
"LE SILENCE DES APPRENTIS"
A chaque grade de la franc-maçonnerie correspond une étape du chemin initiatique qui doit conduire l'Homme à se parfaire. Pour l'Apprenti, le nouvel initié, ce moment du parcours
est particulièrement difficile car il va être confronté à une obligation de Silence" ( 4ème de couverture ).
Aux éditions "MAISON DE VIE", bien connues d'autres part pour la série des "symboles de la franc-maçonnerie" .L'auteur nous propose un voyage au cœur du "Silence des Apprentis". Le Silence, qui ne saurait être confondu avec le secret ou le mutisme, est un phénomène récurent de la démarche initiatique qui ne se présente pas comme une simple et unique interdiction de parler, mais bien comme un outils indispensable à tous les grades. Ce Silence est la Pierre de faîte, le fondement du franc-maçon futur. Il est important qu'il soit plus chargé de sens que tout autre symbole. Le silence des Apprenti n'est pas une exigence quelconque, ce n'est même pas une exigence formelle de tous les rites. Il est important d'en expliquer la nature plus que d'en imposer une pratique sans réflexion préalable. Le Silence est ici l'objet de l'étude et non une obligation étrangère à celle-ci.
Soyons clair, cette obligation somme toute récente au regard de l’Histoire et assez spécifique à la maçonnerie continentale ( cette obligation n'existe pas au Rite Emulation ) est une découverte pour le néophyte et, on le sait bien, aucune découverte ne peut reposer sur la contrainte sauf à risquer de transformer en objets anecdotiques les symboles et les outils du futur Maître. En effet, si le premier contact repose sur l'interdit, comment la confiance peut-elle s'instaurer ?
Le Silence de l'Apprenti est le cinquième voyage invisible de la cérémonie d'initiation tout autant que le viatique des Maîtres …

Beith[1] est la seconde lettre de l'alphabet hébreu et la première à posséder une qualité sonore. « Beith » est aussi la lettre qui commence le pentateuque, la première lettre de la Bible. A ce titre « Beith » peut symboliser l'humilité, la relativisation de l'importance que l'on se donne. Car, « Beith » resta longtemps convaincue que ce fut Elle qui était à l'origine de Tout, qu'Elle était la première à exister et, de ce fait, qu'Elle avait la charge d'initier le monde. Le Temps commence par une inspiration, un mouvement de crispation né d'une fluctuation, d'une alternative dans le continuum. Comme l'enfant juste né emplit ses poumons avant son premier cri, le « Beith » accueil le « daguesh » ( le point qui est en son centre ) avant de le rejeter en explosion. Il est dit : « Pourquoi Bet suit-elle immédiatement Aleph ? Parce qu'elle se trouve être au commencement de la création du monde.Et pourquoi comporte-t-elle une queue ? Pour montrer de quel lieu elle provient[1]. » C'est par son coin gauche supérieur en forme de queue dressée, que le « Beith » indique la direction du Nord, refuse de la puissance, désignant ainsi le point géographique de l'origine de Tout comme il est dit dans l'Exode : « je retirerai ensuite ma puissance protectrice et tu auras une vision de ce qui découle de Mon Existence. Toutefois, Ma propre essence ne peut-être vue[2] ».
La « créature » « Beith » ne connaît son origine qu'au travers de sa conscience instinctive. Elle ignore que le souffle qui lui donne naissance prend sa source dans l'inspiration qui la précède, elle n?en a aucune conscience car l'énergie au coeur de laquelle naîtra l'alternative, « Aleph », l'inspir est un moment silencieux en rupture de néant : le « rien » arrivé à son terme !
Précédant le commencement, le silence du « Aleph », n'était ni vu ni entendu, ni créé ni incréé, ni formé ni informe, il n'est que la naissance du Temps, ni déjà présent et pas encore passé ! Rien d'étonnant donc à ce que le « Beith » se soit pris pour la première vérité de l'univers, lui qui n'existe qu'entre le Présent et l'Avenir sans qu'il ne puisse y avoir eu de passé avant lui car c'est le Passé qui détermine la nature du Temps et la forme de la Création au fur et à mesure que les « présent » se succèdent et se dissolvent en lui.
L'intention du texte est manisfestement de donner un sens à la durée nécessaire à la mise en ordre du Monde. L'ordre des choses est ici désigné ; le Principe Crée Dieu-x et le terme employé pour désigner Dieu est un nom pluriel. Il ne s'agit pas de signifier ou de créer plusieurs dieux mais plutôt d'indiquer que tout « est et sera », que cette succession d'évenements révèle la nature de Dieu Créateur et que le passé du verbe être n'aura d'existence qu'à partir du moment où la Création pourra être constatée.
[1] Sepher ha-Bahir Mishnah 18
[2] Exode 33:23
"Two is a company,
three is a crowd"
" Fraternity is our hope,