Notes sur le Lewis

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Un « Lewis » est une pièce d’acier que l’on introduit dans la pierre afin de la fixer à un dispositif élévateur qui sera employé par les maçons bâtisseurs et qui leur permettra de soulever de lourdes pièces en vue de les disposer à leur place dans la construction. Il permet ainsi de fixer les pierres à une grue, un treuil ou une chaîne.
Cette pièce de métal est insérée à l’intérieur de la pierre en un point marqué d’avance par le « tailleur de pierre » et qui correspond à l’axe de prolongement du centre de Gravité.
 

 Le Lewis se comporte comme le pivot d’un levier, c’est à dire qu’en devenant le cœur au centre duquel les forces en présence se rejoignent, il permettra de faciliter le déplacement de la pierre le long d’un axe extérieur en modifiant son poids porté. Sous cet aspect, il est un outil de transmission. 

Le Lewis est utilisé par les bâtisseurs lorsqu’il s’avère impossible de déplacer la pierre, soit en raison de l’emplacement dans lequel elle doit être insérée, soit en raison de sa forme particulière telles les pierres de faîte, pierres d’angle ou chapiteaux de colonnes. Les pierres taillées les plus lourdes et les moins aisées à saisir sont ainsi déplacées grâce à cet outil de fixation. C’est l’usage du Lewis qui permet aux constructeurs de concevoir une organisation d’ensemble réunissant des pierres de tailles différentes sans se préoccuper des moyens de les saisir. Sous cet aspect, il est un outil d’agrégation qu’il est possible de comparer à la chaîne d’Union, laquelle n’existe pas à ce rite.

Le nom de Lewis provient probablement du latin « leuis » qui signifie « soulever ». Le trou spécialement formé pour accueillir le dispositif est appelé « place du Lewis », « trou du Lewis ». Il est toujours comblé après que la pièce ait été mise en place.

 C’est probablement ce sens particulier d’une place vide en Loge, toujours prête à accueillir un nouvel arrivant pour la combler qui amène à nommer Lewis un fils de maçon reconnu comme tel par la Loge et amené à en devenir membre.

Il s’agit, en quelque sorte d’une première attache que de lui réserver sa place. Cette reconnaissance peut faire l’objet d’une cérémonie et amener la personne à porter, selon certaines règles, un tablier particulier (cf illustration[1] ). Cette attache, cette reconnaissance n’est cependant pas équivalente à une initiation et ne lui permet pas d’assister aux cérémonies maçonniques.

Le Lewis est mentionné dans les anciens catéchismes des francs-maçons spéculatifs de l’Angleterre du dix-huitième siècle. Il se rapportait alors à la Loge, celle-ci, par analogie, devenait cette pièce métallique qui permettait aux hommes de s’unir, comme le Lewis se fixe dans la pierre et peut donc servir à les fixer les unes aux autres afin de les soulever collectivement. C’est un peu, de nos jours, l’image de la chaîne d’Union des REAA et RF.


Ces catéchismes définissaient alors la fonction du Lewis comme étant destiné
 

 « A porter le lourd fardeau de ses parents vieillis, afin de leur permettre de profiter de jours heureux et confortables. »

 Tout aussi bien, ils définissaient aussi son usage privilégié comme étant le symbole qui permettait au : 

« maçon, contrairement aux personnes du monde, de ne point trouver sa dignité dans sa naissance, son rang ou les richesse à moins que la tâche ne soit trop lourde et qu’il ne renonce au privilège d’être maçon. »

Les rituels modernes, dérivés de ces anciens catéchismes, en gardent l’essence. Ainsi, de nos jours, dans des loges spéculatives pratiquant le Rite Emulation ou le Rite d’York, le Lewis présent sur le tableau de Loge est représenté exactement inséré dans une pierre taillée à la forme cubique parfaite et permet de la suspendre à un trépied. Cette pierre cubique est habituellement soulevée de sa base à l’ouverture des travaux pour rester en suspension jusqu’à leur fermeture signifiant respectivement que la loge a commencé le travail ou qu'il a cessé et que les ouvriers s’en sont allés. 

Dans les Loges au Rite Emulation, la pierre cubique fixée au Lewis est suspendue par celui-ci à un trépied qui sert de grue. Cette grue est située à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident. Dans certaines Loges, la pierre est abaissée au maximum au premier degré, soulevé à la moitié de la distance au second degré et au maximum au troisième.
 

Dans d’autres Loges, on le trouve au coin du tableau de Loge, à l’angle Nord-Est. De nos jours les rituels ne s’attardent plus sur les allégories et la morale attachées à la pierre taillée. Peut être cela provient-il du fait que les caractéristiques de la pierre brute et du travail nécessaire à obtenir une pierre taillée soient suffisamment éloquentes en ce qui concerne la finition des êtres ? Il est bien connu que nous commençons symboliquement notre parcours comme une pierre brute et que les efforts répétés, les voies tracées et les enseignements, nous conduisent à progresser et faire que notre vie devienne une pierre idéale qui nous conduira naturellement à la place qui est la notre : la mort sans craindre la résurrection, c’est à dire la pierre taillée parfaite.


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[1] Tablier « baptismal » de Lewis de la Loge de Durham. In « Masonic Hall of England – The North » Revd N.B. Cryer – Ed Lewis Masonic Shepperton 1989

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