Orient et Occident, les vivants et les morts... un silence constant

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OU  AVEZ-VOUS ÉTÉ PRÉPARÉ AVANT D'ÊTRE REÇU FRANC-MAÇON?

Dans mon for intérieur.

ET  ENSUITE?

Dans une chambre près de la Loge


brasenp (2)Cette question nous introduit dans les us et coutumes maçonniques proprement dits relativement à la préparation et à l'initiation au grade d'Apprenti. Le candidat désireux de se faire recevoir Franc-Maçon s'enquiert tout d'abord de la nature et des buts de l'Ordre et après mûre réflexion, prend la décision de poser sa candidature ou de faire une demande d'admission par l'intermédiaire d'un ami. Puis des renseignements complémentaires lui sont donnés, de nombreuses questions lui sont posées qui lui permettent de se rendre compte plus exactement de ce qu'est la société dans laquelle il désire entrer.

Arrive enfin le jour de l'initiation et l'instant de la décision ultime. Une dernière fois le cas est minutieusement examiné. Son parrain et le Frère préparateur s'entretiennent avec le candidat, dans un lieu retiré, et évoquent devant ses yeux, avec toute la précision voulue, ses futurs devoirs; son attention est attirée sur toutes les conséquences que sa démarche pourra entraîner. Dans la plupart des Loges, il est tenu de répondre par écrit à un certain nombre de questions relatives à la Franc-Maçonnerie. Dans le cabinet de réflexion, il est abandonné à ses pensées; à la lueur d'une simple chandelle, généralement en présence de symboles de la mort, sa préparation intérieure doit s'accomplir. Il a sous les yeux des préceptes qu'il est invité à méditer; parfois on exige de lui un testament moral.

Toutes ces circonstances, ce décor particulier sont destinés à mettre le candidat dans un état d'émotivité intense et de méditation sérieuse; et sa conscience de la gravité, de la solennité de l'heure est un critère de sa compréhension de la Franc-Maçonnerie. Chaque rite de la préparation doit encore augmenter cet état psychique, jusqu'à ce que le Frère préparateur ait la conviction que le candidat est "dans les dispositions convenant à l'initiation".

Le cabinet de réflexion, où le lieu de la préparation qui est dit près de la Loge, est en réalité parfois assez éloigné du Temple, mais toujours il est affecté à cet usage exclusif.  Et comme l'initiation maçonnique n'est autre que la naissance de l'homme à une vie nouvelle, le cabinet de réflexion symbolise le sein maternel dans lequel s'accomplit la préparation de la renaissance spirituelle.


LOI DU SILENCE

C'est la discipline à laquelle sont astreints les Frères Apprentis, même quand celle-si est masquée par un semblant de liberté d'expression qui se traduit généralement par un devoir d'écoute. Le Vénérable peut lever cette disposition pour donner la parole aux Frères Apprentis lorsque les circonstances le permettent. C'est aussi le rappel de la discrétion que doivent observer les Francs-Maçons.

 

Le silence est certainement source de paix et de bien être, comme par exemple, lorsque par une chaude nuit d'été, vous vous couchez sur le dos entre deux lignes de ceps et vous contemplez les étoiles dans un environnement absolument silencieux, vous vivez un moment privilégié. Une telle paix vous envahit, que vous avez l'impression d'être en lévitation ou sous la voûte du temple, entrain de participer à une chaîne d'union avec le monde entier.

Le silence à d'autres occasions, peut être source de mal-être, d'anxiété. Tel que peu avant l'orage, la vigne arrête de bruire, il n'y a plus un brin d'air, les oiseaux et autres animaux se terrent. C'est le silence avant le déchaînement des éléments. Le vigneron anxieux espère qu'il n'y aura pas de grêle et que ses murs tiendront le coup. Dans les relations humaines le silence signifie : ne pas parler, écouter, ne pas correspondre. Ici de nouveau le silence a deux états. L'un positif et l'autre négatif.

