
"- Quel est le but de l’étude? apprenez le moi.
- Eh bien c’est de savoir ce qu’autrement nous ne saurions pas.
- Vous voulez dire ces choses cachées et interdites à l’intelligence commune?
Vous le savez bien puisque vous êtes nombreux à visiter, sur ce blog, la page qui en porte le titre,
« L'ACACIA M'EST CONNU ».
C'est ce que dit le Maître maçon. De la même manière, il affirme avoir Visité l'Intérieur de la Terre. Dans la Loge, il est celui qui plante le rameau d'Acacia, le fanal qui lui a montré le chemin durant ses voyages. Cette petite lumière fleurie, annonciatrice de l'avenir, est celle qui permet de retrouver son chemin au cœur des ténèbres d'un monde virtuel dont le souvenir reste dans les rituels. Avec elle, le Maître poursuit son but, quelles que soient les embûches. Le rameau aux fleurs d'or affirme son niveau de conscience car l'Acacia est un très ancien et très puissant symbole initiatique. Il affirme aussi que la Mort est l'ultime et inséparable objet de la Vie et non une damnation.Plus que tout autre emblème maçonnique, l'Acacia, couronne épineuse du Christ, est le signe de la connaissance des Maîtres. Il est le messager de la victoire spirituelle et l'esprit de la manifestation des cycles de mort et de renaissance. Depuis la plus haute antiquité, l'Acacia et le Maître ne font qu'un. Ce rameau d'or sur une motte verte est ce qu'il nous reste des anciens Dieux au coeur de nos rituels...
"LE SILENCE DES APPRENTIS"
A chaque grade de la franc-maçonnerie correspond une étape du chemin initiatique qui doit
conduire l'Homme à se parfaire. Pour l'Apprenti, le nouvel initié, ce moment du parcours est particulièrement difficile car il va être confronté à une obligation de Silence" ( 4ème de couverture
).
Aux éditions "MAISON DE VIE", bien connues d'autres part pour la série des "symboles de la franc-maçonnerie" .L'auteur nous propose un voyage au cœur du "Silence des Apprentis". Le Silence, qui ne saurait être confondu avec le secret ou le mutisme, est un phénomène récurent de la démarche initiatique qui ne se présente pas comme une simple et unique interdiction de parler, mais bien comme un outils indispensable à tous les grades. Ce Silence est la Pierre de faîte, le fondement du franc-maçon futur. Il est important qu'il soit plus chargé de sens que tout autre symbole. Le silence des Apprenti n'est pas une exigence quelconque, ce n'est même pas une exigence formelle de tous les rites. Il est important d'en expliquer la nature plus que d'en imposer une pratique sans réflexion préalable. Le Silence est ici l'objet de l'étude et non une obligation étrangère à celle-ci.
Soyons clair, cette obligation somme toute récente au regard de l’Histoire et assez spécifique à la maçonnerie continentale ( cette obligation n'existe pas au Rite Emulation ) est une découverte pour le néophyte et, on le sait bien, aucune découverte ne peut reposer sur la contrainte sauf à risquer de transformer en objets anecdotiques les symboles et les outils du futur Maître. En effet, si le premier contact repose sur l'interdit, comment la confiance peut-elle s'instaurer ?
Le Silence de l'Apprenti est le cinquième voyage invisible de la cérémonie d'initiation tout autant que le viatique des Maîtres …
« A qui enseigne-t-il la leçon ? A qui explique-t-il la doctrine ? A des enfants à peine sevrés, à peine éloignés de la mamelle, quand il dit : çav
laçav, çav laçav; qav laqav, qav laqav; ze'êr sham, ze'êr sham. Oui, c'est par des lèvres bégayantes et dans
une langue étrangère qu'il parlera à ce peuple. » - Isaïe 28 ; 9 – 10 – 11
« Et je prendrai le droit comme mesure et la justice comme niveau. Mais la grêle balaiera le refuge de mensonge et les eaux inonderont la cachette; » - Isaïe 28 ; 17
vant toute chose, il est bon de préciser que le
NIveau, comme le fil à plomb et l'Equerre, n'est pas, pour le franc-maçon, un outils en tant que tel, mais un "bijoux", c'est à dire un identifiant fixe, relatif, à la fois , à des signifiants
philosophiques et à des devoirs de fonction. C'est ld'ailleurs, l'une des raisons pour laquelle, l'affirmation, parfois argumentée, dans certaines Loges, que la route qui mêne de l'apprentissage
au compagnonage puisse s'analyser comme le passage de de l'horizontal à la verticale revient, j'en ai bien peur, à gloser à partir d'e la partie visible de l'iceberg. De plus, cette vision
parcellaire amène à se demander pourquoi le maçon passerait du stade vertical au stade horizontal... Cela revient à ne retenir d'une démarche initiatique que la soumission des néophytes à leurs
Maîtres... cependant, quel serait, à force de descendre, le stade des Maîtres dans une telle dynamique ?
