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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

Publié le par Lurker
Publié dans : #truthlurker
  « A qui enseigne-t-il la leçon ? A qui explique-t-il la doctrine ? A des enfants à peine sevrés, à peine  éloignés de la mamelle, quand il dit : çav laçav, çav laçav; qav laqav, qav laqav; ze'êr sham, ze'êr sham. Oui, c'est par des lèvres bégayantes et dans une langue étrangère qu'il parlera à ce peuple. » - Isaïe 28 ; 9 – 10 – 11

   « Et je prendrai le droit comme mesure et la justice comme niveau. Mais la grêle balaiera le refuge de  mensonge et les eaux inonderont la cachette; » -  Isaïe 28 ; 17



vant toute chose, il est bon de préciser que le NIveau, comme le fil à plomb et l'Equerre, n'est pas, pour le franc-maçon, un outils en tant que tel, mais un "bijoux", c'est à dire un identifiant fixe, relatif, à la fois , à des signifiants philosophiques et à des devoirs de fonction. C'est ld'ailleurs, l'une des raisons pour laquelle, l'affirmation, parfois argumentée, dans certaines Loges, que la route qui mêne de l'apprentissage au compagnonage puisse s'analyser comme le passage de de l'horizontal à la verticale  revient, j'en ai bien peur, à gloser à partir d'e la partie visible de l'iceberg. De plus, cette vision parcellaire amène à se demander pourquoi le maçon passerait du stade vertical au stade horizontal... Cela revient à ne retenir d'une démarche initiatique que la soumission des néophytes à leurs Maîtres... cependant, quel serait, à force de descendre, le stade des Maîtres dans une telle dynamique ?

Il s'agit, bien entendu, d'une vision assez simpliste de la construction symbolique propre aux critères du Temps présent et qui donnent beaucoup d'importance à la "révélation" et peu à la "quête" cette dernière étant plus complexe que l'initiation du "Karate Kid" et donc, moins adaptée aux critères d'un monde rapide et schématiquement  manichéen... une vision  produite par une perception "matérielle" des rites s'appuyant sur le visuel et la foi aveugle plus que sur un élan mystique qui questionnerait le Créateur sur le sens profond de sa création...  Vous me direz : "qui es-tu pour questionner le Créateur ?" Un franc-maçon peut être ? 

Il faut bien qu'il y ait une raison à notre rejet par l'Eglise... non ?

Mais, soyons sérieux et étudions.... si les outils auxquels font référence les rituels modernes ( dans le sens "rituels d'aujourd'hui") sont des éléments d'usage des bâtisseurs,
il faut prendre en considération un fait important : aucun fil à plomb ou niveau ne permettent de construire une architecture stable parce que l'horizontale et la verticale ne sont que deux éléments parmi d'autres. Comme toute chose dans la création, la construction n'est pas binaire, elle est en volume et des forces intérieures l'agite et lui donnent l'équilibre, rien n'est possible sans une vision plus globale de l'oeuvre. L'équilibre... voilà le Maître mot. Ni vertical ni horizontal, ni soumis ni révolté, le franc-maçon se doit à l'équilibre....

"Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur...
"


Le niveau et la perpendiculaire, emblèmes des Surveillants, des instruments de la géométrie davantage que des outils. S’appuyant l’un et l’autre sur le principe du fil à plomb, ils permettent de vérifier la conformité de la réalisation, de l’élévation, aux principes énoncés par le plan de l’œuvre.


Le niveau sert à vérifier l'horizontalité, tandis que la perpendiculaire permet de vérifier non seulement la verticalité d'un mur mais aussi sa planéité. Avec l'équerre, emblème du Vénérable, ces deux instruments complémentaires tracent donc le schéma fondamental de la croix tridimensionnelle, de l'espace que définit toute architecture. La perpendiculaire permet de vérifier non seulement la verticalité d’un mur mais aussi sa planéité. Avec l’équerre, emblème du Vénérable, ces deux instruments complémentaires tracent donc le schéma fondamental de la croix tridimensionnelle, de l’espace que définit toute architecture.

Le niveau et la perpendiculaire, bijoux des Surveillants, sont des instruments de la géométrie davantage que des outils. Ceci est important car dans les plus anciennes charges de la maçonnerie, il est préciser que la Géométrie est l'art par excellence qui permet au monde d'exister ( Cf. Mss Lansdowne -  env. 1576) . Ils s'appuient l'un et l'autre sur le principe du fil à plomb, ainsi, ils permettent de vérifier la conformité de la réalisation, de l'élévation, aux principes énoncés par le plan de l'œuvre.


