Tablier de Maçon, Bavette relevée... angle plié...

The Master's Apron
by Robert Burns, 1786

Ther's mony a badge that's unco braw ;
Wi ribbon, lace and tape on ;
Let kings an' princes wear them a' ,
Gie me the masters apron!

The honest craftsman's apron,
The jolly freemason's apron,
Be he at hame or roam afar,
Before his touch fa's bolt and bar,
The gates of fortune fly ajar,
Gin he but wears the apron!

For wealth and honour, pride and power
Are crumbling stanes to base on;
Fraternity suld rule the hour,
And ilka worthy mason!
Each free accepted mason,
Each ancient crafted mason!

Then brithers let a halesome sang
Arise your friendly ranks alang .
Guid wives and bairnies blithely sing
To the ancient badge wi' the apron string
That is worn by the master mason!


inspiré de Harry CARR
« Freemason at work »

 

La Franc-maçonnerie spéculative tend à affirmer que le port du tablier trouve son origine à l'époque où tous les francs-maçons de métier portaient un tablier blanc. La manière de porter le tablier n'a généralement pas d'autre vocation que la reconnaissance du grade de celui qui le porte, "rien de plus" selon Harry Carr.

Deux divulgations, « A mason examination » de 1723 et le bien connu « Masonry Dissected » d'Evans Pritchard de 1730 précisent qu'un tablier est donné au Néophyte. Aucune des deux, cependant, ne mentionnent de dispositions particulières quand à la façon de porter ce tablier et ces relations avec les différents grades. Pas plus, d'ailleurs, qu'elles ne font de différence entre les différents grades.

On peut supposer que les Loges anglaises du XVIIIème siècle ne présentaient pas de règles uniformes quand à la disposition du tablier et ce, jusqu'à la régulation des pratiques imposée par l'acte d'Union. Mais aussi que le port dudit tablier selon certaines rêgles, relève aussi de prises de positions politiques à l'encontre des pratiques "modernes". Il est bien évident, pour ce qui concerne la franc-maçonnerie continentale, que cette uniformisation ne présente pas le même caractère impératif. Cela explique, encore aujourd'hui, la multiplicité des formes et des couleurs. De nombreux exemplaires de tabliers anciens ont été retrouvés et sont exposés dans les différents musées maçonniques à travers l'Europe ; beaucoup présentent une rosette ou une boutonnière pour faciliter le rabat de la bavette.

Avec l'introduction dans certains rites ( Emulation, York ou Rite Ecossais Rectifié,... par exemple...) de modèles différenciés de tabliers destinés aux Compagnons, dotés de deux rosettes ou de bordures colorées, et de trois rosettes accompagnées de bordures colorées et de décorations pour les Maîtres, le besoin de différencier les grades par des pliages modifiant l'apparence du tablier blanc ne se faisait plus sentir.

La bavette relevée de l'Apprenti et rabaissée du Compagnon, sont, néanmoins restées une pratique courante dans un grand nombre de rites de par le monde. Cette pratique relie, bien évidemment, ces deux grades  à la maçonnerie de métier.  Cela indique implicitement dans, pour le franc-maçon moderne il y a une différence entre le Maître maçon et les "ancètres" bâtisseurs à partir du troième grade ( on reproduit ainsi, inconsciemment, les doutes quant à la théorie de la transition ).

La documentation la plus ancienne sur le sujet se trouve dans une publication d'origine française ; « le Catéchisme des francs-maçons » de 1744 et qui précise que les « Compagnons de métier portent le tablier "pointe en haut" ( c'est à dire, aà l'inverse de la pratique moderne ) alors que les Maître laisseront la bavette retomber ( on notera qu'il n'est pas ici question de couleurs )». La divulgation « Solomon in all his Glory », traduction  du « Franc-maçon démasqué » de 1751 et publiée en Angleterre en 1768, précise que 'Apprenti doit « porter son tablier avec le volet sur lintérieur » ( c'est à dire que seul la partie carrée du tablier reste visible ). Le Compagnon, quant à lui, y est autorisé à porter la bavette dehors et aussi à la fixer à un bouton de son gilet.

La bavette se trouve donc relevée à ce grade.

Le Maître aura, quant à lui, toute liberté de le laisser retomber de manière visible. Ces publications laissent donc, à sept ans d'intervalle, deux consignes contradictoires concernant l'Apprenti. L'une d'elle ( la plus ancienne ) laisse clairement entendre la possible identité entre les deux grades d'Apprenti et de Compagnon se qui confirmerait bien que la rituélie particulière au grade de Maître et la séparation en trois Grades serait une pratique généralisée après 1744, alors que la bavette se porte toujours relevée pour le Compagnon et rabaissée pour le Maître à partir de 1750. Mais, surtout, ce qui est confirmé, est le développement anarchique des publications levant soi-disant les voiles sur les secrets de la franc-maçonnerie à la fin du XVIIIème siècle et confirmant, comme aujourd'hui, qu'il est bon d'être prudent avec les "secrets dévoilés".        