Le silence de l'apprenti est sans conteste un silence positif qui par l'écoute et la réflexion lui permet d'apprendre. Ce silence me révèle le long chemin que j'ai encore à parcourir jusqu'au jour où un commencement de sagesse pointera en moi. Tant bien que mal, je tente d'utiliser le silence dans tous mes rapports avec autrui. C'est un travail de longue haleine et les rechutes sont nombreuses. Je dois avoir à tout moment le silence à l'esprit pour que lorsque je suis d'un avis différent ou que je me sens agressé, se déclenche en moi une action de réflexion plutôt qu'une réponse non méditée, dont le sens et la manière, seront certainement mauvais et agresseront mon interlocuteur.

Le silence aide au respect et à la compréhension de la pensée d'autrui. Il nous ouvre à la réflexion par l'écoute des arguments et objections, nous menant en direction de la connaissance de notre moi. Il est aussi des silences négatifs tel que la bouderie ou le mutisme face à l'injustice. Dans ces cas le silence est une lâcheté et une solution de facilité. Comme en musique, où les silences, plus ou moins longs, ont une grande importance, nos différents silences rythment notre humeur.

 

Le silence de la mort

Le silence du sommeil

Le silence de la réflexion ...et celui du retour... n'oublions pas que l'initiation est avant tout un voyage dans un autre monde et que celui-ci est symbolisé par le monde souterrain... on ne peut véritablement mourir que si l'on est ressuscité

...

 

L'écoute... image d'un silence constant...


L'incohérence apparemment totale du rite ne permettrait-il pas l'apprentissage ? Question légitime que l'on se pose après avoir passé de nombreuses journées sur la colonne du Septentrion. Au contraire, l'écoute patiente de propos qui passent de l'Occident à l'Orient puis au Midi mettent l'apprenti en situation et lui permette raisonnablement de se familiariser avec les propos qui l'entourent. Finalement, il est possible de réaliser que de s'interdire de parler pour s'astreindre à écouter est une excellente discipline intellectuelle.

C'est par cette écoute auditive et visuelle également, que petit à petit les propos entendus s'animent dans son esprit et que la compréhension peut se faire dans ce langage imagé et symbolique qui lui avait paru si flou et si abscons lorsque les sons étouffés lui étaient parvenus alors qu'il croupissait dans le cabinet de réflexion. C'est alors que l'apprenti peut s'astreindre à son premier devoir dans ce domaine qui consiste à méditer les enseignements du rituel afin d'y conformer sa conduite. Il apprend alors à juger sans le moindre parti pris, c'est ainsi qu'il tend à devenir penseur.

Que de mystères incompris que de d'incertitudes suscitées à cette occasion ?L'incompréhension engendre le doute et la méfiance qu'il faudra dissiper par un long travail d'observation et d'apprentissage. Aussi surprenant que ce soit, l'écoute est également visuelle. Là encore, la force du langage du geste peut être fort intime et de là, ne suscitera pas de trouble de confiance tel que ceux évoqués ci-dessus. L'écoute ou le décodage du geste n'est-elle pas la plus subtile manière de comprendre un frère. N'est-elle pas celle qui est la plus intime au sens de la fraternité celle qui permet de se comprendre avant même de s'être parlé ? Il est l'outil symbolique afin que les initiés puissent se distinguer des profanes.

Mais de loin, n'est-ce pas le plus dangereux aussi car le plus difficile, celui que l'apprenti appréhende le moins bien. Ses frères plus expérimentés rompus à cet exercice manient ce langage avec une dextérité que l'apprenti ne saurait soupçonner. La preuve, il doute et il présume qu'avec la lumière qui filtre à son degré ce qui lui appert est entaché d'incohérences qu'il ne pourra comprendre qu'une fois le travail sur lui-même suffisamment avancé.

Il aura aussi pu vérifier que ce langage usé en loge est un langage structuré. C'est de la musique, en effet point d'improvisation, chaque prise de parole est orchestrée par les frères Surveillants et déclenchée par l'approbation du Vénérable. Les frères écoutent sagement sur leurs colonnes le déroulement des travaux, point de prise de parole inopinée, le résonnement des maillets ponctuent les dialogues tel des métronomes. Chaque frère a droit à sa prise de parole, tout frère absent engendre une perte de cette union harmonique, cependant, sa présence à elle seule contribue à la solidité de la fraternité. Au demeurant, que serait cet ensemble symphonique à qui il ne manquerait ne serait-ce qu'un seul musicien? Au demeurant même le chef d'orchestre finirait par être distrait à chercher son musicien absent.

