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"J'ai toujours près de moi - Six fidèles amis - C'est à eux que je dois - Tout ce que j'ai appris - Leurs noms sont Quand, Où, Quoi, - Comment, Pourquoi et Qui."
Rudyard Kipling - The serving men
 

"- Quel est le but de l’étude? apprenez le moi.

- Eh bien c’est de savoir ce qu’autrement nous ne saurions pas.

- Vous voulez dire ces choses cachées et interdites à l’intelligence commune?

W. Shakespeare, Loves’s labour lost"

En librairie et sur la Toile :


Vous le savez bien puisque vous êtes nombreux à visiter, sur ce blog, la page qui en porte le titre,

« L'ACACIA M'EST CONNU ».

C'est ce que dit le Maître maçon. De la même manière, il affirme avoir Visité l'Intérieur de la Terre.  Dans la Loge, il est celui qui plante le rameau d'Acacia, le fanal qui lui a montré le chemin durant ses voyages. Cette petite lumière fleurie, annonciatrice de l'avenir, est celle qui permet de retrouver son chemin au cœur des ténèbres d'un monde virtuel dont le souvenir reste dans les rituels. Avec elle, le Maître poursuit son but, quelles que soient les embûches. Le rameau aux fleurs d'or affirme son niveau de conscience car l'Acacia est un très ancien et très puissant symbole initiatique. Il affirme aussi que la Mort est l'ultime et inséparable objet de la Vie et non une damnation.Plus que tout autre emblème maçonnique, l'Acacia, couronne épineuse du Christ, est le signe de la connaissance des Maîtres. Il est  le messager de la victoire spirituelle et l'esprit de la manifestation des cycles de mort et de renaissance. Depuis la plus haute antiquité, l'Acacia et le Maître ne font qu'un. Ce rameau d'or sur une motte verte est ce qu'il nous reste des anciens Dieux au coeur de nos rituels... 


Toujours disponible
 

"LE SILENCE DES APPRENTIS"

A chaque grade de la franc-maçonnerie correspond une étape du chemin initiatique qui doit conduire l'Homme à se parfaire. Pour l'Apprenti, le nouvel initié, ce moment du parcours est particulièrement difficile car il va être confronté à une obligation de Silence" ( 4ème de couverture ).

Aux éditions "MAISON DE VIE", bien connues d'autres part pour la série des "symboles de la franc-maçonnerie" .L'auteur nous propose un voyage au cœur du "Silence des Apprentis". Le Silence, qui ne saurait être confondu avec le secret ou le mutisme, est un phénomène récurent de la démarche initiatique qui ne se présente pas comme une simple et unique interdiction de parler, mais bien comme un outils indispensable à tous les grades. Ce Silence est la Pierre de faîte, le fondement du franc-maçon futur. Il est important qu'il soit plus chargé de sens que tout autre symbole. Le silence des Apprenti n'est pas une exigence quelconque, ce n'est même pas une exigence formelle de tous les rites. Il est important d'en expliquer la nature plus que d'en imposer une pratique sans réflexion préalable. Le Silence est ici l'objet de l'étude et non une obligation étrangère à celle-ci.

Soyons clair, cette obligation somme toute récente au regard de l’Histoire et assez spécifique à la maçonnerie continentale ( cette obligation n'existe pas au Rite Emulation ) est une découverte pour le néophyte et, on le sait bien, aucune découverte ne peut reposer sur la contrainte sauf à risquer de transformer en objets anecdotiques les symboles et les outils du futur Maître. En effet, si le premier contact repose sur l'interdit, comment la confiance peut-elle s'instaurer ?

Le Silence de l'Apprenti est le cinquième voyage invisible de la cérémonie d'initiation tout autant que le viatique des Maîtres …

 

 

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Initiations

Mardi 3 octobre 2006

« Dans quelle disposition avez-vous prêté votre serment ?

- Je n'étais ni assis, ni debout, ni marchant, ni courant, ni à cheval, ni suspendu, ni volant, ni nu, ni vêtu, ni chaussé, ni pied-nu.

