Ineffabile Nomen Rerum Initium

 
“La baguette d’Aaron et la résurrection des morts.
L’os « fraudeur » ou « trompeur » ;
L’os indestructible est à l’origine de la restauration des corps
A l’avènement de la résurrection. »
Zohar I, 69a  »

« Il fut ordonné que notre Maître. serait enterré, de nouveau, aussi près du Saint des Saints que la loi des Israélites l'autorisait ; là, dans un tombeau ayant à partir du Centre, trois pieds à l'Est. et trois pieds à l'Ouest, trois pieds du Nord au Sud et cinq pieds ou plus de profondeur. Il ne fut pas inhumé dans le Saint des Saints, car rien de grossier ni d'impur ne devait y pénétrer, pas même le Grand Prêtre, sauf une fois par an, et cela seulement après maintes ablutions et purifications, en vue du grand jour de l'expiation des péchés car, d'après la loi israélite, toute chair était présumée impure.
Les quinze fidèles compagnons reçurent l'ordre d'assister aux funérailles, vêtus de tabliers et de gants blancs, comme emblèmes de leur innocence. Vous avez déjà appris que les outils avec lesquels notre Maître avait été assassiné, étaient : la Perpendiculaire, le Niveau et le Maillet.
Les ornements d'une Loge de Maîtres Maçons sont: le Portique, la Lucarne et le Pavé Mosaïque. Le Portique était l'entrée du Saint des Saints ; La Lucarne, l'ouverture qui l'éclairait, et le Pavé Mosaïque était destiné à être foulé par le Grand Prêtre.
La fonction du Grand Prêtre était de brûler de l'encens en l'honneur et à la gloire du Très Haut et de prier avec ferveur le Tout-Puissant, afin que dans Sa Bonté et Sa Sagesse infinies, il daignât répandre les bienfaits de la paix et de la sécurité sur la nation israélite pendant l'année à venir.
Le Cercueil, la Tête de Mort et les os, étant les emblèmes de la mort, font allusion au trépas prématuré de notre M. Hiram Abif. Il fut assassiné trois mille ans après la création du monde. »
Cérémonie d’élévation
Rite Anglais de type Emulation

Chronologiquement, le Tombeau d’Hiram occupe deux places distinctes. Immédiatement après son assassina, il est enterré à même le sol par les trois meurtriers. Le corps est transporté et abandonné à l’extérieur du chantier du Temple après son assassina.

Après avoir cherché dans les environs et « Visité l’Intérieur de la Terre », les Maîtres du Chantier le font renaître par « relévation », puis, il est transporté, sur l’ordre du Roi Salomon, dans le Saint des Saints où l’on construit pour lui une sépulture.

Arrêtons nous quelques minutes sur ces éléments.

Inquiet de la disparition d’Hiram, Salomon demanda à neuf Maîtres ou à douze Compagnons revêtus de gants et tabliers blancs, selon les traditions, d’entamer la recherche du corps. Rien ne précise, dans les rituels qui nous occupent, qui étaient ces neufs Maîtres. Néanmoins, on sait que le mot de maçon ne pouvait être prononcé valablement hors de la présence des Trois Grands Maîtres, Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abi, associés par analogie aux trois grandes lumières de la maçonnerie.

Dans la mesure où il s’agit de rechercher Hiram Abi, disparu et où la légende précise implicitement que Salomon est resté à Jérusalem, on peut légitimement penser que le chef de l’expédition est le Roi Hiram de Tyr. Cela semble d’ailleurs confirmé par le fait qu’à la seconde recherche, c’est sur le Mont Liban que fut découverte la sépulture.

« Ces compagnons ayant rendu compte à Salomon de l'inutilité de leur recherche, il ordonna à neuf maîtres de faire une seconde recherche. Ceux-ci furent sur le mont Liban, et le deuxième jour, l'un d'eux, excessivement fatigué, voulut se reposer sur un petit monticule. Là, il aperçut des branches d'arbres nouvellement coupées et plantées dans la terre. Il les arracha, et vit par-là que la terre avait été fraîchement remuée. Après avoir sondé la fouille dans ses trois dimensions, largeur, longueur et profondeur, il appela ses camarades, et leur fit part de sa découverte. Ensuite ils se mirent à ôter la terre avec beaucoup de précaution, et parvinrent à trouver ainsi le corps de notre R.·. maître Hiram, qui avait été assassiné; mais n'osant, par respect, pousser leur recherche plus loin, ils recouvrirent la fosse; et pour reconnaître le lieu, ils coupèrent une branche d'acacia, qu'ils plantèrent. »
Rite Ecossais Ancien et Accepté

D’autres pistes peuvent nous indiquer le lieu et la nature de cette sépulture, pistes géographiques tout autant que symboliques si l’on se penche sur un élément particulier de la prononciation de l’un des « Mot de Maître » dont on dit qu’il permit de « relever » Hiram. Au rite Français il s’agit de « Mac Benach » , mot qui relève d’une pratique assez ancienne puisqu’il figure déjà dans un rituel de 1770. De nombreuses interprétations de ce mot ont été avancées, notamment chez Thomas Payne  ( 1737-1809) qui y voit une origine druidique par le fait de termes celtiques qui voudraient dire « fils ( mac ) de la Veuve ( Benac ). Ou encore, depuis 1751, « La chair se sépare des os ». Mais, là n’est pas le propos immédiat. La similitude entre « Mac Benah », qui est une autre forme de prononciation et « Makpélah  » qui est le nom de la caverne achetée par AbRaHaM et dans laquelle il enterra sa femme Sarah et fut enterré lui-même après sa Mort, ne nous échappera pas. Selon le Zohar, cette grotte serait aussi le Tombeau d’Adam. On comprend qu’il s’agit encore une fois de complémentarités, du présent et du Passé.

Néanmoins, dans les deux cas, il semble surprenant de retrouver le corps du Maître aussi loin du chantier du Temple de Jérusalem, car la grotte de Makpélah se trouve à Hébron et le Mont Liban, sommet culminant du Moyen-Orient est, pour sa part, dans la plaine de la Békaa au Liban Sud. Si l’on attribue les incohérences géographiques à la méconnaissance de la région par les fondateur du rite, il reste, ce qui est tout à fait naturel, le lien symbolique. A quoi nous renvoient les pistes du Mythe ?

  • Un mot détenu par trois Mages et qui permet d’entretenir la Vie au delà de la Mort. Il n’est question nulle part de « résurrection » mais bien de « relévation ». Même si le mythe offre un caractère éminemment Christique, il n’est pas question d’identifier Hiram au Christ.
  • Abraham, celui qui voyage, qui part au delà de son pays. En terme maçonnique c’est le Compagnon, particulièrement dans les rites continentaux qui font effectuer au Compagnon un pas de côté avant de se stabiliser, un pas qui « voyage » et qui conduit au « lieu indiqué », en référence à la Genèse ( 12 ;1 ).
  • Hiram, Roi de Tyr, le premier Hiram qui recherche le second, comme le « vieil homme » cherche parfois à se rappeler à nous.

To be continued
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