Pour le franc-maçon il est bien évident qu'il ne saurait être question d'évoluer de la position couchée à la position debout mais plutôt d'apprendre à marcher droit devant soi ( marche de l'apprenti ) et à rester debout. Un franc-maçon ne se courbe pas, même si dans certains rites et pratiques on se plait à  observer une stricte révérence envers le Grand Architecte de l'Univers, l'apprentissage maçonnique n'est pas l'apprentissage de la soumission mais celui de la connaissance de Soi alors, seul outil qui permette l'équilibre et l'harmonie, alors,. C'est bien pour s'assurer du recul nécessaire à cette connaissance que les rites continentaux  (RF, REAA, RER, MM...) font faire un pas de côté au Compagnon comment imaginer devenir être un Maître Maçon en étant bancal ou soumis ? Bien non, puisque la maçonnerie est traditionnellement interdite aux Bougres, Bigles, Bancals, Borgnes et Bossus... pour l'autre option ? Et bien... heu "libres et égaux" ?



Bossus, Bigles, Borgnes, Bancals, Bâtards...
et autres Bougres...



Une petite note sur ce point.


J'ai reçu un courrier de lecteur me demandant des précisions à propos des 5B. La plus vieille mention des interdits "physiques" se trouve dans le manuscrit "Regius" (environ 1390 ):

"Article Cinquième
Le cinquième article est très bon
Que le 'prentis soit de naissance légitime ( pas de Batard - c'est moi qui ajoute )
Le Maitre ne doit, sous aucun prétexte,
Prendre un 'prentis difforme, Cela signifie, comme vous le verrez,
Qu'il ait tous ses membres entiers ensemble,
Pour le métier ce serait une grande honte,
De former un homme estropié ou Boiteux,
Car un homme imparfait de telle naissance,
Ne sera que peu utile au métier
Ainsi, chacun de vous peut comprendre
Le métier veut un homme puissant,
Un homme mutilé n'a pas de force
Vous devez le savoir depuis longtemps."


Il s'agit là d'une vieille règle qui court dans les Loges  depuis le moyen-âge et qui, comme bon nombre de nos pratiques maçonniques, se présente comme un syncrétisme de chrétienté et d'ancien paganisme. C'est ici la peur du mal et sa vision déformante sur l'aspect humain qui est en cause. Cette rêgle a refait surface  au  XIXème siècle avec le courant "ésotérique" "traditionnaliste" qui existait dans certaines Loges et certaines formes de maçonnerie.
Il est assez difficile d'en trouver une origine stricte en maçonnerie. Je dis bien origine parce qu'en ce qui concerne la pratique et l'argumentaire, les développements sont assez disparates. C'est une rêgle probablement issue, comme je viens de le dire, du moyen-âge et qui s'est glissée dans les "landmarks" , particulièrement en France car MacKay ne mentionne pas ces interdits dans ses Landmarks,. Il précise seulement que le franc-maçon doit être un Homme sans mutilation
"18) Qualifications of a candidate: that he shall be a man, unmultilated, free born, and of mature age."

... mais là, nous parlons d'éléments très récents dans l'histoire maçonnique puisque les landmarks sont, en fait qu'une création du XIXème siècle.

A l'origine, les "charges" de la maçonnerie ne précisaient que deux choses, présenter un physique "intègre", c'est à dire sans difformité ni mutilation, ce qui s'explique tout à fait au regard de la perception que pouvait avoir la société vis à vis des personnes handicapées ( je te rassure, aujourd'hui encore, il est difficile de rencontrer dans les loges, des personnes à mobilité réduite, aveugles, etc... et les débat sur une admission éventuelle sont assez intéressants si on les compare à la soi-disant évolution de ntre société...), la second interdiciton était celle des "cowans". Les défintions de ces interdictions sont assez claires, elles ne concernent que les "Boiteux, les Bossus et les Borgnes", donc, les infirmités dont le nom commence par la lettre "B".
Il est possible d'en trouver aussi quelques mentions dans certaines anciennes charges de métier, tant celles que l'on nomme "gothiques", c'est à dire les textes allemands des guildes et, bien entendu les textes français. Pourquoi cela, et bien parce que la franc-maçonnerie déjà chrétienne est devenue très chrétienne et particulièrement très catholique ultra en s'installant dans un environnement  régenté selon les codes de l'Eglise Romaine et dont les modes de fonctionnement culturels étaient régis par  un christianisme intransigeant, c'est à dire principalement la France et l'Allemagne qui ont produit des maçonneries très différentes de celles héritées des syncrétismes des Amériques (REAA) et des pratiques de la Grande Loge des "Ancients" (Emulation - York)