- Pour quelle raison étiez-vous dans un tel état

En considération de ce qu'un Dieu et un homme composent le vrai Christ, de même un être sans ornements, mi-nu, mi-vêtu, mi-chaussé, mi pied-nu, mi-agenouillé, mi- debout, étant tout à demi, n'était rien complètement, ce qui indiquait un c?ur humble et soumis pour être un fidèle disciples de ce Juste Jésus. »

MANUSCRIT GRAHAM (1726)

Maîtriser le « Moi », c'est maîtriser l'« Ego » pour ce qu'ils sont la somme du passé et du futur sans tenir compte du présent.

Le profane amené dans le Temple pour subir la cérémonie d'initiation doit être préparé a vivre le symbole avant de le comprendre. L'une des préparations à llaquelle s'attache particulièrement la Franc-Maçonnerie est celle qui consiste à placer le candidat dans cette situation que l'on nomme « ni nu ni vêtu ».

Mais pourquoi ?


Le Talmud indique que « l'on ne doit pas pénétrer dans le Temple avec son bâton, ni chaussé de souliers, ni vêtu de son vêtement extérieur, ni porteur d'argent. »[1]

Rappelons nous ce que disait Cagliostro quand il se présentait dans les Loges : « Ego sum qui sum », « je suis celui qui est ».

Se présenter comme Dieu n'est rien d'autre que de se situer au delà de la création... Chercher, en maçonnerie, autre chose qu?un équilibre personnel est voué à l'échec... croire l'avoir trouvé est aussi un échec. 

Cette tâche d'équilibre est déjà, à elle seule, particulièrement ardue. Mais, je reviendrai un jour peut-être, sur ce point. Pour le moment, rappelons nous l'apprenti(e), ni nu(e) ni vêtu(e), l'individu chargé de ses certitudes placé à la porte du Temple, aveugle et changeons les termes de la proposition ; « ni ce qu'il croit être », « ni ce qu'il est vraiment »[2]. L'être humain qui se présente à la porte du Temple n'est, en fait, que nudité.

 

De toutes les questions que peuvent se poser les nouveaux arrivant, la plus importante est probablement de s'interroger sur le pourquoi de telles cérémonies car rien ne prépare à l?expérience directe. Nous ne sommes pas éduquer pour nous ouvrir à l'expérience directe. La symbolique et les symbole, notre conscience individuelle et nos évolutions personnelles restent très théoriques ou de l?ordre de la croyance, même après avoir expérimenté les choses et les événements, nous les théorisons, nous y réfléchissons, nous relions chaque fait à ce que nous savons ou ce que nous croyons savoir ce qui, dans la plupart des cas ramène ce que nous apprenons à l?expérience antérieure, annulant, pas le fait, l'évolution possible. La démarche est rassurante mais elle n'est pas profitable. Il est très difficile d'admettre au premier abord qu'il n'y a pas de différenciation entre ce que nous sommes et l'univers. Il n'y a pas de distinction entre le soi individuel et la conscience libre de toute détermination, celle qui est définie par les termes : « un maçon libre dans une Loge libre ».

Le Soi constitue le fondement de l'univers tout autant que la conscience individuelle, travailler à l'« amélioration matérielle et morale de l'humanité » c'est travailler à une meilleures connaissance de soi-même. Ce que nous appelons Soi est en réalité un témoin extérieur à l'Ego, libre de toute inquiétude quant à la naissance et la mort. C'est d'abord de cette forme d'appréhension du monde que naît la certitude qu'une cérémonie unique n'est pas ce qui fait un initié, mais bien la compréhension de ce qui c'est passé durant cette cérémonie.

 

"Quand tu bois de l'eau, pense à sa source"

Proverbe chinois
 


L'étude et la compréhension des symboles repose sur beaucoup d'ambiguïtés. La première d'entre elles est de ce convaincre, si ce n'est pas déjà fait, que ces signes n'ont pas de véritable sens. Seul la dimension que l'on peut leur donner leur confère une signification. Il est inutile d'essayer de « sentir », de « s'ouvrir » à la Connaissance, car cette énergie n?existe qu'en chacun de nous, elle participe du Soi et le seul moyen de l'atteindre est le silence intérieur. Dans ce cas, les symboles ne sont rien de plus que des outils, des « tremplins » permettant de s'élever dans la réflexion tout autant que de construire le Temple, mais, cela n'est-il pas identique si l'on considère, comme Maeterlinck, que le Silence est le seul Temple puisqu?il est un lieu d'écoute et de vigilence. 

Il est important de comprendre que ce genre d’étude, pour être efficace, doit permettre de répondre à deux questions fondamentales :

  • qui tenait la plume aux origine de l’écriture ?