Le Vénérable également, sait de même donner la parole de façon mesurée sur les colonnes et que ne ressent-il pas, lorsqu'elles sont muettes alors qu'elles ne devraient pas l'être. N'est-ce pas là une sinistre intrusion dans le temple par de fâcheux rites profanes qui tentent de repousser le langage maçonnique sur les parvis. Le silence de désapprobation est stérile et c'est bien celui-ci qui tend à régner dans ce cas.

Alors que, le silence dû à la méditation est porteur de fruits innombrables. Pour harmoniser le fruit résultant de ces travaux, une répartition des prises de parole permet de faire régner l'équité entre frères, l'équilibre entre les opinions et cela est rendu possible par l'usage de ce langage de loge qui par sa précision, sa concision permet une communication harmonieuse de la pensée entre frères. Ce langage est aussi un gage de bonne compréhension entre frères. Point de petits comités ou de conversations privées, d'ailleurs proscrites par les constitutions d'Andersen.

En effet, dans la vie profane également nous devons parler un même langage pour nous comprendre. Celui qui ne parle pas notre langue est un étranger. Il est possible d'apprendre sa langue et de le maintenir dans son statut d'étranger ou bien il apprend notre langue et s'assimile. La grande différence vécue dans la loge, est que une fois initié avant même de parler le langage maçonnique, le profane est reconnu comme un frère. N'est-ce pas là la grande différence entre la vie profane ou règne le doute et la suspicion et la vie initiée ou règne la confiance et la fraternité ?

 

Secret Maçonnique

Obligation contenue dans l'engagement que prend le profane en devenant Maçon de ne révéler à aucun «  non‑Maçon » tout ce qui a trait à la Franc‑Maçonnerie.

A chaque franchissement de degré, la même obligation pèse sur le récipiendaire à l'égard de ceux qui n'ont pas encore franchi ce même degré.

Cette obligation au secret n'a pas été respectée en fait par un certain nombre de Maçons en raison du caractère pratiquement incontrôlable de la diffusion de tout texte une fois imprimé de sorte que même si l'intention de respecter le secret existait sans doute, la prudence n'était pas à la hauteur des intentions.

On peut d'ailleurs en faire faire porter la responsabilité par ceux qui modifièrent les anciens textes du serment qui interdisait de a rien graver sur aucune chose mobile ou immobile.

Mais la sémantique étant toujours révélatrice, on peut et doit se demander si, à l'origine de cette dégradation du texte du concret vers l'abstrait, il n'y a pas un doute quant à l'étendue réelle du secret et à son fondement.

Que faut‑il réellement cacher et pourquoi?

En fait, il y a trois secrets maçonniques « objectifs n qui sont le secret d'appartenance; le secret des Rites;  le secret des délibérations.

a) Le secret des délibérations est prescrit par exemple par le Règlement général du Grand Orient de France qui interdit de rapporter à un Frère ce que l'on dit à une Tenue à laquelle ce dernier n'a pas assisté. Il s'étend donc à tous les Frères absents quels que soient leurs grades ou leurs offices respectifs, hormis ce qui figure sur « la Planche Tracée ».

b) Le secret des Rites ne vaut qu'à l'égard de ceux des Frères qui n'ont atteint pas le degré en cause.

c) Le seul secret qui ne concerne jamais un autre Maçon est le secret d'appartenance.

Mais à l'égard des profanes, il n'a pas une portée absolue puisqu'un Maçon qui veut faire entrer un candidat en loge est obligé de se dévoiler. Théoriquement, cette faculté est réservée au Maître Maçon puisque, seul, il a le droit de présenter un profane. En. suite, les enquêteurs se dévoileront à leur tour, encore que l'on pourrait imaginer des méthodes qui éviteraient cette mise à découvert. On peut même se demander si les résultats des enquêtes n'en seraient pas améliorés.

