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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

Publié le par Lurker
Publié dans : #Genèse
Le Ciel et la Terre sont tournés l'un vers l'autre. Leur produit participe toujours de l'un et de l'autre.


L'énergie indifférenciée du Tao va être émise pour un temps et un espace spécifiques. Cette émission crée une fonction, à l'origine d'une structure parti­culière. Chaque forme est ainsi en relation avec une fonction, incluse dans un temps et un espace déterminés. Cette fonction ayant une fin, le retour s'effectue par rétroaction de l'énergie au travers d'une mutation, délimitant le chemin réciproque du Ciel et de la Terre.

Trois exprime cette action réciproque en une conscience Ciel et une conscience Terre “ A l'origine de l'homme, il y a le Ciel ”. Les souffles qui se rangent sous cette dénomination ont un caractère subtil, aérien. Ils sont responsables de la spiritualité comme de la rationalité, mais aussi de l'espèce et de la lignée (inconscient collectif).


“ A la racine de l'homme, il y a la Terre. ”.

Une fois constitué, l'homme continue à recevoir les influx du Ciel et de la Terre, mais il reçoit aussi de tout l'environnement, créé au sein du “ vide médian ” par les Dix Mille Êtres.

Le Ciel, dans sa représentation idéogrammique chinoise est composé d'un caractère qui signifie le grand homme, symbole du pouvoir s'étendant dans les cinq directions et d'un caractère qui signifie l'Unique, le Un. Ceci donne le Grand Tout, le Un, le Ciel qui recouvre les hommes.

L'action du Ciel qui est Yang se fait dans un sens centripète, de contraction, condensation.


“ Les souffles du Ciel en descendant font la pluie ”.

So Wen Ch. 5


Elle est en relation avec la tonification, l'expiration. (Tandis que le Ciel est formé de l'accumulation en expansion des souffles clairs, légers).

La Terre est formée de la condensation des souffles troubles lourds

Le Ciel-Terre précède le Yin-Yang, la génèse doit être différenciée de la génération du Yin-Yang.

Le Ciel et la Terre sont responsables, par la transformation des souffles, de la construction et de l'achèvement des choses matérielles.

Le souffle originel, Yuan, est ce qui sépare au sein du chaos, pour donner le Ciel-Terre, mère des Dix Mille Etres. Mais le Ciel commande à la Terre.

La Terre, fécondée par le Ciel, porte, nourrit la vie. Elle amène des forces de l'intérieur à l'extérieur du corps, du Yin vers le Yang. Ce mouvement correspond à une dilatation, une inspiration, une dispersion des énergies le mouvement de la Terre est centrifuge. ( va donc voir l'entracte deux pour la mise en pratique ).


Les souffles de /a Terre en montant font les nuages

So Wèn. ( ah oui, le So Wen est le manuel traditionnel d'acupuncture...)


Ces énergies sont regroupées sous le nom d'énergies héréditaires. Elles assurent la liaison mére-enfant dès la conception. L'ensemble des énergies du Ciel- Terre de l'embrion, au travers de la formation et de l'utilisation des 8 vaisseaux merveilleux (les qimo), forme l'intériorité de l'individu, alors que le modelage périphérique s'effectue au travers des 12 méridiens. Cependant, les 8 vaisseaux merveilleux travaillent en relation avec une fonction dite des Trois Réchauffeurs/ Trois foyers.

 

L'homme est le bipède par excellence, mais de structure ternaire. Par sa position verticale, il est l'intermédiaire du Ciel et de la Terre il en est l'enfant, structuré par les deux à la fois. Il en devient le plus éminent représentant. (Il associe le Ciel : un trait supérieur, et la Terre : deux traits inférieurs, soit le Yang et le Yin).

Né des souffles du Ciel et de la Terre, il se développe selon le modèle de 4 saisons. Obéir à ce modèle, c'est l'harmonie désobéir, c'est la maladie. Né de la Terre, il porte la marque, le sceau du Ciel (astrologie qui règle les destinées).

L'Homme, “ couvé par le Ciel ” est “ porté par la Terre ”. L'existence humaine se déroule dans ce vide médian formé par la jonction des six souffles (Quatre orients et Nadir - Zénith).