  • à quoi me servent les symboles ?

 

A la première question il est impensable de répondre « Dieu » car cette réponse ex abrupto signifie la fin de la recherche, le dénie de responsabilité et le constat d’une impossible évolution et cela, même si certains rituels maçonniques se complaisent à affirmer que la Grand Architecte est Dieu... Comment peut on prétendre qu'il n'est que cela ? L'Architecture n'est qu'un état défaillant de la divinité et l'absolu ne saurait se résoudre à entrer dans un cadre aussi étroit après le tsim tsoum.

Si ce qui est écrit l’a été par Dieu, il est inutile de chercher un sens, un message, car, par définition, Dieu ne peut être approché et l’affirmation péremptoire du dualisme donne à constater qu’il est impossible à l’Homme d’atteindre la sagesse qui préside à l’écriture. La réponse « Dieu » est, en fait, une injonction à la soumission, à accepter la « vérité » telle qu’elle est donnée. Cela est incompatible avec la recherche intérieure et la question reste posée quant à la crédibilité d'une recherche maçonnique hors ce contexte.

 

La seconde interrogation est en fait, la suite de la première. En effet, si l’on se convainc qu’il est possible de remettre en cause, de comprendre et de s’expliquer les termes des rituels, des textes sacrés et de tout autre tradition, il est naturel de se demander à quoi ils peuvent être utile aujourd’hui. C’est une question à laquelle il est difficile de répondre et cette difficulté amène certains à revendiquer la nécessité de « moderniser » les symboles. L’argument est évident : si l’on ne peut pas accorder les symboles à nos besoins aujourd’hui c’est tout simplement parce qu’ils sont obsolètes. Il est bien évident que cela ne vient à l’idée de personne de se dire « je n’ai rien compris ». D’abord parce que je suis Maître et ensuite, je me propose à moderniser le symbolisme donc, cela prouve que j’ai tout compris. J’ai bien peur qu’une telle démarche ne justifie pleinement l’idée qu’une cérémonie ne suffit pas à faire un initié.


A quoi peuvent me servir les symboles ?
 

C’est la question fondamentale. Comment puis-je traduire ma lecture symbolique au quotidien ? Une équerre est-elle une équerre ? Mais surtout, doit-on voir une équerre ou ce qu’elle représente ? De fait, le nouvel arrivant ne voit que la moitié des choses, comme nous l’avons dit plus haut en ce qui concerne le doigt et la Lune. Habitué à s’attacher au doigt, il lui faudra voir la Lune et comprendre qu’elle existe avant de se pencher sur la synthèse de l’acte de montrer. Il devra même oublier les schémas standardisés qui lui ont été enseignés dans le monde profane et particulièrement celui qui consiste à déterminer l’existant à partir de jugements de valeur. En effet, on s’apercevra bien vite que le jugement est la cause de toute dualité, la cause de toute méprise, que c’est par le jugement que l’on introduit l’incompréhension. Par exemple, le symbole du pavé mosaïque fait de cases blanches et noires, le meilleur moyen de n’y rien comprendre est de traduire par « opposition du Bien et du Mal ». Si cette explication est tout à fait visualisable dans le processus de pensée profane, il ne représente rien dans une démarche initiatique.

N’oublions jamais que la franc-maçonnerie a cette particularité de faire reposer un processus initiatique sur une structure totalement profane ; statuts, administration, gestion, associations.

 

Le risque est identique à celui décrit dans la Genèse :

Et l’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et les revêtit.

Et l’Éternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ; et maintenant, — afin qu’il n’avance pas sa main et ne prenne aussi de l’arbre de vie et n’en mange et ne vive à toujours … !”

Gen 3 – 21,22

Après avoir acquis le jugement et la connaissance, l’Homme se compare au Créateur. Cependant, sa Connaissance reste imparfaite. C’est sur cepoint de l’imperfection de l’Homme et de son orgueil qu’insitent les textes et notamment un apocryphe appelé “le testament d’Adam” lorsqu’ils font dire à l’éternel, s’adressant à sa créature : “je te ferai Dieu, mais pas maintenant, dans un grand nombre d’années”, comme s’il s’agissait d’inscrire la connaisance de soi dans la durée, de permettre à Adam d’accéder à l’Unité.


