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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

les mythes

Publié le par Lurker
Publié dans : #Les mythes

Symbolisme

  • Symbole de la matière en harmonie - 4 + 6.
  • Représente le Créateur et la création, 3 + 7, la Trinité se reposant dans l'univers manifesté.
  • Pour Pythagore, 10 était le symbole de l'univers et il exprimait également l'ensemble des connaissances humaines.
  • Somme de 5 + 5, le nombre 10 représente les deux sens de courant contraire de la conscience: celle en involution et celle en évolution.
  • Selon H.-P. Blavatsky, le 1 suivit du 0 indique la colonne et le cercle, c'est-à-dire le principe mâle et femelle, et ce symbole se rapporterait à la nature Androgyne et aussi à celle de Jéhovah, qui est à la fois mâle et femelle.
  • Le zéro en forme de cercle est un symbole d'unité, complétant ainsi la signification du chiffre 1 pour montrer que le nombre 10 renferme tous les nombres précédents comme un tout contient ses parties.
  • Représente le premier couple, le mariage: 1 = l'homme, 0 l'oeuf fécondé par le 1. Le dix donne l'image d'une régression spirituelle puisque le mariage est une conséquence de la chute de l'homme.
  • Le nombre dix est considéré comme le plus parfait des nombres, parce qu'il contient l'Unité qui a tout fait, et le zéro, symbole de la matière et du Chaos, duquel tout est sorti; il comprend donc dans sa figure le créé et l'incréé, le commencement et la fin, la puissance et la force, la vie et le néant.
  • Il représente la rectitude dans la foi parce que c'est le premier nombre "en extension" - de deux chiffres -, de même que cent et mille, explique Hugues de Saint-Victor.
  • Pour Agrippa, "dix est appelé le nombre de tout ou universel, et le nombre complet marquant le plein cours de la vie, car l'on ne compte plus depuis ce nombre que par réplique, et il implique en soi tous les nombres, ou il les explique par les siens en les multipliant. (...) Ce nombre est circulaire, de même que l'unité, parce qu'étant accumulé il revient à l'unité d'où il sort; et il est la fin et le complément de tous les nombres et le principe des dizaines." Il lui attribue aussi un sens de la totalité, de l'achèvement, celui du retour à l'unité après le développement du cycle des neuf premiers nombres: "De même que le dixième nombre reflue sur l'unité d'où il a tiré son origine ainsi tout flux retourne à ce qui lui a donné le principe de son affluence: ainsi l'eau court à la mer, d'où elle sort, le corps à la terre d'où il est tiré, le temps à l'éternité d'où il découle, l'esprit à Dieu qui l'a fait, et toute créature s'en va au néant dont elle a été créée."
  • Représente la révélation et la Loi Divine.
  • Chez les Mayas, il représente la fin d'un cycle et le début d'un autre. Le dix était considéré comme étant le chiffre de la vie et de la mort.
  • Les Hindous lui confèrent un pouvoir magique.
  • Dans la maçonnerie, le 10 signifie l'union ainsi qu'une bonne volonté exprimée en se joignant les mains.
  • En Chine, la croix représente le chiffre 10 - comme la totalité des nombres.

Bible

  • L'Esprit Saint descendit sur les apôtres dix jours après l'Ascension de Jésus.
  • Les dix lépreux guéris par Jésus. (Lc 17,11)
  • Les dix mines à faire valoir par chacun des dix serviteurs de la parabole. (Lc 19,13)
  • Les dix personnes ressuscitées dans la Bible:

1.Le fils d'une veuve (1 R 17,17-24)

2.Le fils de la femme Sunamite (2 R 4,32-37)

3.L'homme qui toucha les os d'Elisée (2 R 13,20-21)

4.Le fils d'une veuve (Lc 7,11-15)

5.La fille de Jaïrus (Lc 8,41-42 et 49-55)

6.Lazare (Jn 11,1-44)

7.Les saints morts avant Jésus (Mt 27,52-53)

8.Jésus (Mt 28,1-8)

9.Tabitha (Ac 9,36-43)

10.Eutychus (Ac 20,9-10)

  • Les dix cornes de la Bête de l'Apocalypse avec les dix diadèmes sur chacune des cornes. (Ap 13,1)
  • Les dix puissances impuissantes contre l'amour de Dieu. (Rm 8,38)
  • Les dix vices qui excluent du royaume de Dieu. (1 Co 6,10)
  • Les dix peuples dont l'hostilité envers Israël fut constante. (Ps 83,7-9)
  • Booz prit dix témoins pour épouser Ruth. (Rt 4,2)
  • Dieu fit reculer l'ombre sur le cadran solaire d'Acaz de dix degrés comme signe qu'Il allait délivrer Ezékias de sa maladie mortelle et la ville où il était. (Is 38,1-8)
  • Les dix plaies d'Égypte envoyées par Dieu par l'intermédiaire de Moïse, selon la Bible: l'eau changée en sang, les grenouilles, les moucherons, les grosses mouches, la peste chez les animaux, l'épidémie d'ulcères et de tumeurs, la grêle et le tonnerre, les sauterelles, les ténèbres de trois jours, enfin la mort des premiers-nés de chaque famille égyptienne. (Ex 7-11)
  • Les dix commandements de Dieu donnés à Moïse. (Ex 20,1)
  • Les dix générations d'Adam jusqu'à Noé. (Gn 5)

Général

  • L'homme est la dixième hiérarchie du "choeur céleste" qui remplacera, après le jugement dernier, celui des anges rebelles.
  • Dans les révélations de J.N.S.R., Jésus énumère les dix Attributs qui forment le Caractère Saint de Dieu dont dépend l'Harmonie de tout l'Univers:

1.Dieu est Souverain

2.Dieu est d'une moralité parfaite

3.Dieu est Juste

4.Dieu est Amour

5.Dieu est Vie Éternelle

6.Dieu est Omniscient, possédant toutes les Connaissances

7.Dieu est Omniprésent, infiniment partout Présent

8.Dieu est Omnipotent, tout-Puissant

9.Dieu est Immuable, sans jamais de changement dans la Nature de Dieu ou dans Ses Attributs

10.Dieu est Vérité

Dieu doit faire en sorte qu'aucun de Ses Attributs ne soit contrarié au profit d'un autre.

