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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

paroles

Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles, #Miscellanées

"Il ne suffit pas du tout à l'homme de savoir si
Dieu est. Il veut savoir s'il est quelqu'un et s'il répond."

Lanza Del Vasto
Principes et Préceptes.

"Per conformitatem intellectu et rei verititas definitur"
Saint Thomas d'Aquin

 

L'une des questions les plus fondamentales que se soit jamais posé l'homme est de savoir ce que lui réserve l'avenir, comprendre quel peut être l'ordre du temps... Car, de l'ensemble de la Création, c'est lui qui justifie le plus intensément, de par son libre arbitre, le besoin d'un ordre extérieur immuable. Soit pour le régenter, soit pour s'y soumettre. Cette construction ordonnée, du moins la définition qu'on lui donne, détermine la structure des sociétés et les rapports que l'individu place entre son devenir et son comportement.

Contrairement au reste du monde animal, aux êtres vivants qualifiés d'inférieurs dont les attitudes sont réglées par des instincts ou des tropismes si rigoureux qu'ils sont presque dépourvus de tout choix, l'homme a, lui, la capacité de choisir. Il a donc la possibilité d'abandonner certaines options. Du moins a-t-il conscience de l'éventualité de cette possibilité, à tel point qu'il constitue des rituels qui lui permettront de régler ses comportements et d'en déterminer les fondements.

Exploiter les alternatives amène au besoin de prévoir, de comprendre, de questionner un ordre extérieur, de ramener un certain nombre d'actes à une règle générale qui permette de substituer le libre arbitre à un mode global en accord avec un ensemble donné de coutumes, rituels, religions, codes moraux, etc... Ces fonctions alternatives, et souvent empiriques, ne sont d'ailleurs pas systématiquement d'ordre philosophiques ou anthropologiques, elles peuvent aussi apparaître sous une forme plus concrète.

On sait que, soumis à une pression X, un corps se compressera de telle ou telle manière. L'ordre des choses prend ici la forme d'une donnée vérifiée et vérifiable qu'il n'est plus nécessaire d'expérimenter à chaque fois que l'on souhaite y faire référence. C'est ce que l'on nomme "science". Les rituels sont de même nature et offrent la possibilité unique de permettre à qui les pratique de prévoir ce qui va se passer. Mais les résultats son loin d'être fiables ou reproductibles. Cependant, dans le cas où aucun des éléments nécessaires à la construction de cet ensemble d'alternatives ne répond à la problématique immédiate, l'angoisse de la décision ou du questionnement peut devenir tel qu'il devienne nécessaire de trouver ailleurs les réponses, voire de déterminer un nouveau système de référence. Partant de là, de donner à un certain nombre d'éléments, de formes, d'images, une signification déterministe.

Que la réponse donnée à la construction de l'ordre du Temps prenne la forme d'accompagnement des morts dans leurs dernières demeures, de bijoux, de techniques particulièrement soignées d'embaumement, ou bien d'une pratique particulière permettant de donner une réponse immédiate au fantasme d'une projection d'événements, elle fait, le plus souvent, référence à des pensées plus profondes que le simple constat d'un comportement extérieur. L'illusion de l'éternité ainsi construite va plus loin que la simple pratique gestuelle ou la simple référence à des modes signifiants.

Liés tant au devenir de l'homme qu'à la raison même de son existence, l'usage des moyens qui seront mis en œuvre pour répondre au  problème posé par ce que l'on perçoit comme le nécessaire ordre des choses ne peut se rapporter, si l'on se contente d'un premier degré de l'étude, qu'à la conscience d'un plan d'ensemble de la création plus grand que la Création elle même. C'est ce que les néo-créationnistes, désireux de trouver un moyen d'évidence permettant de donner au monde un début facilement identifiable, nomment le Grand Dessein. C'est le concept le plus largement utilisé depuis la Gnose de Princeton. Dans les domaines de la préscience, l'homme se place plus souvent comme observateur que comme acteur, même si les données qu'il utilise pour observer ne sont rien d'autre que ses propres créations.

