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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

Publié le par Lurker
Publié dans : #Miscellanées
"Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé."
Djallal Uddin Rûmî
"Q. What is a centre?
A. That point within a circle from which every part of the
circumference is equally distant
Q. Why in the centre?
A. Because that is a point from which a M.M. cannot err."
 
point-circleHérité de pratiques animistes, plus particulièrement des religions anciennes et des cultes du phallus, ce symbole que l’on trouve sur les tableaux de Loge du premier degré du Rite Emulation nous vient probablement de la plus haute antiquité. Le point dans un Cercle est un symbole de grande importance pour le franc-maçon dans la mesure où, nous précise le rituel, "il est un lieu dans toutes les Loges Régulières depuis lequel nul maçon ne saurait se perdre...". Il représente le lien entre nos rituels actuels et l’ancien symbolisme de l’Univers et de l’Orbe solaire. Tout les Apprentis d’ « Emulation » qui ont étudié leur rituel sont assez familiarisés avec le sens qui est habituellement attribué à cette représentation. On nous dit que le point représente l’individu humain et que le cercle désigne les limites de ses devoirs envers Dieu et les autres Hommes. Les deux lignes parallèles perpendiculaires qui représentent Moïse et Salamon, c'est à dire le dispensateur de la Loi et le bâtisseur de son Temple.  Une tradition plus  "modern" adoptée par certaines Loges (particulièrement les Loges US)  et préférée des praticiens du REAA  ou du RER, plus neo testamentaires, laisse à penser qu'il s'agit des deux Saint Jean pour ce qu'ils configurent, pour les uns, les solstices et pour les autres les deux piliers de la chrétienté...

Circle_Dot_Founders.gifIl est bien évident que ce symbole particulier est à placer auprès de celui du compas dont on a déjà parlé ici. Image du Monde, de la Création dans son ensemble tout aussi bien que celle du Dieu qui Crée… l’Unité qui fait complétude par le fait même qu’elle contient le Créateur et sa Création. Mais, de l’outil qui permet d’en délimiter les formes, à la représentation elle-même qui peut exister à main levée, combien d’images peuvent surprendre et dire le Monde.

Comme beaucoup de symboles maçonniques, celui-ci se présente comme une résurgence de pratiques et de traditions des plus primitives en relation avec la vénération du Soleil et de la Lune. Rappelant les signes les plus anciens relatifs aux cultes de la Déesse Mère transmis à l’occident chrétien à la suite des pratique moyen-orientales du Sabaïsme qui consistait en l’adoration des étoiles, ou, comme il est dit dans les écritures… « seba schamaïm, omnes militias coeli ». On sait, que c’est par ces termes que les hébreux désignaient les astres et les étoiles et que c’est de là que provient le nom de sabéen. L’union du Phallus et de la Cteis, ou le Lingam et le Yoni dans une même combinaison se présente comme un objet d’adoration particulière dont le point à l’intérieur d’un cercle se présentait depuis longtemps comme la plus habituelle représentation. Aussi bien, les étoiles et leur énergie projetée sur Terre étaient l’image la plus courante de la Création du Monde par la dévotion qu’elle suscitait quant à la divinisation des pouvoirs prolifiques de la Nature. On sait que les plus anciennes divinités sont celles qui représentent la Grande Déesse dont les hommes sont les enfants générés par un Dieu disparu.

Ce point au centre d’un cercle est donc bien une référence phallique. Cela n’est pas surprenant dans la mesure où les sources de ces cultes sont restés d’une grande influence dans le symbolisme maçonnique où l’on retrouve indifféremment le « lingam » ( sous la forme des colonnes ou du Maître, selon les traditions ), le « Soleil » et la «Lune».

