Prémices et lieux... Mister Green fleurit à la Saint Jean

« Un pays qui n’a plus de légendes,
dit le poète,
est destiné à mourir de froid.
C’est bien possible.
Mais un peuple qui n’aurait pas de mythes
serait déjà mort. »
Georges Dumézil.


La Saint-Jean d'été est un moment très spécial, de toutes les traditions il n'en est pas une qui ait donné naissance à un plus grand nombre de pratiques superstitieuses que celle de ce solstice.

En cette période de l’année, la durée du jour commence à diminuer et les festivités qui ont déjà commencé depuis près d’un mois autour des arbres de Mai et sous la protection des esprits de la forêt arrivent à leur point culminant.

Les pierres dansent durant la nuit, elles tournent et libèrent leurs secrets sous le regard bienveillant de lucioles qui sont comme autant de regards dans les arbres. C’est la période consacrée à la cueillette de certaines plantes aux propriétés magiques, roboratives et aphrodisiaques -Cf. Arnold van GENNEP, Manuel de folklore français contemporain, Paris - Robert Laffont, coll. Bouquins, 1999 (tome II) -.

Les graines de légumes et de plantes, récoltées la veille de la Saint-Jean, se conserveront mieux que les autres, les fleurs cueillies ce jour ne se flétriront jamais.

C’est à ce moment que fleurit le robinier. Ce faux acacia de nos campagnes du nord de l’Europe aimé des abeilles qui en font un miel délicieux nous permet de déguster ses fleurs, en beignets, jusqu’au début des chaleurs. Malheureusement, il n’a été importé du Canada dans nos régions qu’à partir du XVIIème siècle. Il ne peut donc pas s'agir de lui dans nos traditions maçonniques bien antérieures à cette époque. Cela, même si cet arbre était devenu très commun à l’époque de la première mention connue du grade de Maître de la franc-maçonnerie dont fait état le « minute book » de la Philomusicae Society de Londres, en date du 12 Mai 1725

La Société « Philomusicae et Architecturae Apolloni Society » fut établie en 1725 par un petit groupe de francs-maçons amateurs de musique et d’architecture. Il s’agissait d’une société para-maçonnique comme il en existait beaucoup à cette époque. Ce petit groupe totalement insignifiant aurait pu resté ignoré des historiens si les « minutes » du 12 Mai 1725 n’avaient attiré leur attention sur le fait que cette Loge ou cette Société-Loge conférait deux grades au dessus de celui d’ « Apprenti-Entré » ; celui de Compagnon et celui de « Maître ».

Dans les campagnes de France, aussi bien sur les îles de Grande Bretagne et d’Irlande, on estime que certaines vertus végétales ne peuvent être captées qu'à cette période solsticiale de l'année durant laquelle même les portes de la Mort s'entrouvrent pour laisser passer les germes du renouveau.

Le pays des Morts, les Hadès, le Gwenwed laisse libre pour quelques mois ceux qui ont pour mission de présider aux moissons sous la surveillance d’esprits immortels. En fait c’est de cela qu’il est question, de la pérennité de la vie, du renouveau et des moissons. Les arbres du solstice portent avec eux le devoir de veiller à la continuité du monde.

Ainsi que nous l’avons déjà vu, les traditions se sont transmises par la pierre et son usage, par les cérémonies et le folklore, et, plus encore, par les mystères et fabliaux, jeux de rôles éducatifs qui se sont peu à peu transformlés en rituels.

Chacun reconnaît le symbolisme qui unit les colonnes du Temple aux arbres et nombreuses sont les comparaisons entre les alignements de colonnades et la forêt. Mais là ne s’arrête pas la comparaison, en effet, ces bois sont peuplés et celui qui les habite réside tout autant dans les églises et cathédrales.

Constructeur et protecteur, il veille au cycle des jours et des saisons du haut des voûtes. On le trouve le plus souvent à la jointure des arcs, à l’angle des décors à l’endroit où les colonnes se courbent pour laisser place aux arrondis qui formeront le toit ou à la place de la pierre de faîte, là où se rejoignent les arcs de voûte.

Il veille depuis si longtemps aux frontons des temples romans, gothiques ou byzantins, accroché comme un coquillage sur tous les vaisseaux de pierre de la vieille Europe qu'on ne le regarde même plus. Il fait partie de notre vie et il dansait déjà sur les murs des cavernes préhistoriques, en partie homme, en partie cerf. Shaman puissant avec qui l’on converse volontiers dans le silence des monastères. Il est là depuis si longtemps que l’on ne le voit plus. Sa bouche ouverte sur un rictus laisse paraître un flot de verdure comme si toutes les plantes qui couvrent les parvis et dessinent le dernier repos des morts naissaient en lui de toute éternité.