De fait, les Lois immuables de la physique changent avec le Monde et les relations qu'elles entretiennent avec un ordre extérieur que l'homme s'impose sont, bien souvent, un substitut  à ce qui justifie le comportement. Ce qui n'est pas inné devient au mieux culturel, voire, au pire, cultuel, ce qui, dans tous les cas, permet de stopper la question au moment où elle se pose..

Mais, la Question reste néanmoins en suspend : existe-t-il un plan d'ensemble qui, à lui seul justifierait l'existence et libérerait ainsi l'être humain de ses responsabilités et de sa volonté fondamentale de pouvoir agir et se situer dans le pourquoi de l'Univers. Un plan d'ensemble qui viendrait justifier la réalité même de ce qui est humain dans l'humanité, dans le cycle d'une vie autrement et qui pourrait dépendre d'autre chose que du hasard ? En d'autres termes, une formulation rassurante de l'existence. L'Etre Humain a-t-il une raison d'être et, au delà de cette raison, qu'est-ce qui peut justifier ses actes ? On l'aura compris, la primauté de la finitude humaine est une révolution théologique tout autant qu'une ligne directrice de la pensée. Ainsi, la conscience est-elle le fruit du hasard, du moins, le libre arbitre est-il autre chose qu'une forme particulièrement élaborée de tropisme ?

La conscience du Temps est-elle immuable et chaque  individu peut-il trouver  sa  place  dans  la  construction globale de l'Univers au delà d'une  simple soumission, d'une identification nécessaire à un groupe, qu'il nommerait "égrégore" pour se rassurer et croire en son libre arbitre ? C'est l'un des objectifs de la chaîne d'Union maçonnique que d'être, de pouvoir être et, en même temps, veiller à être.

 Ainsi,  même  dans  la  recherche  scientifique du  pourquoi de la vie,  de la structure la  plus  intime de son fonctionnement,  se  cache encore  et  toujours  les mêmes  questions :  qui sommes nous,  d'où venons nous  et où allons  nous ? Et, plus encore, sommes nous véritablement la fin de l'évolution telle que nous le présente notre anthropocentrisme.

C'est à ce questionnement sur l'ordre du temps  et  la structure des choses  que se  rapportent  la  plupart des Rituels et des Arts divinatoires car l'un et l'autre sont de même nature : il s'agit de figer le temps sur nos certitudes.

Il  faut  bien  comprendre que  ce type d'angoisse  existentielle,  pour ne  pas aller plus avant  dans les  méandres psychologiques  de l'inquiétude,  est  l'un  des  moteurs   principaux  de  l'Homme   et  des  civilisations qu'il crée.

Quelle  est  la  démarche  d'un  questionnement du  présent en direction de  l'avenir sinon  la recherche  d'un cautionnement  des actes,   la  recherche  d'une   "non responsabilité"  des décisions ? Un peu comme des francs-maçons qui s'abstiennent pendant un vote...

Au  fil  de  l'Histoire,  les  différents  groupes  humains se  sont attachés à lier leur devenir à un certain nombres d'éléments extérieurs auxquels une sorte d'existence propre  était attribuée.

Ces éléments ont pris des noms et des formes aussi  divers que variés à travers les temps ou  les lieux, mais ils font souvent référence à l'environnement direct ou à la question dont ils sont sensés donner la  réponse...  que ce soit  Dieu,  le Destin,  l'Univers,  la Loi du Marché ou les  règles  sociales, chacun  de  ces   éléments,   pris séparément, représente la caution extérieure de l'acte, l'ordre suprême des choses. Il s'agit d'un ordre autonome  à qui l'on attribue une vie propre et hors de tout contrôle,  un ordre auquel il est nécessaire de ce soumettre et au sein duquel il faut bien exister.

En fait, la réponse donnée à la question "y a-t-il un ordre des choses?"  est toujours "oui"  quel que soit celui qui la pose, il est bien évident qu'il faut se rassurer, et cette question se transforme en  une nécessaire soumission. L'homme remplace ainsi  son absence de  tropismes par la  construction de ses  propres codes et  la  nécessité de  s'y soumettre  au risque de s'exclure lui-même de ses constructions, de se placer en dehors des critères qu'il a conçu pour définir sa réalité. Ce n'est pas la pratique maçonnique qui viendra me contredire sur ce point, tant il est vrai qu'elle revendique haut et fort l'humilité en la confondant le plus souvent avec la soumission.  Triste privilège que celui de ceux qui n'ont rien appris à vouloir contraindre ceux qui souhaitent apprendre...