D’autres avis portent sur une origine qui se voudrait plus pragmatique. A savoir que le point serait le point de rotation d’un graphisme circulaire qui représenterait l’Univers, contenant et contenu. L’Homme des premiers âges aurait alors utilisé un pivot planté dans la terre pour en dessiner la forme conceptuelle à l’aide d’une autre tige ou d’une liane. Une cheville dans le sol, un pivot, un arbre comme « axis mundi »… Aujourd’hui on n’a pas encore trouvé mieux que cette méthode aussi simple qu’efficace et il n’y a pas de doute sur le fait que la pointe du compas reliant son axe de rotation à l’autre pointe soit son héritière. Cependant, même dans ce cas, il est bien évident qu’il s’agit encore d’une représentation phallique implicitement présente car le cercle « contenant » figurant la Création ne saurait exister sans lui… Il s’agit toujours, à l’instar du symbolisme des colonnes J et B, d’énergies, « contenante » et « contenue », «enveloppante» et «enveloppée», dont les significations se sont transformées avec le temps et les cultures en « masculine » et « féminine ». De nombreuses déités de l’antiquité païenne peuvent de la sorte être associées à ces concepts générateurs, « actif » ou « mâle », « passif » ou « femelle ». Ainsi les Dieux anciens étaient représentés en couples… Jupiter et Junon, Vulcain et Vénus, Osiris et Isis. Mais les anciens sont allés encore plus loin. Ils affirmaient que l’énergie de la procréation était la même que celle qui avait présidée à la fondation du Monde et de la Nature. C’est ainsi, en soulignant que cette force pouvait exister en un seul individu, qu’ils désignaient les premiers habitants du monde comme hermaphrodites, voir des créatures doubles ( Cf. Le Banquet de Platon ).
Cet héritage conceptuel a perduré jusque dans les fondements de l’ancien testament car il est écrit « Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, Homme et Femme il les créa. » (Gen 1:27 )

La Genèse, on le voit, est encore une fois présente dans cette représentation symbolique du Monde, mais il ne s’agit pas uniquement de la Création de l’Homme. En effet, celui-ci fut placé dans le jardin d’Eden, lieu où furent définitivement organisés les éléments vivants de la Création. Nommer les animaux et les plantes, séparer les sexes, déterminer les formes du monde et les lieux de vie, mais aussi en organiser les règles dont la première de toute… ne pas se nourrir de la Connaissance, des fruits de l’Arbre au centre du Jardin. Or, de cet arbre en son centre et de ce couple souvent représenté « à l’ordre » comme sur ce pilier de la maison des Consuls à Saint Antonin Noble Val dans le Tarn et Garonne.

ducberry.jpgOn constatera que les limites du Jardin sont bien souvent circulaires et qu’elles prennent leur centre justement au cœur de l’Arbre, comme si la représentation de l’Eden devait aussi être celle de Dieu… ou de l’Homme… puisque leurs images sont de même nature. L’exemple le plus frappant est cette peinture du XVème siècle illustrant les "très riches heures du Duc de Berry" et conservée au Château de Chantilly près de Paris.


Cela n'entre, bien entendu, pas en contradiction avec le fait que cette représentation du point à l’intérieur du cercle se retrouve chez les tribus les plus primitives et chez les anciens chinois de l’époque chamaniste qui auraient conservé la tradition de former un cercle protecteur à partir un arbre central qui servait d’axe autour duquel on libérait une clairière permettant d’installer le campement. Cette forme se retrouvera dans l’architecture des tours fortifiées, des places fortes et des villages tout aussi bien que des premières églises byzantines dont l’aspect cruciforme est inscrit dans un cercle lui-même contenu dans un carré et l’arbre restera associé à l’axe du Monde. Pour les chinois, en particulier, cette construction est restée à la base de l’organisation des Temples et des portes d’entrée, de même leurs cénotaphes prendront la forme d’un cercle.