Dans ce cas, la colère de l’Eternel ne serait pas exclusivement due au fait de la consommation du fruit de l’Arbre mais au fait que l’Homme ne fasse pas la différence entre la Connaissance ( le fruit ) et la source de la Connaissance. Cette situation l’amène à se croire complet, conscient, doté de libre arbitre. L’Eternel sait qu’il n’en est rien puisque, englobant l’univers et l’ensemble de la Création, on le perçoit encore comme une multitude. Il reste Elohim, c’est à dire une entité plurielle[3]. L’exil du jardin repose sur le constat que l’Homme est “devenu comme l’un de nous”. Gn 3;21, cela décline parfaitement la nécessité, la contrainte à la possétion du “jugement” mais aussi ses limites.

Dans l’acte de création, l’Homme est créé par Elohim  à la fois pluriel et unique. Il ressort de Gen. 1 ; 26, 27, qu’à l’instant où Elohim créa l’Homme à sa semblance, il le créa multiple ; “Homme et Femme il les créa » - Gn 1;27-, et décida « qu’ils dominent sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre, et sur tout [animal] rampant qui rampe sur la terre” - Gen. 1,26 -.


Cet homme double, mâle et femelle ne porte qu’un seul nom : Adam , le nom de son sang.


C’est beaucoup plus tard dans l’acte créateur que l’Homme  portera un autre nom que la Femme [4] et encore qu’il s’agisse plus d’une précision sémantique dans la quelle la langue joue sur la ressemblance de l’un avec l’autre, « Ish » pour l’Homme et « Isha » pour la Femme, la lettre Hé, la seule consonne doublée du Nom, présence double comme pour rappeler le pluriel en permanence ou pour rappeler le risque de la dualité. C’est la lettre qui fait la différence et sa valeur est 5. A ce moment les deux pièces seront séparées[5], mais, nous reviendrons sur ce point.

Ayant reproduit sa propre image, Elohim semble s’étonné qu’il soit devenu comme Lui[6]. Cette image est celle du Maître qui, après avoir tiré l’Apprenti de la Terre, soit étonné qu’il lui ressemble et qu’il goûte du fruit de la « Connaissance », du moins, qu’il ait l’illusion de Connaître. En fait, c’est sur cette illusion que portent le doute et la condamnation car cette illusion amène à constater une corrution de la pensée qui s’écarterait de la simplicité[7] et qui aurait pour conséquence une plus grande affirmation de l’ego. L’Homme n’est pas initié par l’acte, mais bien par la compréhension de l’Acte et le premier degré de l’initiation est surtout composé d’instinct, de réactions primales qui vont trouvés leurs sources dans l’inquiétude de l’inconnu. Comment intégrer l’enseignement initiatique avec nos certitudes ? Le néophyte est inquiet de cela car l’éducation qu’il a reçue ne lui permet pas d’accepter « a priori » une forme d’apprentissage stratifiée et à ce point « imagée ».

Le Bien et le Mal sont les frontières de l’ego, ces notions réduisent la Vérité à l’accèssible, c’est pourquoi; il faut une peau ; il faut pouvoir identifier l’autre. Les limites de la Connaissance sont ainsi marquée par l’image de qui porte la peau ; l’Homme et la Femme ne sont plus simplement différents dans la forme du nom, mais ils sont différents dans la forme physique comme si ce qui était UN ne pouvait faire autrement que devenir deux dès lors que l’on fait une différence entre le doigt et la Lune. D’ores et déjà matérialisés, c’est cette matérialité propice au développement de l’ego, propice aussi au constat physique qui amène à s’imaginer que l’on peut “connaître”. Naître ensemble en quelque sorte.’ C’est, bien entendu, la matérialité, le vécu palpable, de l’initiation qui conduit l’apprenti à penser qu’il est initié et non le message qui ne lui a pas encore été transmis. L’Initiation est le fruit et les conclusions qu’il est possible de tirer de la cérémonie ne sont qu’illusions, éparpillements et éloignement de l’Eden.


Celui qui se porte juge est concrétisé comme tel et se compare à Dieu. En voulant s’accrocher trop à la matérialité du monde comme une référence ultime, le Franc-maçon oublie souvent que les enseignements maçonniques sont d’un autre ordre. Si l’on donne une valeur “positive” aux cases du pavé mosaïque, comme à tout symbole dont l’apparence est duelle, on obtient un tableau de référence dans lequel inévitablement apparaîtront l’Homme et la Femme. Nos sociétés misogynes présentent depuis des siècles la Femme associée au Passif, au Mal... etc... Sur quelle base peut-on s’appuyer pour affirmer que la « mère de tous les vivants[8] » puisse représenter le mal ?

