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"I keep six honest
serving men
( they taught me
all I knew );
Th
eir names are
What
and Why and When

And How
and Where and Who."

Rudyard Kipling
 

Info...

C'est plus que de l'info, c'est carrément du lourd, Francine, ma québécoise préférée, vient de publier un article qui pèse son poids d'infos... tous, et je dis bien TOUS les amateurs d'histoire de la maçonnerie DOIVENT, toute affaire cessante lire ce qu'elle vient de déterrer sur la bande à Roslyn...
La Declaration Bee the Masons' du 21 décembre 1583. Finalement, on va finir par y voir clair !

Pour ceux et celles qui suivent, on peut aussi rejoindre Francine en cliquant ici.


En librairie et sur la Toile :


Vous le savez bien puisque vous êtes nombreux à visiter, sur ce blog, la page qui en porte le titre,

« L'ACACIA M'EST CONNU ».

C'est ce que dit le Maître maçon. De la même manière, il affirme avoir Visité l'Intérieur de la Terre.  Dans la Loge, il est celui qui plante le rameau d'Acacia, le fanal qui lui a montré le chemin durant ses voyages. Cette petite lumière fleurie, annonciatrice de l'avenir, est celle qui permet de retrouver son chemin au cœur des ténèbres d'un monde virtuel dont le souvenir reste dans les rituels. Avec elle, le Maître poursuit son but, quelles que soient les embûches. Le rameau aux fleurs d'or affirme son niveau de conscience car l'Acacia est un très ancien et très puissant symbole initiatique. Il affirme aussi que la Mort est l'ultime et inséparable objet de la Vie et non une damnation.Plus que tout autre emblème maçonnique, l'Acacia, couronne épineuse du Christ, est le signe de la connaissance des Maîtres. Il est  le messager de la victoire spirituelle et l'esprit de la manifestation des cycles de mort et de renaissance. Depuis la plus haute antiquité, l'Acacia et le Maître ne font qu'un. Ce rameau d'or sur une motte verte est ce qu'il nous reste des anciens Dieux au coeur de nos rituels... 


Toujours disponible
 

"LE SILENCE DES APPRENTIS"

A chaque grade de la franc-maçonnerie correspond une étape du chemin initiatique qui doit conduire l'Homme à se parfaire. Pour l'Apprenti, le nouvel initié, ce moment du parcours est particulièrement difficile car il va être confronté à une obligation de Silence" ( 4ème de couverture ).

Aux éditions "MAISON DE VIE", bien connues d'autres part pour la série des "symboles de la franc-maçonnerie" .L'auteur nous propose un voyage au cœur du "Silence des Apprentis". Le Silence, qui ne saurait être confondu avec le secret ou le mutisme, est un phénomène récurent de la démarche initiatique qui ne se présente pas comme une simple et unique interdiction de parler, mais bien comme un outils indispensable à tous les grades. Ce Silence est la Pierre de faîte, le fondement du franc-maçon futur. Il est important qu'il soit plus chargé de sens que tout autre symbole. Le silence des Apprenti n'est pas une exigence quelconque, ce n'est même pas une exigence formelle de tous les rites. Il est important d'en expliquer la nature plus que d'en imposer une pratique sans réflexion préalable. Le Silence est ici l'objet de l'étude et non une obligation étrangère à celle-ci.

Soyons clair, cette obligation somme toute récente au regard de l’Histoire et assez spécifique à la maçonnerie continentale ( cette obligation n'existe pas au Rite Emulation ) est une découverte pour le néophyte et, on le sait bien, aucune découverte ne peut reposer sur la contrainte sauf à risquer de transformer en objets anecdotiques les symboles et les outils du futur Maître. En effet, si le premier contact repose sur l'interdit, comment la confiance peut-elle s'instaurer ?

Le Silence de l'Apprenti est le cinquième voyage invisible de la cérémonie d'initiation tout autant que le viatique des Maîtres …

 

 

Catégories

Le regreté Idries Shah nous a fait rêvé de nombreuses nuits avec ses contes Orientaux, qu'ils soient Soufis ou bien Perses,. Il y eut aussi les récits de l'incomparable Mullah Nasr'Eddin... au pays des aveugles, les borgnes sont assez mal vus...  Justement, en parcourant à l'aveuglette les pages des contes Derviches, publiés au "courrier du Livre" en 1979, voici que je tombe sur cette définition de la barbarie :

"Un barbare, c'est quelqu'un dont les perceptions manquent à ce point de sensibilité qu'il croit pouvoir appréhender par la pensée ou par le sentiment, quelque chose qui ne peut être perçu que par le développement de soi et une constante application à atteindre Dieu..."

Il est vrai que je travaille de midi (encore que je prenne parfois quelque rafraichissement) à minuit, humble (cela dépend des jours), courbé devant le Gadlu... mais tout de même, quelle perspective... Elle s'ouvre directement sur les propos récent de la philosophe Isabel Stengers, à savoir que la Barbarie commence quand ce qui était insupportable devient naturel... il semble, pour la première citation, que cette vision soit due à Ahmed-el-Bedavi, fondateur des Bedavii égyptiens et qui nous a quitté en 1276... Bedavi était, de son vivant, rejeté par les musulmans qui l'accusaient d'être trop compatissant evers les chrétiens qui, eux-mêmes, le rejetaient parce que Musulman... On croirait décrire les relation des Loges entre elles... Enfin, ne soyons pas trop pessimiste, le monde est à construire et la perfection n'est pas toujours au rendez-vous... il faudrait, cependant, que le mur ne s'écroule pas trop souvent... Mais ce n'est pas de barbarie que je voulais parler mais de bien d'autre chose... en fait, je souhaitais aborder les certitudes et leurs conséquences...