Le niveau et la perpendiculaire, emblèmes des Surveillants, des instruments de la géométrie davantage que des outils. S’appuyant l’un et l’autre sur le principe du fil à plomb, ils permettent de vérifier la conformité de la réalisation, de l’élévation, aux principes énoncés par le plan de l’œuvre.
Le niveau sert à vérifier l'horizontalité, tandis que la perpendiculaire permet de vérifier non seulement la verticalité d'un mur mais aussi sa planéité. Avec l'équerre, emblème du Vénérable, ces deux instruments complémentaires tracent donc le schéma fondamental de la croix tridimensionnelle, de l'espace que définit toute architecture. La perpendiculaire permet de vérifier non seulement la verticalité d’un mur mais aussi sa planéité. Avec l’équerre, emblème du Vénérable, ces deux instruments complémentaires tracent donc le schéma fondamental de la croix tridimensionnelle, de l’espace que définit toute architecture.
Le niveau et la perpendiculaire, bijoux des Surveillants, sont des instruments de la géométrie
davantage que des outils. Ceci est important car dans les plus anciennes charges de la maçonnerie, il est préciser que la Géométrie est l'art par excellence qui permet au monde d'exister ( Cf.
Mss Lansdowne - env. 1576) . Ils s'appuient l'un et l'autre sur le principe du fil à plomb, ainsi, ils permettent de vérifier la conformité de la réalisation, de
l'élévation, aux principes énoncés par le plan de l'œuvre.
Pour le franc-maçon il est bien évident qu'il ne saurait être question d'évoluer de la position couchée à la position debout mais plutôt d'apprendre à marcher droit devant soi ( marche de
l'apprenti ) et à rester debout. Un franc-maçon ne se courbe pas, même si dans certains rites et pratiques on se plait à observer une stricte révérence envers le Grand Architecte de
l'Univers, l'apprentissage maçonnique n'est pas l'apprentissage de la soumission mais celui de la connaissance de Soi alors, seul outil qui permette l'équilibre et l'harmonie, alors,. C'est bien
pour s'assurer du recul nécessaire à cette connaissance que les rites continentaux (RF, REAA, RER, MM...) font faire un pas de côté au Compagnon comment imaginer devenir être un Maître
Maçon en étant bancal ou soumis ? Bien non, puisque la maçonnerie est traditionnellement interdite aux Bougres, Bigles, Bancals, Borgnes et Bossus... pour l'autre option ? Et bien... heu
"libres et égaux" ?
|
Bossus, Bigles, Borgnes, Bancals, Bâtards...
Une petite note sur ce point.
J'ai reçu un courrier de lecteur me demandant des précisions à propos des 5B. La plus vieille mention des interdits
"physiques" se trouve dans le manuscrit "Regius" (environ 1390 ):
"Article Cinquième
Le cinquième article est très bon Que le 'prentis soit de naissance légitime ( pas de Batard - c'est moi qui ajoute ) Le Maitre ne doit, sous aucun prétexte, Prendre un 'prentis difforme, Cela signifie, comme vous le verrez, Qu'il ait tous ses membres entiers ensemble, Pour le métier ce serait une grande honte, De former un homme estropié ou Boiteux, Car un homme imparfait de telle naissance, Ne sera que peu utile au métier Ainsi, chacun de vous peut comprendre Le métier veut un homme puissant, Un homme mutilé n'a pas de force Vous devez le savoir depuis longtemps."
... mais là, nous parlons d'éléments très récents dans l'histoire maçonnique puisque les landmarks sont, en fait
qu'une création du XIXème siècle.
A l'origine, les "charges" de la maçonnerie ne précisaient que deux choses, présenter un physique "intègre", c'est à
dire sans difformité ni mutilation, ce qui s'explique tout à fait au regard de la perception que pouvait avoir la société vis à vis des personnes handicapées ( je te rassure,
aujourd'hui encore, il est difficile de rencontrer dans les loges, des personnes à mobilité réduite, aveugles, etc... et les débat sur une admission éventuelle sont assez intéressants
si on les compare à la soi-disant évolution de ntre société...), la second interdiciton était celle des "cowans". Les défintions de ces interdictions sont assez claires, elles ne concernent que les "Boiteux, les Bossus et les Borgnes", donc, les infirmités dont le nom commence
par la lettre "B". |
Les anciens tableaux de Loges d'Angleterre font souvent référence à des passages de la Bible en les associant aux différents degré de la maçonnerie de métier ( Craft Masonry ), c'est à dire aux trois premiers degrés.
