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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

initiations

Publié le par Lurker
Publié dans : #Initiations

 

 

Pourquoi les chiens ne peuvent-ils pas être psychanalysés ?

Parce qu’on leur interdit le canapé !

 

Durant ses investigations en quête des assassins d’Hiram, J... rencontre un chien cherchant quelque chose et se dirigeant vers l’entrée d’une caverne. On remarquera que ce chien ne lui appartient pas. Il semblerait que ce soit le chien de l’inconnu, mais, dans la mesure où rien, dans le récit, ne précise qu’A... ait eu un chien, on peut légitiment douter que ce soit le sien. Il s'agit peut-être, alors, d'un chien errant.

Alors, revenons au texte.

D22 Que signifie le chien ?

R Que le moindre indice sert à déceler le coupable.

Cette question/réponse, on le notera, est identique aujourd’hui à ce qu’elle était en 1776. Sur ce point, au moins, il n’y a pas eu de modification entre le rituel d’origine et celui du Régulateur de 1801 ou de ses « modernisations ».

Néanmoins, il reste à se poser la question de l’identité de ce chien. Il en est de même pour la caverne qu’il garde. En effet, au-delà de l’affirmation que l’animal soit le familier du meurtrier, nous n’avons pas d’information sur l’identité de la bête. Par contre, les traditions les plus anciennes ne manquent pas quant à l’animal gardien du destin. Loup pour les uns, coyote pour les autres, chien-loup pour les représentations que nous en avons à ce degré de la maçonnerie. Notre chien est parfois l’ami de l’homme, comme c’est souvent le cas chez les chrétiens, mais il est aussi, et c’est le plus souvent, un représentant des enfers. Le loup, le chien, n’est pratiquement jamais celui qui guide. Il est celui qui mord… dans le Tarot de Marseille, il s’accroche aux mollets du Mat, dans d’autres traditions, il blesse Saint Roch. Il peut être servile, mais toujours ambigüe. Pour les chrétiens, il peut être le serviteur fidèle de Dieu, le Domine canis, Dominique. Cependant, pour ce dernier Saint, on remarquera que ce nom désigne plusieurs Saints, plusieurs identités. Mais on retiendra que l’Ordre monastique qu’il fonda, est celui de l’inquisition… encore une fois, le chien est associé à la part sombre.

Voyons donc ce chien. Le chien est un gardien, il hurle à la lune et chasse souvent la nuit. C'est pourquoi, dans de nombreuses sociétés, il a été associé à la mort. Ainsi, il est le gardien des Enfers, empêchant les vivants et les morts de franchir la porte séparant les deux mondes. De là son association avec l’entrée des cavernes.

Cette fonction explique pourquoi Cerbère, Garm, pour les anciens germains, le chien noir, dispose de trois têtes pour rester sur le seuil de l’Hadès, le lieu des morts, le lieu de l’oubli. Une tête pour s’assurer que le passé reste bien à sa place et que les souvenirs ne soient pas confondus avec les désirs, une pour veiller au présent et faire la différence entre le visiteur curieux et celui à qui l’entrée peut être donnée.

La troisième est celle du destin. Pour nous, qui restons visiteurs, l’entrée ne nous est offerte qu’à l’unique condition que nous n’intervenions pas sur le destin de celui qui s’est réfugié dans les lieux sombres. La source de la vie nous désaltèrera et la lanterne solaire nous permettra de retrouver notre chemin.

Le symbolisme premier du chien dans de nombreuses civilisations est lié à sa fonction de guide de l’homme après sa mort. Pour les Amérindiens, s’il meurt avant son maître, il l’attend dans le ciel afin de lui montrer le chemin à suivre quand celui-ci mourra à son tour. Cette attribution d’une fonction psychopompe découle probablement des sens olfactifs et auditifs du chien, que l’homme s’est annexés pour retrouver son chemin, traquer ses proies et sauver ses pairs.

Le chien ne sent-il pas ou n’entend-il pas des choses imperceptibles pour nos sens ? Le chien est aussi le pisteur par excellence, celui qui montre la voie au sens propre comme au sens figuré.

Le plus célèbre des chiens psychopompes reste Anubis, divinité de l'ancienne Égypte à tête de chien noir. Son rôle était de superviser l'embaumement du défunt puis de l'amener jusqu'à la salle du jugement des âmes. Enfin il atteste le résultat de la balance des âmes et peut retourner ses crocs contre le simulateur.

Le chien passe aussi pour être un moyen de communication entre l'au-delà et le monde des vivants. Le chien délivre ses messages au sorcier en transe comme on le voit au Zaïre chez les Bantous, ou au Soudan, on le charge d'un message pour les morts après l'avoir sacrifié.

On trouve un homologue d'Anubis chez les Mexicains. Il se nomme Axolotl, dieu chien couleur de Jaguar qui accompagne le dieu Soleil lors de son voyage sous la terre.

Dans les sociétés orientales, on confiait les morts et les mourants aux chiens afin qu'ils les guident vers le paradis, résidence des divinités pures.

La personnalité de ce trickster, c’est-à-dire de cette divinité changeante, et la dualité de la symbolique qui le désigne, le faisant passer du chien au loup sans distinction, se retrouve dans les pays d'Extrême-Orient. Ainsi, en Chine, le chien est tour à tour le destructeur et le compagnon fidèle qui escorte les immortels au paradis. Le penseur Lao-Tseu le rattache à l'éphémère… il montre et s’enfuit.

À l'inverse, pour les Japonais, le chien est l'animal du bien qui protège les enfants et les mères. Enfin, au Tibet, il est le symbole de la sexualité et de la fécondité.

Le chien n'évoque pas le feu par lui-même, mais il est reconnu comme étant celui qui l'a transmis aux hommes. Il prend alors la place de Prométhée dans certaines tribus africaines et amérindiennes. Dans les îles d'Océanie, le chien gronde et dort auprès du feu et en est de fait le maître. Pour les Aztèques, il est le feu lui-même tandis que chez les Mayas, on l’a vu, il n'est que le protecteur du soleil pendant la nuit.