Mais revenons aux sources de la signification religieuse du symbole. Albert G. MacKey dans son ouvrage « The Symbolism of Freemasonry » insiste sur son grand intérêt et son importance et nous convie à le rapprocher de l’orbe du Monde et de son axe et c’est en cela que les tangentes des lignes parallèles perpendiculaires offrent les points solsticiaux du cycle. Néanmoins, il revient, à juste raison sur sa signification phallique première et ses liens avec les Grands Mystères. Pour les Egyptiens dont on dit souvent qu’ils sont à l’origine de nos symboles maçonniques, le Phallus était le symbole de la fécondité exprimée par le principe mâle générateur. Les mystères secrets liés à cette énergie et à ses conséquences profondes étaient transmis lors des initiations. Ce sont ces secrets intrinsèquement liés au culte d’Osiris dont héritèrent les mystères d’Eleusis. Le point était la source profonde de toutes choses caché au cœur de la Création et le placer dans un cercle revenait à en indiquer la source sacrée. Dans ce contexte, le cercle sans le point n’a aucune signification et sans le cercle, le point n’en a pas plus. C’est la raison pour laquelle les cultes monothéistes qui conservèrent ce signe en conservèrent aussi le sens depuis Akhenaton qui en fit le symbole de son Dieu.


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Publié le par Lurker
Publié dans : #Les mythes

  "Seaven Sciencies be founde by Geometrie for it Teacheth A mant and Measure Ponderation weight on all things on Earth, For there is noe Workman these 4 Children found the begining of all these Crafts and Sciencies in the World fforthat Worketh any Craft but he worketh by some Mett or Measure.And every man that buyeth or Selleth they buy or Sell by some weight or Measure, And all this is Geometry And the Merchants and all other Craftsmen of the Seaven Sciencies, and the Plowmen and Tillers of the Earth and Sowers of all manner of Graines Seeds and Vine plants, and Setters of all manner of ffruits : For Gramer or Arethmatick norAstronomy nor none of all the Seaven Sciencies can no man finde Mett or Measure in without Geometry wherefore methinks that the said Science of Geometry is most worthy, And all the other be founded by it, But how this worthy Science and Craft was first founded and begun I shall tell you before Noyes fflood there was A man which was called Lameth "
Lansdowne Ms 1560

 

« Here's to thee, old apple tree!
Whence thou mayst bud, and whence thou mayest blow.
Hats full! Caps full?
Bushel, bushel, sacks full !
And my pockets full too ! Huzza! »
Acclamation traditionnelle de Cornouaille

 

 

belthane-copie-1.jpg« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai ma Communauté, et que les portes du Shéol ne prévaudront point contre elle[1]. ». Selon ce principe il ne peut y avoir d’Eglises de bois et les pierres doivent êtres jointes solidement.

 

Les techniques, comme les idées ne naissent pas. Elles se développent, se partagent, se propagent, s'approprient et redéfinissent les termes des unes aux autres. Elles partent de peu et se construisent. Les anciennes traditions ne meurent jamais, elles changent de forme et parfois de nom, mais la source demeure. Elles se transforment parfois en folklore, en manifestations festives et populaires mais, même après cela, elles ne changent pas de nature. La chronologie reste, l’harmonie du calendrier, les fêtes et les célébrations restent et, le plus souvent, le nom des choses et des Dieux, même si leur grandeur s’estompent, même si les dialectes et les langues diffèrent et que l’orthographe varie pour n’être plus, bien souvent, qu’une forme phonétique qui évolue avec le temps. Peu importe, car ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions, mais l’attachement à des pratiques et ses usages. Les voyelles, la prononciation indique les sources mais non leurs fonctions, elles glissent et modulent les mots comme des superstitions alors que les symboles fondateurs expriment la force de la pensée et permettent aux mythes de dire le Monde. Ces mythes qui ont formé la culture nord occidentale, et dont un grand nombre ont trouvé refuge dans les légendes maçonniques développées depuis la fin du XVIIIème siècle se sont façonnés sur les partages et les échanges d’une antiquité méditerranéenne tardive, une jeune chrétienté portés par les invasions romaines et un monde ancien ; un choc de cultures et de peuples, héritiers de la tradition du Dieu qui meurt et du Rameau d’Or[2]... Une légende ancienne associée au Soleil et à la Lumière comme l'est la maçonnerie et dont il est bien évident qu'elle se décline sous les mêmes formes depuis les Egyptiens et Apollon, Soleil des grecs, qui naît, décline, meurt et renaît d'un jour à l'autre. Cette légende court du bassin méditerranéen jusqu’aux confins des terres celtiques et germaniques avec Balder, elle a évolué au cours du temps pour donner la forme syncrétique que nous connaissons et qui constitue, encore aujourd’hui, le cœur de la Maîtrise maçonnique associée à l'Acacia et à sa Lumière.