  • La Genèse est composée de dix chapitres traitant de l'histoire du monde selon Darry: "Trois traitent de la création et de la vie d'Adam au Paradis Terrestre. Ils correspondent au monde kabbalistique de l'émanation. Trois traitent de la descendance d'Adam et des préparatifs du déluge. Ils correspondent au monde kabbalistique de la création. Trois traitent du déluge et de ses conséquences immédiates. Ils correspondent au monde kabbalistique de la formation. Le dixième en établissant la descendance de Noé nous informe de la réalisation d'une humanité désormais conforme aux desseins de Dieu."
  • Dans sa lettre à Marcella, Saint-Jérôme mentionne dix noms divins qu'il repéra dans la Bible hébraïque. Les voici tels que les donne la Patrologie Latine (Paris, Migne, 1842, tome 22, col. 428-429): EL; Eloim; Eloe; Sabaoth; Elion; Eser Ieje; Adonaï; Ia; (le Tétragramme) Yod, Hé, Waw, Hé; et Saddaï.
  • Selon les révélations reçues par Mary Jane Even, la Vierge Marie aurait ressenti une très grande douleur en son Âme après la mise à mort de son Fils avant que ne survienne sa Résurrection. Ces jours sombres furent si écrasants pour Elle qu'Elle semblait mourir de chagrin. A cause de Ses prières et de Sa souffrance qui aurait dépassé toute capacité humaine, Jésus aurait devancé de dix heures Sa Résurrection en réponse à Ses supplications.
  • Les dix jours pendant lesquels est ouvert le Livre de la vie, selon la tradition judaïque, entre le Roshashana et le Yom Kippour.
  • Les dix personnes nécessaires pour ouvrir une Synagogue, dans la religion juive.
  • Selon les récits de Maria Valtorta, dix chevaliers romains escortent Jésus lors du portement de sa croix jusqu'au Golgotha.
  • Chaque année, dans le Temple de Jérusalem, durant l'office des Expiations, ou Kippour - la plus solennelle des fêtes juives - le grand prêtre prononçait à haute voix clairement et distinctement dix fois le Nom de Dieu, c'est-à-dire le Tétragramme YHWH.
  • C'est le nombre d'âmes que possèdent les hommes selon la tradition chinoise: 3 âmes supérieures, les houen, 7 âmes inférieures, les p'o.
  • Les dix esprits du mal selon la Kabbale.
  • Le monde a été créé par dix paroles, dit le Zohar.
  • La tradition kabbaliste révèle 10 noms de Dieu. Certains sont plus usités et plus connus que d'autres. Ces noms correspondent chacun à une séphirah particulière. Ces noms sont: Yhwh, Adny, Yah, El, Éloha, Élohim, Ehyeh, Chaddaï, El Chaddaï et Tsevaot.
  • Parmi les vers du Faust de Goethe, on retourve:

Si neuf est un

Dix n'est aucun

Voilà tout le mystère

  • Les dix degrés dans la mystique juive, selon le Talmud, nécessaires pour atteindre la gloire divine, Schechimah.
  • Les anciens Égyptiens jeûnaient avant d'offrir un sacrifice et se conformaient à une discipline sévère pendant 10 jours.
  • La Dîme ou versement d'un dixième serait originellement une expression de droit divin.
  • Les dix Sibylles, ou Prophétesses, inspirées par Apollon, annonçant souvent des malheurs, sous une forme obscure.
  • Les Chaldéens plaçaient dix rois avant leur fameux déluge de Xisuthrus, qui terminait l'année, comme les Juifs plaçaient dix patriarches avant celui de Noé et dix autres de Noé à Abraham.
  • Les dix "Seigneurs d'existence", Pradjapati, que Brahma créa à l'origine comme forces créatrices secondaires.
  • Anciennement, l'année romaine n'avait que dix mois, commençant à mars et finissant à décembre. Les Romains divisaient ces mois lunaires en trois parties qu'ils appelaient calendes, nones et ides.
  • Chez les Indiens, les dix avatars ou incarnations de Wischnou représentaient les dix mois de l'année primitive pendant chacun desquels le dieu s'incarnait dans une nouvelle constellation, ce qui fait dire par certains auteurs que peut-être les premiers zodiaques n'avaient que dix signes au lieu de douze. Wischnou, surnommé Narayane ou le dieu qui marche sur les eaux, est le verbe de Brahma. Dans sa première incarnation il pris la forme d'un énorme poisson et la seconde fois, il se changea en tortue. À la troisième incarnation, il pris la forme d'un sanglier; à la quatrième, celle d'un homme-lion; à la cinquième, il prend la forme du nain Trivicrama; à la sixième, il s'incarne dans la personne de Rama; à la septième, il s'appelle Parasurame, ou le Grand-Rama; à la huitième incarnation, il est Krisna; et la neuvième incarnation de Wischnou est celle de Bouddha. La dixième incarnation de Wischnou aura lieu à la fin du monde, quand la divinité entière descendra vengeresse et consommatrice. Après quoi, les justes seront emportés dans les demeures des bienheureux où ils recevront leur récompense.
  • Les dix règles de sagesse que Krichna reçut dans son supplice.
  • Les dix devoirs moraux du Code de Manou qui sont: la résignation, l'action de rendre le bien pour le mal, la tempérance, la probité, la pureté, la répression des sens, la connaissance des sastras, la connaissance de l'âme suprême, la véracité, l'abstinence de la colère. Le Code de Manou mentionne également les dix devoirs des religieux qui comprennent les cinq voeux laïques, les trois voeux spéciaux et deux voeux purement religieux. Les prêtres devaient s'abstenir: de s'enivrer, d'être impudiques, de voler, de tuer, de mentir, de manger trop, d'assister à des spectacles - danses, théâtres -, de porter des ornements ou des parfums, d'user un lit, de recevoir de l'argent.
  • Les dix semaines racontant l'histoire du monde que l'on retrouve dans l'Apocalypse des semaines de la Lettre d'Hénoch, connue aussi sous le nom de Livre de l'exhortation, des écrits de la bibliothèque de Qumrân.
  • Les dix séphiroth de l'Arbre séphirotique de la Kabbale qui sont considérés comme étant des attributs divins, comme l'indique leurs noms:

