Causerie pour un Second Surveillant

  • Lurker
  • Paroles

"Les Anciens Sages donnèrent à l'Ame un nom féminin. Et il est vrai qu'elle est femelle dans sa nature . Elle possède même une matrice. Aussi longtemps qu'elle était seule avec le père, elle était vierge et de forme androgyne. Mais quand elle tomba dans un corps et vint à cette vie, alors elle tomba dans les mains de maints voleurs. Et ces créatures dévergondées se la passaient de l'un à l'autre et [...] .

Certains usaient d'elle par la force, tandis que d'autres en usaient par séduction, avec un cadeau. Bref, ils la souillèrent, et elle perdit sa virginité."

Exégèse de l’âme 1.1


« Si l'esprit coïncide avec l'esprit,

Le conditionnement des actions passées s'évanouit. »

SHIN JIN MEI - "Traité de l'Esprit Non-duel"


Le Soi, un symbolisme muet...


Le Soi est le mode de l’Être le plus proche du Silence. Certaines traditions l’appellent le « Veilleur », il s’agit, en fait, du présent du Verbe « Être », de l’affirmation, par l’usage de ce verbe, de la conscience du Temps dépouillé de toute autre chose. S’affirmer au présent revient à s’affirmer hors du Temps, conjuguer le verbe « Être » au présent c’est se retirer du temps pour se dire dans la permanence immobile. « Je suis » signifie : « je serai toujours identique, sans évolution, sans modification. » C’est un renoncement contrairement au « Moi », bâti comme la coquille d’un œuf pour se protéger sur les différents plans physiques, émotionnels et intellectuels.

Si l’on se place dans ce cadre, le Silence apparaît comme une notion qui permet d’avancer vers d’autres concepts. C’est une réalité qui n’existe pas, mais qui offre à la réalité le moyen d’exister parce qu’il est en tout et partout.

Le « Soi » constitue le fondement de l’univers tout autant que la conscience individuelle, travailler à l’ « amélioration matérielle et morale de l’humanité » c’est travailler à prendre conscience qu’une meilleures connaissance de soi-même est possible. Ce que nous appelons « Soi » n’est pas identique à ce que les bouddhistes entendent par le même terme et dont la signification serait très proche de la dissolution dans l’énergie universelle. C’est, en réalité, un témoin extérieur à l’Ego, libre de toute inquiétude quant à la naissance et la mort, un témoin de l’existence. C’est d’abord de cette forme d’appréhension du monde que naît la certitude qu’une cérémonie unique n’est pas ce qui fait un initié, mais bien la compréhension de ce qui c’est passé durant cette cérémonie.

Le « Soi » se présente de la même manière que la « Vérité », il s’agit d’une certaine forme d’harmonie qui permet à l’individu d’exister naturellement. En franc-maçonnerie, cela prend la forme décrite par l’objet de l’ordre, à savoir : « l’amélioration matérielle et morale » de l’humanité par la maîtrise d’une existence reposant essentiellement sur des modes réactifs.

La douceur du Soi et de l'illusion...

Au Rite Emulation et au Rite d’York, le tableau de la Loge au grade d’Apprenti rappelle le Psaume 133 ( « Cantique des montées. De David. Voyez! Qu'il est bon, qu'il est doux d'habiter en frères tous ensemble! » ) est, sur ce point de la recherche de la Vérité, assez signifiant. 

Les trois colonnes reprises par le Rite Ecossais Ancien et Accepté ; Force, Sagesse et Beauté sont enveloppées d’un épais brouillard au sein duquel une colonne de Lumière figurant la partie féminine de Dieu, la Schekhinah masque l’inconnu obligeant l’adepte à ne voir que l’illusion des trois colonnes en restant aveugle au reste de l’Univers et particulièrement à lui-même offrant donc à la compréhension la facilité de l’ignorance et la nudité de l’inconnu. Cette colonne de lumière et de fumée rappelle la colonne du nuée qui guida les hébreux dans le désert, c’est dans cette brume, vers ce guide d’Air, marchant sur un sol alternant les cases blanches et noires que s’avance le néophyte.

 

Question d’Apprenti :

On parle souvent de « subir les épreuves de l’initiation ». Il est bien difficile de se soumettre à l’acte. Comment concilier ce que certains formulent par la nécessité de Vivre pour comprendre alors que d’autres affirment qu’il faut comprendre pour Vivre ?


 

A quoi me servent ces outils ?

De toutes les questions que peuvent se poser les nouveaux arrivant, la plus importante est probablement de s’interroger sur le pourquoi des cérémonies et des contraintes car rien, dans la vie quotidienne, ne prépare à l’expérience directe. Nous ne sommes pas éduqués pour nous ouvrir à l’expérience directe. 

Notre conscience individuelle et nos évolutions personnelles restent très théoriques ou de l’ordre de la croyance en ce qui concerne la compréhension de la symbolique et les symboles. Même après avoir expérimenté les choses et les événements, nous les théorisons, nous y réfléchissons, nous relions chaque fait à ce que nous savons ou ce que nous croyons savoir ce qui, dans la plupart des cas ramène ce que nous apprenons à l’expérience antérieure, annulant toute compréhension possible de ce domaine. La démarche est rassurante mais elle n’est pas profitable. Il est très difficile d’admettre au premier abord qu’il n’y a pas de différenciation entre ce que nous sommes et l’univers. Il n’y a pas de distinction entre le « soi individuel » et la conscience libre de toute détermination, celle qui est définie par les termes : « un maçon libre dans une Loge libre ».

 

Lors de l’Apprentissage, des rencontres avec les surveillants, qu’est-ce qui peut se mesurer sinon la perspicacité de l’Apprenti à déterminer le sens qu’il donnera à son environnement en terme de progression, les moyens dont il se dotera pour l’exprimer, mais aussi les réponses qu’il fournira à la question :

"A quoi cela me sert-il ?"




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