L'Arbre et la Pierre

  "Seaven Sciencies be founde by Geometrie for it Teacheth A mant and Measure Ponderation weight on all things on Earth, For there is noe Workman these 4 Children found the begining of all these Crafts and Sciencies in the World fforthat Worketh any Craft but he worketh by some Mett or Measure.And every man that buyeth or Selleth they buy or Sell by some weight or Measure, And all this is Geometry And the Merchants and all other Craftsmen of the Seaven Sciencies, and the Plowmen and Tillers of the Earth and Sowers of all manner of Graines Seeds and Vine plants, and Setters of all manner of ffruits : For Gramer or Arethmatick norAstronomy nor none of all the Seaven Sciencies can no man finde Mett or Measure in without Geometry wherefore methinks that the said Science of Geometry is most worthy, And all the other be founded by it, But how this worthy Science and Craft was first founded and begun I shall tell you before Noyes fflood there was A man which was called Lameth "
Lansdowne Ms 1560

 

« Here's to thee, old apple tree!
Whence thou mayst bud, and whence thou mayest blow.
Hats full! Caps full?
Bushel, bushel, sacks full !
And my pockets full too ! Huzza! »
Acclamation traditionnelle de Cornouaille

 

 

belthane-copie-1.jpg« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai ma Communauté, et que les portes du Shéol ne prévaudront point contre elle[1]. ». Selon ce principe il ne peut y avoir d’Eglises de bois et les pierres doivent êtres jointes solidement.

 

Les techniques, comme les idées ne naissent pas. Elles se développent, se partagent, se propagent, s'approprient et redéfinissent les termes des unes aux autres. Elles partent de peu et se construisent. Les anciennes traditions ne meurent jamais, elles changent de forme et parfois de nom, mais la source demeure. Elles se transforment parfois en folklore, en manifestations festives et populaires mais, même après cela, elles ne changent pas de nature. La chronologie reste, l’harmonie du calendrier, les fêtes et les célébrations restent et, le plus souvent, le nom des choses et des Dieux, même si leur grandeur s’estompent, même si les dialectes et les langues diffèrent et que l’orthographe varie pour n’être plus, bien souvent, qu’une forme phonétique qui évolue avec le temps. Peu importe, car ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions, mais l’attachement à des pratiques et ses usages. Les voyelles, la prononciation indique les sources mais non leurs fonctions, elles glissent et modulent les mots comme des superstitions alors que les symboles fondateurs expriment la force de la pensée et permettent aux mythes de dire le Monde. Ces mythes qui ont formé la culture nord occidentale, et dont un grand nombre ont trouvé refuge dans les légendes maçonniques développées depuis la fin du XVIIIème siècle se sont façonnés sur les partages et les échanges d’une antiquité méditerranéenne tardive, une jeune chrétienté portés par les invasions romaines et un monde ancien ; un choc de cultures et de peuples, héritiers de la tradition du Dieu qui meurt et du Rameau d’Or[2]... Une légende ancienne associée au Soleil et à la Lumière comme l'est la maçonnerie et dont il est bien évident qu'elle se décline sous les mêmes formes depuis les Egyptiens et Apollon, Soleil des grecs, qui naît, décline, meurt et renaît d'un jour à l'autre. Cette légende court du bassin méditerranéen jusqu’aux confins des terres celtiques et germaniques avec Balder, elle a évolué au cours du temps pour donner la forme syncrétique que nous connaissons et qui constitue, encore aujourd’hui, le cœur de la Maîtrise maçonnique associée à l'Acacia et à sa Lumière.

 

Les mots qui racontent ces mythes le font selon des formes compréhensibles par l’une et l’autre culture, des anciens cultes et des nouvelles croyances, quels que soient ceux qui les expriment car ils bâtissent des rites qui les mettent en scène et qui seront pratiqués par les uns et les autres, parfois même, tous ensemble.

 

On peut obliger, faire plier ou bien humilier les hommes pour leur imposer des normes et des coutumes, mais ce ne seront que billevesées, tant qu’il reste le langage, les symboles demeurent et désignent toujours les mêmes questionnements. Seules les traditions nées avec l'Homme, celles qui fondent sa position sédentaire et qui encadrent les moyens de le demeurer, resteront présentes d'une façon ou d'une autre. Bien entendu, c’est celui qui a en charge la construction de l’abri et sa consolidation, celui qui réalise le refuge à partir duquel sera sauvegardée la conscience de la continuité, qui aura le devoir de définir les règles de la vie collective. C’est sur ce principe que se fonde la maçonnerie Noachite, en référence au patriarche Noé qui construisit l’Arche du Déluge et promulgua les Commandements[3].

 

Les voyelles glissent et modulent les mots comme des superstitions alors que les symboles expriment la force de la pensée et permettent aux mythes de dire le Monde. Ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions, mais l’attachement à des pratiques qui dépassent le plus souvent, par les plaisirs et l'universalité qu'on y trouve, la célébration de ce à quoi elle se réfère.