Ainsi donc, si l’on s’attache à faire évoluer l’Homme au delà de ce qu’il croit être, et, plus, si l’on prend la peine de tenter d’améliorer sa perception de l’environnement social, on doit prendre la peine de se questionner sur les symboles. Ceux qui formaient la cérémonie d’initiation ( paroles, actes, mythes ) et ceux ( images, sons, mouvements ) qui restent présents dans la décoration du Temple.


 


[1] Indiqué par le F :. C.W. Leadbeater dans son ouvrage « Le côté occulte de la Franc-Maçonnerie » - Editions Adyar ? Paris 2001 p 137 et suiv. N.B. on se méfiera cependant de cet ouvrage pour ce qu?il développe parfois des explications qui laissent souvent entendre que l?auteur prend à la lettre certains actes symboliques.

[2] Le Dr Jacques VIGNE dans son ouvrage « La mystique du Silence » - Albin Michel, Paris 2003 - cite les propos d?une béguine, Hadewich d?Anvers qui, sur la notion de personne, c?est à dire de l?individu habité de consciences multiples, développe une conception du travail intérieur qui s?étend au delà de l?individu et incluant la Trinité : «  Dans la Trinité, nulle apparence de personne : les Trois dans l?Un sont nudité pure ».

[3] Nous reviendrons plus tard sur la pluralité de Dieu.

[4] Gen. 2, 23

[5] Le terme de « symbole » provient du grec « sumbolon » qui désigne deux morceaux brisés d’un même élément et qui, remis ensemble, forment un tout.

[6] « lorsque Dieu me tira de la terre avec Eve, ta mère, je marchais avec elle dans la gloire qu'elle avait contemplé, en sortant de l'Eon dont nous sommes issus. Elle me fit connaître une parole de Connaissance concernant Dieu l'Eternel, et c'est que nous ressemblons aux grands Anges éternels car nous sommes supérieurs au dieu qui nous a créés. » - Apocalypse d’Adam, Ch 1 V 1

[7] 2Co 11,3

[8] Gn 3 ; 20

Par Lurker
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Vendredi 17 novembre 2006

 

« Wa s draußen ist, wir wissen aus des Tiers Antlitz allein »

( Ce qui vient du dehors, nous le savons par le visage de la bête ) "

R.M. Rilke
 
 

L’Apprenti, devra s’approprier les outils de la démarche initiatique en observant un silence propre à la gestation, au travail intérieur, qui sera symbolisé par sa vison de la Lumière et qui lui permettra de poser les bases de sa construction intérieure. C’est ce que l’on appelle « tailler la pierre brute». Cette démarche intérieure est particulièrement rappelée dans le déroulement du rituel d’initiation au « Rite Français, dit moderne » :

 

« Vous apercevez également les trois bijoux immobiles de la Loge: la Pierre brute, la Pierre cubique à pointe et la planche à tracer. Parmi ceux-ci, la Pierre brute est, mon cher Frère, un emblème qui s’adresse particulièrement à vous. C’est sur elle que vous avez commencé d’exécuter votre travail d’Apprenti Franc-Maçon. Ce travail est le premier et le plus nécessaire de la carrière maçonnique. Poursuivez-le avec zèle afin de donner un jour à cette pierre, qui n’est autre que vous-même, la forme parfaite que le Grand Architecte de l’Univers lui a destinée. »

 

Symboliser l’Apprenti maçon de cette manière, par une « pierre brute » confirme à la fois son identification rituelle à l’archétype humain des origines et la répétition collective du mythe des origines à chaque initiation ce qui représente la garantie, pour le groupe, de sa valeur symbolique.

 

De plus, « pierre brute » est aussi le nom que l’on donne au pain durant les banquets d’ordre du Rite Ecossais Ancien et Accepté ce qui confirme une nouvelle fois le lien entre l’Apprenti, entre l’Apprenti et la Parole, entre l’Apprenti et la chose nourricière [1].

 

Cette pierre brute est traditionnellement posée, dans le Temple maçonnique, à l’angle nord-est. Le rituel « Emulation » de la Grande Loge Unie d’Angleterre le précise d’ailleurs explicitement durant la cérémonie d’initiation.