Les six souffles ou qualités du Ciel composent l'initiative qui crée la vie. Ils s'adressent à la Terre. Celle-ci les reçoit, les emmagasine et les restitue après les avoir transformés. L'homme possède ainsi, don du Ciel, des esprits célestes. A partir du Centre, le “ 7ème jour ”, ou ils se tiennent au repos, ces esprits président à la vie de l'organisme. Mais c'est de la Terre que l'individu tire les éléments lourds qui servent au maintien et au développement de la vie. Entre les deux, l'homme, avec ses ministres, ses serviteurs, ses magasins, ses envoyés, son armée, assure en son intérieur la bonne marche de l'ensemble. De la sorte naît, à chaque instant, la rencontre des souffles du Ciel et de la Terre.

L'harmonie, c'est-à-dire la santé, est donc l'État naturel de l'univers comme de l'homme.

 

Dépouillée de celle étroite relation Ciel - Terre - Homme, toute médecine ne peut présenter que des lacunes. L 'Homme perd toute sa signification, le “pourquoi” laissant sa place au “comment”. Réciproquement, l'on est frappé, dans toute la littérature traditionnelle, de l'abondance des écrits relatifs à l'astrologie, à la météorologie, à la géographie... dans leur relation à la médecine.

Le Grand Médecin, lui aussi, n 'ignore rien de l'anatomie, de la physiologie mais il est avant tout le gardien et l'observateur des volontés du Ciel. Il “ agit sans agir ”, préservant ce qui est sain et réharmonisant ce qui est pathologique. Il se garde, en respectant les lois universelles, d 'interférer dans les échanges entre le Ciel et la Terre qui se nouent en chaque être.


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Publié le par Lurker
Publié dans : #Les mythes
Le Dieu des portes et des commencements...
 

J’ai déjà eu l’occasion de parler, ici, des principes généraux de l’analogie et d’une de leur particularité, la diasophie[1]. L’un des symboles les plus remarquables de cet aspect duel de la pensée sacrée est celui représenté par le dieu Janus. Pourquoi, s’agissant d’étudier les symboles maçonniques, celui-ci précisément ? Tout simplement parce que nous le connaissons bien, figuré de multiples manières depuis les alchimistes, mais aussi présenté et décrit bien des fois sous d’autres aspects. Bien entendu, en évoluant, le dieu romain perd son existence propre mais le symbole duel garde toute sa vigueur.

Le passé et l’avenir mélangés dans un même rituel reproduisent bien souvent le désir des hommes de croire que ce qui a été est l’immuable garantie de ce qui sera et que cela puisse perdurer comme pérennisant l’avenir dans une conception particulièrement immobiliste de la nature humaine.

Telle n’est pas l’image que nous offre le symbolisme de Janus, en effet, les visages opposés dont les regards ne peuvent jamais se croiser représente l’avenir comme lié au passé mais néanmoins indépendant. Les erreurs commises ont des origines connues mais n’empêchent à aucun moment l’avenir d’exister. Janus se présente comme l’image du passage d’un monde à l’autre, d’un temps à l’autre, l’image d’un présent indéfinissable. On peut connaître la passé, concevoir l’avenir, mais il est impossible de décrire le présent avec objectivité.

Qui est Janus et quel symbolisme représente-t-il ?


Le Dieu aux deux visages...
 

Il figure sûrement parmi les plus grands et les plus anciens dieux du Panthéon romain. Il serait même supérieur à Jupiter le dieu suprême.

Son histoire commence lorsqu'il s'est établi dans le Latium, après avoir accosté l'Italie avec sa flotte. Il recueillit Saturne, le dieu des Semailles et des Grains, chassé des cieux, alors qu'il régnait sur le Latium. En remerciement de son hospitalité, celui-ci offrit à Janus le don de la "double science". Ce pouvoir permettait de maîtriser la science du passé et celle de l'avenir, d'où la représentation de Janus avec deux visages orientés dans des sens opposés.

Janus eut aussi un fils, Tiberinus, qui se noya dans le Tibre et donna son nom à ce dernier.

Viennent alors de nombreuses autres attributions telles que celle de gardien des portes (Janus Bifrons), ce qui justifie encore son double visage. Il est également le dieu du Commencement (Januarius peut se traduire par "janvier" ou "mois de Janus") et des Quatre Saisons (Sa tête est alors représentée non pas avec deux visages mais avec quatre).