Bien évidemment c'est le second tableau qui va nous intéresser ici. L'extrait est Amos Capitre VII :
Amo 7:7 : Il m'envoya cette vision. Voici, le Seigneur se tenait sur un mur tiré au fil à plomb, Et il avait un niveau dans la main.
Amo 7:8 L'Éternel me dit: Que vois-tu, Amos? Je répondis: Un niveau. Et le Seigneur dit: Je mettrai le niveau au milieu de mon peuple d'Israël, Je ne lui pardonnerai plus;
'ănâk qui se prononce anaouk et qui provient probablement d'une ancienne racine qui signifiait « être proche »,
néanmoins, on la retrouve, selon certains comme « fil à plomb », « niveau » ou bien « crochet ». Il existe un mot de même racine en
akkadien, syriaque et arabe et qui signifie étain ou plomb. On voit bien la référence avec un fondeur ou un bronzier.
Le fil à plomb permet de mettre en place un objet vertical ou ( avec une équerre ) horizontal. C'est cette dernière opération qui
semble envisagée ici. Yahve va tout détruire jusqu'au ras du sol, ( 2 R 21, 13 ) ; ( Is 34, 11 ) ; ( Lm 2, 8). Mais la signification de la vision demeure incertaine.ll est particulièrement
intéressant de consater que Le mot anak traduit par fil à plomb ne se trouve qu'ici dans la Bible et son sens est incertain, comme si les voyages du Compagnons
devaient permettre la quête du sens. " un mur au fil à plomb "
"Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils"
a perpendiculaire est le fil à plomb fixé au centre d'un arceau, et le niveau un fil à plomb fixé au sommet d'un triangle.
Ces deux instruments sont des schématisations des deux fonctions de l'archipendule des batisseurs, seul outil pouvant assurer une construction en parfait équilibre des deux plans,
horizontal et vertical. En effet,L'archipendule servait de niveau et d'équerre et pouvait aussi être utilisée pour mesurer des pentes grâce à des repères sur la traverse.
Si les
deux fonctions découplées en deux symboles indiquent la verticale par le moyen du fil a plomb, le niveau donne l'horizontale indirectement : il faut, pour l'obtenir, que le fil a plomb croise la
base du triangle comme une perpendiculaire, qu'il divise ainsi le triangle en deux triangles rectangles semblables. La verticale s'obtient immédiatement : il suffit d'observer le fil à
plomb immobile.
Puis l'horizontale en est déduite : il faut créer un angle droit en ajustant la base du triangle au fil à plomb. Nous manipulons le triangle pour croiser sa base ( le côté opposé à l'angle auquel est suspendu le fil à plomb ) avec la verticale.
La Gravité permet de fixer la verticale à partir de laquelle nous déterminons l'horizontale. En effet, c'est bien
l'Homme debout qui sait où il va...
Symboliquement parlant, le niveau signifie l'égalité et la justice et en propose la direction. Dans les représentations traditionnelles de l'architecture sacrée, il représente la transcendance, la grandeur d'âme, l'outil qui permet de définir dls archétypes et, de ce fait, de régler toutes les formes de travaux. Pour le chinois, le Niveau est le symbole des magistrats, des hommes de justice, des "justes", de ceux qui sont "équitables"... des hommes de droiture, ceux dont on dit parfois en accolant le pouce et l'index et traçant une droite dans le vide qu'ils sont "à niveau"...
En fait le niveau propose le questionnement et, le fil a plomb, quant à lui, offre la justesse éthique et détermine de la décision.
"questionner et s'adapter" ou "questionner pour s'adapter" sont les deux voies proposées par les outils des surveillants. On comprend alors qu'il ne puisse
s'agir de rien d'autre que d'un ensemble. C'est l'image de l'archipendule car l'Apprenti qui prend ses décisions ne perçoit pas l'ensemble des outils et leurs fonctions. Si l'on empêche
l'Apprenti d'oeuvrer avec intelligence en l'orientant de force dans une direction qui est la nôtre et donc, nécessairement mauvaise, jamais, Compagnon, il ne pourra déterminer des questions et se
maintiendra dans la voie fleurie des erreurs des autres.