Cet  ordre des choses,  cette voie,  trace  le  chemin, elle distingue des cadres au delà desquels rien n'est consciemment possible. Dans les zones incompréhensibles se réfugient tous les événements "hors caste" que l'on qualifie de paranormaux. Ainsi, la marginalisation devient l'objet d'étude, de soins attentifs ayant pour vocation de ramener dans une zone compréhensible ce qui ne l'est pas. Il n'est pas question de normalité mais bien de compréhension. La Loi détermine de ce qui est apte à exister.

Dans  le  cas de  la  référence à  un comportement social valorisé comme paradigme,  ce  cautionnement se traduit  par l'acceptation  de l'ambigüité des réponses de l'oracle ou du conseiller. Il offre le moyen d'être au pied du mur, de devoir choisir dans les  cas  extrêmes. Sans  le  blocage  psychologique  de la culpabilité ou  du remord qui accompagnait des décisions individuelles. En fait,  la règle est absolue ; tout  questionnement  reçoit  une réponse  et  cette réponse est celle que dicte le cadre. Elle comporte plusieurs volets parmi lesquels il faut choisir. Le mauvais choix est comme le pas de côté du Compagnon, certains peuvent gloser des heures sur sa signification de "révolte" et de dernières réserves avant de rentrer dans le rang... mais, bon, les mêmes se saluent par leurs "rangs", grades et qualités... ce qui est proprement antimaçonnique puisque nous n'avons pas de rang... ( allez donc voir ce qu'en pensent les landmarks... "nous n'avons qu'un seul rang, celui de frère" )...

La  seule  différence  entre  la  décision  individuelle  et  le questionnement du  conseil extérieur  que l'on peut solliciter d'un oracle se trouve dans les réponses... celles que propose l'oracle ne semblent pas être issues de soi-même... on délocalise, en quelque sorte, la décision... on ne semble plus responsable de l'interprétation que l'on peut se faire de l'ordre du monde... on pourra même aller jusqu'à penser qu'un maçon puisse s'abstenir durant un vote... on remet son destin entre les mains d'un ordre supérieur que l'on se refuse à nommer, à maîtriser... à penser, même, que l'on puisse le maîtriser... ou pire, qu'il soit maîtrisable... En  réalité c'est toujours le questionneur qui choisi les réponses, l'oracle se sera généralement contenté de lui indiquer différentes possibilités à même de le satisfaire. Bien souvent   aussi, le questionneur connaissait déjà les différents  choix et se retrouve conforté dans ses appréhensions ou ses certitudes inconscientes. Il ne demande qu'une autorisation qui viendrait "d'en haut".. Il ne demande que la libération de la responsabilité.  Ce refus de responsabilité‚ est tel qu'il peut même prendre la forme d'un questionnement successif  de l'oracle jusqu'à ce que celui-ci fournisse la réponse souhaitée.

L'Histoire ne manque ni d'exemple ni de moyens sur ce sujet,  de même que la  vie quotidienne.  En Malaisie ou en Chine,  par exemple,  lorsque l'on va construire une maison,  il est de coutume de questionner les oracles  afin de savoir  quel sera l'endroit  le  plus  approprié‚ pour  planter le  pilier principal.   On montre un endroit sur le  sol et  l'on questionne  l'oracle. Si celui-ci donne une réponse défavorable, on montre alors un  autre endroit,  à  quelques  mètres de  distance, et  l'on repose la question et ainsi de suite jusqu'à  ce que la réponse soit  favorable.  De  fait,  la maison est, de toute  façon  construite  dans le coin choisi  et  le   constructeur  a  effectivement été déchargé de ses responsabilités sur ce qui pourrait ensuite apparaître comme des malédictions ou de mauvaises vibrations... en d'autres termes, l'augure a déterminé de la justesse du choix et l'erreur, s'il y a erreur, ne peut venir que de l'oracle...