Bien entendu, aujourd'hui'hui on considère que la raison de ces interdictions provenait d'empêchement à la pratique du métier. "Bougre" a été intégré plus tard et provient des interdits de l'Eglise en matière de sodomie dont je te rappelle que la pratique impliquait la peine de mort et implique encore aujourd'hui la prison dans certains états des US. En effet, le terme de Bougre, jusqu'au XVIIIème siècle était utilisé pour qualifier les homosexuels.En fait, ces pratiques d'interdiction sont à placer dans le registre de l'exclusion des handicapés des sociétés féodales, les Bougres, les Bigles, les Boîteux, les Bossus... On les trouves incomplètes dans différents manuscrits anciens. Les textes du moyen âge et les sermons s'accordent à justifier ces interdictions et ces exclusions par le fait que ces tares sont toutes marqués du sceau du Diable et désignées par l'initiale "B", comme Béhémoth, symbole de la force bestiale qui ne peut être domestiquée, le côté obscure de la Force diraient certains. Il est bien évident que la bestialité illustrée par la vision des monstres déjà stygmatisés depuis Ovide ne peut être admise dans une société de métier, d'une part à cause de raison techniques, mais aussi en raison de principes moraux et religieux qui condamnent qui n'est pas "normal".



Les anciens tableaux de Loges d'Angleterre font souvent référence à des passages de la Bible en les associant aux différents degré de la maçonnerie de métier ( Craft Masonry ), c'est à dire aux trois premiers degrés.



Bien évidemment c'est le second tableau qui va nous intéresser ici. L'extrait est Amos Capitre VII :


Amo 7:7 : Il m'envoya cette vision. Voici, le Seigneur se tenait sur un mur tiré au fil à plomb, Et il avait un niveau dans la main.

Amo 7:8 L'Éternel me dit: Que vois-tu, Amos? Je répondis: Un niveau. Et le Seigneur dit: Je mettrai le niveau au milieu de mon peuple d'Israël, Je ne lui pardonnerai plus;


Ces versets méritent qu'on s'y attardent parce qu'il nous présentent avec évidence, la complémentarité des deux bijoux, en effet, il y a une probable similitude entre le fil à plomb et le niveau, comme pour indiquer clairement leur indiscociable complémentarité. Le terme utilisé dans la Bible est :
א נ ך

'ănâk qui se prononce anaouk et qui provient probablement d'une ancienne racine qui signifiait « être proche », néanmoins, on la retrouve, selon certains comme « fil à plomb », « niveau » ou bien « crochet ». Il existe un mot de même racine en akkadien, syriaque et arabe et qui signifie étain ou plomb. On voit bien la référence avec un fondeur ou un bronzier.

Le fil à plomb permet de mettre en place un objet vertical ou ( avec une équerre ) horizontal. C'est cette dernière opération qui semble envisagée ici. Yahve va tout détruire jusqu'au ras du sol, ( 2 R 21, 13 ) ; ( Is 34, 11 ) ; ( Lm 2, 8). Mais la signification de la vision demeure incertaine.ll est particulièrement intéressant de consater que Le mot anak traduit par fil à plomb ne se trouve qu'ici dans la Bible et son sens est incertain, comme si les voyages du Compagnons devaient permettre la quête du sens. " un mur au fil à plomb "




"Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils
"

Kipling

a perpendiculaire est le fil à plomb fixé au centre d'un arceau, et le niveau un fil à plomb fixé au sommet d'un triangle. Ces deux instruments sont des schématisations des deux fonctions de  l'archipendule des batisseurs, seul outil pouvant assurer une construction en parfait équilibre des deux plans, horizontal et vertical. En effet,L'archipendule servait de niveau et d'équerre et pouvait aussi être utilisée pour mesurer des pentes grâce à des repères sur la traverse.

