe est bonne à tel endroit! » Il les entendait et les conduisait vers les bons pâturages qu'elles désiraient. Aussi ses vaches devenaient-elles luisantes et grasses et se multipliaient-elles abondamment. Un jour que les- deux frères travaillaient dans les champs, l'aîné dit au cadet: « Cours chercher des graines au village. » Le jeune frère y courut et dit à la femme de son frère aîné « Donne-moi des graines, que je coure les porter au champ; car mon frère m'a envoyé en disant: - Ne tarde point,
- Va à la grange, répondit-elle, et prends-en autant que tu en veux. » Il alla à la grange, remplit une jarre de froment et d'orge et revint en la, portant sur ses épaules. Quand la femme le vit, son cœur se mit à battre; elle l'arrêta et lui dit: « Viens, nous passerons une heure ensemble. » Il répondit : « Tu es pour moi comme une mère, et mon frère est pour moi comme un père. » Sans vouloir l'écouter, il mit son fardeau sur son épaule et s'en alla au champ. Le soir, a l'heure où le frère aîné revenait, la femme eut peur à cause de ce qu'elle avait proposé. Aussi, elle se couvrit de suie comme si elle avait été battue. Quand son mari 'rentra, elle lui dit: « Quand ton frère est venu chercher des graines, il m'a demandé de passer une heure avec lui. J'ai refusé, et il m'a battue. » Le frère aîné devint alors comme une panthère du sud; il- aiguisa son couteau et se posta derrière la porte de l'étable. Quand le soleil fut couché, comme le frère cadet revenait, à son habitude, chargé des herbes du champ, la vache qui marchait en avant du troupeau lui dit : « Vois, ton' frère aîné est là avec un couteau pour te tuer. Fuis rapidement. » Il entendit la vache, regarda sous la porte de l'étable et vit les pieds de son frère aîné qui était debout derrière la porte, son couteau à la main. Il s'enfuit; son frère le poursuivit avec le couteau. Mais le jeune homme implora le secours du soleil; le soleil l'entendit et fit jaillir soudain entre les deux frères une grande masse d'eau; cette eau était pleine de crocodiles. Les deux hommes se trouvaient chacun d'un côté de l'eau; le cadet raconta alors à l'aîné tout ce qui s'était passé. Celui-ci, saisi de repentir, se mit à pleurer. Mais il ne put atteindre la rive opposée à cause des crocodiles. Son jeune frère lui cria donc : « Rentre à la maison et soigne le bétail toi-même, car je n'habiterai plus à l'endroit où tu es. J'irai à la vallée de l'Acacia. Voici ce que toi tu feras pour moi : Tu viendras me soigner s'il m'arrive malheur, car j'enchanterai mon cœur et le placerai en haut de la fleur de l'acacia; si on coupe l'acacia et si mon cœur tombe par terre, tu viendras le chercher; quand tu l'auras trouvé, tu le placeras dans un vase plein d'eau fraîche. Alors, je reviendrai à la vie. Voici le signe auquel tu sauras qu'il m'est arrivé malheur: le pot de bière bouillonnera dans ta main. » Il partit donc vers la vallée de l'Acacia; son frère retourna chez lui, se couvrit la tête de poussière, tua sa femme et jeta son cadavre aux chiens.
Pendant bien des jours, le jeune frère demeura seul dans la vallée Pendant bien des jours, le jeune frère demeura seul dans la vallée de l'Acacia: Le jour, il chassait les bêtes dans la campagne; le soir, il venait s'étendre sous l'acacia, qui portait son cœur en haut de sa fleur. Au bout de quelque temps, il se bâtit une maison dans la vallée de l'Acacia. Les dieux eurent pitié de lui, et le soleil dit à Khnumu : « Fais une femme pour Bata, pour qu'il ne soit pas seul. » Khnumu fit donc une femme afin qu'elle demeure avec Bata; elle était parfaite; ses membres étaient plus beaux que ceux d'aucune autre femme, car tous les dieux étaient en elle. Ils habitèrent donc ensemble; mais un jour il arriva qu'une boucle de ses cheveux tomba dans le fleuve et flotta jusqu'au de l'Acacia: Le jour, il chassait les bêtes dans la campagne; le soir, il venait s'étendre sous l'acacia, qui portait son coeur en haut de sa fleur. Au bout de quelque temps, il se bâtit une maison dans la vallée de l'Acacia. Les dieux eurent pitié de lui, et le soleil dit à Khnumu : « Fais une femme pour Bata, pour qu'il ne soit pas seul. » Khnumu fit donc une femme afin qu'elle demeure avec Bata; elle était parfaite; ses membres étaient plus beaux que ceux d'aucune autre femme, car tous les dieux étaient en elle. Ils habitèrent donc ensemble; mais un jour il arriva qu'une boucle de ses cheveux tomba dans le fleuve et flotta jusqu'au pays d’Egypte, à la maison des lavandières du Pharaon. Le parfum de cette boucle pénétra les vêtements du Pharaon; on fit des reproches aux laveuses, car on dit: « Un parfum dans les vêtements du Pharaon! » Le chef des lavandières fut attristé en son cœur des plaintes qu'on lui adressait chaque jour; il alla sur le quai et aperçut dans l'eau la boucle de cheveux. Il envoya quelqu'un la quérir dans le fleuve; trouvant son parfum suave, il la porta au Pharaon. On envoya chercher, les magiciens du souverain, qui dirent: « Cette boucle de cheveux appartient
frazer.jpgà une fille du soleil, qui a en elle l'essence de tous les dieux. Que des messagers aillent dans tous les pays étrangers la chercher. » On ramena donc la femme de la vallée de l'Acacia avec des chars. et des archers; tout le pays d'Égypte se réjouit de sa venue, et Pharaon l'aima. Quand il l'interrogea sur son mari, elle répondit au Pharaon: « Que l'on coupe l'acacia et qu'on le détruise. » Le roi envoya alors des hommes avec des outils pour abattre l'acacia. Ils coupèrent la fleur sur laquelle était le cœur de Bata ; et celui-ci tomba mort à cette heure fatale.