En  fait,   l'utilisation,   par  toutes  sociétés humaines,  de la divination repose vraisemblablement  sur une démarche que  l'on  pourrait  qualifier  de  croissance vers l'âge adulte.  En  effet,  les  enfants  ne  semblent jamais concerné par les Arts  divinatoires,  ni par les prédictions en  tant  que telles.  Alors  qu'il sont en pleine  phase de construction de leur "moi temporel", leur responsabilité est définie  par  les  actes  des  adultes. Ce sont ces mêmes adultes qui traduisent les choix de l'oracle s'il y a lieu.  La  relation qu'ils entretiennent avec l'avenir est celle qui sera donnée par leurs parents.  Bien  souvent ils  considèrent  que  les  actes de ceux-ci demeurent incompréhensibles,  manquant de logique, à tout  moment  ils demanderont des promesses  qui deviendront pour eux,  autant de certitudes quant à l'avenir, autant de cautionnement quand à la justesses de leurs actes.

En  fait,  la question  semble bien posée  car, si dans le développement normal d'un individu humain, il existe un  certain nombre  de  moyen  physiologiques  de déterminer l'âge par une simple constatation extérieure et  sans entrer dans   des   analyses  poussées, la   détermination  d'âge psychologique  n'offre  pas  les  mêmes  aspects.  Rien dans l'apparence extérieure d'une personne ne permet de dire quel est son état d'avancée vers ce qu'il est  possible d'appeler l'âge adulte.  Même son comportement général ne reflète pas  cette notion ; en effet, une personne peut très bien avoir un comportement tout à fait normal au regard de  la société, du groupe,  et  n'être,  en fait qu'un enfant au  regard de son propre  déterminisme.  Les  données  standard  permettant le passage d'un statut social à l'autre prennent, le plus souvent la forme de rituels de passages,  de modification de données d'état civil (mariage,  naissance, décès...) qui permettent de manière totalement arbitraire de savoir ce que l'on est en droit d'attendre d'un individu, mais il n'existe pas de moyens purement psychologique autre que l'analyse. Ce cycle  de  passages  est tout aussi bien valable  pour les  sociétés dites  primitives où les individus  sont considérés comme franchissant une strate ou  une autre en  fonction de différents   critères   généralement   d'ordre  physiques ... puberté, courage, premier enfant, ménopause, etc...

Chaque époque,  chaque civilisation s'est évertuée à définir des normes permettant d'accéder à la connaissance du devenir ou,  du moins, à tenter  d'en  démonter les rouages. Les particularités  de  ces formes  appartient aux peuples   qui   en  furent  les   utilisateurs,   mais,  les civilisations se  suivent  et  ne  se  ressemblent  pas. L'autre   particularité‚   des   formes  utilisées   pour  la divination,  fut la dénonciation des  formes précédentes, la négation de leur efficacité‚,  le refus même de  faire la part des  choses  et  de  tenter  de  voir  dans   ces  pratiques l'expression originale des hommes qui les utilisèrent.

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles

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Faites silence. Écoutez moi, mes Sœurs et mes Frères

Soyons un peu sérieux  juste le temps d'un verre,

Onze coups et trois quarts ont maintenant sonné

Ce fut comme un rappel à la fraternité.

 

Le rythme de ces coups est porté par le temps

Le glas des souvenirs est, chaque fois, présent.

Il vient rythmer les jours et leur continuité

Onze coups de justice, la voix de l'équité;

Onze coups et trois quarts en harmonie délétère

Sont les chants et les larmes, les souvenirs sincères.

Moins le quart de Minuit, les aiguilles à l'équerre

Forment une chaîne ouverte qui entoure la terre.

 

Et pour ceux dont lessence ne saurait s'effacer

Pour ceux dont le sommeil sera éternité,

L'appel des onze coups portera la mémoire

Et formera pour nous comme autant de miroirs,

Autant de tabliers ourlés d'azur et d'or

Qui uniront toujours les vivants et les morts

Au delà des paroles emportées par le vent

 

Nous penserons ensemble et lèverons nos verres...