Dans un tout autre registre, le chien peut aussi symboliser la guerre et la gloire. Il est alors sujet d'éloges et être comparé à lui est un honneur. Chez les celtes d’Irlande, le héros est comparé à un chien afin de rendre hommage à sa bravoure. Ainsi le grand héros de la mythologie celte s’appelle-t-il Cuchulainn, le « chien de Culann ». Toutefois, si la bravoure est source d’admiration, elle peut aussi susciter la terreur et c’est un chien qui tuera le héros. Ainsi le chien peut-il être perçu comme une menace pour l’homme aux côtés duquel il n’est pas. Et, manifestement, le chien qui montre le chemin au cœur de la caverne n’est pas le compagnon de J… pas plus que d’A..., d’ailleurs.

Il est intéressant de noter que pour l’héraldique de l’occident chrétien, le chien est représenté de profil et passant (marchant) dans l’écu. Il symbolise la Foi, l’amitié, la fidélité, l’obéissance, le courage et l’ardeur. En matière de symbolisme chrétien, il faut toujours garder à l’esprit l’inversion relative aux anciennes traditions. Ce qui était magique, féérique, merveilleux, devient maléfique et condamnable et certaines divinités trickster se sont vues assigner une qualité plutôt que de conserver leur dualité. L’animal changeant est devenu altérité, lycanthropie, notre Mister Hyde tant que nous restons humains.

Pour nous, Maîtres Elus, ce chien est un indice… Mais, un indice de quoi ? D’altérité ? D’une certaine fusion morale du bien et du mal entre celui qui a tué et celui qui cherche à tuer ? Une fusion entre la vengeance et le remord ? Une sorte d’instinct psychiatrique au XVIIIe siècle qui identifierait l’ambivalence entre l’homme et l’animal sans encore la nommer syndrome de personnalité multiple ? Ou bien, simplement, de la méfiance naturelle envers ce que nous allons découvrir au fond de la caverne ? N’oublions pas que ce chien est aussi un loup associé à la gémellité, au bien et au mal. La Louve nourrit indifféremment Romulus et Remus. Lorsque nous rêvons à l’enseignement de nos symboles, ne l’oublions pas, c’est volontairement que le chien s’est associé à l’homme. Enchaîné, il devient méchant et assaille férocement celui qui l'approche de trop près. Lorsque nous sommes en paix avec notre cerveau reptilien, notre part instinctive, nos pulsions violentes ou sexuelles, le chien du rêve nous obéit fidèlement. Mais si nous nous sommes trop éloignés de notre animalité, le chien vient à nous et nous observe. Aussi longtemps que nous refusons de tenir compte de nos instincts, le chien des rêves, ou la meute, est méchant, agressif, ses yeux ardents reflètent une sourde passion. Alors nous n'osons pas continuer notre chemin parce que nous aurions à faire face en nous à cet animal devenu dangereux.

C’est pourquoi nous suivrons les indices qui ne sont pas aussi « moindres » qu’il y paraisse et cela nous conduira à adopter une attitude, une ouverture d'esprit plus en rapport avec les problèmes soulevés par le symbole ambivalent du chien.

 

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Initiations

 

Efirstxplication de la planche tracée au premier degré

 

 

Les us et coutumes des Francs-Maçons ont toujours eu une grande affinité avec ceux des anciens Égyptiens. Leurs philosophes, ne voulant pas exposer leurs mystères aux yeux du vulgaire, dissimulèrent leurs systèmes d'éducation et de gouvernement sous des signes et des caractères hiéroglyphiques, communiqués seulement à leurs grands prêtres ou mages qui s'engageaient, par une obligation solennelle, à les tenir secrets.

 

Le système de Pythagore était fondé sur un principe analogue, comme d'autres systèmes d'époque plus récente. La Franc-maçonnerie, cependant, n'est pas la plus ancienne, mais la plus honorable institution qui ait jamais existé, car il n'est aucun des caractères ou emblèmes qui figurent ici qui ne servent à inculquer les principes de Fraternité et de Solidarité à ceux qui les professent sincèrement.

 

La forme de la Loge est un parallélépipède s'étendant, en longueur de l'Est à l'Ouest, en largeur entre le Nord et le Sud et en hauteur, depuis la surface de la terre jusqu'à son centre, et même aussi haut que les cieux.

 

Une Loge de Maçons est ainsi décrite dans toutes les directions de l'espace pour montrer l'universalité de la science et nous enseigner que la solidarité d'un Maçon ne doit connaître d'autres limites que celles de la Prudence.

 

Les Loges doivent être orientées d'Est en Ouest. A cela trois raisons maçonniques :

 

La première est que le Soleil se lève à l'Est et se couche à l'Ouest. La seconde est que la science naquit en Orient et, de là, répandit sa bienheureuse influence en Occident. La troisième, dernière et importante raison qu'il serait trop long de vous expliquer maintenant, vous sera donnée au cours des « Instructions Émulation » auxquelles vous aurez, je l'espère, souvent l'occasion d'assister.

 

Les Loges sont soutenues par trois grandes colonnes qui se nomment : Sagesse, Force et Beauté[1].

 

La Sagesse qui dirige, la Force qui soutient, la Beauté qui orne. La Sagesse qui nous guide dans toutes nos entreprises, la Force qui nous soutient dans toutes nos difficultés et la Beauté qui orne notre conscience. L'Univers est notre Temple. La Sagesse, la Force et la Beauté le soutiennent comme des piliers.

 

Les  Loges sont soutenues par trois grandes colonnes qui représentent Salomon, Roi d'Israël, Hiram, Roi de Tyr et Hiram Abbi. Salomon, Roi d'Israël, pour la Sagesse qu'il montra en construisant, achevant le Temple de Jérusalem.

 

Hiram, Roi de Tyr, pour la Force qu'il déploya en lui apportant son concours en hommes et en matériaux, Hiram Abbi pour sa maîtrise qui permit d'embellir et d'orner le Temple par son travail magistral.

 

Mais, comme il n'y a pas, en architecture, d'Ordres connus sous les noms de Sagesse, Force et Beauté, les noms utilisés sont : l'Ionique, le Dorique et le Corinthien.