 

Les études portant sur la symbolique du thésaurus maçonnique ne tiennent pas souvent compte de l'Histoire des idées, voire, elles se distinguent même de l’étude de l’Histoire en générale, comme si cette catégorie particulière possédait une vie propre, en dehors de tout contexte. De fait, jusqu’à présent, les historiens de l’Ordre en faisaient eux-mêmes partie et étaient, par le fait, très influencés par l’idée qu’ils pouvaient se faire du parcours initiatique comme étant une marche hors du Temps. Bien entendu, on conçoit aisément que les symboles qui président aux travaux de la franc-maçonnerie soient présent dans l'inconscient des Hommes et qu’ils préexistaient bien avant que les francs-maçons ne les disposent dans les arcanes de leurs rituels, comme on dispose des petits cailloux sur les routes pour retrouver son chemin. Il est tout aussi aisé de comprendre cette grammaire particulière qu'est le symbolisme et l'étude, l'exégèse des textes des rituels et des anciens devoirs qui marquent le temps tout au long de cette route. Mais, dans la plupart des cas le discourt est différent selon qu'il s'adresse aux historiens ou aux symbolistes... néanmoins nous ne sommes complètement ni l'un ni l'autre, mais plutôt, à l'instar de Descartes, incertains de tout et remettant tout en cause, ainsi se présente le moindre des symboles... enrichi de toutes parts et néanmoins si discret qu'on en oublierait qu'il figure sur les tableaux de loge comme un sourire de Joconde... mystérieux... mystérieux surtout de ce qu'il ne dit pas et de ce qu'il implique car ces petites boules jaunes et ces feuilles aux nombreuses paires de folioles sont autant de traces de pas vers ce que nous étions et le chemin que nous avons pris. Les traces d'un souvenir, comme un filet de nuages dans un ciel bleu...

 

La franc-maçonnerie est née quelque part au nord ouest de L'Europe, il y a très longtemps et bon nombre de ses usages se sont formés de partages et d'échanges entre une antiquité méditerranéenne tardive, une jeune chrétienté et un monde ancien... si ancien que l'on en conte encore les sagas et les mythologies...

 

Les îles britanniques et d'Irlande présentent cette particularité, dans l'histoire de L'Europe occidentale, d'avoir été presque totalement préservées de l’expansion de Rome. La presque totalité de l'écosse, c'est à dire toute la partie nord des Highlands n'a subie ni invasion, ni influence directe. Les romains, afin d'empêcher les incursions Scottes et Pictes sur les territoires conquis et qui n'avaient pas encore été totalement pacifiés, ont d'abord construit le mur d’Hadrien à partir de 122 (ap JC), puis, quelques années plus tard, en 140, un second mur, plus loin au nord, le mur dit, d'Antonin entre le Firth of Forth et la Clyde, c'est à dire à la lisière des Highlands. Ni l'un ni l'autre ne servirent très longtemps car les Pictes en eurent raison dès le deuxième siècle.

 

Ces événements revêtent une très grande importance pour ce qui deviendra la franc-maçonnerie, et ses deux branches les plus fondamentales des "ancients" et des "moderns";  du moins pour l'usage des symboles et les influences qui présidèrent à la fondation de la Grande Loge de Londres. En effet, un un grand nombre de questions relatives à cette Grande Loge des Modernes de 1717, et, plus tard, à ses avatars continentaux , à l'immense thésaurus symbolique  et alchimique de ce que l'on nommera écossisme dont les crispations identitaires vont jusqu'au reniement des origines, ne trouvent d'explication qu'en tenant compte de cette situation.Une autre question rste en suspend... comment dépasser l'ambigüité d'un argumentaire d'origine du psychodrame du troisième degré qui s'appuie essentiellement sur la reconnaissance de pratiques dont on réfute généralement la réalité mythologique ?

 

Le christianisme faisait déjà partie de l'empire Romain depuis près d'un siècle lorsque le premier mur fut construit et l'on sait que la chrétienté s'est principalement propagée avec les conquêtes romaines, de même la nouvelle foi  se propageait sur ses routes pour se fixer définitivement dans l'empire à partir du IVème siècle, époque de la conversion de Constantin.

 

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[1] Mat 16:18

[2] Cf sur ce point « L’Acacia m’est connu… »,  ed. Maison de Vie, 2009

[3] Les lois de Noé sont moins connues que celles données à Moïse sur le Mont Sinaï. Elles nous sont rapportées par le Talmud et sont au nombre de sept et appelées « les Sept Lois des Fils de Noé » (sheva mistvot bnei noach).

  • interdiction de l'idolâtrie.
  • interdiction du meurtre.
  • interdiction du vol.
  • interdiction de l'adultère.
  • interdiction d'invoquer Dieu en vain.
  • interdiction de torturer les animaux.
  • obligation de se doter d'institutions politiques pour faire respecter les six lois précédentes.
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