 

A CEUX QUI SONT ABSENTS !

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles

danseur shamanAprès avoir franchi la porte du Temple, la préparation qu'il vient de subir permet au candidat de prendre sa place dans le temps créé.

 

Depuis la nuit des âges, chaque être humain prend peu à peu conscience de ce qu’il est. Pour la franc-maçonnerie, cette prise de conscience relève du secret, et s’affiche sous forme d’outils qui, par leur usage implicite, sont un prolongement de la pensée intime, donc, de la dimension sacrée qui déterminera les cadres du mythe fondateur. On sait que l’Homme est conçu, génétiquement, pour évoluer. On sait aussi que la dimension de l’inconnu a souvent été rangée dans les lieux de l’enfer, le séjour des morts auxquels sont associé « l’autre ». Le voyageur doit être guidé vers la Lumière source de l’existence tout autant que frontière de la réalité. Ce qui est autre est obscur et il est nécessaire de chercher, dans les profondeurs, ce qui permet de se raccrocher au monde connu. Cette évolution opère de différentes manières dont chacune est source de culture. L’évolution de l’homme, c’est à dire la manière de franchir la barrière des mondes, procède par étape. Il n’est pas de civilisation ou, au moins, de regroupement humain structuré hors de la prise de conscience de la Mort, hors de la définition de l’inconnu universel. Sans cette prise de conscience, le groupe reste un ensemble animal et, dans ce cas, il ne saurait être question de rites ou de ritualité. Ces deux éléments définissent clairement la société humaine par leur profonde différence d’avec les pratiques instinctives dont l’objet n’a pas les mêmes fonctions. Les rituélies humaines sont construites et conscientes, même si elle s’adresse à des zones inexplorées de la conscience. La cognition de la Mort permet aussi de concevoir l’habitat, la protection, à la fois pour les défunts, mais aussi pour les vivants puisque l’on vient de voir qu’il y a fusion entre l’étranger et le mort. C’est, en maçonnerie, ce qui est exprimé par shibboleth[1], une autre expression en référence au végétal qui confirme à la fois l’identité d’objet entre l’étranger et la mort, mais aussi entre les plantes, leurs racines et leur développement et le fait qu’elles se présentent comme des guides cyclique vers le monde des vivants. On se protège les uns des autres, on se garanti de l’identité réelle de chacun, afin qu’il n’y ait pas de contamination. Ce constat de Mort implique aussi qu’il soit possible de la représenter sous l’image selon laquelle elle apparaît. En effet, contrairement à la Mort qu’il voit et pour laquelle il manque de théorisation, l’Homme se pense mais ne se voit pas, à tel point qu’il transpose la vision de son visage dans des représentations masquées ou figées car le visage ne peut pas être vu naturellement, c’est ce qui en fait le masque, l’image. Dans ce cadre alterné, ce qui se représente est différent de Dieu… en représentant la Mort selon ses formes les plus élémentaires, squelette, corps en putréfaction, enlèvement de la jeunesse, égalité… et en la symbolisant par une branche fleurie posée sur un cercueil ou sur un tertre, non seulement on lui accorde l’universalité et la permanence, mais aussi, on la différencie de Dieu car on lui reconnaît une forme qu’il est possible de réaliser, de sculpter, de peindre, d’élaborer. Cette forme, bien évidemment, est la nôtre et l’identification devient alors complète d’une part avec le destin immuable, d’autre part avec l’éternité. C’est la raison pour laquelle, on le verra, l’acacia qui recueille les semeions, les signes chargés de sens, de ces mythes, peut être identifié à une incarnation des Dieux.

 

Le messager, le guide est parfois confondu avec le chemin. Si l’on peut réaliser des sanctuaires pour l’accueillir, on peut aussi en faire de même pour accueillir Dieu et pour protéger les hommes. Celui qui construit est le Maître des Hommes, qu’il soit architecte, bâtisseur ou Prêtre, et c’est parce qu’il utilise des outils pour modifier son environnement visible qu’il projette ces mêmes outils dans un imaginaire qui lui permet d’édifier la part inconsciente de lui-même. Sa construction proche d’être terminé, il doit disparaître car la perfection n’est pas de ce monde et si nous sommes proches d’y parvenir, nous devons agir afin que cela ne soit pas. Le Maître ne meurt jamais seul, il est assassiné et le secret meurt avec lui. Du visible à l’inconscient, de la forme au désir, aucun autre que nous ne peut percevoir ce qui réside en nos cœurs. Tel est le réel secret de la maçonnerie.