 

Une Loge de Francs-Maçons est couverte d'un baldaquin de différentes couleurs, comme la voûte des Cieux. Le moyen par lequel les Francs-Maçons espèrent y parvenir consiste en l'aide d'une échelle, appelée "Échelle de Jacob". Elle est composée de nombreux échelons ou degrés qui représentent de nombreuses vertus morales.

 

L'intérieur d'une Loge de Francs-Maçons comporte des ornements, des lumières et des joyaux. Les ornements de la Loge sont : le Pavé Mosaïque, l'Étoile Flamboyante et la Bordure Dentelée. Le Pavé Mosaïque est le beau dallage de la Loge, l'Étoile Flamboyante est la Gloire en son Centre et la Bordure Dentelée ou tessellée est ce qui l'entoure.

 

Le Pavé Mosaïque peut être justement considéré comme le dallage d'une Loge de Francs-Maçons en raison de sa diversité et de sa régularité. Ceci fait ressortir la diversité des êtres et des objets, dans la création, aussi bien ceux qui sont animés que ceux qui ne le sont pas.

 

L'Étoile Flamboyante, Gloire du Centre, rappelle le soleil qui éclaire la Terre et qui, par sa bienfaisante influence, dispense ses bienfaits à toute l'humanité.

 

La Bordure Denteléerappelle les planètes qui, dans leurs diverses révolutions forment une merveilleuse bordure autour de ce grand luminaire : le soleil, comme la dentelure mosaïque autour d'une Loge de Francs-Maçons.

 

Les bijoux de la Loge sont le Volume de la Loi, le Compas et l'Équerre.

 

Les Constitutions doivent régler et diriger les Travaux. C'est sur elles que les candidats à la Franc-maçonnerie prennent leur Obligation. De même, le Compas et l'Équerre, quand ils sont réunis, doivent régler la vie en Loge et les actions des Francs-Maçons.

 

Les joyaux de la Loge sont au nombre de six : 3 mobiles et 3 inamovibles.

 

Les joyaux mobiles sont l'Équerre, le Niveau et la Perpendiculaire.

 

Chez les Maçons opératifs, l'Équerre sert à vérifier et à ajuster les coins rectangulaires des constructions et aide à donner à la matière brute la forme voulue. Le Niveau sert à établir les surfaces planes et à vérifier les horizontales. La Perpendiculaire sert à vérifier et à dresser les montants quand on les fixe sur leurs bases. Chez les Maçons Francs et Acceptés, l'Équerre enseigne la morale, le Niveau l'égalité, et la Perpendiculaire l'équité et la droiture dans la vie et l’action.

 

 

Ils sont appelés joyaux mobiles, car ils sont portés par le Vénérable Maître et ses Surveillants et sont transmis, à leurs successeurs, lors de la cérémonie de l'installation.

 

On reconnaît le Vénérable Maître à ce qu'il porte l'Équerre, le Premier Surveillant le Niveau et le Second Surveillant la Perpendiculaire.

 

Les joyaux inamovibles sont : la Planche à tracer, la Pierre Brute et la Pierre Cubique.

 

La Planche à tracer sert au Vénérable Maître pour tracer des lignes et pour dessiner. La Pierre brute sert à l'Apprenti pour travailler, marquer et apprendre à s'exercer. La Pierre cubique sert à l'ouvrier expérimenté pour y essayer et ajuster ses outils. Ils sont appelés joyaux inamovibles car ils restent immuablement apparents dans la Loge afin que les Frères et les Sœurs puissent en tirer des enseignements moraux.

 

De même que la Planche à tracer sert au Vénérable Maître pour tracer des lignes et pour dessiner, afin de permettre aux Frères et aux Sœurs de réaliser l'œuvre maçonnique avec régularité et exactitude, de même le Volume de la Loi peut être considéré avec juste raison comme la Planche à tracer spirituelle de la Loge.

 

La Pierre brute est sans forme et telle qu'elle est extraite de la carrière mais grâce à l'habileté et l'ingéniosité de l'artisan, elle est dégrossie, taillée en la forme voulue, et rendue propre à prendre sa place dans un futur édifice. C'est le symbole de l'homme dans son enfance ou au premier stade de sa vie qui se trouve dans le même état que cette pierre. Mais grâce aux soins affectueux et vigilants de ses parents ou de ses maîtres, dispensateurs d'une éducation libérale et vertueuse, qui élèveront son esprit, il deviendra ainsi le digne membre d'une société harmonieusement ordonnée.

 

La Pierre cubique a une forme régulière ou quadrangulaire qui ne peut être contrôlée qu'au moyen de l'Équerre et du Compas. Elle symbolise l'homme au déclin de ses années, après une vie droite et bien employée en actes de Solidarité et de Vertu. Ainsi se rendra-t-il digne d'être approuvé par l'Équerre et le Compas de sa conscience, seul guide de ses convictions.

 

Dans toutes les Loges régulièrement constituées, il est un point, situé à l'intérieur d'un cercle, autour duquel aucun Frère, aucune Sœur, ne peut faillir. Ce cercle est limité entre le Nord et le Sud par deux grandes lignes parallèles, dont l'une symbolise Moïse et l'autre le Roi Salomon.

 

Sur la partie supérieure de ce cercle repose le Volume de la Loi soutenant l'échelle de Jacob, dont le sommet rejoint les Cieux.

En faisant le tour de ce cercle, on doit nécessairement toucher ces deux lignes parallèles ainsi que le Volume de la Loi, et quand un Frère, une Sœur, se tient dans ces limites, il ne peut faillir.

 

Le mot Lewis ou Louve signifie "Force" et est représenté ici par certaines pièces de métal encastrées dans une Pierre cubique ou un assemblage en queue d'aronde formant crampon.

 

Combiné avec d'autres engins mécaniques, tel un système de poulies, il permet au Maçon opératif d'élever, sans grande difficulté de lourdes charges à une certaine hauteur et de les fixer sur leurs bases.

 

Lewis ou Louveteau est aussi le nom donné au fils d'un Franc-Maçon. Son devoir, envers ses parents, est de supporter le fardeau des difficultés quotidiennes, dont il doit les décharger en raison de leur âge, de les aider dans les moments de besoin et de rendre, ainsi, la fin de leurs jours, heureuse et exempte de souci. En agissant ainsi, il aura le privilège d'être reçu Maçon avant toute autre personne, si digne soit-elle.

