Les "stupids atheists" de la School of Night

« Black is the badge of hell

The hue of dungeons and the school of night. » 

"Loves’s labour lost"- W Shakespeare 1596. 

 

  

"- Quel est le but de l’étude? Apprenez le moi.
- Eh bien c’est de savoir ce qu’autrement nous ne saurions pas.
- Vous voulez dire ces choses cachées et interdites à l’intelligence commune?"

w
. Shakespeare, "Loves’s labour lost"

  

"The Grand Arcanum's not for men to see all;
My music has some mystic diapasons;
And there is much which could not be appreciated
In any manner by the uninitiated.
"
Byron's "'Don Juan.'" "Canto" xiv., Stanza xxii.

 

James Balfour of Denmyine and KinnairdSIR JAMES BALFOUR of Debmylne (c. 1600-1657), Baronet of Perth and Kinross, and of Kinnaird - Scottish annalist, historian and antiquary. Most likely born in Denmylne (near Newburgh, Fife), the son of Sir Michael Balfour, the Comptroller of the Royal Household of King Charles I (1600-49), Balfour travelled widely and studied in London with William Dugdale, contributing to hisMonasticon Anglicanum (published in separate volumes; 1655, 1664 and 1673).

Voici son portrait, peint vers 1640 (anonyme). Notez bien l'équerre et le compas sur le livre, et son doigt qui pointe vers eux, comme pour nous dire qui il est...... bref, une image qui vaut mille mots....... un antiquarian-maçon en 1640 .

 

En vérité, je ne me suis jamais contenté des versions officielles qui expliquaient la formule bien connue de l'article premier des Constitutions d'Anderson : "Un Maçon est obligé de par son Titre, d'obéir à la Loi Morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide ni un Libertin irréligieux."

De plus, j'ai toujours trouvé suspecte la rhétorique qui en fait la source de la laïcité. Même si je pense que la Franc-Maçonnerie n'a pas grand chose à voir avec la chrétienté, sauf en France et, plus généralement, sur le continent.

A l'instar des rituels que nous connaissons aujourd'hui qui paraissent être des syncrétismes, fruits d'ajouts successifs et d'affirmations péremptoires, la chrétienté maçonnique apparaît, à l'étudier en profondeur, comme une sorte de mystique religieuse alternative entre l'ancien monde et les nouvelles rêgles. Un peu comme cela s'est trouvé pour le Vaudou, mais en moins extrême dans la mesure où la synthèse s'opérait sur des souches culturelles communes. Néanmoins, si les racines sont très anciennes, les périodes sur lesquelles nous nous concentrons afin de déterminer des sources structurelles de la franc-maçonnerie ne permettent en aucune manière de penser que ce "club de sociabilité" aurait pu se construire autrement que dans un environnement chrétien. Attention, je ne dis pas Catholiques, car une chose est certaine, c'est que la Franc-Maçonnerie ne devint  véritablement catholique qu'en mettant le pied sur le Continent. En fait, loin de penser que l'article premier des Constitution puisse être interprêté comme un appel à la paix sociale et religieuse, interprétation qui semble être confirmée par la suite "il est maintenant considéré comme plus opportun de seulement les soumettre à cette Religion que tous les hommes acceptent", je reste convaincu que cette petite phrase s'adressait à un certain nombre d'individus dont on dira dans les rituels qu'il ne fallait pas en être... libres, soit, mais de bonnes moeurs, c'est à dire chrétiens affirmés et non libertins. Il est bien évident que l'angleterre du XVIIIème siècle ne saurait produire autre chose que des groupes chrétiens affirmés ou, de loin en loin, de libres penseurs. Mais les liens que peuvent entretenir ces groupes les uns avec les autres sont très certainement de natures extrêment différentes que ce que l'on prétend aujourd'hui.