1.Kéther Couronne

2.Chokmah Sagesse

3.Binak Intelligence

4.Chesed Grâce, Grandeur ou Clémence

5.Geburah Justice, Force ou Rigueur

6.Tiphéreth Beauté ou Epoux

7.Netzah Triomphe ou Victoire

8.Hod Gloire ou Splendeur

9.Jesod Fondement ou Base

10.Malchut Epouse, Royauté, Royaume ou Règne

Il est question également d'une onzième Séphirah qui n'est pas représentée sur l'Arbre séphirotique de la Kabbale. Elle se nomme Daath ou Aïn-Soph, l'inconnaissable.

  • Les dix semaines d'années à partir de Noé à Abraham jusqu'au moment où celui-ci engendra Isaac, selon le livre "Les âges de la création" des écrits de la bibliothèque de Qumrân.
  • Il y a dix différentes régions de l'univers correspondant aux dix différentes régions psychiques de l'homme.
  • Dans l'ancien Mexique, le nombre 10 était représenté par deux cercles concentriques ou deux carrés concentriques.
  • Les dix pétales du chakra Manipura situé dans la région du nombril et du plexus solaire.
  • Chacune des trente-six parties du Zodiaques astrologique se divise en dix degrés.
  • Selon Peter Deunov, un maximum de dix possibilités seraient données à l'homme dans sa vie pour s'engager avec l'amour. À tous les dix ans se présenterait une occasion de pouvoir travailler avec cette force puissante.
  • Selon les Anciens, il y aurait dix leçons, dix réalités de chaque vérité, c'est-à-dire dans l'apprentissage et la compréhension de toutes les facettes d'un aspect.
  • Le nombre dix possède une valeur mnémo-technique c'est-à-dire qu'il est lié à la mémoire. Il est facile de se rappeler d'une chose en faisant référence aux dix doigts de nos mains.
  • Carré magique de 10:

1 4 2 3

2 3 1 4

3 2 4 1

4 1 3 2

  • Anniversaire de mariage: noces de fer blanc ou étain.

Guématrie

  • Valeur numérique de la lettre hébreu Iod, Le Moi, représentant le principe actif par excellence.

Occurrence

  • Le nombre 10 est employé 244 fois dans la Bible.
  • Le nombre 4000 est employé 10 fois dans la Bible.
  • Le nombre 10 est employé huit fois dans le Coran. (Coran II,192; II,234; V,91; VII,137; XI,16; XX,103; XXVIII,27 et LXXXIX,1)
  • Les mots "Et Elohim dit" sont répétés 10 fois au début de la Genèse. Le mot famille est employé 10 fois dans le NT et les mots calice, pêcheur et messie, 10 fois dans la Bible.

 

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Les mythes

  "Seaven Sciencies be founde by Geometrie for it Teacheth A mant and Measure Ponderation weight on all things on Earth, For there is noe Workman these 4 Children found the begining of all these Crafts and Sciencies in the World fforthat Worketh any Craft but he worketh by some Mett or Measure.And every man that buyeth or Selleth they buy or Sell by some weight or Measure, And all this is Geometry And the Merchants and all other Craftsmen of the Seaven Sciencies, and the Plowmen and Tillers of the Earth and Sowers of all manner of Graines Seeds and Vine plants, and Setters of all manner of ffruits : For Gramer or Arethmatick norAstronomy nor none of all the Seaven Sciencies can no man finde Mett or Measure in without Geometry wherefore methinks that the said Science of Geometry is most worthy, And all the other be founded by it, But how this worthy Science and Craft was first founded and begun I shall tell you before Noyes fflood there was A man which was called Lameth "
Lansdowne Ms 1560

 

« Here's to thee, old apple tree!
Whence thou mayst bud, and whence thou mayest blow.
Hats full! Caps full?
Bushel, bushel, sacks full !
And my pockets full too ! Huzza! »
Acclamation traditionnelle de Cornouaille

 

 

belthane-copie-1.jpg« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai ma Communauté, et que les portes du Shéol ne prévaudront point contre elle[1]. ». Selon ce principe il ne peut y avoir d’Eglises de bois et les pierres doivent êtres jointes solidement.

 

Les techniques, comme les idées ne naissent pas. Elles se développent, se partagent, se propagent, s'approprient et redéfinissent les termes des unes aux autres. Elles partent de peu et se construisent. Les anciennes traditions ne meurent jamais, elles changent de forme et parfois de nom, mais la source demeure. Elles se transforment parfois en folklore, en manifestations festives et populaires mais, même après cela, elles ne changent pas de nature. La chronologie reste, l’harmonie du calendrier, les fêtes et les célébrations restent et, le plus souvent, le nom des choses et des Dieux, même si leur grandeur s’estompent, même si les dialectes et les langues diffèrent et que l’orthographe varie pour n’être plus, bien souvent, qu’une forme phonétique qui évolue avec le temps. Peu importe, car ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions, mais l’attachement à des pratiques et ses usages. Les voyelles, la prononciation indique les sources mais non leurs fonctions, elles glissent et modulent les mots comme des superstitions alors que les symboles fondateurs expriment la force de la pensée et permettent aux mythes de dire le Monde. Ces mythes qui ont formé la culture nord occidentale, et dont un grand nombre ont trouvé refuge dans les légendes maçonniques développées depuis la fin du XVIIIème siècle se sont façonnés sur les partages et les échanges d’une antiquité méditerranéenne tardive, une jeune chrétienté portés par les invasions romaines et un monde ancien ; un choc de cultures et de peuples, héritiers de la tradition du Dieu qui meurt et du Rameau d’Or[2]... Une légende ancienne associée au Soleil et à la Lumière comme l'est la maçonnerie et dont il est bien évident qu'elle se décline sous les mêmes formes depuis les Egyptiens et Apollon, Soleil des grecs, qui naît, décline, meurt et renaît d'un jour à l'autre. Cette légende court du bassin méditerranéen jusqu’aux confins des terres celtiques et germaniques avec Balder, elle a évolué au cours du temps pour donner la forme syncrétique que nous connaissons et qui constitue, encore aujourd’hui, le cœur de la Maîtrise maçonnique associée à l'Acacia et à sa Lumière.