 

Aux coins de la Loge pendent quatre houppes ou glands qui doivent nous rappeler les quatre vertus cardinales c'est-à-dire la Tempérance, la Force, la Prudence et la Justice. La Tradition nous enseigne qu'elles furent de tout temps pratiquées par la grande majorité de nos anciens Frères et Sœurs.

 

Les traits caractéristiques qui distinguent un vrai Franc-Maçon doivent être la Vertu, l'Honneur et la Solidarité. Puissent ces vertus reposer à jamais dans le cœur de chacun d'entre nous.

 

 

 

fellowTracBoard Explication du tableau du second degré

 

 

Lorsque le Temple de Jérusalem fut achevé par le Roi Salomon, sa richesse et sa splendeur suscitèrent l'admiration des nations environnantes et sa renommée s'étendit jusque dans les contrées les plus éloignées du monde alors connu. Il n'y avait rien cependant dans ce magnifique édifice de plus remarquable ou qui attirait davantage l'attention que les deux grandes colonnes qui étaient placées devant et de chaque côté du Porche ou Entrée.

 

Celle de gauche s'appelait Boaz, ce qui signifie "Dans la Force", celle de droite Jakhin, ce qui signifie "Établir" et, lorsque ces deux noms sont associés, ils évoquent l'idée de « Stabilité ». La hauteur de ces colonnes était de dix-huit coudées chacune, leur circonférence de douze coudées, leur diamètre de quatre. Elles étaient creuses afin de recevoir les archives de la Maçonnerie, car c'était là qu'étaient déposés les rouleaux des Constitutions. La paroi du pourtour avait quatre pouces d'épaisseur, soit la largeur d'une main. Ces colonnes étaient d'airain et avaient été fondues dans le sol d'argile de la plaine du Jourdain, entre Sokhoth et Sarédatha. Le Roi Salomon avait ordonné qu'elles fussent fondues à cet endroit, ainsi que tous les vases sacrés du Temple. La fonte fut dirigée par Hiram Abif. Ces colonnes étaient ornées de deux chapiteaux hauts chacun de cinq coudées : ces chapiteaux étaient décorés de réseaux de lys et de pommes de grenade. Le réseau, par la disposition de ses mailles, symbolise l'union, les lys, par leur blancheur, la paix et les pommes de grenade par le nombre de leurs grains, l'abondance. Il y avait deux rangées de pommes de grenade sur chaque chapiteau, et cent par rangée. Ces colonnes ont été par la suite surmontées de deux sphères sur lesquelles étaient représentés le globe terrestre et la sphère céleste, ce qui figure l'universalité de la Maçonnerie. Elles furent considérées comme terminées lorsque les réseaux furent disposés sur les chapiteaux.

Ces colonnes avaient été élevées en commémoration pour les enfants d'Israël de cette miraculeuse colonne de feu et de nuée qui eut deux effets surnaturels. Le feu éclairait les Israélites fuyant la captivité d'Egypte et la nuée enveloppait d'obscurité Pharaon et ses hommes qui essayaient de les rejoindre. Le Roi Salomon avait ordonné qu'elles fussent placées devant l'Entrée du Temple car c'était l'endroit le plus approprié pour que les enfants d'Israël aient continuellement sous les yeux le souvenir de la délivrance de leurs ancêtres.

 

Lors de la construction du Temple du Roi Salomon, un grand nombre de Maçons furent employés, Apprentis Entrés et Compagnons du Métier. Les Apprentis Entrés recevaient chaque semaine des rations de blé, de vin et d'huile, les Compagnons du Métier touchaient en espèces leur salaire qui leur était payé dans la Chambre du Milieu du Temple. Ils y accédaient par le Porche ou Entrée, du côté sud. Lorsque nos anciens Frères étaient parvenus dans le Porche, ils arrivaient au pied de l'escalier en forme de vis qui conduisait à la Chambre du Milieu. La montée leur était interdite par le Second Surveillant qui leur demandait la poignée de main de Passage et le mot de Passage donnant accès du Premier au deuxième grade. Vous êtes tous en possession de cette poignée de main de Passage et j'ose espérer que vous vous souvenez du mot de Passage, Schibboleth, signifiant Abondance et représenté ici par un épi de blé près d'une chute d'eau.

 

L'origine du mot Schibboleth remonte au temps où une armée d'Ephraïmites traversa le Jourdain pour attaquer Jephté, le célèbre général de Galaad. Le prétexte de cette visite inamicale était qu'il ne les avait pas appelés à partager les honneurs de la guerre contre les Ammonites, mais ils désiraient en réalité avoir leur part du riche butin que Jephté et son armée avaient amassé à la suite de cette guerre. Les Ephraïmites avaient toujours été considérés comme un peuple braillard et turbulent, mais ils en vinrent cette fois à la violence déclarée et après de nombreuses et graves injures envers les Galaadites en général, menacèrent de brûler leur chef victorieux et sa maison.

 

Jephté de son côté essaya tous les moyens de les apaiser par la douceur, mais comme cette attitude se révéla sans effet, il eut recours à des procédés plus énergiques. Il rassembla son armée, livra bataille aux Ephraïmites, les défit et les mit en déroute. Et afin de rendre sa victoire définitive et pour se garantir à l'avenir contre de tels procédés, il envoya des détachements de son armée garder les gués du Jourdain par lesquels il savait que les rebelles devaient nécessairement passer pour regagner leur pays. Il donna à ses hommes des ordres stricts pour que, si un fugitif se présentait et reconnaissait être Ephraïmite, il fût aussitôt massacré. Mais s'il rusait ou même niait, on devait l'obliger à prononcer un mot caractéristique, le mot Schibboleth. Les Ephraïmites, par suite d'un défaut d'élocution propre à leur dialecte, ne pouvaient le prononcer, mais disaient "Sibboleth".