Le lendemain, quand il fit jour, comme le frère de Bata était entré dans sa maison et s'était assis, on lui apporta un pot de bière qui se mita bouillonner et une cruche de vin qui devint trouble. Il prit son bâton et ses sandales et se rendit à la vallée de l'Acacia; il y trouva son jeune frère étendu mort dans sa maison. Il chercha son cœur sous l'Acacia: Pendant trois années, il chercha en vain; mais il le trouva enfin dans la baie de l'Acacia Il jeta alors le cœur dans une tasse d'eau fraîche. Quand il fit nuit et que le cœur eut absorbé beaucoup d'eau, Bata secoua ses membres et revint à la vie. Il but la tasse d'eau dans laquelle se trouvait son cœur; son cœur revint: à sa place et il vécut comme auparavant.
»

Chacun y prendra sa part et l’on analysera cela un peu plus tard, mais je pense avoir déjà proposé quelques pistes...

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Genèse
Mes amitiés et une pensée à tous ceux de Coeli De , pauvres ou dans la détresse, qu'ils soient sur terre, sur mer ou dans les fers, en leur souhaitant soulagement dans leurs souffrances et prompt retour dans leur foyer, si tel est leur désir.

A.jpgla lecture de la Genèse, on peut se demander si la Création n’est pas le récit d’événements extérieurs. Le souffle du Temps semble, en effet, porter le Créateur hors de la sphère immobile de sa simple conscience d’être. L’Eternel ne peut se contenter d’exister. Il doit, pour admettre sa propre réalité, se construire des limites et la Lumière semble être cette limite ( Gen 1 ; 2 et 3 ). Elle se présente sous deux formes