 

 “It is customary, at the erection of ail stately and superb edifices, to lay the first or foundation stone at the N E corner of the building. You, being newly admitted into Masonry, are placed at the N E part of the Lodge figuratively to represent that stone, and from the foundation laid this evening may you raise a superstructure perfect in its parts and honourable to the builder.”

 

« Il est habituel, lors de l’érection des édifices monumentaux, de poser la première pierre ou pierre de fondation à l’angle Nord-Est du bâtiment. Vous qui venez d’être admis en maçonnerie, êtes placés au Nord-Est de la Loge afin de représenter symboliquement cette pierre. Elle sera la pierre de fondation de cette soirée et vous permettra de construire une structure parfaite en toutes ses parties et qui fera honneur à son constructeur[2]. »

 

Le manuscrit de l’ « Edinburgh Register House » ( 1696 ) nous confirme cette position Nord-Est :

 

« Q11 - N’y a-t-il pas des lumières dans votre loge ?

Rép : Si, trois : le nord-est, le sud-ouest et le passage de l’est. L’un désigne le maître maçon, l’autre le surveillant, le troisième le compagnon. »

 

Cette pierre correspond à la pierre d’angle d’un édifice. Symbole messianique important, la « pierre d’angle » désigne ce qui sera l’image de la stabilité de l’édifice et qui permettra sa construction [3] « Voici que je vais poser en Sion une pierre, une pierre de granit, pierre angulaire, précieuse, pierre de fondation bien assise : celui qui s'y fie ne sera pas ébranlé. » ( Is 28 16 ); et le fait qu’elle figure l’ « Apprenti entré » confirme bien la position de celui-ci comme garant de la continuité du groupe et potentiellement comme l’une des sept lumières qui fondent une loge juste et parfaite ( « …sur cette unique pierre, il y a sept yeux » Za 3, 9 ). Le jeu des questions-réponses des « catéchismes » d’Apprenti nous rappelle la composition de la Loge, au Rite Français dit Moderne, par exemple :

 

« Vénérable Maître : Frère Second Surveillant, où avez-vous été reçu?

Second Surveillant : Dans une Loge juste et parfaite.

Vénérable Maître : Que faut-il pour qu’une Loge soit juste et parfaite?

Second Surveillant : Trois la gouvernent, cinq la composent, et sept la rendent juste et parfaite. »

 

Tout aussi bien, la légende de l’Apprenti de « Roslin Chapel », rappelée en tête du présent chapitre, indique, elle aussi, de manière formelle l’identification du « chef d’œuvre » par le Silence car c’est « celui qui se tait » qui réalise l’œuvre et le fait qu’il soit tué amène à la perte de l’Art.

 

Il est important de rappeler combien l’Apprenti franc-maçon est parfois isolé des droits les plus élémentaires de la maçonnerie, à tel point que certains pensent, comme le Maître jaloux de Roslin, qu’il est bon de faire perdurer cette situation dans le monde profane, c’est à dire après la clôture des travaux et de considérer Monsieur X ou Madame Y comme « Apprentis ». Nous ne saurions trop rappeler que « tout est symbole » et qu’en toute chose juste mesure est bonne.

 

Quand les portes du Temple se sont refermées sur la clôture des travaux… il ne reste que les êtres humains égaux par définition.

 

Le symbole de la pierre d’angle nous le rappelle : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : la pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs c'est elle qui est devenue pierre de faîte… » ( Mt 21, 42 )[4] car il s’agit bien de comprendre que ce nouvel arrivant sera le Vénérable Maître de demain. Ce symbole de la pierre est symptomatique de cette relativisation des rôles chère à la maçonnerie. Comme le Vénérable deviendra couvreur, c’est à dire qu’il passera de l’Orient à l’Occident avant de retourner « sur les colonnes ». C’est à dire qu’il redeviendra un simple maçon ; un « Apprenti ». Le néophyte qui le remplacera est de cette substance brute de laquelle sera tiré la matière première au cœur de l’athanor. Cette pierre d’angle qui désignera le Christ dans le Nouveau Testament désigne nécessairement le renouveau dans l’architecture d’une Loge. Il est essentiel de méditer sur ce symbolisme christique parce qu’il instruit sur l’alternance du monde et particulièrement sur la résurrection première[5] , celle qui précède la vie. Il doit être mis en relation avec l’appellation « fils de l’homme » qui donne au nouveau maçon le rôle d’ « Homme archétype », l’Adam dont nous avons déjà parlé plus haut. Ainsi l’existence du néophyte est justifiée par le lien qu’il est possible d’établir entre son être et le récit des origines.