 

Si les deux fonctions découplées en deux symboles indiquent la verticale par le moyen du fil a plomb, le niveau donne l'horizontale indirectement : il faut, pour l'obtenir, que le fil a plomb croise la base du triangle comme une perpendiculaire, qu'il divise ainsi le triangle en deux triangles rectangles semblables. La verticale s'obtient immédiatement : il suffit d'observer le fil à plomb immobile.


Puis l'horizontale en est déduite : il faut créer un angle droit en ajustant la base du triangle au fil à plomb. Nous manipulons le triangle pour croiser sa base ( le côté opposé à l'angle auquel est suspendu le fil à plomb ) avec la verticale.


La Gravité permet de fixer la verticale à partir de laquelle nous déterminons l'horizontale. En effet, c'est bien l'Homme debout qui sait où il va...


Symboliquement parlant, le niveau  signifie l'égalité et la justice et en propose la direction. Dans les représentations traditionnelles de l'architecture sacrée, il représente la transcendance, la grandeur d'âme, l'outil qui permet de définir dls archétypes et, de ce fait, de régler toutes les formes de travaux. Pour le chinois, le Niveau est le symbole des magistrats, des hommes de justice, des "justes", de ceux qui sont "équitables"... des hommes de droiture, ceux dont on dit parfois en accolant le pouce et l'index et traçant une droite dans le vide qu'ils sont "à niveau"...


En fait le niveau propose le questionnement et, le fil a plomb, quant à lui, offre la justesse éthique et détermine de la décision. "questionner  et s'adapter" ou "questionner pour s'adapter" sont les deux voies proposées par les outils des surveillants. On comprend alors qu'il ne puisse s'agir de rien d'autre que d'un ensemble. C'est l'image de l'archipendule car l'Apprenti qui prend ses décisions ne perçoit pas l'ensemble des outils et leurs fonctions. Si l'on empêche l'Apprenti d'oeuvrer avec intelligence en l'orientant de force dans une direction qui est la nôtre et donc, nécessairement mauvaise, jamais, Compagnon, il ne pourra déterminer des questions et se maintiendra dans la voie fleurie des erreurs des autres.


Le niveau est l'égalité, et le fil à plomb la justice, l'un sans l'autre ne serait rien et les deux seraient inutile sans la juste meseure et l'intelligence car c'est toujours le bâtisseur qui construit et son oeuvre n'est pas celle d'un autre car il est dit :


"... ceux qui méprisaient le jour des faibles commencements se réjouiront en voyant le niveau dans la main de Zorobabel. Ces sept sont les yeux de l'Éternel, qui parcourent toute la terre."  Zacharie 4;10

 

L'observation de ces outils suggère des métaphores éclairantes sur le mécanisme par lequel nous nous orientons sur un plan vertical en déterminant ses deux dimensions, hauteur et largeur. Les outils principaux des maçons qui se sont vus utilisés à des fins symboliques dans notre thésaurus sont, bien entendu, l'équerre, le rêgle, le niveau et le fil à plomb. Il est clair que pour les maçons "spéculatifs", ce sont ces outils qui devaient être chargés de valeurs "morales" dans les rituels qu'ils construisaient. Ainsi, on peut dire que les premiers travaux de constructions auxquels furent associés ces anciens moyens étaient bien l'élaboration d'un rituel.

Néanmoins, il est bon de rester prudent dans les conclusions dans la mesure où les anciens rituels ne s'attardent pas tous sur l'usage des outils, même si ces derniers sont toujours présents dans les édifications relatives aux grades et aux valeurs. On notera encore aujourd'hui comme une illustration de cela, le cas de la truelle, présente à la fois partout et nulle part.


Dans tous les anciens Ms, et vieilles constitutions depuis, au moins, 1650, les formes relatives à l'admission de nouveaux membres ne semblent pas intégrer la présentation des outils ou même leur description, pas plus que les Old Charges ou les serments. A tel point qu'encore aujourd'hui, dans les rituels de type Emulation, on prête le serment "sur ceci et sur ceci" ( le geste à cet endroit est l'imposition sur les mains et enseuite sur la Bible). Le néophyte faisant face aux objets du serment et au Vénérable, personne, dans le Temple ne peux voir de quoi il est question. Un texte de c. 1650 donne, cependant, une forme d'obligation contenant une référence au Mot Secret et aux signes impliquant qu'il y ait eu un développement substantiel aux cérémonies à partir de cette époque, mais aucune mention des "outils du métier" n'y apparaît encore.