 

Cette petite différence révélait leur pays d'origine et leur coûtait la vie. Et les Ecritures nous apprennent qu'il périt ce jour-là, sur le champ de bataille et sur les rives du Jourdain, quarante-deux mille Ephraïmites (Juges XII, 1-6). Et de même qu'à ce moment Schibboleth fut un moyen pour distinguer un ami d'un ennemi, le Roi Salomon par la suite le fit adopter comme mot de Passage dans les Loges de Compagnons du Métier afin d'interdire à toute personne non qualifiée de monter l'escalier en forme de vis qui conduisait à la Chambre du Milieu du Temple. Lorsque nos anciens Frères avaient donné cette preuve certaine au Second Surveillant, ce dernier leur disait : "Passez Schibboleth". Ils montaient alors l'escalier en forme de vis qui consistait en trois, cinq, sept marches ou plus.

 

Trois gouvernent la Loge, cinq la composent et sept ou plus la rendent parfaite. Les trois qui gouvernent la Loge sont le Maître et ses deux Surveillants, les cinq qui la soutiennent sont le Maître, deux Surveillants et deux Compagnons du Métier, les sept qui la rendent parfaite sont deux Apprentis Entrés ajoutés aux cinq précédents. Trois gouvernent la Loge parce qu'il n'y avait que trois Grands Maîtres qui présidaient à la construction du Premier Temple de Jérusalem : Salomon, Roi d'Israël, Hiram, Roi de Tyr, et Hiram Abif. Cinq composent la Loge par analogie avec les cinq ordres nobles d'Architecture : le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien et le Composite. Sept ou plus rendent la Loge parfaite parce qu'il fallut au Roi Salomon sept ans et plus pour construire et achever le Temple de Jérusalem. Ils représentent aussi les sept Sciences et Arts libéraux : la Grammaire, la Rhétorique, la Logique, l'Arithmétique, la Musique, l'Astronomie et la Géométrie.

 

Lorsque nos anciens Frères avaient atteint le sommet de l'escalier en forme de vis, ils arrivaient à la porte de la Chambre du Milieu qu'ils trouvaient ouverte mais dûment tuilée par le Premier Surveillant afin d'écarter tous ceux qui ne possédaient pas le grade de Compagnon du Métier. Le Premier Surveillant exigeait d'eux le signe, l'attouchement, et le mot d'un Compagnon du Métier.

Lorsqu'ils avaient donné cette preuve certaine, il disait : "Passez Jakhin". Ils entraient alors dans la Chambre du Milieu du Temple pour y recevoir leur salaire, ce qu'ils faisaient sans scrupule ni méfiance. Sans scrupule car ils savaient bien qu'ils y avaient entièrement droit, et sans méfiance car en ce temps ils avaient une confiance absolue dans l'honnêteté de leurs employeurs.

 

Lorsque nos anciens Frères se trouvaient dans la Chambre du Milieu du Temple, leur attention était particulièrement attirée par le tétragramme représenté ici par la lettre G...... qui signifie Génération, Gravité, Gnose, Génie, Géométrie.

 

*

* *

 

Pour des raisons bien évidentes, je ne donnerai ici qu'une partie de l'explication du Tableau au Troisième degré, mais, pas de panique.... If you want toB 1, ask 1

 

 

tableau 3emeExplication partielle au Troisième Degré

 

 

Il fut ordonné que notre Maître serait enterré de nouveau, aussi près du Sanctum Sanctorum que la loi des Israélites l'autorisait ; là, dans un tombeau ayant à partir du Centre, trois pieds à l'Est et trois pieds à l'Ouest, trois pieds du Nord au Sud et cinq pieds ou plus de profondeur.

 

Il ne fut pas inhumé dans le Saint des Saints, car rien de grossier ni d'impur ne devait y pénétrer, pas même le Grand Prêtre, sauf une fois par an, et cela seulement après maintes ablutions et purifications, en vue du grand jour du pardon des errements, car, d'après la loi, toute chair était présumée impure.

Les douze fidèles Compagnons reçurent l'ordre d'assister aux funérailles, vêtus de tabliers et de gants blancs, comme emblèmes de leur innocence. Vous avez déjà appris que les outils avec lesquels notre Maître avait été assassiné, étaient la Règle à fil à plomb, le Niveau et le Maillet Pesant. (En anglais : Plumb Rule, Level and Heavy Maul)

 

Les ornements d'une Loge de Maître Maçon sont le Portique, la Lucarne et le Pavé Mosaïque. Le Portique était l'entrée du Saint des Saints, la Lucarne, l'ouverture qui l'éclairait, et le Pavé Mosaïque était destiné à être foulé par le Grand Prêtre.

 

Le Cercueil, la tête de mort et les os en sautoir, étant les emblèmes de la mort, font allusion au trépas prématuré de notre Maître Hiram Abif. Il fut assassiné trois mille ans après la création du monde.

 

 

 

bord


[1]    On notera que dans les anciennes charges les colonnes se nommaient Sagesse, Force et BONTÉ.

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Initiations

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  Tableaux de Loge du Masonic Hall de York, avec les références bibliques

 

On dit bien souvent que les Loges ouvrent leurs travaux sur l'Evangile de Jean. Ce n'est pas le cas dans toutes les formes de franc-maçonnerie. Par exemple, pour le système anglais issu des "ancients", le Volume de la Loi Sacrée, qui est posé sur le plateau du Maître de la Loge, la disposition des pages ouvertes suit l'évolution de la disposition de l'Equerre et du Compas.

A ce sujet, je rappelle au passage que les pointes sont toujours tournées vers le Maître de Loge, ainsi que le texte du Livre qui doit être lu par celui qui siège sur le trône de Salomon.

 

Les textes de référence pour chaque degré sont :


Premier Degré – Apprenti Entré

 

Psaume 133

Cantique des degrés. De David. Voici, oh! qu'il est agréable, qu'il est doux Pour des frères de demeurer ensemble!

C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tête, Descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements.

C'est comme la rosée de l'Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion; Car c'est là que l'Éternel envoie la bénédiction, La vie, pour l'éternité.

 

 

Second Degré – Compagnon du métier

 

Amos Chapitre VII

Amo 7:6  L'Éternel se repentit de cela. Cela non plus n'arrivera pas, dit le Seigneur, l'Éternel.

