
"LE SILENCE DES APPRENTIS"
A chaque grade de la franc-maçonnerie correspond une étape du chemin initiatique qui doit conduire l'Homme à se parfaire. Pour l'Apprenti, le nouvel initié, ce moment du parcours
est particulièrement difficile car il va être confronté à une obligation de Silence" ( 4ème de couverture ).
Aux éditions "MAISON DE VIE", bien connues d'autres part pour la série des "symboles de la franc-maçonnerie" .L'auteur nous propose un voyage au cœur du "Silence des Apprentis". Le Silence, qui ne saurait être confondu avec le secret ou le mutisme, est un phénomène récurent de la démarche initiatique qui ne se présente pas comme une simple et unique interdiction de parler, mais bien comme un outils indispensable à tous les grades. Ce Silence est la Pierre de faîte, le fondement du franc-maçon futur. Il est important qu'il soit plus chargé de sens que tout autre symbole. Le silence des Apprenti n'est pas une exigence quelconque, ce n'est même pas une exigence formelle de tous les rites. Il est important d'en expliquer la nature plus que d'en imposer une pratique sans réflexion préalable. Le Silence est ici l'objet de l'étude et non une obligation étrangère à celle-ci.
Soyons clair, cette obligation somme toute récente au regard de l’Histoire et assez spécifique à la maçonnerie continentale ( cette obligation n'existe pas au Rite Emulation ) est une découverte pour le néophyte et, on le sait bien, aucune découverte ne peut reposer sur la contrainte sauf à risquer de transformer en objets anecdotiques les symboles et les outils du futur Maître. En effet, si le premier contact repose sur l'interdit, comment la confiance peut-elle s'instaurer ?
Le Silence de l'Apprenti est le cinquième voyage invisible de la cérémonie d'initiation tout autant que le viatique des Maîtres …

La présence de l’Etre s’effectue dans l’action de passer, chacun d’entre nous passe d’un état à un autre, reconnaît son existence par la multiplicité des personnalités qui la compose plus que par l’affirmation de Soi, mais une fois les masques identifiés et réduits à une influence accessoire, reste la plainte de l’innocence, de la naïveté, le visage que l’on ne reconnaît pas tout de suite mais dont l’image reste devant les yeux[1] comme le portrait d’un étranger que l’on croise trop souvent ou bien, pour reprendre l’image que nous développions plus haut, peut être s’agit-il du serpent bruissant dans le souffle du silence et qui ondule devant nous de telle manière que nous reconnaissons sa forme à chaque passage[2]. Comme si le Soi produisait le mouvement et que cette mobilité sans fin exprimait la construction permanente du présent par lequel se construit le futur immédiat et que cette altérité en mouvement était l’essence même de la non-dualité. L’Initiation se présente comme la rencontre personnelle d’un Étranger, d’un guide intérieur, pas uniquement de guides spirituels ou compagnons de route comme peuvent l’être les Maîtres ou les autres Apprentis. C’est cet étranger qui enseigne ce qui est de l’ordre de la gnose, par intuition s’il s’agit uniquement de soi-même ou par progression si le guide est un accompagnateur extérieur, c’est aussi le médiateur (ou la Porte, le Seuil) entre ce que nous croyons être et ce que nous sommes. Cet Étranger apparaît dans toutes les traditions ésotériques comme le but à atteindre mais aussi comme l’état initial de l’être. En ce sens, il est « la Voie, la Vérité et la Vie », le son du silence subtil. Cet Étranger apparaît, sous des apparences diverses et bien souvent comme le reflet du miroir et c’est lui qui apprend à l’Apprenti à marcher vers l’Orient, il est alors celui qui donne l’initiation. Il est encore celui qui guide l’initié, lui donne la lumière, d’un orient l’autre à travers le Monde de l’Âme ( Ruakh ).
"Two is a company,
three is a crowd"
" Fraternity is our hope,