Dans certaines juridiction des U.S.A., il est de coutume, pour les frères visiteurs, de ne revêtir que des tabliers blancs. Dans ces obédiences, seuls les officiers se distinguent par le port de tabliers décorés, c'est la raison pour laquelle les pliages et positions diverses des bavettes et des bords restent un élément permettant de distinguer les grades des membres présents dans l'assemblée. Dans une lettre en réponse à une question sur ce point, le Frère Conrad Hahn, Secrétaire de l'Association des Francs-maçons des USA précisait :

« En réponse à vos nombreuses questions  concernant "les tabliers" et "le tablier" portés aux Etats Unis : chaque nouvel initié reçoit son tablier de peau d'agneau blanche le jour de sa réception. Ce décor lui est personnel, il est dépourvu de toute marque ou décoration. Il l'emportera chez lui et le placera respectueusement dans un endroit où il pourra le conserver jusqu'à sa mort. Alors, on sortira le tablier de sa demeure et on le portera en terre avec lui. En Loge, durant les travaux, il portera un tablier de toile habituellement blanc mais qui pourra éventuellement être brodé et borduré de bleu et porter le numéro distinctif et le nom de sa Loge sur le volet. Ces tabliers confectionnés pour les travaux seront mis à la disposition des frères par la Loge et gardés auprès du Tuileur et lui seront rendus à l'issu de la cérémonie.
Dans le Connecticut où j'ai été reçu franc-maçon, il nous est enseigné de porter le tablier de la manière suivante :
  • L'Apprenti Entré portera la bavette relevée,
  • Le Compagnon portera la bavette rabattue et le coin en bas à gauche du tablier sera relevé vers le haut et fixé plié vers l'intérieur ( voir l'illustration - tablier en bas à gauche - FC-Connecticut USA )
  • Le Maître portera la bavette rabattue et le tablier ouvert. »
Cité par Harry Carr in "Freemasons at work"


Le Frère Dwight W. Robb de la Grande Loge du Massachusetts indique une pratique similaire pour l'Apprenti Entré et le Maître, néanmoins, pour lui, le Compagnon porte la bavette relevée et cest le coin en bas à droit qui est remonté et fixé à la ceinture ( Cf illustration ).

Les Loges de la Grande Loge d'Ecosse utilisent, elles aussi un tablier blanc, la manière de le porter est exposée par le F:. George Draffen de Newington, Député Grand Maître de 1974 à 1976 :

« Il est impossible de dire combien de Loges Ecossaises utilisent ce que, faute d'un meilleur terme, j'appellerai le « système anglais » et combien d'entre elles  continuent de pratiquer la vieille coutume écossiaise. Je pense que la plupart des Loges de Ville utilisent le système anglais alors que la grande majorité des Ateliers des campagnes continuent de pratiquer l'ancienne forme traditionnelle ( les rêglements permettent l?usage du système anglais à condition que le bas des tabliers d'Apprentis soient dotés de cocardes permettant de les différencier des Compagnons et des Maîtres ).
Dans les Loges qui pratiquent encore la vieille coutume, l'Apprenti doit porter un tablier bavette relevée et lui couvrant la poitrine. Le tablier est blanc, il le sera à tous les grades, et la bavette est en forme de demi-cercle ce qui le différencie des tabliers anglais dont la bavette est triangulaire. Pour les compagnons, la bavette est toujours relevées, mais le coin en bas à gauche est relevé et fixé à la ceinture ( Cf illustration ). Il forme alors un triangle avec une demi-lune sur la partie supérieure.
Pour le Maître Maçon, les deux coins du tablier sont relevés, fixés à la ceinture et roulés sur le fond du tablier qui reste plat. La forme obtenue représente un cercueil. ( Cf illustration ). »

Pour le Grand Orient des Pays Bas, le Candidat reçoit son tablier et le gardera pour les trois grades. C'est aussi le tablier régulier de sa Loge, borduré aux couleurs de celle-ci car chaque Loge de Hollande, comme les Loges d'Ecosse ont leur prores couleurs. L'Apprenti portera son tablier avec le volet rabattu vers l'intérieur, le Compagnon le portera avec la pointe en haut et le Maître, pointe en bas.

En ce qui concerne les Loges continentales, elles offrent, dans leur grande majorité, la même rêgle de différenciation, à savoir : Le tablier des deux premiers degrés est de couleur blanche sans décors particuliers sauf au R.E.R.. L'Apprenti porte son tablier avec la pointe relevée, le Compagnon avec la pointe rabattue. Le Maître Maçon, quand à lui, dispose d'un tablier décoré porteur d'une représentation schématisée de la bavette rabattue mais dont la distinction principale est de porter des couleurs et des indications symboliques.

Les variations présentées ne sont, bien entendu, pas exhaustives, il se peut que certains rites pratiquent des formes qui nous sont inconnue. Néanmoins, aucun rite, à notre connaissance ne propose, comme le système d'Ecosse un 3° tablier ressemblant à un cercueil. C'est probablement le seul exemple dans lequel on peut reconnaître une certaine forme de symbolisme relative à la pratique rituelle.







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