Il m'envoya cette vision. Voici, le Seigneur se tenait sur un mur tiré au cordeau, Et il avait un niveau dans la main.

L'Éternel me dit: Que vois-tu, Amos ? Je répondis: Un niveau. Et le Seigneur dit: Je mettrai le niveau au milieu de mon peuple d'Israël, Je ne lui pardonnerai plus;

 

 


Troisième degré – Maître maçon

 

Ecclésiaste Chapitre XII

Ecc 12:1  (12:3) Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras: Je n'y prends point de plaisir;

avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,

temps où les gardiens de la maison tremblent, où les hommes forts se courbent, où celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées, où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,

où les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule, où l'on se lève au chant de l'oiseau, où s'affaiblissent toutes les filles du chant,

où l'on redoute ce qui est élevé, où l'on a des terreurs en chemin, où l'amandier fleurit, où la sauterelle devient pesante, et où la câpre n'a plus d'effet, car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues;

avant que le cordon d'argent se détache, que le vase d'or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne;

avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.

Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, tout est vanité.

Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple, et il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences.

L'Ecclésiaste s'est efforcé de trouver des paroles agréables; et ce qui a été écrit avec droiture, ce sont des paroles de vérité.

Les paroles des sages sont comme des aiguillons; et, rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, données par un seul maître.

Du reste, mon fils, tire instruction de ces choses; on ne finirait pas, si l'on voulait faire un Écoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme.

Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

 

So mote it be.

 

 

 

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Publié le par Lurker
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Image1.jpg2Rois 21:13  J'étendrai sur Jérusalem le cordeau de Samarie et le niveau de la maison d'Achab; et je nettoierai Jérusalem comme un plat qu'on nettoie, et qu'on renverse sens dessus dessous après l'avoir nettoyé.

 

 

 

 

 

 

Traditionnellement, et personne n'en doute, seuls ceux dont les actes ont démontré le mérite dans l'Art de la maçonnerie seront choisis par les membres de la Loge pour être placés à l'office qui leur convient le mieux, c'est à dire, tout d'abord Surveillants. Ce sont, une fois encore, leurs qualités et leurs compétences à comprendre les mystères de l'Art les conduiront à être reconnus comme Maître et à conduire les travaux de la Loge.

 

La 47ème proposition d’Euclide

 

Avant d’aborder l’étude de l’Installation proprement dite, il est bon de rappeler quelques éléments et particulièrement la place de la 47ème proposition d’Euclide dont le bijou du degré porte la marque. A ce jour, le plus ancien document admis comme porteur d’éléments purement maçonniques est le manuscrit dit « Regius » ou « Halliwell ». D'après les données communément admises, ce texte daterait d'environ 1390 et serait la jonction entre ce que l’on nomme « anciens devoirs » et les texte plus anciens qui sont les règles des maçons tailleurs de pierre. Publié en 1840 par James O. Halliwell (d’où son nom), le manuscrit Regius fut  mentionné en 1670 dans un inventaire de la bibliothèque d’un nommé John Theyer qui la vendit quelque temps après à Robert Scott qui en fit un nouvel inventaire en 1678. Le manuscrit appartint ensuite à la bibliothèque royale jusqu'en 1757 (d'où son nom de Regius), date à laquelle le Roi George II en fit don au British Museum. Il y est dit :


Au sein du métier parmi eux tous,

Ni sujet ni serviteur, mon cher frère,

Même s'il est moins parfait qu'un autre;

Chacun appellera les autres compagnons par amitié,

Car ils sont nés de nobles dames.

 

De cette manière, par la bonne science de géométrie,

Commença le métier de la maçonnerie;

Le clerc Euclide le fonda ainsi 

 

C’est ainsi qu’au XIVème siècle on présente l’origine de la maçonnerie comme la déclinaison de la Géométrie. En fait tous les documents maçonniques ultérieurs présenteront toujours la Géométrie comme l’Art fondamental, le premier de tous.

 

Bien évidemment, la date même du manuscrit et son contenu permettent de penser que la Compagnie existait depuis plusieurs années et que ce document fait suite à une série plus ancienne dont les exemplaires ont été perdus ou n’ont pas encore été retrouvés.

 

La 47ème proposition du Premier Livre d’Euclide est le développement du Théorème dit de Pythagore :

Dans un triangle rectangle, le carré du côté opposé à l’angle droit est égal aux carrés des côtés qui comprennent l’angle droit.

Dans un triangle rectangle, le carré du côté opposé à l’angle droit est égal aux carrés des côtés qui comprennent l’angle droit.

 

Enoncé de cette façon, il s’agit d’un développement de l’aspect purement mathématique de la Géométrie en présentant l’importance de celle-ci dans le bon usage des nombres et non l’inverse. En effet, si l’inverse avait été vrai pour Euclide, cette proposition aurait exprimé la priorisation des nombres sur la Géométrie par le fait que la mesure des trois côtés aurait été exprimée par le calcul du carré de chacun des nombres, alors, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des mesures des deux côtés de l’angle droit.

Rien de tel dans le texte euclidien qui est une égalité de surfaces. En fait, on démontre que le carré sur l’hypoténuse se partage à l’aide de la hauteur relative à cette hypoténuse en deux rectangles "égaux" aux carrés sur les côtés de l’angle droit. On affirme donc la primauté de la matérialité sur l’abstraction numérique. On introduit dans la proposition la vérification nécessaire de la bonne mesure de la construction par l’usage des trois jauges des tailleurs de pierre qui seront reproduites sur le Tablier du Maître. Ces trois jauges, symbolisées par la triple répétition de ce qui ressemble à la jonction de deux équerres, sont relatives aux dimensions de l’espace. Ainsi, par ces symboles visuels, on affirme que le monde existe parce que l’on peut le constater, donc le mesurer, et que la construction existe dans ce monde. Le geste est celui du lissage et de la rectitude, il détermine de l'angle de vue du plan. Donc, si le Passé Maître et, avant lui le Vénérable Maître qu’il était, peuvent constater l’existence du monde, c’est bien parce que ce dernier a rassemblé ce qui est épars à l’aide du niveau et du cordeau afin de construire la Loge figurée par le Triangle Rectangle, l’angle mesuré par la troisième jauge sera donc bien d’équerre. Les autres formes projetées ne sont que des composantes de celle-ci. C'est-à-dire, pour le maçon spéculatif, que la construction de l’Homme (la Loge) passe par la réunion harmonieuse (par le Vénérable Maître) de ses doubles (les Frères) et c’est pourquoi son bijou est la représentation de cette proposition. C’est aussi la raison pour laquelle le Vénérable est détenteur de l’usage de tous les outils. Il en a la pratique et dispose, pour lui-même, ainsi, d’un outillage nouveau.