Les premières références aux outils dans ce que l'on pourrait décrire comme un pré-context non opératif se trouve dans l' "Academy of Armory" de Randle Holme, daté de 1688 ( recueil armorial publié à Chester). Holme, parfois représenté comme porteur d'équerre, était un Hérault d'Arme, gentilhomme-Maçon. Dans un bref passage de son livre, relativement aux "frimasons" il dit "avoir fréquemment observer l'emploi de nombreux outils", suit alors une énumération de pelles, marteaux merlins, ciseaux, piochex, poinçons., etc.. tous ces outils sont présentés comme étant ceux des maçons, mais il précise aussi que certain d'entre eux n'ont d'azutre vocation que de figurer dans les armoriaux et, de ce fait, n'étaient pas véritablement utilisés dans la construction mais seulement arborés aux cours de cérémonies. Cela laisserait entendre que les opératifs déterminaient aussi la différence entre le métier direct et sa symbolique spéculative...?.... Aujourd'hui encore, il n'est pas véritablement possible de savoir de quelle nature étaient ces représentations et, bien entendu, quelles étaient les réelles fonctions de ces outils car les illustrations sont, comme elles ont toujours été, un mélange de témoignage et de pédagogie...Tout ce qu'il est possible de dire c'est que depuis le "Harleian Ms" de 1650, le débat existe de savoir s'il s'agissait bien d'outils fonctionnels ou de "bijoux", dans la mesure où ces charges s'accumulent à la charge du texte de Holme qui reproduit les informations de ces manuscrits sans les situer dans le temps.


Les plus anciens témoignages vérifiables de l'usage de tels outils tels le fil à plomb et le niveau comme bijoux dans les rituels n'est pas antérieurs aux catéchismes et aux divulgations des années suivant 1728, celles  de Samuel Pritchard ( viz "three distinct knocks" et "masonry disected") et consorts... le risque est, le plus souvent, de trop prendre au sérieux des textes que l'on sait être les premiers pamphlets anti-maçonniques publiés, comme aujourd'hui, pour gagner de l'argent... néanmoins, le question qui se pose est de savoir  combien de rituels sont nés de cette anti-maçonnerie ?



Isa 34:11[1]

 Le pélican et le hérisson la posséderont, La chouette et le corbeau l'habiteront. On y étendra le cordeau de la désolation ( Tohou ), Et le niveau de la destruction ( Bohou ).  






[1] Cf Talmud – A Cohen p 110 pour son analyse de ce verset


 

 

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Miscellanées

« Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai une pierre blanche, et, gravé sur la pierre, un nom nouveau que personne ne connaît sinon qui le reçoit. »

Apo. 2, v.17

 

 lapidem quem reprobaverunt aedificantes hic factus est in caput anguli

psaume 117:22

 

 

On dit la Maçonnerie de Marque très ancienne, beaucoup plus, même que le Rite de Style Emulation sur lequel elle vient se greffer. Un procès-verbal de Tenue de Maîtres Maçons de Marque daté de 1642 repose aux archives de la Loge de Kilwinning. Cependant, il convient de rester prudent car ce texte tout autant que la plupart des anciens documents qui sont parvenus jusqu'à nos jours, parlent de marques de compagnons, de signes d'ouvriers comparables à des signatures, mais aucun ne donne quelque information que ce soit sur ce qui pourrait être plus convenu de nommer "Grade de la Pierre de Faîte". Alors la question reste de savoir si le thésaurus qui s'y rattache est un rajout à la pratique des deux premiers degrés ou bien un parcours maçonnique dans sa complétude.

 

Cette Maçonnerie, dont la seule origine certaine est qu'elle vient des Amériques et particulièrement de l'actuelle province du Québec, s'est répandue en Irlande et en Angleterre, pays dans lequel elle s'est constituée en Grande Loge de Marque en 1856, laquelle est  toujours en activité aujourd'hui.

 

Ce degré est une continuation de l'ancien grade opératif de Compagnon (à l'origine, le grade de Compagnon était le dernier degré initiatique, l'appellation de Maître étant réservée uniquement au Maître ou Vénérable qui présidait la Loge). Son enseignement met l'accent sur la fameuse « pierre angulaire » rejetée par les bâtisseurs et qui est devenue la pierre d'angle maîtresse de l'œuvre. Sur cette pierre qui n'est autre que la clé de voûte de l'édifice, le Mark Mason inscrit sa « marque ».