 

On sait et on le verra encore que ce récit est symbolisé rituellement dans la cérémonie d’initiation. Cette situation du lien nécessaire entre la Création et la cérémonie d’initiation qui se déroule est une constante des sociétés traditionnelles dans lesquelles chaque individu doit revivre le récit hors du Temps, « in illo tempore », de sa filiation, de ses origines divines, pour prétendre à l’existence. Bien entendu, le nouvel Apprenti ne peut être considéré comme un « nouveau né » que dans la mesure où cette filiation existe, il s’agit d’une initiation rituelle et non d’une régression sociale psychologique conséquence d’un bizutage.

 

Donner une place au nouvel arrivant, constater que la Chaîne d’Union s’agrandit d’un nouveau maillon revient à constater que le groupe se complète naturellement « puisque vous êtes, vous aussi des pierres vivantes, édifiez vous pour former un Temple spirituel » ( 1P 2, 5 ).

 

Le Temple spirituel et la Chaîne d’Union désignent l’égrégore obtenue par la répétition de la Création dans le Temps sacré, la « ré-initialisation » de l’énergie fondatrice de l’identité du groupe. « Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. » ( Eph. 2, 19 ). Ce qui devient, en langage maçonnique, l’expression de la « Chaîne d’Union » :

 

« Cette chaîne nous lie dans le temps comme dans l’espace; elle nous

vient du passé et tend vers l’avenir.

Par elle, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres, nos Maîtres vénérés qui la formaient hier; par elle doivent s’unir les Francs-Maçons des tous les rites, de toutes les races, et de tous les pays.

Enrichissons la de nombreux anneaux de pur métal et, levons nos esprits vers l’idéal de notre Ordre, efforçons nous de rapprocher tous les hommes par la fraternité[6]. »

 

La place occupée par la pierre et l’Apprenti correspond au faîte de l’ombre portée de la Colonne du Midi lorsque le soleil entame sa descente vers l’horizon, cette ombre donne la position de la Loge Nord-Est par laquelle, dans le Temple, « on descendait dans la Chambre du Bain. Celui qui descendait s’immerger, parcourait à partir de cette loge un couloir souterrain qui traversait tout le Temple. Des bougies y étaient allumées de chaque côté, jusqu’à l’entrée de la Chambre du Bain [7]. ». Dans la mesure où le bain rituel est celui dans lequel devait se plonger les prêtres devenus impurs, il est aisé de faire le rapprochement entre la place Nord-Est et, d’une part la pureté, d’autre part, le baptême.

 

Elle correspond aussi à la ligne de séparation entre la Terre et l’Air[8] au moment du crépuscule, c’est à dire la fin du jour, la Saint Jean d’Hiver, qui sont les deux éléments fondamentaux de la Création.

 

Un Temple se construit selon certaine règles, la principale est son orientation est-ouest. Elle est déterminée en plantant un bâton dans le sol. Le soleil à son levant indique, par l’ombre portée, la direction de l’ouest au jour correspondant à la divinité dédiée en fonction de la dédicace du Temple. Par exemple, Saint Jean Baptiste, l’orientation offrira une orientation est-ouest correspondante au solstice d’été. A une autre date, l’ombre prendrait une autre forme et la dédicace serait inopérante. Le soleil, en se couchant sur le Temple déterminera, dans sa course des zones d’ombres et de lumières avant de disparaître, l’ombre fine portée sur la pierre angulaire en sera la démarcation tout autant que l’indication de la voie à suivre pour le néophyte initié, Homme fini qui devra renaître, comme le Soleil, c’est à dire vers l’orient où sera établi le Saint des Saint, la zone grise, ni blanche ni noire, entre la Terre et l’Air.

 

Le Manuscrit « Dumfries » ( manuscrit n°4 +/- 1710 des archives de la Loge Dumfries Kilwinning n°53 ) donne de l’orientation de la Loge, une vision intéressante dans la mesure où elle fait un lien entre les directives de David pour la construction du Temple, mais aussi avec l’Arche d’Alliance.