 

Aucun homme ne peut voir en votre esprit ou cœur. Aucun homme ne peut nous dire comment appliquer les leçons allégoriques de Franc-maçonnerie à notre vie, actions et caractère. Personne ne peut savoir « à quoi cela nous sert », on peut simplement constater l’aisance ou la maladresse à utiliser et comprendre le langage symbolique. La facilité ou la difficulté à accepter la prise de conscience de l’éphémère, la permanente certitude que cette éternité sur laquelle nous construisions notre perception de nous-mêmes prend une autre forme.

 

L’usage des outils et des formes de construction qu’ils induisent amènent à réaliser alors que nous sommes, en quelque sorte, prisonnier de nos doutes tout autant que de nos certitudes. Bien que Maîtres maçons, nous ne sommes jamais réellement sortis du Cabinet de réflexion. Cela implique une corrélation particulière entre le développement de la pensée et la certitude de la Mort. En effet, l’évidente existence du « Moi » pensant et son corollaire d’éternité se heurtent au constat d’une fin irrévocable qui, par l’image qu’elle nous renvoie, ne peut être admise. Si nous pouvons admettre le pourrissement de nos corps, rien ne nous permet de concevoir la solidarité entre la chair et ce qui l’anime… J’affirme mon existence parce que je la pense …  je sais que mon visage existe mais je ne fais que l’imaginer  ou le connaître par d’autres images que celles de ma vision directe… mais  la fragilité de mon être physique m’amène très vite à comprendre que je ne suis pas seulement ceci ou cela et que je ne peux être ce que je suis universellement, éternellement .

 

Nous ne sommes définitivement pas uniques, nous ne sommes pas que ceci, pas que cela. Nous sommes tous à un moment ou à un autre, « par ceci » et sur « ceci », nous sommes l’outil et son usage. Nous sommes la source et les formes que nous donnons à cet outil, c’est pourquoi nos rituels ont évolué peu à peu vers ces chorégraphies pédagogiques que nous leur connaissons aujourd’hui.

 

Ils nous incitent à apprendre. Ils constituent  une part importante de notre vie . Depuis les temps les plus anciens, la rituélie était utilisée pour donner corps, actualiser la description du monde et ses conséquences, ses croyances et ses Dieux. La danse de l'homme primitif, comme sa gestuelle rituelle, montrait les éléments du monde à l’état brut. Ils y étaient montrés comme on désirait les voir, le plus exactement possible. La vision symbolique n’avait pas encore de fondements potentiels assez solides pour pouvoir s’exprimer. Les contacts avec les esprits ou les divinités vinrent ensuite. Les plus anciennes sont celles où le Shaman danse seul afin de pouvoir converser avec les esprits. Peu à peu certains hommes du clan y ont pris part. Ces rituels et ces danses nous le confirment toujours ; à aucun moment nous ne pouvons être « entièrement » ce que nous sommes. Chaque part de nous tue l’autre pour la remplacer. C’est le pèlerin, l’étranger qui prend sa place en nous, nous ne pouvons même pas être certains que la totalité des « ceci » ou des « Moi-je » qui se seront succédés auront pu faire de nous une complétude. Tel est le sens ultime des voyages, de pérégrinations du Compagnon qui aura laissé sa marque sur sa construction du Monde. Telle est l’affirmation du mythe d’Hiram tué, détruit par étapes et jamais complètement ressuscité. Les mots, le souffle, sera substitué et c’est l’objet de la substitution qui se transformera en présence dans l’énonciation de la pensée. Du fin fond des âges, l’Homme est génétiquement programmé pour évoluer. Il en est de même de ses formes de pensée dont l’apparition s’accompagne de la certitude de l’existence universelle de l’être comme elle s’accompagne de l’émergence d’une signification pour la mort. L’Homme ne devient Homme que dans la mesure où il ritualise son existence et où, par cette rituélie, il la partage avec d’autres hommes. Aujourd’hui, la Mort ne nous apparaît plus de la même manière, elle n’est plus représentée naturellement. Seule la mort violente est montrée, comme une exception, une fin anormalement tragique de la vie. Cette dénaturation de la place de la Mort provient essentiellement de notre individualisme. L’Être humain n’est un membre d’une société, mais une identité indépendante et revendicatrice de son ego, à ce stade il n’y a plus de différenciation entre la Mort et Dieu, l’une est le bras de l’autre, il n’y a plus d’évolution naturelle et, par la même, il n’y a plus de transfert de l’intelligence. Là où l’on pouvait naturellement concevoir que l’âme était la prolongation de l’être, on affirme que l’individu est une fin en soi… cet individu reste toujours égal à lui même et l’évolution naturelle, naissance, jeunesse, vieillesse, mort n’est plus un cycle, mais une malédiction… Notre regard se construit de l’intériorisation, d’une forme de schizophrénie contrôlée, sacralisée, qui se caractérise comme le regard d’un alter ego susceptible de reconnaître l’immuable avancée du Temps sur la pensée.