 

Les mots qui racontent ces mythes le font selon des formes compréhensibles par l’une et l’autre culture, des anciens cultes et des nouvelles croyances, quels que soient ceux qui les expriment car ils bâtissent des rites qui les mettent en scène et qui seront pratiqués par les uns et les autres, parfois même, tous ensemble.

 

On peut obliger, faire plier ou bien humilier les hommes pour leur imposer des normes et des coutumes, mais ce ne seront que billevesées, tant qu’il reste le langage, les symboles demeurent et désignent toujours les mêmes questionnements. Seules les traditions nées avec l'Homme, celles qui fondent sa position sédentaire et qui encadrent les moyens de le demeurer, resteront présentes d'une façon ou d'une autre. Bien entendu, c’est celui qui a en charge la construction de l’abri et sa consolidation, celui qui réalise le refuge à partir duquel sera sauvegardée la conscience de la continuité, qui aura le devoir de définir les règles de la vie collective. C’est sur ce principe que se fonde la maçonnerie Noachite, en référence au patriarche Noé qui construisit l’Arche du Déluge et promulgua les Commandements[3].

 

Les voyelles glissent et modulent les mots comme des superstitions alors que les symboles expriment la force de la pensée et permettent aux mythes de dire le Monde. Ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions, mais l’attachement à des pratiques qui dépassent le plus souvent, par les plaisirs et l'universalité qu'on y trouve, la célébration de ce à quoi elle se réfère.

 

Les études portant sur la symbolique du thésaurus maçonnique ne tiennent pas souvent compte de l'Histoire des idées, voire, elles se distinguent même de l’étude de l’Histoire en générale, comme si cette catégorie particulière possédait une vie propre, en dehors de tout contexte. De fait, jusqu’à présent, les historiens de l’Ordre en faisaient eux-mêmes partie et étaient, par le fait, très influencés par l’idée qu’ils pouvaient se faire du parcours initiatique comme étant une marche hors du Temps. Bien entendu, on conçoit aisément que les symboles qui président aux travaux de la franc-maçonnerie soient présent dans l'inconscient des Hommes et qu’ils préexistaient bien avant que les francs-maçons ne les disposent dans les arcanes de leurs rituels, comme on dispose des petits cailloux sur les routes pour retrouver son chemin. Il est tout aussi aisé de comprendre cette grammaire particulière qu'est le symbolisme et l'étude, l'exégèse des textes des rituels et des anciens devoirs qui marquent le temps tout au long de cette route. Mais, dans la plupart des cas le discourt est différent selon qu'il s'adresse aux historiens ou aux symbolistes... néanmoins nous ne sommes complètement ni l'un ni l'autre, mais plutôt, à l'instar de Descartes, incertains de tout et remettant tout en cause, ainsi se présente le moindre des symboles... enrichi de toutes parts et néanmoins si discret qu'on en oublierait qu'il figure sur les tableaux de loge comme un sourire de Joconde... mystérieux... mystérieux surtout de ce qu'il ne dit pas et de ce qu'il implique car ces petites boules jaunes et ces feuilles aux nombreuses paires de folioles sont autant de traces de pas vers ce que nous étions et le chemin que nous avons pris. Les traces d'un souvenir, comme un filet de nuages dans un ciel bleu...

 

La franc-maçonnerie est née quelque part au nord ouest de L'Europe, il y a très longtemps et bon nombre de ses usages se sont formés de partages et d'échanges entre une antiquité méditerranéenne tardive, une jeune chrétienté et un monde ancien... si ancien que l'on en conte encore les sagas et les mythologies...

 

Les îles britanniques et d'Irlande présentent cette particularité, dans l'histoire de L'Europe occidentale, d'avoir été presque totalement préservées de l’expansion de Rome. La presque totalité de l'écosse, c'est à dire toute la partie nord des Highlands n'a subie ni invasion, ni influence directe. Les romains, afin d'empêcher les incursions Scottes et Pictes sur les territoires conquis et qui n'avaient pas encore été totalement pacifiés, ont d'abord construit le mur d’Hadrien à partir de 122 (ap JC), puis, quelques années plus tard, en 140, un second mur, plus loin au nord, le mur dit, d'Antonin entre le Firth of Forth et la Clyde, c'est à dire à la lisière des Highlands. Ni l'un ni l'autre ne servirent très longtemps car les Pictes en eurent raison dès le deuxième siècle.

 

Ces événements revêtent une très grande importance pour ce qui deviendra la franc-maçonnerie, et ses deux branches les plus fondamentales des "ancients" et des "moderns";  du moins pour l'usage des symboles et les influences qui présidèrent à la fondation de la Grande Loge de Londres. En effet, un un grand nombre de questions relatives à cette Grande Loge des Modernes de 1717, et, plus tard, à ses avatars continentaux , à l'immense thésaurus symbolique  et alchimique de ce que l'on nommera écossisme dont les crispations identitaires vont jusqu'au reniement des origines, ne trouvent d'explication qu'en tenant compte de cette situation.Une autre question rste en suspend... comment dépasser l'ambigüité d'un argumentaire d'origine du psychodrame du troisième degré qui s'appuie essentiellement sur la reconnaissance de pratiques dont on réfute généralement la réalité mythologique ?