Cependant, en certains cas précis, les usages font que même le secret d'appartenance d'un Frère vaut à l'égard des autres Frères. En effet, certains Frères placés à des endroits « stratégiques » , en général dans les services publics, doivent être protégés contre les sollicitations abusives ou des indiscrétions, notamment de la part de ceux qui quittent l'Ordre. Le Vénérable de la loge du lieu de résidence ou de travail de l'intéressé connaît seul son appartenance et en fait usage avec la prudence désirable qui n'est jamais superflue tant il est vrai que pour être Maçon on n'en est pas moins homme.

Il convient en effet de noter que ce serment, lorsqu'il est fait au premier degré, s'opère indépendamment du serment maçonnique proprement dit et avant les épreuves. Ce qui implique que quitter la Maçonnerie n'entraîne pas  le dégagement du serment qui a été prêté en tant que profane. Mais on peut toujours craindre le non-respect de la parole ainsi donnée.

Il faut néanmoins reconnaître que, compte tenu du grand nombre de Frères devenus irréguliers, c'est à dire démissionnaires, radiés ou exclus, ceux qui ne tiennent pas leur promesse de secret sont finalement peu nombreux.

Mais il y en eut qui firent des dégâts. Deux divulgations notamment sont célèbres, l'une dès le XVIIIème siècle et l'autre au début du XXème siècle.

Mais le problème important, c'est que ce secret en tant que tel peut sembler la cause d'une suspicion permanente et assez générale à l'égard de la Franc Maçonnerie, du moins dans les pays non protestants et plus exactement non anglo-saxons. La réaction des profanes est évidemment simple, simpliste même a si vous ne faites rien de mal, il n'y a pas de raison de vous cacher. Donc, si vous vous cachez, c'est que vous faites le mal. »

On remarquera néanmoins et ce n'est pas tout à fait un paradoxe que si tout le monde avait toujours gardé parfaitement le secret, la question n'aurait pas été posée puisque personne ne connaîtrait l'existence de la Franc-Maçonnerie. Mais ce qui, dans cette question, est intéressant, c'est que, faute peut‑être d'une instruction maçonnique valable, même des Maçons se la posent dans ces mêmes termes et, ce qui est grave, y répondent, non pas en profane, mais plus simplement en étourdis, puisqu'il suffit d'explications de nature profane pour justifier chacun des trois secrets distingués ci‑dessus.

Le secret des délibérations s'explique de façon simple : c'est la garantie de la liberté totale d'expression, condition fondamentale du travail de perfectionnement maçonnique. C'est ainsi que trois professions qui ont besoin de cette liberté d'expression de leurs «clients» sont traditionnellement astreintes au secret professionnel : les médecins, les avocats et les prêtres. S'y ajoutent le notaire dans certains cas, l'enquêteur des firmes d'études de marché et également le fondateur utilisé dans le perfectionnement de professionnels en place, ainsi que le journaliste... et même le policier. Mais on notera avec un intérêt particulier, en raison d'une certaine analogie de situation, l'application de la règle du secret à tous les participants d'un « groupe de diagnostic ».

Le secret des Rites, qui s'étend évidemment aux symboles qui en sont les éléments, s'explique aisément si l'on veut bien se rappeler que ces Rites constituent d'abord des épreuves. Or, il ne semble pas qu'il y ait jamais eu de contestation de la règle qui veut qu'on ne divulgue pas aux candidats les sujets d'examens avant que ceux-ci soient subis. La contestation ‑ si contestation il y a eu ‑ s'est plutôt élevée dans le cas contraire.

Reste le secret d'appartenance que, dans la Maçonnerie des pays catholiques, on a eu tendance à expliquer par la nécessité de se protéger contre l'hostilité de la société profane. La même explication vaut évidemment pour tout pays où la Maçonnerie est interdite et les Maçons persécutés comme dans nombre de pays islamiques, dans les démocraties populaires, et les Etats fascistes. D'où évidemment la tendance naturelle à faire découler l'abandon du secret et les retours à des institutions réellement républicaines.

Or, outre qu'on ne sait jamais si ces institutions ne seront pas abrogées par un régime totalitaire de adroite » ou de u gauche », ce qui justifierait la prudence, ce n'est pas là que réside le secret d'appartenance. Il réside dans la sauvegarde de la liberté de chaque Frère ‑ et cela de trois manières.