 

 

Installé.

 

Si l’on garde présent à l’esprit l’importance du rôle du Maître dans la Corporation et la façon dont les Loges procédaient afin d’installer leurs Officiers, Maîtres et Surveillants, il semble très probable qu’il y ait eu, depuis l’origine, des cérémonies particulières héritées d’anciennes pratiques et porteuses de signes de reconnaissances uniquement connus de ceux qui atteignaient cette position supérieure leur permettant de diriger le chantier. Le secret des trois jauges doit être aussi apprécié à sa juste valeur car cette façon de mesurer l’œuvre selon les trois dimensions de la réalité est restée constante dans sa référence ésotérique à une règle de Trois fonctions nécessaires au Sacré et ce, jusqu’à nos jours. Y compris dans la conception de la trinité. L’essentiel des usages maçonniques pré-andersonniennes dont nous parlons ici se retrouve décliné dans les chroniques de la Grand Lodge of All England à York[1] lesquelles présentaient les pratiques relatives à la position particulière du Maître de la Loge et son Installation depuis 1705. C’est de cette époque qu’ont été rassemblées les matières essentielles des différents degrés de la maçonnerie bleue telle que nous la connaissons. C’est aussi de cette époque que date la confusion entre Maître Maçon et Maître Installé.

 

usage-47e-euclide-1738.gifPour en revenir à notre « Installation », il se peut fort bien que des cérémonies d’origines très anciennes se soient déroulées de manière voilée derrière une pièce de tissus séparant les officiants de la Compagnie afin de permettre de masquer la transmission des secrets les plus mystérieux. Cette forme cérémonielle se retrouvaient d’ailleurs, jusqu’au XIXème siècle, au moins, pour certaines compagnies de pénitents, dans les églises chrétiennes afin masquer aux fidèles les célébrations du temps de Pâques. C’est durant ces rites qu’étaient exprimés les Arcanes secrets de la Résurrection tels que les développent le Quem queritis, trope des Grands Mystères, chanté dans les abbayes jusqu’au XIIIème siècle, et dont le thème est la découverte du tombeau vide par les femmes. Cela avait, bien évidemment, pour objet, de souligner la différence de connaissance relative à ceux qui pouvaient pénétrer le Saint des Saints et les autres. Une reproduction des contraintes d’isolement et la nécessaire préparation cachée de ceux qui devaient être confrontés au visage du Dieu formaient le socle des mystères.

 

C’est très probablement l’une des raisons qui explique que dans le rituel maçonnique, la cérémonie d’Installation n’a ni ouverture ni fermeture, cette partie est réputée voilée mais se déroule dans la continuité des travaux. En effet, une rupture de temps serait équivalente à sortir le Maître des travaux de la Loge alors que l’Installation doit bien effectuer l’inverse en affirmant non seulement son importance dans les travaux, mais aussi la nécessité qu’il les conduise. Le Vénérable Maître est Salomon et non Hiram. De fait, on ouvre les travaux jusqu’au troisième degré, les Frères de tous degrés sortent en laissant entre eux les Passés Maîtres et l’impétrant. Ils rentreront ensuite, salueront et reconnaitrons le représentant de Salomon selon leur grade. Les travaux seront fermés à chaque degré après chaque reconnaissance et, enfin, le nouveau Vénérable désignera son collège et l’installera selon la bonne pratique, chacun à son poste. Les travaux seront alors clôturés.

 

On sait que la Cérémonie dite de l'Installation du Maître de la Loge, particulière aux Rites Anglo-saxons dérivés de la maçonnerie des « Ancients » est le lien entre l'accès aux Secrets de l 'Arche Royale et la clôture du parcours des Offices de la Loge Bleue. La nécessité de comprendre l'usage ésotérique de certains symboles est importante en raison des particularités du degré de l'Arche Royale qui présente de nombreuses expressions mystico-symboliques totalement incompréhensibles hors l'étude des symboles et outils propre à cette forme particulière de transition qu'est l'Installation du Maître.

 

Pour l'Ancienne Maçonnerie, cette cérémonie d'Installation a trouvé son expression la plus aboutie dans le degré de « Past Master », c'est à dire celui où, au delà de la direction d'une Loge, on peut approfondir, dans l'absolu, la symbolique d’outils présentés au Maître et dont certains sont déjà connus depuis longtemps mais dont l'expression et l'implication symboliques n'ont pas été complètement développés dans les degrés précédents. Mais ce n’est pas ici notre propos.

 

 

Les Anciennes Loges… et l’éphémère

 

On l'aura compris, une fois installé on devient Passé Maître Immédiat (PMI et non VMI) par le fait que le degré confère une continuité alors que les devoirs immédiats qui y sont attachés sont du domaine de l'éphémère. Ce degré a été institué en tant que tel et affirmé comme un élément important de la transition d'une forme maçonnique à l'autre afin de procurer au maçon qui le reçoit, les outils nécessaire à son parcours futur.

On en retrouve la trace la plus ancienne vers 1705 au Nord Est de l’Angleterre et uniquement chez les « Ancients ». Cela semble naturel dans la mesure où il s'agit d'une pratique qui revendiquée comme l'héritage de l'Ancienne Maçonnerie d'York.