 

Le christianisme faisait déjà partie de l'empire Romain depuis près d'un siècle lorsque le premier mur fut construit et l'on sait que la chrétienté s'est principalement propagée avec les conquêtes romaines, de même la nouvelle foi  se propageait sur ses routes pour se fixer définitivement dans l'empire à partir du IVème siècle, époque de la conversion de Constantin.

 

Image2.jpg


[1] Mat 16:18

[2] Cf sur ce point « L’Acacia m’est connu… »,  ed. Maison de Vie, 2009

[3] Les lois de Noé sont moins connues que celles données à Moïse sur le Mont Sinaï. Elles nous sont rapportées par le Talmud et sont au nombre de sept et appelées « les Sept Lois des Fils de Noé » (sheva mistvot bnei noach).

  • interdiction de l'idolâtrie.
  • interdiction du meurtre.
  • interdiction du vol.
  • interdiction de l'adultère.
  • interdiction d'invoquer Dieu en vain.
  • interdiction de torturer les animaux.
  • obligation de se doter d'institutions politiques pour faire respecter les six lois précédentes.

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Publié le par Lurker
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« Selon la grâce de Dieu qui m'a été donnée,
j'ai posé le fondement comme un sage architecte,
et un autre bâtit dessus.
Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. »
1Co 3:10

« D... Êtes vous Maître ?
R... Approuvez moi, désapprouvez-moi si vous le pouvez,
l'Acacia m'est connu1. »

L'Acacia dont on a déjà parlé ici est un des rares symboles maçonnique appartenant au monde vivant, mais aussi, le seul présenté dès l'ouverture des travaux. Cette présentation s'effectue au troisième degré par le rituel en l'accompagnant d'une affirmation cognitive. On se souvient que le rituel d'apprenti nous parle de « reconnaissance », l'Apprenti demande qu'on l'identifie. Il est question ici de « connaissance ». Les voyages ont été profitable et la découverte effective. Le franc-maçon n'est plus, au grade de Maître, dans une situation d'affirmation de Soi ou dans une quête personnelle. Il se situe dans la perspective de l'œuvre et ses outils doivent recouvrir ce qu'il est comme ce qu'il a été, afin que le « chantier » ne perde rien de son ampleur. Le Maître se doit à la mémoire afin de reproduire les techniques mais aussi à l'éthique afin de les améliorer, dans la continuité et la commémoration de ses prédécesseurs, car, « pour qui a le goût de l'architecture, il y a la Création du Monde ( Genèse I ), les mesures de l'Arche ( Genèse VI ), la clôture du tabernacle ( Exose, XXV-XXVII ), l'édification du Temple de Salomon ( IRois, VI), qui sont autant d'aspects terrestres de l'Eglise elle-même et la représentent2 ».

Cette forme des devoirs de la maîtrise est, d'ailleurs, assez ancienne puisqu'on en trouve l'une des premières traces dans les premiers statuts de William Schaw (1549 -1602). On sait que ce dernier était Maître des Travaux du roi Jacques VI d'Écosse3, responsable de la construction, de la réparation et de l'entretien des palais royaux, des châteaux et de toute autre propriété du royaume d'Écosse fut le premier à mettre au point une réglementation spécifique aux maçons de métier et différente de celle des guildes. Il fut aussi le premier à préciser ce qui se présente comme une forme importante de lien avec l'antiquité et pourrait bien être l'un des objets de la franc-maçonnerie spéculative dans son ensemble, c'est à dire, l' « art de la mémoire4 ». C'est plus particulièrement dans la seconde édition des statuts que la référence prend une grande importance. L'enseignement de l'art y est confié au « Surveillant » de la Loge de Kilwinning.

« Que le « Surveillant » de la Loge de Kilwinning, devenue la seconde Loge d'Ecosse, prenne en charge l'art de la mémoire et sa science, et chaque Compagnon et chaque Apprenti conformément à leurs vocations5... »

Il s'agit, à ce point du parcours maçonnique, de faire équitablement la part des choses. L'Art de la mémoire, selon la légende, fut inventé en Grèce par un poète du nom de Simonides de Chéos. Alors qu'il participait à un banquet, le toit de la maison s'effondra durant son absence et lui seul fut capable de nommer les corps en se rappelant exactement où ils étaient placés. Il comprit alors la disposition des choses dans leur environnement était la clef de la mémoire6. Ainsi, construire par la pensée un palais imaginaire appelé « palais de mémoire » et dont chaque pièce contient des images ou des objets qui permettront de se remémorer l'ensemble des événements. Les ouvrages sur ce sujet, depuis l'antiquité, insistent sur la nécessité de se donner des images actives, fortement signifiantes qui, par leur caractère singulier, inaccoutumé, seront une aide puissante à la mémorisation. Il suffira donc de se promener de pièce en pièce, porté par l'imagination. C'est ainsi qu'à l'époque romaine, les orateurs se remémoraient leurs discours. Au Moyen Âge, cette technique ancienne évolua et servit de modèle aux architectes des guildes, fortement influencée par les légendes chrétiennes et bibliques, le palais de mémoire fut tour à tour identifié aux édifices de la Bible ; le Tabernacle, le Temple de Salomon, la vision du temple d'Ézéchiel. Pour les maçons dont chaque légende édifiante se ressourçait au cœur de l'Ancien Testament, il est bien évident que l'archétype du Palais de mémoire est le Temple de Salomon, son chantier, sa construction, mémoire de la foi et de son architecture sacrée.

