Les voix du silence

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N'oublions pas que la communication n'est pas toujours composée des mots du langage. Ceux-ci ne représentent qu'un moyen pratique qui nous permet de nous exclure des autres formes en nous faisant croire que seules les images et les mots sont compréhensibles.

IMAGE5.JPG« Je retournai à moi-même, ayant contemplé la lumière autour de moi et le bien qui était en moi.
Je devins Dieu. » Traité de l'Etranger,
codex XI De Nag Hamadi

"L'Allégorie est seulement Un miroir, miroir qui traduit
Ce qui est par ce qui n'est pas,
Et toute son élégance
Est que l'image soit si fidèle
A l'original, que celui Qui regarde l'une, pense
Contempler les deux à la fois. »
Calderon

« Sauve celui qui se tait, Ô Thot, Alimente une source abondante pour celui qui est assoiffé dans le désert Elle est  fermée pour le bavard, Ouverte pour le taciturne. Quand le taciturne avance, il trouve la source, Celui qui brûle de  haleur, u le rafraichis. »
Prière Egyptienne
Epoque postérieure à Aménophis IV

 

 

Aborder le silence revient nécessairement à s'attarder sur le son, celui de la Parole, d'une manière symbolique. Nous l'avons dit plusieurs fois, la Franc-Maçonnerie est une société initiatique dont le thesaurus se transmet par la Parole. Ses signes de reconnaissance sont fait de « mots, signes et attouchements » comme le précise les rituels. Une partie de ces éléments sont confiés aux apprentis entrants à l'issue de la cérémonie d'initiation. A chaque phase du parcours maçonniques, de nouveaux mots viennent s'ajouter aux anciens.

 

"il est intellectuellement plus simple de croire que de réfléchir"

 

Discourir d'une chose en développant son contraire est l'un des principaux outils du symbolisme, présenter le blanc pour parler du noir, la nuit pour présenter le jour, etc.... On a bien compris que lorsque l'Homme cherche à se rapprocher de lui-même, il est question d'une ancienne alliance parfois appelée Tradition. Cette voie repose sur l'intériorisation de soi, sur la rencontre de la multiplicité intérieure et la nécessité de faire taire toutes les voix pour ne délivrer qu'une parole. Il s'agit bien ici d'un parcours ésotérique dès lors qu'il s'agit d'une rencontre avec un étranger, un guide intérieur autre que le guide spirituel qui montre la voie extérieure. Dans l'ésotérisme chrétien ce guide est personnalisé par le Christ, la voix de la conscience qui personnifie « la voie, la vérité et la vie ». On retrouve ici les trois éléments qui fondent la Vérité comme une plénitude de perception et d'équilibre intérieur ; une forme de paix rassurante qui indique l'équilibre accompli. La personnalisation extérieure du guide marque à la fois l'obligation ; le néophyte est obligé de s'intégrer dans un corpus social et, s'il le souhaite, mystique, mais aussi le franchissement d'un seuil, l'accomplissement du temps. Cette seconde indication de la conscience de l'Homme, de l'union de son état passé et présent avec la visualisation de son évolution est souvent représentée par le Dieu Janus dont la tête offre deux visages opposés l'un à l'autre, un visage de jeune homme et un visage de vieillard. En Franc-Maçonnerie, cette dualité est représentée par la porte du Temple et les colonnes qui l'encadrent. Comme par un fait exprès, celles-ci ne sont pas toujours placées au même endroit selon les rites alors qu'elles signifient la même chose, elles appellent à sortir du « monde occidental », à marcher vers l'Orient. Leur existence, leur forme, leur signification porte même à penser qu'il n'est pas une colonne de l'apprenti mais bien les deux. Le lien de l'une à l'autre, l'impossibilité de les séparer, est, lui aussi, de deux ordres. Il rappelle la nécessaire dualité du Monde tout autant que la nature du symbole.

Le symbole, unité séparée, est le souvenir d'une ancienne alliance avec les réalités supérieures et divines. Comme tout ce qui s'englobait primitivement dans cette Unité, tout existant, de ce monde ou des autres, il peut se concevoir comme l'une des deux parties d'une réalité totale, à la condition toutefois de ne point considérer ces parties comme égales, celle qui est cachée étant sans commune mesure avec celle qui se montre. Ainsi, les existants vivent dans la coupure (la lumière physique est séparée de la "claire Lumière"). Mais en même temps, comme symboles, ils rappellent ce qui se trouve de l'autre côté de la ligne de démarcation (la Lumière supérieure fait l'objet d'une réminiscence que provoque la lumière physique). De ce point de vue, la fonction du symbole est moins de montrer une chose dans sa réalité tronquée que de référer à cela seul qui la rétablirait dans sa complétude si la coupure venait à s'effacer. En somme, les symboles ont même statut que les mots qui signifient plus qu'ils n'attirent sur eux-mêmes l'attention.

Etymologie

Le mot dérive du grec sumbolon, sumbolon, qui servait à désigner une chose composée de deux parties. Les sumbola, sumbola, représentaient en Grèce les deux moitiés d'une tablette ou d'un objet quelconque qu'on avait brisé lors d'un contrat et que chacun des deux contractants conservait en souvenir de l'entente.

Les sumbola pouvaient également servir de signe de reconnaissance entre deux individus par aboutement des deux morceaux.

Le verbe sumballein, sumballein, signifie réunir, rassembler, et dérive de bolein , bolein, lancer, car sumballein avait primitivement le sens de lancer ensemble. De ce point de vue, son antonyme, diaballein, diaballein, origine de notre mot diable, signifie lancer en travers, séparer.

 

La circulation de la Parole

 

N'oublions pas que la communication n'est pas toujours composée des mots du langage. Ceux-ci ne représentent qu'un moyen pratique qui nous permet de nous exclure des autres formes en nous faisant croire que seules les images et les mots sont compréhensibles.

Dans une Loge, durant les travaux, les sons se déplacent, la parole circule. Il n'est pas de mot qui soit dit directement, celui qui parle « demande » l'autorisation de parler et cette demande suit un cheminement particulier.

 

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