La première est que le nom du Créateur est El-ohim et que ce patronyme est un « pluriel ». C’est cette pluralité qui sera dispersée dans l’univers créé. Elle détermine la permanence de la Création. En effet, toutes les choses, tous les êtres de l’univers son composés des mêmes atomes, des mêmes électrons, protons, neutrons que ceux qui se dispersèrent à l’origine des Temps et qui forment la substance de l’Univers que nous connaissons. Ces éléments infiniment petits ne se modifient pas, ne meurent pas, ils s’organisent simplement de différentes manières. Ils se dilatent, se dispersent, se regroupent et composent toujours la même Création depuis le Commencement. Les lettres qui constituent le Nom d’El-ohim sont enclavées par Aleph et Mem, le début et le milieu de toutes choses, deux des trois consonnes dites « Mères » de l’Alphabet hébreux et qui symbolisent le « souffle » et l’ « Eau ». On appelle « lettres mères », Aleph, Mem et Shin, car elles représentent à la fois les trois plans perceptibles de l'espace et les trois éléments constitutifs de la matière, « mem », l'eau, « shin » le feu et « aleph », l'air, c’est ce dernier qui permet l’équilibre entre le feu et l’eau. C’est entre ces deux éléments que viendra prendre place la Lumière, comme un mortier assurant le Lien, encadrant l’ « éparpillement » afin que le Monde soit stable et que son développement ne soit pas anarchique. Avant de séparer les Eaux, l’Eternel définit la Lumière comme l’élément étalon de la mesure, un outil solide avec lequel on pourra bâtir en confiance le Temple de l’univers.
Aleph et Mem, les deux extrémités d’El-ohim sont les colonnes du Temple qui porteront plus tard d’autres noms et qui « établissent dans la Force », elles soutiennent les pierres de l’édifice, image de la continuité du Temps et de son éternité.
 
 

« El », dans le mouvement qu’il insuffle à la Création, est toujours présent. Il reste le dénominateur commun, il prend la forme du centre car il a abandonné son aspect pluriel, il s’est transformé, diminué, rétracté pour devenir Unique. Il sera figuré par « Un ». Il s’associe à la Lumière car la création s’opère en pleine Lumière. C’est cette identité Dieu-Lumière qui permet d’identifier à la fois l’origine et le Commencement et c’est pourquoi le premier jour de la Création n’est pas nommé « le premier jour », mais « Jour Un » « Yom E’had » ( Gen. 1 ; 5 ), afin de rappeler qui est le créateur. La nuance est subtile, la plupart des traductions présentent la première forme et s’attardent donc sur la Création alors que le texte désigne le Créateur. Néanmoins, les anciennes versions, telles la Septante ( hemera mia ) et la Vulgate ( dies unus ), conservent cette nuance. Cette traduction a son importance car, comme on vient de le voir, le pluriel devient « Un », El-ohim devient « El » en partageant son corps, en s’offrant à la chose créée.

Bien évidemment, « Un » n’est pas, en langage « symbolique », le simple nombre qui précède « Deux ». Il s’agit bien plutôt du germe, de l’idée, de l’ « esprit » d’où sortira « Deux ». Il y a une différence formelle entre « Un » et les autres nombres. On peut toujours l’ajouter à ce qu’il a créé, mais on ne peut jamais le soustraire, on ne peut pas ôter « Un ». Bien sûr, on peut enlever une unité à ce qui existe, poser la formule deux moins un, mais ce ne seront jamais que des éléments. Il s’agit toujours d’une opération extérieures, un recul, une manière de se soustraire… On ne peut ôter le souffle. El-ohim est « Aleph » et E’had l’est aussi. On ne peut le soustraire, on ne peut le voir, on ne peut le désigner. « Un » n'est pas un « premier » quelque chose comme s’il s’agissait simplement d’un élément de la séquence. Il est la séquence, il est un principe, il est ce qui relie « Aleph » et « Beth », c’est à dire l’énergie qui permettra à El-ohim de se diviser, de fait, par le « Yom E’had », l’énergie du Créateur se transforme en Lumière et c’est sa seconde forme, celle du Temps qui permettra que la première Parole créatrice de Dieu soit à l’origine de tout le restant de la Création. Toutes choses que Dieu fait sont remplies avec Sa lumière. La lumière de Dieu est là à briller au cœur du monde et montre la voie du cycle de « Aleph-Beth », l’alphabet naît du « Un » définit en « Principe ». Par ce mouvement, la Lumière devient la matérialisation du souffle sonore. L’esprit « dit » et cela « est » ( Gen 1 ;3 ), comme il est écrit dans le Sepher Yetzirah « Le Maître Unique, Dieu roi fidèle, domine … pour l'éternité des éternités à jamais ».