 

La cérémonie de réception d'un nouveau Maître maçon au sein d'une Loge de Maîtres Maçons de Marque présente aujourd'hui, la particularité de regrouper deux anciens rites, celui d'Homme de Marque (Mark Man) et celui de Maître de Marque (Mark Master Mason). Les rituels anciens ont souvent été remaniés, mais ils conservent encore un certain nombres d'éléments que l'on pourrait qualifier d'explicatif quant au déroulement particulier des cérémonies de Loges bleues de différents rites.

 

De nos jours, lorsque les membres d'une loge de marque se sont assurés que leur candidat pour le Degré De marque a atteint le statut de Maître Maçon d'une Loge bleue, on lui donnera connaissance de l'antiquité de la pratique qu'il va être amené à connaître. La coutume ancienne veut qu'un Compagnon tailleur de pierre soit invité à choisir une Marque qui lui sera propre et qu'il gardera toujours come sa signature personnelle. Cette marque devra être différente de toutes autres employées par les membres de la Loge, de telle manière que son travail puisse être reconnu comme siens par les officiers que l'on nomme Inspecteurs. On l'informera aussi que c'est cette marque qu'il devra présenter au guichet tenu par le Premier Surveillant, à l'Ouest de la Loge, là où il percevra son salaire d'Homme de Marque

 

 

S'il constate qu'il n'a reçu aucune marque distinctive de sa Loge bleue comme c'est, bien entendu, le cas pour les Loges Ecossaise, il se rendra auprès du Gardien du Registre de Marque et déposera sa marque distinctive dans le Livre. Elle sera alors présentée au Vénérable Maître afin de recevoir son approbation. Durant les cérémonies modernes de la Marque, cette partie de la réception qui confère le statut d'Homme de Marque est souvent exécutée trop promptement et nous oublions tout aussi souvent de quelle manière le Vénérable Maître accueille le nouveau Compagnon : « J'admire le savoir faire dont vous faites preuve à l'exécution de votre travail et c'est la raison pour laquelle je vous nomme Homme de Marque et vous confie la marque qui confirmera votre statut et vous permettra de recevoir votre salaire. » Cette distinction confère à celui qui est déjà Maître Maçon, la reconnaissance de ses qualités. Elle ne lui permet pas de disposer de poste ou de fonction particulière au sein de la Loge Bleue, néanmoins, à l'origine, à l'époque où les distinctions de métier pouvaient être regardées comme des avancement, le fait d'être reconnu et de disposer d'une marque, offrait un avantage certain en matière de rémunération. Cette distinction, aujourd'hui ne représente pas plus que le fait de recevoir un nouveau maître dans un cadre intermédiaire, une nouvelle étape maçonnique, c'est la raison pour laquelle le rituel relatif à l'accession au grade d'Homme de Marque s'effectue, aujourd'hui, dans la même cérémonie que l'élévation à l'honorable degré de Maître de Marque. Ce mode de réception est l'héritage de l'ancienne forme de la maçonnerie de la Marque et le fait de garder intacte une partie de la rituélie concernant l'élévation au gage tout autant que la gestuelle du guichet se présente comme une explication des termes de la clôture des travaux des Loge Bleues. A savoir que les Frères reçoivent leur salaire au pied de la Colonne du midi et qu'ils en retirent profit et joie. On peut, d'ailleurs constater l'illustration de ces propos sur les anciens tableaux de Loge de Maître Maçons de Marque sur lesquels ont peut observer l'illustration des deux degré composant la marque, à savoir le guichet où l'Homme de Marque vient percevoir son salaire et les trois pierres taillées du Maître de marque avec la référence aux outils correspondants et aux mots de passe.