On sait que l’absence d’ « Installation » et du degré d’Arche Royal faisait partie des reproches fondamentaux des Ancients à l’encontre des Moderns qu’ils accusaient ainsi d’avoir opérer une rupture avec la tradition maçonnique et généré des transformations dans le message et les parcours de la maçonnerie. Consécutivement à ces importantes suppressions relatives aux pratiques anciennes, on ne procédait à aucune cérémonie de continuité, pas même celle de Royal Arch. Ces modifications, effectuée au regard des dogmes, étaient d’une nature telles qu’elles privèrent de tout contenu le travail des Loges et le rendirent incompréhensible laissant ainsi la place libre à l’introduction de mysticismes des plus délirants.

Cette cérémonie d’Installation, replacée dans son contexte naturel après l'Acte d'Union de la maçonnerie anglaise, en 1814 et la déchristianisation de ses rituels, a retrouvé, aujourd’hui, une place importante au sein des rites rite Anglo-saxons.

 

Bien que ne faisant en aucune manière partie du cursus traditionnel des formes de la maçonnerie implantées en France, laquelle est l’héritière des « Moderns » Andersonniens, cette cérémonie s’est vue adaptée, voire, réinventée, depuis quelques années dans certaines obédiences probablement séduites par la richesse des contenus, du style et des décors. Il n'en demeure pas moins que la séduction ne suffit pas à donner du sens.

 

Le Frère ou la Sœur qui ne comprend pas que ce degré n'implique pas d'être Vénérable Maître « à vie », ni Passé Maître Installé hors du contexte logique de la progression des Loges Bleues des cérémonies anglo-saxonnes, reste, au mieux, un singe « savant ». En fait, l'image qui demeure, maçonniquement parlant, la plus juste est celle du marin perdu dans la tempête et qui ne sait pas comment fonctionne son compas. Mais l'outil, bien qu'inutile, demeure joli et richement décoré.

 

Voyons, cependant, de quoi il s'agit et à quoi cela peut il faire référence.

 

 

Three degrees no more…

 

Joa 20:15  dicit ei Iesus mulier quid ploras quem quaeris illa existimans quia hortulanus esset dicit ei domine si tu sustulisti eum dicito mihi ubi posuisti eum et ego eum tollam

 

L’Installation du Maître de la Loge est une cérémonie totalement inconnue de la pratique des Moderns, et même farouchement rejetée par les tenant de ces rites.

 

On rappellera ici les propos du Grand Secrétaire des Moderns James Heseltine qui, peu de temps après la création de la Grande Loge Unie d’Angleterre, déclarait  « Il est […] prononcé que la pure Ancienne Maçonnerie consiste en trois degrés et pas plus, c'est-à-dire: Apprenti entré, Compagnon, y compris la Marque, et Maître Maçon, y compris l'ordre suprême de la Sainte Arche Royale.». Ce qui est, en soi, une déclaration suffisante à conclure que l’Installation n’est pas un degré mais une transition. Pour certains rites, la question qui se pose naturellement est : transition de quoi vers quoi ? Mais le temps est passé sur les principes et la particularité des Tabliers aux Trois Jauges a fait son œuvre.

 

L’Installation du Vénérable Maître est néanmoins une institution très ancienne qui trouve son inspiration dans deux sources principales : la cérémonie de la chevalerie de la Jarretière dont les Chevaliers sont « installés » dans leurs sièges au sein de la Chapelle Saint George dans le Château de Windsor.

Selon certains auteurs elle s’inspirerait aussi, pour ne pas dire surtout, de la consécration des Évêques et du fait qu’ils soient « installés », « cathédrés », dans leur siège, la cathèdre (dont le nom signifie « siège à dossier »). Le déplacement de ce trône peut transformer toute église en Cathédrale et placer toute manifestation sous la protection de l’Église toute entière puisque le mandataire papal est manifesté par la présence de son siège. Le terme même rappelle la gestuelle de la cérémonie d’Installation puisqu’il est composé de deux mots, « cata » qui veut dire « vers le bas » et « hadra » qui signifie « siège », on pousse donc vers le bas le candidat afin qu’il prenne sa place. Ce trône n’appartient qu’à lui puisqu’il est l’image de son occupant mythique.

Le fait de pouvoir déplacer le siège de l’Évêque afin de déterminer de la nature de la cérémonie se retrouve d’ailleurs totalement en maçonnerie par le fait qu’il suffise que le Maître et ses Officiers puissent se rendre en n’importe quel endroit et ouvrent les travaux pour que la Tenue soit considérée comme régulière.

La rituélie maçonnique « ancienne » n’est jamais attachée à un lieu mais à ceux qui la pratiquent. Cela répondrait à la question de la régularité des réunions posée plus haut. Il est d’ailleurs à noter, sur ce point, que l’une des origines possibles de la cérémonie provienne de la sécularisation des mystères moyenâgeux exécutés, à l’origine, au cœur des monastères et ensuite confiés aux guildes, à partir du XIIIème siècle, afin qu’elles soient en charge des représentations édificatrices.

 

La principale source d’inspiration était d’ailleurs l’ascension du Christ vers son trône céleste ; « pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? » (Jean 20 ; 15 - 17). On sait qu’à cette époque, le personnage de l’Évêque était celui qui présidait aux festivités, voire, le premier à subir une transformation d’inversion dans les périodes de « charivari » et de carnaval durant lesquelles un enfant prenait sa place. Il s’agit bien ici de transférer l’autorité de substitution de Salomon. Le Maître qui tient cette place doit rester assez modeste pour ne pas penser à faire un transfert total. La cérémonie consiste à placer le Maître dans la chaire, dans le corps, de Salomon. Ces raisons justifient que les anciens maçons préféraient dire que le nouveau Maître était « Assis », « induit », « introduit » ou « inscrit » dans sa chaire plutôt qu’installé, terme qui n’est utilisé de façon certaine en maçonnerie qu’à partir de 1723. De nouveaux outils sont présentés au Maître devenant Vénérable, avec de nouvelles définitions, ce sont les trois jauges ; un fil à plomb, une truelle (ou un niveau) et un plan de l’édifice. Ce sont les symboles de ces outils qui figurent sur le tablier, schématisés par la symbolique issue des mouvements verticaux et horizontaux.

 

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What else ?



[1]          Voir sur ces points « York Mysteries Revealed » par le  Rev. Neville Barker Cryer  - Lewis Masonic - 2006

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