 

Les mots qui racontent ces mythes le font selon des formes compréhensibles par l’une et l’autre culture, des anciens cultes et des nouvelles croyances, quels que soient ceux qui les expriment car ils bâtissent des rites qui les mettent en scène et qui seront pratiqués par les uns et les autres, parfois même, tous ensemble.

 

On peut obliger, faire plier ou bien humilier les hommes pour leur imposer des normes et des coutumes, mais ce ne seront que billevesées, tant qu’il reste le langage, les symboles demeurent et désignent toujours les mêmes questionnements. Seules les traditions nées avec l'Homme, celles qui fondent sa position sédentaire et qui encadrent les moyens de le demeurer, resteront présentes d'une façon ou d'une autre. Bien entendu, c’est celui qui a en charge la construction de l’abri et sa consolidation, celui qui réalise le refuge à partir duquel sera sauvegardée la conscience de la continuité, qui aura le devoir de définir les règles de la vie collective. C’est sur ce principe que se fonde la maçonnerie Noachite, en référence au patriarche Noé qui construisit l’Arche du Déluge et promulgua les Commandements[3].

 

Les voyelles glissent et modulent les mots comme des superstitions alors que les symboles expriment la force de la pensée et permettent aux mythes de dire le Monde. Ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions, mais l’attachement à des pratiques qui dépassent le plus souvent, par les plaisirs et l'universalité qu'on y trouve, la célébration de ce à quoi elle se réfère.

 

Les études portant sur la symbolique du thésaurus maçonnique ne tiennent pas souvent compte de l'Histoire des idées, voire, elles se distinguent même de l’étude de l’Histoire en générale, comme si cette catégorie particulière possédait une vie propre, en dehors de tout contexte. De fait, jusqu’à présent, les historiens de l’Ordre en faisaient eux-mêmes partie et étaient, par le fait, très influencés par l’idée qu’ils pouvaient se faire du parcours initiatique comme étant une marche hors du Temps. Bien entendu, on conçoit aisément que les symboles qui président aux travaux de la franc-maçonnerie soient présent dans l'inconscient des Hommes et qu’ils préexistaient bien avant que les francs-maçons ne les disposent dans les arcanes de leurs rituels, comme on dispose des petits cailloux sur les routes pour retrouver son chemin. Il est tout aussi aisé de comprendre cette grammaire particulière qu'est le symbolisme et l'étude, l'exégèse des textes des rituels et des anciens devoirs qui marquent le temps tout au long de cette route. Mais, dans la plupart des cas le discourt est différent selon qu'il s'adresse aux historiens ou aux symbolistes... néanmoins nous ne sommes complètement ni l'un ni l'autre, mais plutôt, à l'instar de Descartes, incertains de tout et remettant tout en cause, ainsi se présente le moindre des symboles... enrichi de toutes parts et néanmoins si discret qu'on en oublierait qu'il figure sur les tableaux de loge comme un sourire de Joconde... mystérieux... mystérieux surtout de ce qu'il ne dit pas et de ce qu'il implique car ces petites boules jaunes et ces feuilles aux nombreuses paires de folioles sont autant de traces de pas vers ce que nous étions et le chemin que nous avons pris. Les traces d'un souvenir, comme un filet de nuages dans un ciel bleu...

 

La franc-maçonnerie est née quelque part au nord ouest de L'Europe, il y a très longtemps et bon nombre de ses usages se sont formés de partages et d'échanges entre une antiquité méditerranéenne tardive, une jeune chrétienté et un monde ancien... si ancien que l'on en conte encore les sagas et les mythologies...