Le Maître Unique... Dieu, Roi Fidèle...

De l’éclatement d’ El-ohim est resté l’impossibilité de prononcer son Nom. En effet, comment prononcer ce qui est instable par nature. L’Eternel l’a lui-même confié à Moïse ; « je serai ce que je deviendrai », on sait, par cela, que l’Eternel est en perpétuel mouvement et que c’est ce mouvement qui lui permet de construire le Monde, c’est ce mouvement qui détermine l’impossibilité d’un début et d’une fin. Le Livre, dans son ensemble, n’est que la répétition à l’infini des éléments qui le composent. Il n’y a ni point ni virgule, ni séparation entre les mots et chaque lettre se regroupe pour former d’autres signes, d’autres formes, d’autres sens. Seuls le Commencement ( Aleph ) et la fin ( Tav ) présentent une certaine permanence autour de leur axe ( Mem ). EMET ( Aleph-Mem-Tav ) est la Vérité ( plus tard, plus loin, on dira « la Vérité et la Vie » ). Supprimons le souffle « Aleph » et vient la Mort ( Met ), mais si nous ignorons la fin, restent les bornes d’El-ohim, Aleph-Mem qui sont le support solide, l’armature du Monde. Consonnes Mères liées par l’idée de partage, elles doivent copuler pour que ce partage existe et qu’il ne soi tpas l’objet de doutes ou de suspicions… Noun, lettre simple, porteuse de cette idée sera, sous sa forme finale, comme une barrière, un trait en miroir dans lequel pourrons se poser les formes. C’est aussi la signification profonde de « Né’émane », de la fidélité qui les unit.

Amen contient l’idée du Maître de l’univers et de Sa dimension infinie et de son liens imprescriptible de fidélité à sa propre création ?

 La racine de AMEN est la même que le mot « Emounah » qui veut dire « Foi », « Confiance », en latin, « Credo ». C’est aussi, on vient de le voir, le partage avec la « Vérité » des deux premières lettres des mots qui les désignent, Amen et Emeth, sont de même nature. Cela signifie qu’il y a, dans la confiance, dans la foi, une reconnaissance de la Vérité pour ce qu’elles sont de sources identiques. Lorsqu’il est répondu « Amen », selon le type de bénédiction, il y a acquiescement, acceptation, reconnaissance du Vrai et confiance dans ses conséquences. Il y a aussi une certaine forme de témoignage de ce qui est exprimé dans la bénédiction entendue. En somme, en disant Amen, je dis : « C’est vrai », mais aussi, « je m’y engage », car le Livre enseigne que l’action n’est pas tant dépendante de la Foi mais qu’elle en est plutôt à l’origine et, on l’aura compris, prononcer « Amen » est un déclencheur de reconnaissance. Amen, au delà de l’affirmation de ce qui est vrai, fiable, et de la confiance qu’il est possible d’accorder à quelqu’un, est aussi la doxologie de la Parole.

 Les lettres du mot Amen, - Aleph, Mème et Noune sont les premières lettres des mots : « E-l, Mélech, Né’émane », qui signifie : Dieu, Roi, Digne de confiance (ces trois mots remplacent parfois le mot Amen). Cette traduction souvent employée montre permet, une fois encore, de faire le lien entre Saint Jean et l’Ancien Testament. Non plus, cette fois, par la relation qu’il peut y avoir entre le premier mot de la Genèse et celui de son évangile, mais, cette fois, par l’affirmation du Christ comme étant le arbremort.jpg« Dieu, Roi Fidèle » des chrétiens dans sa lettre à l’Eglise de Laodicée, mais aussi en bouclant le cycle de la révélation par l’identification du mot Amen avec la désignation du Christ comme « Alpha et Oméga » :
  

« Apo 3:14 Écris à l'ange de l'Église de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu: »

 


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