 

Afin de comprendre la progression vers la maçonnerie et le glissement des idées à partir des clubs libertins, il faut d'abord constater que durant toute la période relative à la renaissance baroque et illuministe, c'est à dire, à partir du reigne d'Henry VIII pour l'Angleterre, et surtout celui de sa fille Elysabeth, durant toute la période de la guerre de trente ans qui suivit la Confession d'Augsbourg, les lumières rosicruciennes et la sapience alchimiques se développèrent surtout dans des pays réputés pour leur pragmatisme ; l'Allemagne du Rheinland et l'Angleterre sans oublier la Bohème. Les provinces unies servant de pont entre les deux foyers et évitant la France, fille ainée de l'Eglise de Rome et presque totalement réfractère à ces mouvements. Depuis les traités de Westphalie (24 octobre 1648) et l'éclatement du Saint Empire Romain Germanique qui mirent fin à la guerre de trente ans, la chrétienté romaine ne dirige plus directement aucune nation européenne. Tant celles qui épousèrent la foi luthérienne que celles qui restèerent chrétiennes.  Les Huguenots et Calvinistes français ont trouvé refuge en Angleterre sans toutefois renier leur foi et ses fortes contraintes anti-libérales et contre-révolutionnaires. Il n'est pas étonnant que les Constitutions maçonniques de 1723, composées par un protestant rejettent la philosophie libertine et "athée" (qualificatif utilisé pour disqualifier une forme d'éthique sceptique et résolument immante qui produira dans les clubs, un discourt à la fois panthéiste et fidéiste) et la condamnent, utilisant ainsi la dynamique des clubs libertins et intellectuels à la fondation d'une franc-maçonnerie "moderne" très conservatrice et au discourt proche des ténors enroués de la scolastique. Le front commun des protestants et des catholiques à l'encontre de la pensée scientifique déterminera des cadres de l'études sans toutefois l'interdire complètement ni même la pourchasser. Ce qui ne fut pas le cas pour Walter Raleigh, condamné pour athéisme. Un autre élément important est à prendre en compte : le nouveau monde sur lequel Raleigh fonde une colonie qu'il nommera Virginie en l'honneur d'Elysabeth. Depuis 1492 la philosophie set la religion se sont vues augmentées par un paysage fort différent d'une europe blanche et chrétienne. La pensée devient, par obligation plus que par nature, multicolore et planétaire, même si l'autre reste un barbare étranger, parfois même une marchandise. Les milieux de culture, de pensée et de sciences seront confrontés aux différents courants internes à l'europe en tentant parfois de les réintégrés dans la foi dominante par l'affirmation de découvertes miraculeuses comme ce fut le cas pour Jacob Boeme qui réinventa la Kabbale par un miracle de Dieu... dans un village présentant la plus grande communauté juive rhénane.


Durant très longtemps je restais convaincu, comme la plupart de ceux que cette Histoire intéresse, que 1717 était la date à partir de laquelle tout devint possible. Une sorte de Genèse de la Franc-Maçonnerie moderne. Je pense aujourd'hui que ce point de vue est une erreur qui nous fait perdre le principal au bénéfice de l'accessoire et qui a conduit un grand nombre à rechercher de ce côté ce qui ne s'y trouvait pas. Un rituel d'origine par exemple qui aurait pu être le déterminant de tout le reste, particulièrement en France dont la maçonnerie, pour partie, repose sur le bloc légendaire du "rite moderne" qui est devenu "Français" avec le temps, néanmoins, malgré l'acharnement  et les adaptations, malgré les efforts au retour en arrière, les volontés de "retrouver" les "vraies" sources et le rituel d'origine, celui qui fut pratiqué à l'étage de cette Taverne londonnienne au printemps de 1717, personne n'a encore, à ce jour, trouvé quoi que ce soit d'indiscutable... peu se sont même demandés si la fameuse divulgation de Samuel Pritchard "Freemasonry Dissected" n'était pas un canulard. On sait que les pamphlets et les références à la freemasonry circulaient depuis au moins deux siècles mais, si l'on trouve un grand nombre d'analyses critiques des différents textes, voire, des doutes quant à leur exactitude, il reste couramment admis que le texte de Pritchard "dévoile" et reproduit... pourquoi cela s'agissant d'un pamphlet à l'origine  "anti-maçonnique" ? D'autre part, on sait que le texte de Pritchard a été souvent remanié, republié, ainsi, la "masonry dissected" s'est trouvée traduite de différentes manière, en français, en allemand, parfois de l'un à l'autre sans passer par la langue d'origine. Malgré les protestations, en décembre 1730, les frères de la Grande Loge d'Angleterre constataient que les "francs-maçons continentaux considéraient comme certain que la "massonry dissected" était l'exacte représentation de la rituelie ortodoxe des pratiques des maçons anglais". Continuant sur cette voie nous sommes encore aujourd'hui quelque peu prisonniers de ce texte et nombreuses sont les communications "historiques" qui y font référence.