 

Les îles britanniques et d'Irlande présentent cette particularité, dans l'histoire de L'Europe occidentale, d'avoir été presque totalement préservées de l’expansion de Rome. La presque totalité de l'écosse, c'est à dire toute la partie nord des Highlands n'a subie ni invasion, ni influence directe. Les romains, afin d'empêcher les incursions Scottes et Pictes sur les territoires conquis et qui n'avaient pas encore été totalement pacifiés, ont d'abord construit le mur d’Hadrien à partir de 122 (ap JC), puis, quelques années plus tard, en 140, un second mur, plus loin au nord, le mur dit, d'Antonin entre le Firth of Forth et la Clyde, c'est à dire à la lisière des Highlands. Ni l'un ni l'autre ne servirent très longtemps car les Pictes en eurent raison dès le deuxième siècle.

 

Ces événements revêtent une très grande importance pour ce qui deviendra la franc-maçonnerie, et ses deux branches les plus fondamentales des "ancients" et des "moderns";  du moins pour l'usage des symboles et les influences qui présidèrent à la fondation de la Grande Loge de Londres. En effet, un un grand nombre de questions relatives à cette Grande Loge des Modernes de 1717, et, plus tard, à ses avatars continentaux , à l'immense thésaurus symbolique  et alchimique de ce que l'on nommera écossisme dont les crispations identitaires vont jusqu'au reniement des origines, ne trouvent d'explication qu'en tenant compte de cette situation.Une autre question rste en suspend... comment dépasser l'ambigüité d'un argumentaire d'origine du psychodrame du troisième degré qui s'appuie essentiellement sur la reconnaissance de pratiques dont on réfute généralement la réalité mythologique ?

 

Le christianisme faisait déjà partie de l'empire Romain depuis près d'un siècle lorsque le premier mur fut construit et l'on sait que la chrétienté s'est principalement propagée avec les conquêtes romaines, de même la nouvelle foi  se propageait sur ses routes pour se fixer définitivement dans l'empire à partir du IVème siècle, époque de la conversion de Constantin.

 

Image2.jpg


[1] Mat 16:18

[2] Cf sur ce point « L’Acacia m’est connu… »,  ed. Maison de Vie, 2009

[3] Les lois de Noé sont moins connues que celles données à Moïse sur le Mont Sinaï. Elles nous sont rapportées par le Talmud et sont au nombre de sept et appelées « les Sept Lois des Fils de Noé » (sheva mistvot bnei noach).

  • interdiction de l'idolâtrie.
  • interdiction du meurtre.
  • interdiction du vol.
  • interdiction de l'adultère.
  • interdiction d'invoquer Dieu en vain.
  • interdiction de torturer les animaux.
  • obligation de se doter d'institutions politiques pour faire respecter les six lois précédentes.

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles

La forme de la Loge est un carré long parce que
la vision de monde des bâtisseurs est un carré long.

 

 

ange ratisboneCeux d'entre nous qui ont étudié la franc-maçonnerie et qui ont quelque peu pratiqué le rituel, savent que la Géométrie et l'Astronomie jouent un rôle plus qu'important dans nos cérémonies. Nous ne devons jamais perdre de vue qu'une très grande part notre symbolisme requiert l'usage de ces deux sciences pour sa compréhension et son interprétation car tout repose sur l'idée générale que ces sciences existaient bien longtemps avant nous, avant même que nous les ayons découvertes et développées.

 

La mention et l'usage de l'Angle Nord-Est en est l'exemple. En effet, son symbolisme était déjà ancien à l'époque de la construction du Temple de Salomon. Ainsi, on le sait, la forme de la Loge représente le monde tel qu'il était imaginé par les peuples de l'antiquité qui croyaient que la terre avait la forme d'un carré long, ainsi, notre angle nord-est est bien l'endroit du monde qui était représenté à cet endroit à cette époque; C'était le point où la course annuelle du soleil trouvait la limite de son parcours au solstice d'été et qui marquait le jour de l'année durant lequel la lumière était la plus forte et la plus brillante. Le plus jeune Apprenti Entré se tient à cet Angle de la Loge, près du Vénérable Maître qui symbolise le Soleil à l'Est d'où apparaît la Lumière. Pour les Kabalistes le symbole est clair, la Lumière (Aur) est la source grace à laquelle la conscience de l'Infini (Sof) peut s'exprimer.