Avec le temps, les cérémonies se sont modifiées, elles sont passées de la lecture édifiante à la pratique rituelle et elles ont intégré les voyages à l'intérieur du bâtiment, de sa coure, de ses parvis. Certaines rituélies de hauts grades se déroulent même dans plusieurs chambres, mais chaque voyage, chaque degré garde son objet mémoriel et, bien entendu, l'objectif d'un apprentissage par degrés reste identique.

Les sciences qui ont été transmises au cours des différents parcours avaient pour objet d'amener au franchissement du seuil des nombreuses pièces de ce palais imaginaires plusieurs fois construit et détruit et dans lesquelles se trouvent les éléments permettant de bâtir les répliques du Temple, qu'il soit de pierre ou d'âme et de progresser dans la pratique de la maçonnerie. Il s'agit, en effet, de vivre avec ces outils et non de les reproduire, de connaître le monde tout en conservant la plus grande part de sa faculté de mesure. Il est question ici d'art de vivre, d'éthique, de remémoration et non du « par cœur ». Elles avaient aussi pour objet de permettre au maçon de se retrouver dans le labyrinthe de la Connaissance, de participer à une forme de transmission qui deviendra rituelle et qui permet à celui qui le pratique de vivre avec ce qu'il connaît, de se « remémorer » le catéchisme parce qu'il est logique et productif de richesse et non parce qu'il est impératif de le savoir. Les rituels n'ont qu'un seul objet : favoriser le partage. Seule la Connaissance ultime reste à découvrir au cœur du Temple et ce savoir ne peut être que la Vie. L'Acacia est un arbre imputrescible et pour cela sacralisé depuis la plus haute antiquité, mais plus encore, ce n'est qu'à partir du troisième degré qu'il fait son apparition dans le thésaurus maçonnique. L' Homme pourra se concevoir dès que la mémoire de la Genèse lui sera revenue. C'est au troisième jour que l'Eternel fit les plantes et sur les tableaux de Loge au grade de Maître il n'est qu'une plante et l'attente d'un homme.

Dès lors que le mystère est levé sur les fondations architecturales, chacun peut venir construire, sur cette charpente, la demeure des choses mémorisées, c'est à dire les sens ( perceptions, attitudes, sentiments... ), recherche des Apprentis, les Paroles ( les « dires » et les « discours » ), celle des Compagnons et les Constructions ( événements, architectures...) pour les Maîtres. Chacun doit alors, comme le disait Saint Paul, prendre garde à la manière dont il construit et chacun se doit de placer dans chaque pièce parcourue les éléments qui lui permettront de franchir les étapes de la progression. Sur chacun des seuils, il faudra faire la part des choses entre l'individuel et le collectif... Chaque échelon marquera le chemin conduisant au niveau suivant et l'on s'apercevra, à chaque fois, que les légendes de l'ancienne franc-maçonnerie mènent toutes vers un même objet et se présentent comme le plan d'un récit constitutif inspiré de l'Ancien Testament et permettant de comprendre non seulement les moyens de l'œuvre, mais aussi son message. Ce constat laisse à penser que la maçonnerie plonge ses racines dans la plus haute antiquité, mais aussi que ses rituels ont succédées aux légendes mythiques et non l'inverse. Avec la construction d'un Temple de mémoire, l'existence du mythe d'Hiram devient claire, de même que la fin de l'histoire. En effet, si l'on suit le cheminement, d'une chambre à l'autre, on peut en conclure qu'Hiram devait nécessairement mourir puisque son œuvre d'architecte était terminée. « j'ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus », écrivait Saint Paul, D'autres Maîtres continueront l'ouvrage .

Selon la plupart des rituels, les assassins d'Hiram marquèrent « le lieu de la sépulture d'une grosse branche d'un Acacia pour reconnaître l'endroit où ils mettaient le cadavre, dans l'intention de venir le prendre la nuit suivante et le transporter dans un endroit plus éloigné7 » et c'est ensuite, durant la recherche, en s'appuyant sur une branche d'Acacia que celui qui découvre la tombe constate que la terre au pied de l'arbre a été fraîchement remuée. Dans tous les cas, cet usage de la plante et la découverte du corps s'effectuent avec le même objectif de mémorisation. On veut se rappeler l'emplacement, le lieu et l'on cherche aussi à se souvenir de la Parole perdue, comme il est précisé, par exemple, dans le rituel de la Mère Loge écossaise d'Avignon8 :

« D... Comment la parole fut elle perdue ?

R... Par la mort de notre R.·. M.·.

D... Comment la parole fut elle retrouvée ?

R... Par la branche d'Acacia qui était plantée sur la fosse de notre M.·.. »

Il s'agit, soit de ce rappeler ultérieurement de l'acte et de l'endroit, soit de re-découvrir ce qui était connu de tous, c'est à dire la mort du Maître. La fleur, la branche, est ici présentée comme une image polysémique contenant à la fois la question de l'universalité et celle du sujet. Il n'y a rien ici, comme dans d'autres clés symboliques de la maçonnerie qui corresponde aux images classiques destinées à éveiller la mémoire ou à en indiquer les outils par des symboles frappants. Le psychodrame associé au grade de Maître forme à la fois un tout et une mosaïque en une sorte d'interaction fructueuse entre l'art de la mémoire et les arts libéraux, une sorte de mouvement d'alternance. Au sein de la Loge, l'Acacia est à la fois représenté physiquement, graphiquement et verbalement. On place une véritable branche sur le cercueil ou sur le drap pour la cérémonie, on la dessine sur le Tableau du Grade pour les rites qui en disposent et l'on affirme qu'on le connaît, comme si autour de cet axe trinitaire se développait un labyrinthe qui renvoie le Maître au cabinet de réflexion en lui rappelant, à chaque étape, à chaque feuille de la branche, la marche a suivre et ce qu'il a appris. Dans certaines régions, on utilise la feuille de l'Acacia pour tisser la comptine des amoureux en égrainant chaque foliole. A chaque feuille reprennent l'alternance des doutes et des certitudes. Nous sommes donc ici en présence d'une catégorie symbolique particulière qui tire ses développement sur toutes les dimensions, à la fois souffle, plan et volume. Pensons à la polytechnique du moyen âge et à ses schémas de construction qui reflétaient toute la connaissance disposée en modules statiques dans l'art classique de la pierre. Nous sommes, à l'opposé, avec l'Acacia, en présence d'un symbolisme en mouvement qui passe de la simple position de signe mnémonique à celle d'un outil de conviction transporté dans la main de celui qui a reconnu le Tombeau d'Hiram.