 

 

« Q -De quelle façon est disposée votre loge ?

R - D'est en ouest, parce que toutes les églises et temples sacrés sont ainsi disposés, et particulièrement le Temple de Jérusalem.

Q - Hiram n'aurait-il pu poser les fondations du Temple du sud au nord plutôt que de l'est à l'ouest ?

R - Non, il ne le pouvait pas.

Q - Donnez une raison à cela.

R - David prescrivit que les fondations du Temple fussent posées sur un emplacement, comme vous pouvez le lire dans la Sainte Bible, où elle est dénommée l'aire d'Ornân le Jébuséen ".

 

De même, vous pouvez lire dans les Saintes Écritures que l'Arche du Seigneur, en laquelle était renfermée l'Alliance entre Dieu et les hommes ainsi que les deux Tables de marbre avec les Dix Commandements écrits du doigt de Dieu, fut retenue par malchance un temps considérable sur l'aire d'Ornân, ce qui obligea à poser les fondations d'est en ouest conformément à la position des deux Tables. »

 

L’Apprenti serait-il celui qui garde l’Arche en Silence[9]  ?

 

Contentons nous ici de considérer que l’Homme dans le récit de la création, accompagne le Soleil. Il prend en charge la Lumière du jour de midi à minuit, redessinant le Temple en dehors du néant symbolisé par les Ténèbres, assurant ainsi la pérennité de sa présence « De même que le soleil rayonne à travers le monde, ainsi fait la Shekhinah » ( Sanhédrin 39a). C’est, en substance ce qui peut être compris de la phrase du rituel de fermeture des travaux au grade d’Apprenti qui précise au Rite Ecossais Ancien et Accepté que les « ouvriers n’aspirent pas au repos et porteront vers l’extérieur les Vérités qu’ils ont acquises».

 

Créé, comme Adam, pour exister, l’ Apprenti est doté de libre arbitre, dont les éléments constitutifs seront définis rituellement par sa place ( le jardin à l’angle nord-est du Monde) et la reconnaissance qu’il en tire plus que par ses contraintes ( une partie du jardin est interdite ). Pour le Compagnon, il s’agira de se mesurer plus complètement à l’art difficile de la construction en visualisant son objectif et en ayant l’impression de s’être approprié assez d’outils pour le faire. C’est ainsi que l’on ne demandera plus pour lui la « Lumière », mais, il « verra » l’Etoile et « polira la pierre ».





[1] Il y a, bien enetendu, un lien entre la Parole, la « chose bonne à manger » et le « blé », mais, sur ce dernier point, une exégèse plus détaillée nous amènerait à sortir de la symbolique du Grade d’Apprenti. Il est néanmoins important de constater à quel point un grand nombre de symboles du Grade mène à une étude du degré suivant, cela aurait tendance à confirmer que les deux premiers grades n’en forment, en fait, qu’un seul.

[2] Rituel Emulation – 1986 – Lewis Masonic Ldt - London – trad Lurker

[3] On prendra garde à ne pas confondre la stabilité de la construction avec l’achèvement de celle-ci. Nous parlons ici des fondations de l’édifice, non de la « clé de voûte » dont il est question au grade de Compagnon.

[4] On retrouvera cette même symbolique de la pierre dédaignée qui devient pierre de faîte, la pièce maîtresse de l’édifice dans ( Ac 4, 11 ) ; ( Rm 9, 33 ) ; (1 P 2, 4 )

[5] Cf Evangile de Philippe, Op. Cit.

[6] Rite français « Groussier ».

[7] Maimonide : Lois du Temple de Jérusalem. Beth Hamikdach – Lois de la Maison d’Election, Chapitre 5. Trad. Aharon Altabé

[8] Nous aborderons ce point plus en détail dans le chapitre suivant.

[9] Le grade maçonnique dont il serait alors question ne relève pas des Loges Bleues.

Par Lurker
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Je serais particulièrement intéressé par tout ce qui touche à une particularité de la période Elysabéthaine et qui porte le nom de School of Night.... Si quelqu'un sait où il est possible de trouver :
 Bradbrook, Muriel C.,. The School of Night: A Study in the Literary Relationships of Sir Walter Raleigh, Cambridge: Cambridge University Press, 1936, même en e-book, il est possible de me contacter ici :

  Truthlurker


 


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