Il en est de même pour les références aux "trois coups distincts" , du même auteur  et qui me laissent toujours un peu mal à l'aise. "The three distinct knocks"  - 1760 - 1795 ( cf. anti masonic review, and magazine - Henry Danta Ward - New York 1828 ) dont le sous-titre est "an authentic key to the door of freemasonry" ( le titre du célèbre ouvrage "la clef d'Hiram" en est peut être un clin d'oeil) - est un ouvrage qui fait suite au célèbre "Masonry dissected" - 1730 - 1745.

Contrairement au premier qui décrit des rituels, les "trois coups" forment un "recueil" sur le modèle de ce que l'on a coutume de nommer "catéchismes", c'est à dire une série de question/réponse à usage d'enseignement et suivies de "toasts". Les deux ouvrages de Pritchard, comme on l'a vu plus haut,  sont souvent qualifiés de "divulgations". Il sont néanmoins réputés et présentés comme des pamphlets antimaçonniques du XVIIIème siècle ce qui expliquerait l'impasse dans laquelle toutes les tentatives d'analyses de l'historien anglais Harry Carr ont abouties ( Cf. Harry Carr, "The Transition" in Ars Quatuor Coronatorum Vol 69 pour 1956 et "The Evolution of the Installation Ceremony and Ritual" in AQC Vol 89 pour 1976) dans la mesure où elles se heurtent à d'évidents "mélanges de genres" sans soucis de cohérence. Mélanges que l'on retrouve étalés sans complexes dans d'autres "divulgations" de la même époque comme "Jachin and Boaz "en 1762 ou "Schibboleth" en 1765" 

Cependant, si l'on admet que ce qui vient heurter Harry Carr lorsqu'il dit  que les pratiques divulguées sont étrangères à la maçonnerie anglaise de cette époque on peut, dès lors, étudier avec intérêt l'hypothèse que la maçonnerie ait utilisé ces "divulgations" pour créer des formes et constituer des rituels  qui n'éxistaient pas ou  introduire des pratiques "divulguées" et séduisante dans d'éventuelles rituélies en cours d'élaboration,  comme cela se fait couremment de nos jours par l'introduition de pratiques d'une forme dans une autre... on obtient ainsi une réponse à la question du manque de traçabilité puisque nous ingnorons quelles étaient les pratiques contemporaines desquelles les formes sont issues... tout aussi bien, cela éclaire d'une nouvelle manière  la question de la mention des trois grades maçonniques dans les "minutes" d'associations musicales et qui reste encore aujourd'hui la plus ancienne...

Bien qu'il soit passé dans l'usage courant de l'historiographie maçonnologique de s'e référer aux oeuvres de Pritchard, cela revient à la fin, à considérer que le célèbre film "les forces occultes"  film antimaçonnique bien connu de 1943 puisse être une source fiable qui permettrait de reconstituer  les rituels d'initiation en cas de perte de ceux-ci. Le fait que le scénariste, Jean Marquès-Rivière fut un transfuge de la franc-maçonnerie. n'est aucun cas une garantie de fiabilité.

Le fait que, durant une longue période, les divulgations de Pritchard furent  les seules disponibles n'en garantie pas l'exactitude pas plus que la fiabilité, ni même la réelle appartenance de leur auteur.