Les Romains ouvraient les portes de son temple en temps de guerre, pour montrer que le dieu était parti combattre, puis ils les refermaient durant la paix, ce qui symbolisait sa réintégration dans son sanctuaire ; il pouvait ainsi veiller sur la ville.

De par ses attributions, Janus était le dieu principal d'une cité qu'il pouvait surveiller dans tous les sens, sans que rien ne lui échappe.Chez les Saliens, prêtres qui tirent leur nom du verbe salire ("danser"), il est même considéré comme le "dieu des dieux" dans leur hymne.

Il était également le premier nommé dans toutes les listes de dieux et dans toutes les prières, avant même Jupiter.

Son prêtre portait le nom révélateur de rex sacrorum ("roi des choses sacrées") et son temple à Rome était assez petit et clôturé (sauf en temps de guerre, bien sûr), en bronze. Il se situait sur le forum et portait le nom de Janus Geminus, ou "double Janus". Un passage voûté traversait le sanctuaire à l'est et à l'ouest.

Ovide a raconté que Janus s'appelait Chaos à l'époque où l'air, le feu, l'eau et la terre ne formaient qu'une masse. Quand les éléments se séparèrent, Chaos prit sa forme de Janus; ses deux visages représentent la confusion de son premier état. D'autres légendes font de Janus un roi de l'âge d'or du Latium. Il y aurait accueilli Saturne chassé du ciel par Jupiter.

L'origine de son nom est Incertaine. Cicéron la cherche dans le verbe ire. D'autres préfèrent le radical div (dividere) et supposent que la première forme du nom était Divanus. Une troisième hypothèse envisage une forme Ja, na, parfois employée pour Diana, dont la racine dius ou dium évoquerait l'idée du ciel lumineux.

Cette dernière étymologie s'accorde avec la constatation que Janus fut à l'origine un dieu solaire. Comme on le voit, ses attributions sont nombreuses, importantes, et dérivent les unes des autres.

Le culte de Janus fut établi soit par Romulus, soit par Numa, et resta toujours populaire chez les Romains. Janus figurait en tête dans les cérémonies religieuses, et, en sa qualité de père des dieux, passait le premier dans leur énumération, et même avant Jupiter. On l'honorait au premier jour de chaque mois, et le premier mois de l'année (Januarius) portait son nom.

Étant le dieu des portes, il est par le fait même celui des départs et des retours, et par extension celui de toutes les voies de communication. Sous le nom de Portunus, il est considéré comme le dieu des ports; et comme on voyage aussi bien par eau que par terre, il passe pour avoir inventé la navigation.

Janus était aussi le dieu des commencements, Dieu solaire, il présidait au lever du jour (Matutinus Pater). On ne tarda pas à le considérer comme le promoteur de toute initiative et, d'une façon générale, il fut placé à la tête de toutes les entreprises humaines. De là vient que les Romains lui attribuèrent un rôle essentiel dans la création du monde. Il passa pour le dieu des dieux, Janus Pater.


Le Dieu des portes et des passages

« …tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. »

Deutéronome 6 :4
 

Janus (en latin, « porte », ou «barbacane») présente ce trait particulier d'être un dieu essentiellement italique et plus précisément romain. Il ne figure dans aucune autre mythologie et pourtant l’aspect symbolique qu’il recouvre ne trouve pas uniquement ses sources dans la culture du latium.

 

Janus est d’abord le dieu de toutes les portes : des portes publiques ( jani ), sous lesquelles passaient les routes, et des portes privées. Il a donc pour insignes la clé qui ouvre et ferme la porte, et la baguette (virga) dont les portiers se servent pour écarter tout ce qui ne doit pas franchir le seuil. Ses deux visages (Janus bifrons) lui permettent de surveiller le dehors et l'intérieur du logis, comme l'accès et la sortie des portes publiques.

 

Sur le point de ses attributs particuliers, René Guenon fait état d’un curieux document représentant expressément le Christ sous les traits de Janus. Il s’agit d’un cartouche peint sur une page détachée d'un livre manuscrit d'église, datant du xve siècle et trouvée à Luchon, le médaillon représente un buste de Janus Bifrons, avec un visage masculin et un visage féminin, ainsi que cela se voit assez fréquemment; il porte une couronne sur la tête, et tient d'une main un sceptre et de l'autre une clef. 