 

Dans les religions primitives, l'Angle Nord-Est était le siège de la divinité et devint peu à peu le symbole de la sacralité et des vertus qui y sont attachées. La Franc-maçonnerie conserve ce symbolisme quand le Vénérable Maître informe le nouvel Apprenti de sa signification :

 

« Il est d'usage, lors de la construction de tous les édifices imposants et superbes, de placer la première pierre dans l'angle nord-est du bâtiment.

Comme vous venez d'être admis dans la Maçonnerie, vous êtes placé dans l'angle nord-est de la Loge pour symboliser cette pierre, et sur la fondation édifiée ce soir, puissiez-vous élever un édifice qui soit parfait en tous ses éléments et qui fasse honneur au constructeur. »

Rite Anglo-Saxon

 

On sait que pour la maçonnerie opérative, la première pierre de tout bâtiment était posée là où serait l'Angle Nord-Est et c'est ainsi que furent bâtis tous les édifices les plus remarquables. Le nouvel Apprenti se doit donc de comprendre la leçon transmise par sa place et plus particulièrement l'avenir et la solidité de la construction dont il est la pierre de fondation. Il est le milieu du chemin, la frontière entre les ténèbres et la Lumière. Il reste encore encore en lui les souvenirs de l'ignorance alors qu'il voit briller la Lumière de la Connaissance. Il lui appartient de déterminer dans quel sens il tournera ses pas.

 

 

bord

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles

"Les hommes sont plus enclins à rendre le mal que le bien
car la reconnaissance est un fardeau alors que la vengeance est un plaisir"

Tacite

 

eboli-allegorie-voilee.jpg

 

 

 

 

 

Un grand nombre de maçons s'inquiète de savoir quelle définition donner à la maçonnerie. Peu d'entre eux obtiendront la réponse qu'ils attendent.

L'explication et les moyens existent cependant dans les Lectures au Premier Degré. Il s'agirait d'une sorte de science voilée d'allégories exprimées par des symboles... Cela reste, bien entendu, une explication vide de sens pour beaucoup de maçons. Se réfugier derrière le symbole est parfois un bon moyen d'entourer de mystère les attentes déçues d'accéder à la sagesse en cultivant l'auto-satisfaction. Ainsi, chancun reste libre d'inteprêter les symboles maçonniques comme bon lui semble. Il apparait donc que la maçonnerie est un mode de vie, une théorie de l'être, une philosophie du soi impliquant l'autre qui se manifeste chaque fois que nous partageons quelque chose avec la fraternité. Le véritable maçon est alors celui qui interprête correctement les symboles par lesquels la maçonnerie est conçue (ou par lesquels on peut lui trouver une raison d'être) et qui fonde sa vie sur l'exemple de ce qu'il trouve dans les fondations de cette signification comme le fit, il y a très longtemps, le Roi Salomon alors qu'il creusait les fondation du Temple sur le Mont Moriah.

 

Qu'est ce que la Franc-maçonnerie ?

« Un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l'allégorie, au moyen de symboles. »

 

Cette question est la plus importante de toutes, relativement à la présence du Volume de la Loi Sacrée. Ainsi,  elle se décompose de diverse manières, notamment : pourquoi l'Ancien Testament et pourquoi la déchristianisation de la Franc-maçonnerie ?

Les raisons de la déchristianisation n'ont, au premier chef, qu'une raison de paix structurelle et « politique » avec la religion anglicane et les tenants du Pouvoir politique. La Franc-maçonnerie anglo-saxonne est devenue, après cette déchristianisation, un véritable troisième pilier de la société britannique avec la Couronne et l' Église. Les contenus et les moyens mis en œuvres par ces trois piliers sont totalement complémentaires.

La Franc-maçonnerie ne fait pas de religion et surtout, n'en est pas une, et même si ses rituels rappellent et peuvent être analysés comme des célébrations en termes anthropologiques ou d'histoire des religions,. on s'aperçoit qu'ils sont complémentaires à celles pratiquées par les religions sans en  avoir la vocation.

