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Truthlurker recherches et symboles

Mort et renaissance ne sont que mort du « moi » qui renaît comme « je »

2 Août 2006 , Rédigé par Lurker Publié dans #Paroles

La conscience rationnelle a périodiquement besoin d’être

obscurcie pour que la lumière nouvelle puisse jaillir et avec elle de

nouvelles possibilités créatrices. (...) Il est nécessaire d’accepter de

se confronter avec l’ombre et avec l’obscurité de l’inconscient dans

la mort du moi, pour que se produise la “transmutation”

La femme dans les contes de fées, Marie-Louise von Franz. Espaces libres, Albin Michel,

1992.

 

"... Le Seigneur est dans son Temple saint : silence devant lui...", dit le prophète Habaquq II, 20, ce qui résume l'attitude convenable du mystique devant Dieu. On trouvera un développement explicatif dans les images paradoxales et fulgurantes de Denys l'Aréopagite "... les mystères simples, absolus et incorruptibles de la théologie se révèlent dans la Ténèbre plus que lumineuse du Silence : c'est dans le Silence en effet qu'on apprend les secrets de cette Ténèbre dont c'est trop peu dire que d'affirmer qu'elle brille de la plus éclatante lumière au sein de la plus noire obscurité..." (La Théologie mystique, 5, p. 177). 

La mort du moi, qui a perdu tout lien avec le soi et doit retourner dans le sein de la terre pour retrouver un tel lien à travers une renaissance psychologique.

Examinons la racine grecque mu, qui donne de nombreux dérivés :

- grec, muein : se taire ; latin, mutus : muet ; sanskrit, mùka ; sanskrit, muni : ascète silencieux ; latin, mu : son à peine perceptible ou grognement étouffé.

-         grec, mustêrion ; latin, mysterium : mystère, ce qui est inexprimable; grec, mustês : initié aux mystères.

-         - grec, mustikos ; latin, mysticus : relatif aux mystères, mystique.

-         - grec, muthos : récit, légende ; latin, mythus : mythe, "ce qui n'était pas susceptible de s'exprimer directement", ne peut être que "suggéré par une représentation symbolique" (René Guénon, 10, p. 37).

Les mystères, l'initiation, la mystique, les mythes, semblent ainsi fondés dans l'au delà de la parole, dont le silence extérieur constitue la condition favorisante et le symbole.

Lors de l’assassinat d’Hiram et surtout de ses conséquences, Nous ne pensons pas à la mort et au retour dans la Terre Mère, mais à cet analogue qu'est la mort du moi, sa dissolution sous l'action de la Connaissance. Nous n'ignorons pas que la voie initiatique suppose l'action équilibrée de la Sagesse et de la Méthode, du féminin et du masculin, du silence et de la parole, même si nous parlons souvent et surtout du silence.

Les mystères, l'initiation, la mystique, les mythes, semblent ainsi fondés sur la présence d’une altérité étrangère à la parole et dont le silence extérieur constitue la condition favorisante et la conscience du symbole. Si la permanence est l’image de l'éternité, le clonage devrait permettre de prolonger la vie à l’identique, donc de rendre l’homme immortel… à moins qu’il ne s’agisse que de pérenniser ses imperfections.

Au début, la mort était collective, « nous mourons tous », l’humain ne pouvait que se survivre et le « bien mourir » faisait partie de l’existence. Puisque nous mourons tous, nous nous retrouverons tous….Puis, vint « la mort de l’autre », la disparition de l’être cher et l’espoir de sa « vie ailleurs », le « je meurs » succéda, la mort devint personnelle, sujette à inquiétude collective par une prise de conscience sociétale de l’individualisme. Puisque « je meurs » c’est que je ne fais plus partie des vivants, donc, je ne participe plus à la société. Il devient donc évident que cette vision sociale de celui qui « n’est plus » peut devenir contagieuse, elle laisse alors place au « il meurt ailleurs ». L’homme mortel a fait place à une société jeune et immortelle puisque l’on ne meurt plus de manière visible. Dès lors que les humains mouraient tous, ils pouvaient concevoir la résurrection, dès lors que l’on meurt « hors du monde », il n’y a plus rien après.


 


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