Sur les monuments romains Janus se montre, comme sur ce cartouche la couronne en tête et le sceptre en la main droite, parce qu’il est roi; il tient, de l'autre main une clef qui ouvre et ferme les époques; c'est pourquoi, par extension d'idée, les Romains lui consacraient les portes des maisons et des villes. Dans la quatrième des grandes antiennes d'avant Noël, la liturgie sacrée acclame ainsi Jésus : « O Clavis David, et Sceptrum dornus lsrael[3] ».

 

L'interprétation la plus habituelle des deux visages de Janus est celle qui les considère comme représentant respectivement le passé et l'avenir; cette interprétation, tout en étant très incomplète, n'en est pas moins exacte à un certain point de vue. C'est pourquoi, dans un assez grand nombre de figurations, les deux visages sont ceux d'un homme âgé et d'un homme jeune; l'emblème dont il est fait mention ici se montre cependant plus précis. En effet, un examen attentif ne permet pas de douter qu'il s'agit du Janus androgyne, ou Janus-Jana[4] et il est à peine besoin de faire remarquer le rapport étroit de cette forme de Janus avec certains symboles hermétiques tels que le Rebis, mais aussi avec le mythe de l’être humain unique de la création, celui qui serait homme et femme et que l’Éternel aurait séparé en deux entités. Un être unique que l’on retrouve dans le « banquet » de Platon, mais aussi dans la Bible où, dans un premier temps, au premier livre de la Genèse[5] « Dieu créa l'homme à sa semblance, à la semblance de Dieu il le créa, homme et femme il les créa », puis, comme pour compléter la création, dans le second livre de la Genèse l’Eternel tire la Femme du côté de l’Homme. Ce n’est pas ici le moment d’aborder le symbolisme propre de Ish et Isha, contentons-nous de constater que l’image de Janus est parfois Androgyne, comme pour rappeler que l’être humain est double.

Étant le dieu des portes, il est par le fait même celui des départs et des retours, et par extension celui de toutes les voies de communication. Sous le nom de Portunus, il est considéré comme le dieu des ports; et comme on voyage aussi bien par eau que par terre, il passe pour avoir inventé la navigation.

Mais le symbole qui nous arrêtera ici est plus particulièrement celui des commencements.


Le Dieu des commencements et de l'initiation...
« Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite m’oublie! »
Psaume 137
 

Dieu des commencements, des portes, entrées et passages, Janus est le dieu de l'initiation (initiare signifie "commencer"). En vertu d'un certain symbolisme astronomique sur lequel semble reposer les cultures sacrés les plus anciennes, on soulignera aussi les liens fort étroits entre les deux sens suivant lesquels les clefs de Janus peuvent être considérées, soit comme celles des deux portes solsticiales, soit comme celles des « Grands Mystères » et des « Petits Mystères ».

Ce symbolisme auquel nous faisons allusion est celui du cycle zodiacal, et ce n'est pas sans raison que celui-ci, avec ses deux moitiés ascendante et descendante qui ont leurs points de départ respectifs aux deux solstices d'hiver et d'été, se trouve figuré au portail des cathédrales. On voit apparaître ici une autre signification des deux visages de Janus : il est le « Maître des deux voies » auxquelles donnent accès les deux portes solsticiales, ces deux voies de droite et de gauche que les pythagoriciens représentaient par la lettre Y. Ce sont ces deux mêmes voies que la tradition hindoue désigne comme la « Voie des Dieux » et la « voie des ancêtres » ce qui nous ramène à l'idée de l'initiation aux mystères.

Enfin, ces deux voies sont aussi, en un sens, comme les portes par lesquelles on y accède, celle des cieux et celle des enfers et l'on remarquera que les deux côtés auxquels elles correspondent, la droite et la gauche, sont ceux où se répartissent les élus et les damnés dans les représentations du Jugement dernier, qui se rencontrent si fréquemment au portail des églises, et non en une autre partie quelconque de l'édifice.

Ces représentations, expriment quelque chose de tout à fait fondamental c'est-à-dire une sorte d'abrégé synthétique de l'Univers

 

Dans la symbolique chrétienne, ces deux voies ont été remplacé par les deux Jean. Jean le baptiste, ouvrant la Porte du Ciel, est devenu le patron de tous les Initiés et, bien entendu, des Francs-Maçons.