Dans les ouvrages de Pritchard, on notera ici certains éléments importants, tout d'abord que ces "divulgations"  et notamment "the three distinct knocks" commencent par une salutation très particulière à des Maîtres mystérieux qui verraient ombrage à ne pas être salués avant que de présenter au grand public leurs pratiques secrètes... cela est assez surprenant s'agissant d'une rupture de serment car, sommes toute, ces divulgations sont interdites par le "secret" maçonnique et donc, portent déjà, par leur existence, les germes de la colère des Maîtres. La forme de cette salutation  préliminaire rappelle, par certains aspects, les termes utilisés plus tard pour structurer la "théorie du complot" ( CF. notamment l'étonnant ouvrage de Jean Baylot sur les Illuminés de Bavière et l'influence des "illuminatis" sur le Grand Orient de France,  "La Voie Substituée") . Un autre élément important est que ces publications contiennent des formes et des références qui semblent  relever d'un mélange de pratiques et d'affirmations mystiques ou ésotériques. C'est là que le bât blesse dans la mesure où les pratiques divulguées ressemblent fort à certaine formes de rituels, dont il est souvent admis de prétendre  qu'il s relèvent de la tradition des "ancients" ce qui se trouve, à première vue confirmé par la présence de grades totalement absents de la franc-maçonnerie des "modern". Mais on a souvent prétendu aussi, et la plupart du temps dans le même argumentaire, que les "moderns" avaient inversé les colonnes et modifier les mots suite à la publication de la "masonry". Néanmoins, on sait que l'ésotérisme n'est pas un élément fondateur de la pratique des "ancients" et un grand nombre de pistes laissent à penser qu'il est plus caractéristique de la maçonnerie continentale qu'anglaise, particulièrement dans ses formes les plus "alchimiques", mais ce point reste à approfondir en tentant de ne pas confondre mysticisme et ésotérisme, chrétienté et catholicisme.

nicholas hilliard 0071L'un des exemples du mélange des genres est celle de la mention d'une pratique d'installation des Maîtres en Chaire, pratique typiquement relatives aux "ancients" et qui correspond , en fait à une sorte de quatrième grade "post maitrise" durant laquelle un certain nombres d'éléments sont complétés, expliqués et approfondis. Pour que chacun comprenne, sans en dire plus que nécessaire, la légende du Grade conte des événement antérieurs à la Mort d'Hiram et dont certain développements ( notamment la cantilation d'un psaume ou l'étonnante présence féminine de la Reine de Saba) laissent augurer de ce que sera  le degré de l' Arche Royal. En ce qui concerne les relations de ces "degrees" avec les moderns, dont on a vu qu'ils auraient été influencés par ces divulgations, l'affaire est entendue depuis 1759 et résumée par une déclaration de Samuel Spencer, Grand Secrétaire de la Grande Loge de Londres, qui, à la suite d'une correspondance avec une loge "ancienne" d'Irlande, répondit que la maçonnerie se composait de trois degrés, Apprenti, Compagnon et Maitre et que la Société des Maçon n'avait pas plus d'Arche que d'Anciennes pratiques.

Mais, pour en revenir à la cérémonie d'installation soi-disant divulguée dans les "trois coups"  celle ci est mentionnée sur trois feuillets à partir de la page 64 où il est écrit, comme une note complémentaire, que le Maître  qui va être installé est à genoux, sur ses deux genoux, au Sud et que le Maître ( entendez le Vénérable en chaire ), lui fait prêter une obligation...  qui  ressemble fort à une obligation d'Apprenti, non pas dans la description des devoirs du Maître, mais dans les pénalités, bref, tout cela demande un examen approfondi et une grande méfiance... 

Néanmoins, une communication de la Loge de recherche n°CC, Irlande, pour 1934-38 présente un document du Frère Philipp Crossly "Recevoir un Frère aux environs de 1730" ( "making of e brother" - à cette époque, comme aujourd'hui encore dans les rites anglo-saxons, on ne parlait pas d'initiation ) constate que les anciens catéchismes ne présentent jamais de cérémonies ou de rituels et que la classification des grades en Apprentis, Compagnons de métier et Maîtres se trouve seulement dans le livre des "Constitutions de 1723. De la même manière,  à Dublin en 1730 on parle de grades au lieu de degrés sans qu'ils puissent véritablement être comparés aux pratiques actuelles. C'est ainsi que "les cérémonies d'intiations en 1730 n'avaient lieues qu'après la réception de l'Apprenti comme "frère" à un moment où il était "entré" et qu'il avait toute sa place dans la Loge. On lui communiquait à ce moment le "mot de maçon" qui signifiait que "Dieu l'établissait dans la Force".