Il ne s'agit pas de copier la religion par défaut ou d'en imiter les formes. Le penser serait une erreur. De fait,  avec le temps et l'étude, ce qui était à l'origine de cette déchristianisation, c'est à dire une réforme et un conflit politique initiés par les autorités extérieures à la Franc-maçonnerie, s'est peu à peu transformé en une véritable affirmation de complémentarité. Que l'on ne s'y trompe pas, cela est aussi vrai pour la pratique anglo-saxonne que pour la pratique française dans son ensemble, même si cette dernière se présente sous une forme souvent plus socialement normée (bien que masquée par une façade alchimique) en raison de sa reconstruction presque intégrale par l'église catholique dès son arrivée sur le continent. Il s'agit ici d'une forme de maçonnerie fortement politisée , même et surtout  chez ceux qui s'en défendent et qui oscille entre contre-révolution et progrès social avec, actuellement, une forte dominante des premiers.

 

 

 

pcscompagnon.gif

 


  " Cette sagesse n'a pas de contenu.
Elle n'est pas un savoir mais les moyens propres à acquérir le savoir."

Rémi Brague

 

 

 

Pourquoi l'Ancien Testament ?

 

Parce que choisir le Nouveau Testament, le Coran, ou autre, voire un Livre Blanc, serait une affirmation de croyance religieuse, « athéiste » ou identitaire qui permettrait d'induire, par une définition limitée de la tolérance, les moyens de l'intolérance.

En effet, si l'on choisi l'un plutôt qu'un autre cela revient à rejeter ce qui n'a pas été choisi. Y compris quand il s'agit d'un livre blanc, je dirais même « et surtout » lorsqu'il s'agit d'un livre blanc. Ces pages vides sont, en effet, la parfaite expression de la stigmatisation de qui s'aventurerait à les remplir.

On vient en maçonnerie pour progresser vers le « Soi » et non pour affirmer ou choisir ce que l'on veut affirmer aet l'imposer aux autres... On comprend facilement que ce livre blanc, par exemple, revient à peindre en blanc toutes nos représentations symbolique. Il n'y aurait plus de puzzle et les deux parties du symbole ne s'emboiteraient plus puisque leur forme, laissée sans plan aurait pour conséquence de ne plus trouver sa place dans la construction et de donner valeur de Vérité à l'envie, l'individualisme, plutôt qu'à l'étude sans se préoccuper des termes de la fraternité. « Je vis ma vie » sans me préoccuper de la Loge, « pourquoi ferais-je ici ce que je ne fais pas ailleurs ? » et tout cela amène à questionner le groupe et à lui demander de s'exprimer pour ou contre moi... jamais de faire fonctionner l'ensemble.

 

Une reconnaissance sans distinction d'une part ou d'une autre du sumbolon sans se préoccuper de son alter ego dans la mesure où rien ne serait défini sinon l'ego plus que l'étude.

 

Choisir un Livre ; Nouveau Testament, Coran ou Bagavad Gita c'est privilégier la révélation plutôt que l'éthique, privilégier l'identité au mouvement. De même, et pour les mêmes raisons,  il n'est pas bon de penser que l'Ancien testament est identique à la Torah. Chaque religion se développe sur un principe ambigüe qui consiste à faire croire que Dieu est partout mais qu'il se préoccupe personnellement de chacun.

 

Nos rituels s'appuient sur des préceptes moraux, une forme particulière d'éthique enseignée à l'aide d'allégories exprimées par des symboles et non de l'affirmation d'un dogme ou de son refus. Dans un cadre maçonnique, choisir c'est affirmer pour les autres, il en est de même du refus ou de l'objection. Toute affirmation d'une identité personnelle vient impacter sur celle des autres, le choix d'un seul devient alors le malaise de tous. C'est pourquoi ce Volume est celui de la Loi Sacrée et non de la Sainte Loi. La Sanctification relève de l'identité religieuse et dépasse l'éthique, comprise comme la morale complétée de l'étude, par l'affirmation d'un choix de Vérité. L

 

a Franc-maçonnerie est comme cette forme particulière de tolérance que l'on appelle laïcité, elle est « manger ensemble », partager et non choisir. Elle n'est pas l'addition d'identités mais la construction d'un édifice collectif.

 

 

masonic-design1.jpg

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