 

Les deux Jean et Jésus sont des « dieux » solaires :

·        le Baptiste annonce le lever du soleil

·        l'Evangéliste regarde le soleil se coucher

 

Les Evangiles nous disent que dès que Marie apprend qu'elle est enceinte, elle se rend chez sa cousine Elisabeth, elle-même enceinte de six mois. Celle-ci accouchera donc de Jean-Baptiste six mois avant la naissance de Jésus.

Or, dans six mois nous fêterons Noël, fête de la naissance du soleil nouveau. Le soleil du solstice d'Eté, étant à son apogée, ne peut que décroître. C'est pourquoi Jean-Baptiste dira :"Il faut que je décroisse pour qu'il croisse". Autrement dit, il faut que la lumière extérieure qui nous inonde aujourd'hui cède la place au soleil intérieur du solstice d'Hiver.

On ne possède aucune statue ni aucun buste de Janus, mais ses effigies monétaires sont nombreuses. Il est généralement représenté avec un double visage, sous les apparences d'un homme âgé, barbu : la couronne de lauriers ne figure pas sur toutes ses images. En cela, Janus ressemble étonnamment au Dieu du monothéisme méditerranéen : pas ou peu de représentation et un extraordinaire thésaurus symbolique, le message proposé est celui d’un concept profondément humain ; l’évolution et la conscience des portes à ouvrir pour y parvenir. Cette notion est importante car elle fonde les civilisations. Au delà de la simple constatation de son existence, l’Homme prend conscience de son intelligence et des portes qu’elle permet d’ouvrir.

 


[1] La diasophie qualifie la pensée double, c’est à dire, concevoir dans un même langage symbolique ou philosophique, une chose et sa représentation. Cette conception duasophique se présente de telle manière que chaque élément de la chose conçue et de sa représentation puisse prendre une forme propre, une signification propre. Cette conception duelle de la pensée permet, non pas une symbolique universelle, mais une pensée symbolique universelle. Ainsi, la chose et sa représentation se trouvent liées chacune à d’autres représentations. Ce semblant de multiplication de schémas identique permet d’identifier non pas une identité culturelle mais bien une identité humaine dont la culture ne serait qu’un reflet identifié dans le temps et dans l’espace. Ainsi il n’y a pas universalité des symboles mais universalité de la nature humaine.

[3] la Clef de David et le Sceptre de la maison d'Israël

[4] Jana ou Diana, Déesse lunaire n’est autre que l’aspect féminin de Janus.

[5] Gn 1 :27

 


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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles

"Les Anciens Sages donnèrent à l'Ame un nom féminin. Et il est vrai qu'elle est femelle dans sa nature . Elle possède même une matrice. Aussi longtemps qu'elle était seule avec le père, elle était vierge et de forme androgyne. Mais quand elle tomba dans un corps et vint à cette vie, alors elle tomba dans les mains de maints voleurs. Et ces créatures dévergondées se la passaient de l'un à l'autre et [...] .

Certains usaient d'elle par la force, tandis que d'autres en usaient par séduction, avec un cadeau. Bref, ils la souillèrent, et elle perdit sa virginité."

Exégèse de l’âme 1.1


« Si l'esprit coïncide avec l'esprit,

Le conditionnement des actions passées s'évanouit. »

SHIN JIN MEI - "Traité de l'Esprit Non-duel"


Le Soi, un symbolisme muet...


Le Soi est le mode de l’Être le plus proche du Silence. Certaines traditions l’appellent le « Veilleur », il s’agit, en fait, du présent du Verbe « Être », de l’affirmation, par l’usage de ce verbe, de la conscience du Temps dépouillé de toute autre chose. S’affirmer au présent revient à s’affirmer hors du Temps, conjuguer le verbe « Être » au présent c’est se retirer du temps pour se dire dans la permanence immobile. « Je suis » signifie : « je serai toujours identique, sans évolution, sans modification. » C’est un renoncement contrairement au « Moi », bâti comme la coquille d’un œuf pour se protéger sur les différents plans physiques, émotionnels et intellectuels.