Qu'une branche d'acacia ait été plantée sur le monticule qui recouvrait son corps indique dès lors, précisément que la vie est encore présente à travers l'acacia, mais aussi, et surtout, elle devient le signe mnémotechnique de la présence de l'Architecte.

Qu'elle soit au cœur du Temple ne fait pas non plus de doute, en effet, c'est là que luit la Lumière.

1 Rituel du 3ème Grade de la Mère-Loge écossaise d'Avignon - 1774 ( Bibliothèque du musée Calvet).

2 Quodvultdeus, compagnon d'Augustin d'Hippone ) cité par Mary Carruthers in « Machina memorialis » Paris - Gallimard 2002.

3 « Master of Work to the Crown of Scotland ». On notera au passage que William Schaw n'a jamais porté le titre de Grand Maître. Il était Maître des maçons. Pour plus de détails on se reportera à l'ouvrage de David Stevenson. « The First Freemasons: Scotland's Early Lodges and Their Members ». Aberdeen: Aberdeen University Press, 1988. « Les premiers francs-maçons. Les loges écossaises originelles et leurs membres ».Ed. IVOIRE-CLAIR. Paris 2000.

4 Sur l'Art de la mémoire, on se reportera aux ouvrages de Dame Frances Yates, notamment « l'Art de la mémoire » - Paris - Galliamrd - 1987 et mary Carruthers op. cit.

5 « That ye warden of ye lug of Kilwynning, being the secund lug in Scotland, tak tryall of ye airt of memorie and science yrof, of everie fellowe of craft and everie prenteiss according to ayr of yr vocations... » - Schaw Statutes 28 Décembre 1599.

6 Cf. note 4

7 Rituel dit « Duc de Chartres » - 1784

8 Cf. note 1

 

Permanence et immanence, l'arbre de mémoire

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Les mythes
« Un pays qui n’a plus de légendes,
dit le poète,
est destiné à mourir de froid.
C’est bien possible.
Mais un peuple qui n’aurait pas de mythes
serait déjà mort. »
Georges Dumézil.


La Saint-Jean d'été est un moment très spécial, de toutes les traditions il n'en est pas une qui ait donné naissance à un plus grand nombre de pratiques superstitieuses que celle de ce solstice.

En cette période de l’année, la durée du jour commence à diminuer et les festivités qui ont déjà commencé depuis près d’un mois autour des arbres de Mai et sous la protection des esprits de la forêt arrivent à leur point culminant.

Les pierres dansent durant la nuit, elles tournent et libèrent leurs secrets sous le regard bienveillant de lucioles qui sont comme autant de regards dans les arbres. C’est la période consacrée à la cueillette de certaines plantes aux propriétés magiques, roboratives et aphrodisiaques -Cf. Arnold van GENNEP, Manuel de folklore français contemporain, Paris - Robert Laffont, coll. Bouquins, 1999 (tome II) -.

Les graines de légumes et de plantes, récoltées la veille de la Saint-Jean, se conserveront mieux que les autres, les fleurs cueillies ce jour ne se flétriront jamais.

C’est à ce moment que fleurit le robinier. Ce faux acacia de nos campagnes du nord de l’Europe aimé des abeilles qui en font un miel délicieux nous permet de déguster ses fleurs, en beignets, jusqu’au début des chaleurs. Malheureusement, il n’a été importé du Canada dans nos régions qu’à partir du XVIIème siècle. Il ne peut donc pas s'agir de lui dans nos traditions maçonniques bien antérieures à cette époque. Cela, même si cet arbre était devenu très commun à l’époque de la première mention connue du grade de Maître de la franc-maçonnerie dont fait état le « minute book » de la Philomusicae Society de Londres, en date du 12 Mai 1725

La Société « Philomusicae et Architecturae Apolloni Society » fut établie en 1725 par un petit groupe de francs-maçons amateurs de musique et d’architecture. Il s’agissait d’une société para-maçonnique comme il en existait beaucoup à cette époque. Ce petit groupe totalement insignifiant aurait pu resté ignoré des historiens si les « minutes » du 12 Mai 1725 n’avaient attiré leur attention sur le fait que cette Loge ou cette Société-Loge conférait deux grades au dessus de celui d’ « Apprenti-Entré » ; celui de Compagnon et celui de « Maître ».

Dans les campagnes de France, aussi bien sur les îles de Grande Bretagne et d’Irlande, on estime que certaines vertus végétales ne peuvent être captées qu'à cette période solsticiale de l'année durant laquelle même les portes de la Mort s'entrouvrent pour laisser passer les germes du renouveau.

Le pays des Morts, les Hadès, le Gwenwed laisse libre pour quelques mois ceux qui ont pour mission de présider aux moissons sous la surveillance d’esprits immortels. En fait c’est de cela qu’il est question, de la pérennité de la vie, du renouveau et des moissons. Les arbres du solstice portent avec eux le devoir de veiller à la continuité du monde.

Ainsi que nous l’avons déjà vu, les traditions se sont transmises par la pierre et son usage, par les cérémonies et le folklore, et, plus encore, par les mystères et fabliaux, jeux de rôles éducatifs qui se sont peu à peu transformlés en rituels.

Chacun reconnaît le symbolisme qui unit les colonnes du Temple aux arbres et nombreuses sont les comparaisons entre les alignements de colonnades et la forêt. Mais là ne s’arrête pas la comparaison, en effet, ces bois sont peuplés et celui qui les habite réside tout autant dans les églises et cathédrales.