 

Un tailleur de pierre qui recevait sa marque personnelle, se voyait qualifié d'artisan, voire de Maître ou de Compagnon (ce qui était le plus fréquent) de métier. Le Maçon de cette catégorie, c'est-à-dire, doté d'une certaine indépendance, n'appartenait plus, en tant que tel à la Loge mais devenait un maçon libre qui voyageait de Loge en Loge. On reconnaît là, encore une fois une tradition des maçons de Loges bleues dans lesquelles les Compagnons doivent voyager afin de parfaire leurs connaissances en l'art de maçonnerie. Cette étape pratique vers l'indépendance du maçon, sa qualité de « maçon libre » est probablement l'une des raisons qui présida à sa conservation durant les années 1750, à l'époque de la refondation du degré de Mark Master par Thomas Dunkerley, comme d'un usage très ancien. Cette pratique de l'Homme de Marque est assez déterminante dans l'histoire de la franc-maçonnerie dans la mesure où ce degré fait directement référence au grade de Compagnon. Cette référence directe et son adjonction à un nouveau degré de Maître permet de comprendre pourquoi il ne s'agit pas d'un « Haut Grade » en tant que tel, mais bien d'une voie parallèle, un Side Degree dont les enseignements viendraient compléter celui des Loges Bleues. En donnant une marque propre à chaque compagnon, on finissait son parcours et l'introduisait dans une fonction complémentaire, une progression de métier qui confirmait son savoir faire sans pour autant lui conférer le grade de Maître. Ils pouvaient néanmoins signer leur ouvrage et c'est pourquoi on ne les nommait plus Compagnons, mais « Compagnons marqués » ou Hommes de Marque.

 

Les Loges bleues terminent leurs travaux sur la remise du salaire et cet instant particulier, en référence à l'Apocalypse de Saint jean, détermine de qui doit le recevoir et de qui doit le donner car il est dit :« je lui donnerai une pierre blanche, et, gravé sur la pierre, un nom nouveau que personne ne connaît sinon qui le reçoit. », ainsi, le Vénérable demandera au Premier Surveillant de s'assurer que les travaux sont fermés et chacun passera devant la Colonne, les Apprentis, ne reçoivent pas de Salaire, les Maître les donne. « J'ai constaté, Vénérable Maître, que les Compagnons se déclarent satisfaits. » Néanmoins, comme je l'ai dit, cette qualification donnait à l'homme de marque un statut particulier assez différent de celui de simple compagnon. En effet, l'élévation comportait le récit d'un mythe propre au grade. Le matin du jour où fut posée la pierre de fondation du Temple de Jérusalem, sous la présidence du Roi Salomon, une pierre précieuse tomba accidentellement de la couronne royale. Elle fut trouvée et ramassée par le Premier Maître de l'Ordre des Hommes de la Marque qui la rendit au roi qui la replaça sur son front. Cette pierre précieuse portait le nom Imprononçable que l'on suppose ainsi avoir été marqué sur la couronne royale, comme il avait déjà été gravé sur la mitre du Grand Prêtre Aaron

« Tu feras une fleur d'or pur et tu y graveras en intaille, comme un sceau : Consacré à Jehovah ; » Exode, 28 ; 36 »

Ensuite, lors de la construction du Temple de Salomon, une pierre d'angle eut été aillée par un apprenti très doué, mais elle fut dérobée par des Compagnons jaloux.

On demande au candidat de la rechercher il la retrouve et il constate qu'elle porte, gravé, le nom Imprononçable. Nous ne sommes pas encore dans le développement d'une symbolique d'équilibre de construction mais, on voit bien, ici, la relation avec le joyau tombé de la Couronne de Salomon, mais aussi du Nom caché gravé sur la pierre blanche de l'Apocalypse tout autant que l'identification du joyau frontal de Salomon avec la pierre de voûte qui soutient l'édifice et qui sera la clef du récit mythique des Maîtres de Marque. Il ne nous aura pas échappé que certains rites de Loges Bleues précisent, dans le psychodrame du troisième Grade, qu'un bijou reposait sur le corps d'Hiram, bijou sur lequel était gravé le Nom.

 

Bref, on peut se demander si, au XVIIIème siècle, avant que le développement anarchique des Hauts Grades n'emporte les détails de la Légende vers des horizons parfois abscons et dont le nombre et les relations restent encore aujourd'hui impossibles à déterminer, un système en relation avec l'ancienne maçonnerie de métier n'avait pas été mis en place sous la forme de deux étapes complémentaires au compagnonnage et à la Maîtrise.

 

Aujourd'hui nous avons réduit ces cérémonies en une seule mais son développement se déroule encore par étape de l'Homme au Maître sans que soit perdue les particularités qui offrent les clefs des Loges bleues.

 

 

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