Si l’on se place dans ce cadre, le Silence apparaît comme une notion qui permet d’avancer vers d’autres concepts. C’est une réalité qui n’existe pas, mais qui offre à la réalité le moyen d’exister parce qu’il est en tout et partout.

Le « Soi » constitue le fondement de l’univers tout autant que la conscience individuelle, travailler à l’ « amélioration matérielle et morale de l’humanité » c’est travailler à prendre conscience qu’une meilleures connaissance de soi-même est possible. Ce que nous appelons « Soi » n’est pas identique à ce que les bouddhistes entendent par le même terme et dont la signification serait très proche de la dissolution dans l’énergie universelle. C’est, en réalité, un témoin extérieur à l’Ego, libre de toute inquiétude quant à la naissance et la mort, un témoin de l’existence. C’est d’abord de cette forme d’appréhension du monde que naît la certitude qu’une cérémonie unique n’est pas ce qui fait un initié, mais bien la compréhension de ce qui c’est passé durant cette cérémonie.

Le « Soi » se présente de la même manière que la « Vérité », il s’agit d’une certaine forme d’harmonie qui permet à l’individu d’exister naturellement. En franc-maçonnerie, cela prend la forme décrite par l’objet de l’ordre, à savoir : « l’amélioration matérielle et morale » de l’humanité par la maîtrise d’une existence reposant essentiellement sur des modes réactifs.

La douceur du Soi et de l'illusion...

Au Rite Emulation et au Rite d’York, le tableau de la Loge au grade d’Apprenti rappelle le Psaume 133 ( « Cantique des montées. De David. Voyez! Qu'il est bon, qu'il est doux d'habiter en frères tous ensemble! » ) est, sur ce point de la recherche de la Vérité, assez signifiant. 

Les trois colonnes reprises par le Rite Ecossais Ancien et Accepté ; Force, Sagesse et Beauté sont enveloppées d’un épais brouillard au sein duquel une colonne de Lumière figurant la partie féminine de Dieu, la Schekhinah masque l’inconnu obligeant l’adepte à ne voir que l’illusion des trois colonnes en restant aveugle au reste de l’Univers et particulièrement à lui-même offrant donc à la compréhension la facilité de l’ignorance et la nudité de l’inconnu. Cette colonne de lumière et de fumée rappelle la colonne du nuée qui guida les hébreux dans le désert, c’est dans cette brume, vers ce guide d’Air, marchant sur un sol alternant les cases blanches et noires que s’avance le néophyte.

 

Question d’Apprenti :

On parle souvent de « subir les épreuves de l’initiation ». Il est bien difficile de se soumettre à l’acte. Comment concilier ce que certains formulent par la nécessité de Vivre pour comprendre alors que d’autres affirment qu’il faut comprendre pour Vivre ?


 

A quoi me servent ces outils ?

De toutes les questions que peuvent se poser les nouveaux arrivant, la plus importante est probablement de s’interroger sur le pourquoi des cérémonies et des contraintes car rien, dans la vie quotidienne, ne prépare à l’expérience directe. Nous ne sommes pas éduqués pour nous ouvrir à l’expérience directe. 

Notre conscience individuelle et nos évolutions personnelles restent très théoriques ou de l’ordre de la croyance en ce qui concerne la compréhension de la symbolique et les symboles. Même après avoir expérimenté les choses et les événements, nous les théorisons, nous y réfléchissons, nous relions chaque fait à ce que nous savons ou ce que nous croyons savoir ce qui, dans la plupart des cas ramène ce que nous apprenons à l’expérience antérieure, annulant toute compréhension possible de ce domaine. La démarche est rassurante mais elle n’est pas profitable. Il est très difficile d’admettre au premier abord qu’il n’y a pas de différenciation entre ce que nous sommes et l’univers. Il n’y a pas de distinction entre le « soi individuel » et la conscience libre de toute détermination, celle qui est définie par les termes : « un maçon libre dans une Loge libre ».

 

Lors de l’Apprentissage, des rencontres avec les surveillants, qu’est-ce qui peut se mesurer sinon la perspicacité de l’Apprenti à déterminer le sens qu’il donnera à son environnement en terme de progression, les moyens dont il se dotera pour l’exprimer, mais aussi les réponses qu’il fournira à la question :

"A quoi cela me sert-il ?"