La clé de voûte qui observe le monde en silence est l’écho, au fond de la mémoire, des paroles du Livre de Job : « Un arbre a de l'espérance: Quand on le coupe, il repousse, Il produit encore des rejetons; Quand sa racine a vieilli dans la terre, Quand son tronc meurt dans la poussière, Il reverdit à l'approche de l'eau, Il pousse des branches comme une jeune plante. Mais l'homme meurt, et il perd sa force; L'homme expire, et où est-il ? » Job, 14 ; 7-10

Né d’une tradition orale issue des anciennes mythologies celtiques et nordiques, l’Homme Vert est encore aujourd’hui présent dans les fêtes populaires, les carnavals et les célébrations saisonnières comme c’est encore le cas à Hastings, par exemple, durant les fêtes de Mai.

Il veille sur le bon déroulement des choses, sur l’équilibre du monde et, par voie de conséquences, sur le cheminement des hommes au pays de la Mort.

Les branches fleuries ou les fleurs posées ou jetées sur les cercueils sont l’image de cette protection et notre rameau doré de pompons d'acacia en est le symbole. Cette branche indique la voie à suivre et l’éternel retour car ce sont toujours des espèces dont la floraison s’effectue à la fin de l'hiver ou au début de l’été qui sont jetées au moment de la mort.

Les chrysanthèmes de l’automne n’indiquent pas l’éternel retour mais l’immanence du temps et le partage du destin.

Pour les francs-maçons cette floraison est le lien qui permet de déterminer du moment de la relévation d’Hiram. Chaque foliole, chaque fleur représente un pas, une étape vers un retour qui culminera avec l’aide apporté au Vénérable Maître dans le geste qui permettra de retrouver le sens de la destinée humaine.

Ainsi, cet homme maintes fois tombé et maintes fois relevé se nomme de différents noms, qu’il soit Osiris, Pan, Balder, Dionysos ou Hiram, de quelque forme qu’on le présente, il meurt toujours pour se relever comme le grain, comme le bois sec de l’Acacia du Nil qui brille des feux du soleil aux premières pluies. Il est la transformation symbolisée par le retour du sommeil de Perceval et son transfert vert Gauvain qui sera seul à l'éveiller.

Le Dieu Cornu est presque aussi ancien que la Grande Terre Mère. Il est le Dieu de la Nature, le Dieu de la Forêt et des Animaux. Entouré par ceux dont la vie dépend autant de la Terre nourricière que les plantes elles-mêmes. Il est le Dieu de leur force vitale. Sa représentation, autant celle des Dieux ou d'un shaman, est peinte sur les murs de ces profondes cavernes, parce qu'il est aussi une force de fertilité, inséminant la Grande Terre Mère par qui les animaux sont nés. L'Homme-cerf est celui qui forge les colonnes du monde, il est aussi celui qui féconde les vierges au coeur de la forêt durant les nuits de Belthane.

Les Dieux Cornus sont des Dieux de la puissance animale, de la sexualité et de la force, de la liberté et des instincts, du sauvage et du corps, il exprime ces qualités d'une manière que l'on ne retrouve pas dans la confusion de l'Homme Vert avec le Dieu Soleil.


Quand vous faîtes la connaissance de sa force, tout peut arriver. Il est la puissance que vous pouvez invoquer pour faire la plus plaisante de toutes les magies car elle est trop puyissante et trop versatile. Le Dieu Cornu exprime la Terre sacrée, la présence du Masculin Divin dans le monde. Il est le cerf ou le Dieu à ramures nommé Herné ou Cernunnos parmi les Celtes et les Anglais et il est décrit comme un taureau par les grecs, les romains et les égyptiens ; comme Dionysos, comme le Minotaure qui conduit la bataille au coeur du Labirynthe, à l'Intérieur de la terre où se trouve la pierre occulte... Il est aussi Poseïdon, Neptune qui forge les colonnes de Gibraltar pour mieux contrôler les portes du Monde connu. Il est Apis, et Osiris. Il est le lubrique Dieu aux Pieds de Bouc, et Pan, connu partout dans le monde pré-Chrétien, et ne partage aucune ressemblance, quoiqu'il y paraisse, avec le démon Biblique Satan (mais Son image de bouc à été utilisée mal à propos par l' Eglise pour décrire Satan, comme une façon de diaboliser le Dieu Païen).

L'image de l 'homme vert révèle la sagesse et la sérénité de la végétation muette ainsi c'est le fou, le nicolas, le bois-de-pente-côte, le petit homme de mai, le sylvain-aux-branches, jack-in-the-green l'homme vert est prudent, grand, vieux, malin, puissant, et vert tranquille , il guette s'approcher, comme le loup en hiver, jusqu'aux maisons des hommes la buée sur le verre de leurs fenêtres, le nez sur la flamme de leur feu surveillance bienveillante, amicale et patiente haute surveillance humilité…
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