Constructeur et protecteur, il veille au cycle des jours et des saisons du haut des voûtes. On le trouve le plus souvent à la jointure des arcs, à l’angle des décors à l’endroit où les colonnes se courbent pour laisser place aux arrondis qui formeront le toit ou à la place de la pierre de faîte, là où se rejoignent les arcs de voûte.

Il veille depuis si longtemps aux frontons des temples romans, gothiques ou byzantins, accroché comme un coquillage sur tous les vaisseaux de pierre de la vieille Europe qu'on ne le regarde même plus. Il fait partie de notre vie et il dansait déjà sur les murs des cavernes préhistoriques, en partie homme, en partie cerf. Shaman puissant avec qui l’on converse volontiers dans le silence des monastères. Il est là depuis si longtemps que l’on ne le voit plus. Sa bouche ouverte sur un rictus laisse paraître un flot de verdure comme si toutes les plantes qui couvrent les parvis et dessinent le dernier repos des morts naissaient en lui de toute éternité.

La clé de voûte qui observe le monde en silence est l’écho, au fond de la mémoire, des paroles du Livre de Job : « Un arbre a de l'espérance: Quand on le coupe, il repousse, Il produit encore des rejetons; Quand sa racine a vieilli dans la terre, Quand son tronc meurt dans la poussière, Il reverdit à l'approche de l'eau, Il pousse des branches comme une jeune plante. Mais l'homme meurt, et il perd sa force; L'homme expire, et où est-il ? » Job, 14 ; 7-10

Né d’une tradition orale issue des anciennes mythologies celtiques et nordiques, l’Homme Vert est encore aujourd’hui présent dans les fêtes populaires, les carnavals et les célébrations saisonnières comme c’est encore le cas à Hastings, par exemple, durant les fêtes de Mai.

Il veille sur le bon déroulement des choses, sur l’équilibre du monde et, par voie de conséquences, sur le cheminement des hommes au pays de la Mort.

Les branches fleuries ou les fleurs posées ou jetées sur les cercueils sont l’image de cette protection et notre rameau doré de pompons d'acacia en est le symbole. Cette branche indique la voie à suivre et l’éternel retour car ce sont toujours des espèces dont la floraison s’effectue à la fin de l'hiver ou au début de l’été qui sont jetées au moment de la mort.

Les chrysanthèmes de l’automne n’indiquent pas l’éternel retour mais l’immanence du temps et le partage du destin.

Pour les francs-maçons cette floraison est le lien qui permet de déterminer du moment de la relévation d’Hiram. Chaque foliole, chaque fleur représente un pas, une étape vers un retour qui culminera avec l’aide apporté au Vénérable Maître dans le geste qui permettra de retrouver le sens de la destinée humaine.

Ainsi, cet homme maintes fois tombé et maintes fois relevé se nomme de différents noms, qu’il soit Osiris, Pan, Balder, Dionysos ou Hiram, de quelque forme qu’on le présente, il meurt toujours pour se relever comme le grain, comme le bois sec de l’Acacia du Nil qui brille des feux du soleil aux premières pluies. Il est la transformation symbolisée par le retour du sommeil de Perceval et son transfert vert Gauvain qui sera seul à l'éveiller.

Le Dieu Cornu est presque aussi ancien que la Grande Terre Mère. Il est le Dieu de la Nature, le Dieu de la Forêt et des Animaux. Entouré par ceux dont la vie dépend autant de la Terre nourricière que les plantes elles-mêmes. Il est le Dieu de leur force vitale. Sa représentation, autant celle des Dieux ou d'un shaman, est peinte sur les murs de ces profondes cavernes, parce qu'il est aussi une force de fertilité, inséminant la Grande Terre Mère par qui les animaux sont nés. L'Homme-cerf est celui qui forge les colonnes du monde, il est aussi celui qui féconde les vierges au coeur de la forêt durant les nuits de Belthane.

Les Dieux Cornus sont des Dieux de la puissance animale, de la sexualité et de la force, de la liberté et des instincts, du sauvage et du corps, il exprime ces qualités d'une manière que l'on ne retrouve pas dans la confusion de l'Homme Vert avec le Dieu Soleil.


Quand vous faîtes la connaissance de sa force, tout peut arriver. Il est la puissance que vous pouvez invoquer pour faire la plus plaisante de toutes les magies car elle est trop puyissante et trop versatile. Le Dieu Cornu exprime la Terre sacrée, la présence du Masculin Divin dans le monde. Il est le cerf ou le Dieu à ramures nommé Herné ou Cernunnos parmi les Celtes et les Anglais et il est décrit comme un taureau par les grecs, les romains et les égyptiens ; comme Dionysos, comme le Minotaure qui conduit la bataille au coeur du Labirynthe, à l'Intérieur de la terre où se trouve la pierre occulte... Il est aussi Poseïdon, Neptune qui forge les colonnes de Gibraltar pour mieux contrôler les portes du Monde connu. Il est Apis, et Osiris. Il est le lubrique Dieu aux Pieds de Bouc, et Pan, connu partout dans le monde pré-Chrétien, et ne partage aucune ressemblance, quoiqu'il y paraisse, avec le démon Biblique Satan (mais Son image de bouc à été utilisée mal à propos par l' Eglise pour décrire Satan, comme une façon de diaboliser le Dieu Païen).

L'image de l 'homme vert révèle la sagesse et la sérénité de la végétation muette ainsi c'est le fou, le nicolas, le bois-de-pente-côte, le petit homme de mai, le sylvain-aux-branches, jack-in-the-green l'homme vert est prudent, grand, vieux, malin, puissant, et vert tranquille , il guette s'approcher, comme le loup en hiver, jusqu'aux maisons des hommes la buée sur le verre de leurs fenêtres, le nez sur la flamme de leur feu surveillance bienveillante, amicale et patiente haute surveillance humilité…

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