
"LE SILENCE DES APPRENTIS"
A chaque grade de la franc-maçonnerie correspond une étape du chemin initiatique qui doit conduire l'Homme à se parfaire. Pour l'Apprenti, le nouvel initié, ce moment du parcours
est particulièrement difficile car il va être confronté à une obligation de Silence" ( 4ème de couverture ).
Aux éditions "MAISON DE VIE", bien connues d'autres part pour la série des "symboles de la franc-maçonnerie" .L'auteur nous propose un voyage au cœur du "Silence des Apprentis". Le Silence, qui ne saurait être confondu avec le secret ou le mutisme, est un phénomène récurent de la démarche initiatique qui ne se présente pas comme une simple et unique interdiction de parler, mais bien comme un outils indispensable à tous les grades. Ce Silence est la Pierre de faîte, le fondement du franc-maçon futur. Il est important qu'il soit plus chargé de sens que tout autre symbole. Le silence des Apprenti n'est pas une exigence quelconque, ce n'est même pas une exigence formelle de tous les rites. Il est important d'en expliquer la nature plus que d'en imposer une pratique sans réflexion préalable. Le Silence est ici l'objet de l'étude et non une obligation étrangère à celle-ci.
Soyons clair, cette obligation somme toute récente au regard de l’Histoire et assez spécifique à la maçonnerie continentale ( cette obligation n'existe pas au Rite Emulation ) est une découverte pour le néophyte et, on le sait bien, aucune découverte ne peut reposer sur la contrainte sauf à risquer de transformer en objets anecdotiques les symboles et les outils du futur Maître. En effet, si le premier contact repose sur l'interdit, comment la confiance peut-elle s'instaurer ?
Le Silence de l'Apprenti est le cinquième voyage invisible de la cérémonie d'initiation tout autant que le viatique des Maîtres …
Le langage est un système ingénieux d'artifices qui permettent d'invertir le mouvement de la vie en son contraire, de fixer des idées là où tout passe, de
stabiliser des choses qui ne cessent de se développer.
C'est de cette manière que Foucault déterminait les structures des outils de l'Etude en soulignant les nécessaires croisements de deux domaines privilégiés ; l'Histoire et
l'ontologie.
Le monde des sons contient la nourriture intellectuelle de l'esprit. Le Monde du Silence, comme
celui des formules ou des invocations est le lieu du mystère de l'inconscient , de l' "âme", au sens jungien du terme, c'est à dire, cette part humaine qui véhicule le lien entre l'éducation
et l'instinct.
Le discours généralise l'appelle par son éthique et son esthétique, la totalité de perception du temps qui reste lié à la conscience
muette qui nous fait connaître le sens de l'inconnu. Le sens qui allume un désir de Lumière, de Vérité...
En
définissant les inter-relations, Foucault nous orientait vers un caractère actif à leur « capacité de saisir l'éternel dans le présent, de saisir et de garder dans le temps ce qui
est destiné à survivre à la mode, la capacité de transformer l'éternité du présent et rien d'autre .Imaginer le présent autrement qu'il n'est et le transformer non pas en le détruisant mais
en le captant en ce qu'il est. ».
Dans ce contexte, le langage apparaît comme l'instrument de la
conscience : la vie en mouvement constant insaisissable se confronte à l'image saisie d'elle-même. Les mots, dans ce contexte, deviennent les murs, ils construisent les limites d'un Temple
qui s'étend d'est en ouest, du Nord au Sud... du plus profond de la Terre à la voûte des cieux... C'est cependant ces murs, ouverts sur l'espace comme le montre la première lettre de la
Genèse qui permettent au souffle, au Verbe, de créer.
Comment la vie en mouvement et
son image stabilisée peuvent-ils cohabiter?
Difficilement ou bien tout simplement en ne se privant jamais ni du Silence, ni de la Parole?
L'Auto-régulation provient de la conscience et non des interdits.
Le langage transmet une tradition, mais elle doit être tout le contraire d'un cortège funèbre, elle exige une perpétuelle re-naissance qui ne vise
pas l'unité sémantique antérieure, mais une fracture sémantique pour une réinformation permanente du monde. La philosophie n'est pas étrangère à ce débat du langage.
Héraclite, déjà, écrivait :"Nous entrons et nous n'entrons pas dans les mêmes fleuves; nous sommes et nous ne sommes pas."
Cette déclaration est à se taper la tête contre les murs
!
Que signifie cette opposition "être-ne pas être" "entrer et ne pas entrer" ?
Doit on la rapprocher d'une image de l'Homme qui ne serait ni nu, ni vêtu ?
"Two is a company,
three is a crowd"
" Fraternity is our hope,