Ce frère pouvait être élevé Compagnon du métier par le transmission d'un catéchisme qui sanctionnait la preuve de ses qualités. Le tout, apparemment sans cérémonial  et, lorsqu'il atteignait le grade de Maître, c'est à dire Vénérable de la Loge cela se déroulait selon son "seul mérite". Cette partie du parcours était entièrement philosophique.

Il a fallu attendre les travaux de Stevenson parus dans les années '80 pour se rendre compte, vers la fin des années '90  ( on a quand même pris dix ans pour le lire ! ), qu'un grand nombres de pistes permettaient de relier l'Ecosse à Londres. Aubaine pour les écossistes et les défenseurs de l'origine écossaise, mais l'ensemble restait référencé à la filière Londonienne en faisant étonnemment abstraction de la géographie.et des routes.  A tel point que peu d'ouvrages, en France, jusque très récemment, ne présentent la Grande Loge des Anciens autrement que comme une troupe de dissidents catholiques qui se sont constitués en réaction  au fait que les modernes ( ceux de 1717 ) les rejetaient de leurs assemblées.  les informations deviennent alors très contradictoires, peu s'accordent sur la Grande Loge d'Irlande, La Grand Lodge of All England de York, la Grande Loge d'Ecosse, elle même souvent cité, n'apparait plus comme fondatrice... Oubli étrange de la part de ceux qui prirent le titre d'une corporation pour le moins voyageuse de ce qui rassemblait le plus les groupes de maçons : la géométrie dans l'espace, posée depuis l'origine comme l'art majeur par excelence. Tout aussi bien, oubli que tout ceux qui sillonnent l'histoire maçonnique ont été initiés en Ecosse ou aux frontières nord de l'Angleterre,, entree York et  C'est un point étonnant de l'étude historique en maçonnologie car l'un des membres  les plus éminents des groupes fondateurs de clubs d'intellectuels du XVIème siècle, à l'instar de Thomas  Harriot, ami intime de Sir Walter Raleigh, qui était justement topographe, donc, géomètre. Néanmoins, ce constat ne tient que si l'on admet qu'il puisse y avoir une certaine continuité dans l'évolution de la pensée sociale occidentale. Cela vient contredire l'option "tout chrétien" mais nous ne sommes pas là pour choisir, même si l'on considère que l'Histoire n'est, somme toute, rien d'autre que le choix de ceux qui l'écrivent.

Plusieurs questions se posent alors, comment lier les événements et les hypothétiques rituels, comment pouvoir affirmer qu'une liaison soit possible ou non avec les groupes de bâtisseurs ? En tout état de cause en effet, quelle que soit l'option choisie dans l'étude maçonnologique, on en revient toujours aux bâtisseurs, ne serait-ce que par l'étude des documents qui sont parvenus jusqu'à nous. Pourquoi se pencher sur les statuts Schaw s'il n'y avait pas de lien ? De fait,  le terme de bâtisseurs peut prendre plusisieurs formes, déjà au XVIème siècle. N'est il pas possible de considérer que ceux qui bâtissaient la mythologie des Tudors, ces fameux "antiquarians", et particulièrement John Leland qui participa très activement au rattachement de la légende arthurienne à la cour des Tudors, puissent avoir été mêlés à la constitution parallèle de club conviviaux ou de sociétés fraternelles dont l'objectif était de partager des visions historiques, sociales et théologiques à l'abri d'oreilles indiscrètes et en dehors de tout dogmes ? Cette volonté royale, exprimée par Henry VIII, de combler les lacunes des chroniques par l'introduction d'une dimension mythologique importanteLes antiquarians furent dissouts par ordre du roi Jacques Premier d'Angleterre, le même qui nomma William Schaw "Master of Work to the Crown of Scotland" en 1583, alors qu'il était Roi d'Ecosse sous le nom de Jacques VI Stuart. Il est bon de noter que ce même Jacques premier devint Grand Maître de la Grande Loge des Maçons d'York en 1603. Inigo Jones, Maître architecte, lui succédera deux années plus tard. Mais, ne nous éloignons pas trop. Le phénomène des clubs d'intellectuels et de poètes n'est pas une nouveauté du XVIIIème siècle, comme on le voit, pas plus que les Antiqurians refondés en 1717 sous protection de la Royal Society. Les nouveaux Francs-Maçons s'assoicent pour construire comme d'autres l'ont fait avant eux avec moins de chance puisqu'ils sont presque tous passés à l'échaffaud.