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Publié le par Lurker
Publié dans : #Paroles
 
 
« On ne vit que deux fois, la première,

 au moment de notre naissance, la seconde,

à l’instant de notre mort. »
Proverbe Japonais
 
 
On ne vit que deux fois, prétend un proverbe japonais, la première à notre naissance et la seconde à l’instant de notre mort. Il est bien évident, dans cette seconde vie que l’ensemble de la nature du monde apparaît comme l’illumination de l’initiation.
Cependant, aucune seconde vie ne saurait exister sans la première. Le lien est évident, de même que la mort ne saurait être sans la vie, l’une n’a aucune raison d’être sans l’autre. Un cycle se dessine alors qui amènera à concevoir naturellement qu’il est impossible de mourir sans être d’abord revenu à la vie… Il s’agit bien d’une conception du cycle de l’existence très pertinente si l’on s’inscrit, à la suite de Kirkegaard, dans la logique d’une définition qui constaterait une sorte de traumatisme dont la mort donnerait à la fois les causes, l’issue et le remède. Il semble bien que ce soit de cette cause qu’il soit question plusieurs siècle plus tôt, dans un texte « apocryphe » appelé « Évangile de Philippe[1] » :

 

« Ceux qui disent que le Seigneur est mort d’abord et qu’il est ressuscité ensuite se trompent car Il est d’abord ressuscité. Il est mort ensuite. Si quelqu’un n’est pas d’abord ressuscité il ne peut que mourir. S’il est déjà ressuscité il est vivant comme Dieu est Vivant. »

 

Bien entendu, il n’est pas possible d’affirmer que ce texte ait eu la moindre influence sur la création des rituels et pratiques maçonniques. On constatera néanmoins que la Mort est une constante des inquiétudes humaines, que la question de l’immortalité et de son éventuelle incompatibilité avec la notion même d’humanité en est une autre. Perçue soit comme une fin, soit comme une délivrance, la Mort offre à l’homme sa possibilité d’accomplissement. Elle lui offre aussi la notion de chef d’œuvre, de perfection de l’acte par sa finitude.
 

Faite d’action et de passivité alternées, la vie, par l’éphémère de ses bornes, de la naissance et de la mort, apparaît comme la définission même de la réalisation de soi.

 

On pourra, bien sûr, faire remarquer que ces conceptions sont très « christiques ». Cela n’est pas une surprise si l’on considère les origines de l’Ordre. Néanmoins, la continuité des cérémonies humaines d’initiation qui se résument toutes, quel que soit le lieu, la tribu, le groupe, la religion… à mettre en scène une « re-naissance » depuis les temps le plus reculés, ne nous aura pas échappé. Il en est de même de leurs similitudes... particulièrement la relation floue entre la « re-naissance » et l’extase… mais aussi cette relation particulière déterminée par le symbole du « sacré incarné »[2] qui offre, lui aussi, un grand nombre de similitudes d’une pratique à l’autre, d’une religion à l’autre… Osiris, Dionisos, les « douk-douks[3]  », Jesus et, pour la franc-maçonnerie, puisque la Création est une architecture, Hiram l’Architecte Suprême dont l’incarnation semblerait induire que le Grand Architecte de l’Univers est un concept très proche de cette vieille notion Kabbaliste du « tsim tsoum » qui prétend que Dieu s’est incarné dans la Création pour pouvoir se contempler…

 

L’Architecte a construit le Temple de Dieu même s’il est lui-même à la semblance de Dieu…

En franc-maçonnerie, le futur initié tout autant que celui qui va être « élevé », le « candidat » à la maîtrise, le futur Maître, comme le fut le futur l’Apprenti, sans être mort, n’est pas encore né. Certains rituels sont assez précis sur ce point lorsqu’ils indiquent que le parcours initiatique du maçon est fait d’enseignements ; instruction à l’humanité par la « naissance », image de l’initiation ; pédagogie de l’humanisme et de la construction de soi par le cheminement du Compagnon et, enfin, éducation à l’accomplissement par le rituel de la Maîtrise et la compréhension du mythe qu’il introduit… Mais, la rhétorique sur le sujet est bien souvent très floue.

 

 

« TVM : Parle, malheureux comment donneras-tu ce mot de passe et qui a pu te le communiquer?