La première tient à cette essence indispensable d'une fraternité au sens de groupe humain qui n'est pratiquement pas compréhensible pour un profane. Celui‑ci suppose nécessairement qu'il y a entre ses membres quelques similitudes au niveau des préoccupations profanes et déduira (comme l'Anglais débarquant à Calais) du fait que tel Maçon qu'il connaît est un bourgeois ou un fonctionnaire ou membre d'un parti politique ou qu'il exprime telle opinion sur n'importe quoi ou qu'il a tel niveau de formation que tous les Maçons sont identiques, alors qu'au contraire, la Maçonnerie n'a de sens que si ses adeptes constituent ensemble une a micro-société. Par conséquent, on déclenchera une attitude chez le profane qui peut éventuellement nuire à un autre Frère ou à son activité profane.

La seconde tient au jugement de valeur que l'on peut porter si un Maçon connu comme tel ne se comporte pas selon la norme morale de la société profane. Outre que tout homme, même Maçon, est faillible, cela entraîne un jugement négatif sur la Maçonnerie en général et tout autre Maçon en particulier.

Et cela nous amène à la troisième protection, celle de la liberté même de l'Ordre, sa liberté intérieure. En effet, si ce secret n'existe pas, on risque d'y voir entrer des profanes animés du seul désir de se prévaloir ensuite de cette qualité par simple vanité. Or, la Maçonnerie est le lieu privilégié de la remise en question non seulement de soi‑même mais des valeurs régnant dans la Société. L'absence de secret risque d'en faire une sorte de Rotary auquel il est de bon ton d'appartenir, déviation dangereuse qui ne semble pas avoir épargné les Maçonneries des pays où l'on est volontiers connu comme Maçon. Une Maçonnerie qui se confondrait avec l' a Establishment » aurait perdu une bonne part de sa vertu initiatique.

Il est en tout cas probable que, en France, la divulgation par Vichy de l'importance de la Franc‑Maçonnerie dans la vie politique de la IIIème République, a amené à l'Ordre nombre de candidats peu désirables. Certains voudraient être sûrs qu'ils aient été tous refusés.

Certes, on peut faire valoir que le comportement exceptionnellement noble d'un Franc-maçon peut engendrer les vocations. Mais précisément si un Frère est à la fois remarquable et bon Frère, il voudra choisir le postulant, et comme il se dévoilera à un moment ou un autre au profane qui en vaut la peine, sa valeur personnelle aura alors tout l'impact voulu sur celui-ci.

Bien plus, le Franc-Maçon ne sera pas tenté de faire le bien parce qu'il est Maçon et qu'on le sait : il fera le bien simplement parce qu'il est Maçon. Il le fera donc librement. Et c'est finalement cela qui est important. Or, contrairement à ce qu'on pense, toute société tend à rejeter l'homme réellement libre car elle ne vit que par un minimum de normes. D'autre part, les hommes attribuent rarement un acte à des motifs désintéressés : le fait d'être connu comme membre d'une organisation, quelle qu'elle soit, amène les autres à attribuer les opinions aux directives de l'organisation.

Par là encore, le secret d'appartenance tend à accroître l'efficacité de l'homme dans le monde profane, en évitant de susciter contre lui une réaction qui serait dictée par la peur de l'organisation à laquelle il appartient.

Cependant, la situation est telle aujourd'hui à cet égard qu'une conduite de bon sens est difficile à définir en matière de secret, à distance opportune d'une rigueur absolue qui ne saurait être ré instaurée instantanément et d'un laxisme préjudiciable en définitive à la liberté maçonnique sous tous ses aspects.

En effet, dans la société profane où le conditionnement est roi bien au‑delà des limites où il a quelque utilité, la liberté ne s'établit pas dans un groupe de manière idéaliste et finalement purement verbale et pseudo‑magique : elle implique des barrages à la pression asservissante du dehors. Le secret est l'un de ces barrages qui permet la liberté de parole mais aussi la liberté d'attitude face à l'épreuve et enfin la liberté d'action de tous les Francs‑Maçons dans le monde

 

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