Contrairement à ce que l'on peut parfois penser de l'illuminisme élisabéthain, il ne s'est jamais agit d'une époque très ouverte d'un point de vue religieux et il est certain que les menées répressives d'un Francis Walsingham n'ont pas permises l'implantation massive du courant rosicrucien rhénan sur le sol britannique , de même elles incitaient les aristocrates curieux de science comme Raleigh et Harriot, par exemple. On sait que Thomas Harriot fut l'un des plus brillants scientifique topographe de la fin du XVIème siècle et qu'il sut profiter des recherches menées par les John Dee, Thomas Digges ou Robert Recorde. Tout cela devra bien être remis en ordre avec  une certaine attention qui devrait être portée sur les Calvinistes et leur influence profonde dans les milieux "illuminés". Loin s'en faut de penser qu'ils en furent la source. Contentons nous de constater que  la mouvance "libertine" de cette époque, assez friande de nouveauté, utilisa cette nouvelle forme de chrétienté pour justifier de leur curiosité. Quant à John Dee, le mage ambigu qui condamnait autant les uns que les autres pour mieux se tirer d'embarras jusqu'à ce que ses  aternoiements le fassent déconsidérer définitivement. Quant à Raleight, comme bon nombre de chercheurs de cette époque, il ne publia pas ses travaux., et le seul  a avoir été publié de son vivant et qui lui ait survécu  est le traité topographique "A briefe and true report of the new fond land of Virginia". Il est bien évident que l'ambiance répressive et intégriste à la cour d'Elisabeth incitait à se réunir à l'écart des curieux et à réserver leurs découvertes au monde des Lettres. L'intérêt de Henry Percy, le "comte sorcier" de Northumberland et de Walter Raleigh pour les écrits de Giordano Bruno, de même leur militantisme pour un renouveau philosophique néoplatonicien achevait de donner corps, aux yeux des ecclésiastiques anglicans, à la suspicion d'athéisme.Cette attitude attisait naturellement la méfiance de leurs serviteurs et plus généralement de la population : il n'est donc pas difficile de retrouver des témoignages d'époque dénonçant les pratiques occultes de certains aristocrates et savants. Le climat de violence dont l'assassinat de Christopher Marlowe fut l'une des conséquences, le complot des poudres, qui permit d'arrêter Henry Percy, donnent beaucoup de crédit à la thèse d'une "école de la nuit", même si cette assemblée a pu porté d'autres noms. Cependant, si la plupart d'entre eux furent ârretés et, s'ils furent inquiétés devant les tribunaux pour motif religieux, aucun de ces hommes ne fut toutefois arrêté pour ce motif,, mais sur les charges habituellement réservées aux infidèles; inceste, pédérastie et sodomie... en d'autres termes "athées stupides et libertins irreligieux."

Never were virtue's labours so envied
As in this light: shoot, shoot, and stoop his pride.
Suffer no more his lustful rays to get
The Earth with issue: let him still be set
In Somnus' thickets: bound about the brows,
With pitchy vapours, and with ebon boughs.
Rich taper'd sanctuary of the blest,
Palace of Ruth, made all of tears, and rest,
To thy black shades and desolation
I consecrate my life; and living moan,
Where furies shall for ever fighting be,
And adders hiss the world for hating me;
Foxes shall bark, and night ravens belch in groans,
And owls shall hollo my confusions
There will I furnish up my funeral bed,
Strew'd with the bones and relics of the dead.
Atlas shall let th' Olympic burthen fall,
To cover my untombed face withal...

"Shadow of Night " - Chapman
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