Réponse : Mon conducteur le donnera pour moi, car je ne le sais pas.

Le VM 1e Surv dit : TVM, le compagnon avoue qu'il ne connaît pas le mot de passe, mais que son conducteur le donnera pour lui[4]. »

 

 

Seule la qualité du « candidat » à être un « naissant » ou, un enfant, un nouveau né, est affirmée telle quelle. Or, l’enfant, « in fans », on le sait, est celui qui ne parle pas, le prophète du Silence, Jérémie qui n’a pas encore découvert l’usage de la Parole [5] ou qui l’a perdu par le simple fait de naître, de changer d’univers, de dimension, de mourir à lui-même.  

La Mort du passé offre un nouveau langage tout aussi difficile à apprendre que l’ancien car le vieil homme ne doit pas interféré faute de quoi l’initiation ne pourra s’accomplir… ainsi le rappelle le discours de l’orateur :

 

 

« Aujourd'hui vous pénétrez au cœur du Sanctuaire. Le voile qui le masquait a été levé et vous pouvez le contempler. Fixez les yeux sur cette gravure, elle représente le tombeau du plus noble des monarques, le Maître dont nous célébrons la mémoire…

Vous remarquerez ce nom gravé en hébreu et dont la signification doit vous être connue. C’était le « Mot de Maître » des anciennes Loges, mais l’ignorance de ce qui survint à notre Maître Hiram, sa fin tragique, empêcha la confrêrie de conserver ce mot de reconnaissance et l’on préféra l’enterrer avec lui plutôt que de risquer de le voir utilisé par des compagnons indignes [6]… »

 

Le silence qui entoure le tombeau du Maître, au delà de la Mort, offre le renouveau du langage, le partage de termes inédits, une autre forme de rupture du silence.
 

« Si je me sentais aujourd'hui le même qu'hier, je perdrai l'envie de vivre. »
Rabbi Nahman de Bratslav


[1] « Évangile de Philippe », page 58, Planche 104 ; 21, Trad. Jean-Yves Leloup, Spiritualités vivantes, Ed Albin Michel – Paris 2003

[2] Et cela, quel que soit la nature du sacré, il peut être bénéfique ou maléfique, il représente, de toutes façon la justice du groupe et l’impossibilité de lui échapper. Cf. la société des « douk-douks »

[3] Douk-Douk. – Est un personnage double, incarné par un homme déguisé, qui arrive toujours par la voie des eaux au moment où la pleine lune commence à monter. Il a la forme d’une boule de feuilles surmontée d’un chapeau pointu et qui n’a ni bras ni jambe. C’est un esprit doué de qualités surnaturelles. Les Douk-douk sont les membres d’une société secrête traditionnelle qui ont eu une grand influence en mélanésie. Le Douk-Douk représente une sorte de justice immanente personnifiée. Il parcourt les villages en criant et tous s’enfuient devant lui car c’est lui qui rend la justice en recherchant celui contre qui on a posé plainte pour lui infliger la punition. On ne lui résiste pas car on risque la mort.  Les membres de la société secrête du Douk-Douk se réunissent en des lieux dont l’approche est interdite aux profanes sous peine de mort. Ils se rassemblent sous la présidence du chef de tribu, palabres, chantebnt, danses et font de copieux repas.

[4] Rite Ecossais, Rituel au grade de Maître de la Loge Écossaise « la Fidélité »  fondée en 1744 à l'Orient du Havre ( XVIIIème siècle ).

[5] Jer.1, 16

[6] Discours d’Orateur de 1751, cité par le Rev. Neville Barker Cryer, « Further reflexions on the Third dregree puzzle » in « Did you know this, too ? » Ed Lewis Masonic, Hinckley 2005 : « Today you make your way into the heart of the Sanctuary ; the veil that covered it is drawn back so that you may see it. Cast your eyes on the design drawn by the hand of the artist, the representation of the tomb that the wisest of Monarchs erected over the Worthy Master whose memory we celebrate ...You notice a Hebrew name whose significance should be known te, you. It was formerly reserved for the Masters of the ancient lodge, but ignorance of what occurred at the tragic end of Lord Hiram [Adoniram] prevented the brethren from preserving it after his death, and they preferred to bury it with him, rather than expose themselves to the risk of using a word that might then become known to fellows… » Trad J&J

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