Le niveau est l'égalité, et le fil à plomb la justice, l'un sans l'autre ne serait rien et les deux seraient inutile sans la juste
meseure et l'intelligence car c'est toujours le bâtisseur qui construit et son oeuvre n'est pas celle d'un autre car il est dit :
L'observation de ces outils suggère des métaphores éclairantes sur le mécanisme par lequel nous nous orientons sur un plan vertical en
déterminant ses deux dimensions, hauteur et largeur. Les outils principaux des maçons qui se sont vus utilisés à des fins symboliques dans notre thésaurus sont, bien entendu, l'équerre, le rêgle,
le niveau et le fil à plomb. Il est clair que pour les maçons "spéculatifs", ce sont ces outils qui devaient être chargés de valeurs "morales" dans les rituels qu'ils construisaient. Ainsi, on
peut dire que les premiers travaux de constructions auxquels furent associés ces anciens moyens étaient bien l'élaboration d'un rituel.
Néanmoins, il est bon de rester prudent dans les conclusions dans la mesure où les anciens rituels ne s'attardent pas tous sur l'usage des outils, même si ces derniers sont toujours présents dans
les édifications relatives aux grades et aux valeurs. On notera encore aujourd'hui comme une illustration de cela, le cas de la truelle, présente à la fois partout et nulle part.
Dans tous les anciens Ms, et vieilles constitutions depuis, au moins, 1650, les formes relatives à l'admission de nouveaux membres ne semblent pas intégrer la présentation des outils ou même leur description, pas plus que les Old Charges ou les serments. A tel point qu'encore aujourd'hui, dans les rituels de type Emulation, on prête le serment "sur ceci et sur ceci" ( le geste à cet endroit est l'imposition sur les mains et enseuite sur la Bible). Le néophyte faisant face aux objets du serment et au Vénérable, personne, dans le Temple ne peux voir de quoi il est question. Un texte de c. 1650 donne, cependant, une forme d'obligation contenant une référence au Mot Secret et aux signes impliquant qu'il y ait eu un développement substantiel aux cérémonies à partir de cette époque, mais aucune mention des "outils du métier" n'y apparaît encore.
Les premières références
aux outils dans ce que l'on pourrait décrire comme un pré-context non opératif se trouve dans l' "Academy of Armory" de Randle Holme, daté de 1688 ( recueil armorial publié à Chester).
Holme, parfois représenté comme porteur d'équerre, était un Hérault d'Arme, gentilhomme-Maçon. Dans un bref passage de son livre, relativement aux "frimasons" il dit "avoir fréquemment observer
l'emploi de nombreux outils", suit alors une énumération de pelles, marteaux merlins, ciseaux, piochex, poinçons., etc.. tous ces outils sont présentés comme étant ceux des maçons, mais il
précise aussi que certain d'entre eux n'ont d'azutre vocation que de figurer dans les armoriaux et, de ce fait, n'étaient pas véritablement utilisés dans la construction mais seulement arborés
aux cours de cérémonies. Cela laisserait entendre que les opératifs déterminaient aussi la différence entre le métier direct et sa symbolique spéculative...?.... Aujourd'hui encore, il n'est pas
véritablement possible de savoir de quelle nature étaient ces représentations et, bien entendu, quelles étaient les réelles fonctions de ces outils car les illustrations sont, comme elles ont
toujours été, un mélange de témoignage et de pédagogie...Tout ce qu'il est possible de dire c'est que depuis le "Harleian Ms" de 1650, le débat existe de savoir s'il s'agissait bien
d'outils fonctionnels ou de "bijoux", dans la mesure où ces charges s'accumulent à la charge du texte de Holme qui reproduit les informations de ces manuscrits sans les situer dans le
temps.
Les plus anciens témoignages vérifiables de l'usage de tels outils tels le fil à plomb et le niveau comme bijoux dans les rituels n'est pas antérieurs aux catéchismes et aux divulgations des années suivant 1728, celles de Samuel Pritchard ( viz "three distinct knocks" et "masonry disected") et consorts... le risque est, le plus souvent, de trop prendre au sérieux des textes que l'on sait être les premiers pamphlets anti-maçonniques publiés, comme aujourd'hui, pour gagner de l'argent... néanmoins, le question qui se pose est de savoir combien de rituels sont nés de cette anti-maçonnerie ?
Isa 34:11[1]
Le pélican et le hérisson la posséderont, La chouette et le corbeau l'habiteront. On y étendra le cordeau de la désolation ( Tohou ), Et le niveau de la destruction ( Bohou ).
[1] Cf Talmud – A Cohen p 110 pour son analyse de ce verset