 

 

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[1]    Cf. Juges 12 ; 6 - Dans la Bible, Schibboleth présente plusieurs sens, il s’applique à la fois à un courant d’eau, un torrent qu’il faut franchir, mais aussi au grain d’orge ou de blé. En ce qui concerne la mutation capitulaire du mot, de Shi à Ci, nous en reparlerons car le mot hébreu Shittim qui signifie acacia présente les mêmes particularités dans des conditions presque similaires. (Cf. ‘L’Acacia m’est connu – même auteur, même éditeur)

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles

J'ai trouvé celà je ne sais plus trop où, mais  j'aime à le partager

 

"Libertas vera est affectibus non servire"

Libre est qui tient ses passions captives

1595 :

 

 

Estant un certain Philosophe tres-judicieus, enquis
quelle sorte de Republique il estimoit la meilleure,
respondit que celle-là l’estoit en laquelle la pieté s’ob-
serve religieusement, & ou les loix sont tellement ordon-
nées que leur severité est moderée par clemence. De-
rechef interogé laquelle il estimoit la pire, repliqua que
c’estoit celle-là ou le trop d’indulgence destruit les bonnes
moeurs des citoyens, & ou la trop grande licence fait com-
mettre une infinité d’ordures & meschancetez sans crain-
te de punition: Par ceste responce ce personnage excel-
lent enseignoit que toutes choses se doivent faire avec
moderation: car en l’extreme severité des loix se retrou-
ve d’ordinaire outrage insupportable. Le Prince austere
& rigoureus ne peut faire estat de l’affection de ses sub-
jets, laquelle est tousjours accompagnée de fidelité: la ou

la trop grande crainte est conjointe à la haine: Et pour-
tant les loix doivent tellement estre dispensées en leur
venerable majesté, que les fautes des delinquans reçoivent
leur correction selon le merite d’icelles, & la considera-
tion des temps, des lieus, & autres circonstances, à ce que
le lien de l’humaine societé soit conservé en son entier,
& que ceux qui ont failly ne se desesperent par apprehen-
sion de ne pouvoir obtenir pardon. Et qu’ainsi l’ypochri-
sie (peste de la civile conversation, fautrice des mesfaits
& des maux desquels sont coustumierement affligez les
pauvres humains) soit eternellement bannie d’entre eus,
pour y maintenir sous une equitable police la correspon-
dance de volontez en union & concorde.
Ces loix sont entre nous certes trop rigoureuses
Qui, sans rien pardonner, criblent exactement;
Mais aussi celles là qui tousjours librement
Permettent tout à tous sont trop pernicieuses.
La justice les doit rendre religieuses,
Pour n’interdire tout, ny le permettre aussi;
Si le poids balancé les establit ainsi
Les belles actions vaincront les vitieuses.

 

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