Voici le conte tel qu'il est donné par Idries Shah...

Il était une fois un homme qui contemplait l'opération de la nature. A force de concentration et d'attention, il finit par découvrir le moyen de faire du feu.

Cet homme s'appelait Nour. Il décida de voyager de com­munauté en communauté pour faire part aux gens de sa découverte.

Nour transmit le secret à de nombreux groupes. Certains tirèrent parti de cette connaissance. D'autres, pensant qu'il devait être dangereux, le chassèrent avant même d'avoir eu le temps de comprendre de quel prix cette découverte aurait pu être pour eux. Pour finir, une tribu devant laquelle il faisait une démonstration fut prise de panique : ces gens se jetèrent sur lui et le tuèrent, convaincus d'avoir affaire à un démon.

Les siècles passèrent. La première des cinq tribus qui avaient appris à faire le feu en avait réservé le secret à ses prêtres. Ils vivaient dans l'opulence et détenaient tout pou-voir tandis que le peuple gelait.

La seconde tribu finit par oublier l'art de faire le feu et idolâtra les instruments. La troisième adorait une représen­tation de Nour lui-même : n'était-ce pas lui qui les avait enseignés ? La quatrième tribu conserva l'histoire de la créa­tion du feu dans ses légendes ; certains y ajoutaient foi, d'autres les rejetaient. Seuls les membres de la cinquième communauté se servaient effectivement du feu, ce qui leur permettait de se chauffer, de faire cuire leurs aliments et de fabriquer toutes espèces d'objets utiles.

Un jour, un sage accompagné d'un petit nombre de ses disciples entreprit de traverser les territoires occupés par les

cinq tribus. Les élèves furent stupéfaits de découvrir une telle variété de rituels. Et de dire à leur maître : « Mais ces différents procédés ne se réfèrent-ils pas tous à l'art de faire le feu et à rien d'autre ? Nous devrions éduquer ces gens !

-      Eh bien, nous allons refaire notre voyage, proposa le maître. Lorsqu'il sera terminé, ceux qui auront survécu connaîtront les vrais problèmes et la manière correcte de les aborder. »


Quand ils arrivèrent sur le territoire de la première tribu, ils furent reçus avec hospitalité.

Les prêtres invitèrent les voyageurs à assister à leur cérémonie religieuse au cours de laquelle un feu allait être allumé. Quand ils en eurent fini et que la tribu eut manifesté son émoi devant l'événement, le maître demanda : « Quelqu'un désire-t-il prendre la parole ?

-      Pour la cause de la Vérité, je me sens contraint de dire quelque chose à ces gens, dit le premier disciple.

-      Si tu veux le faire, à tes risques et périls, je t'en donne la permission », dit le maître.

Le disciple s'avança et en présence du chef de la tribu et des prêtres, il déclara : « Je peux accomplir le miracle que vous prenez pour une manifestation spéciale de la divinité. Si je le fais, reconnaîtrez-vous que vous êtes dans l'erreur depuis bien longtemps ?

-      Saisissez-vous de cet homme ! » s'écrièrent les prê­tres. On l'emmena et on ne le revit jamais plus.

Puis les voyageurs entrèrent dans le territoire voisin où la seconde tribu idolâtrait les outils qui servaient à faire le feu. Une fois encore, un disciple se porta volontaire pour essayer de faire entendre raison à la communauté.

Ayant reçu la permission du maître, il dit devant la tribu rassemblée : « Je sollicite la faveur de vous parler comme à des êtres raisonnables. Vous vénérez les moyens par les-quels quelque chose peut être fait, même pas la chose en soi. Vous retardez ainsi le moment de son utilisation. Je connais la réalité qui est le fondement de cette cérémonie. »

Les membres de cette tribu étaient plus raisonnables. Ils répondirent au disciple : « En tant que voyageur et étranger, tu es le bienvenu parmi nous. Mais, puisque tu n'es pas des nôtres et que tu ignores tout de nos coutumes et de notre histoire, tu ne peux comprendre ce que nous faisons. Tu te trompes. Peut-être même essaies-tu de nous enlever notre religion ou de la modifier. En conséquence, nous refusons de t'écouter. »

Les voyageurs poursuivirent leur chemin.

Lorsqu'ils arrivèrent sur les terres de la troisième tribu, ils trouvèrent devant chaque maison une idole qui représen­tait Nour, le faiseur de feu originel. Ce fut au tour du troi­sième disciple de s'adresser aux chefs de la tribu :


« Cette idole représente un homme qui lui-même repré­sente un pouvoir - et ce pouvoir peut être exercé.

-      Peut-être en est-il ainsi, répliquèrent les adorateurs de Nour, mais il n'est donné qu'à une minorité de pénétrer le vrai secret.

-      A la minorité qui le comprendra. Pas à ceux qui refu­sent de regarder certains faits en face, dit le troisième dis­ciple.

-      C'est là pure hérésie de la part d'un homme qui ne parle même pas correctement notre langue et qui plus est, n'est pas un prêtre de notre religion », murmurèrent les prêtres. Et il ne put aller plus loin.

Le groupe continua son voyage et arriva bientôt au pays de la quatrième tribu. Un quatrième disciple s'avança devant tout le peuple assemblé.

« L'histoire des faiseurs de feu est vraie et je sais com­ment faire du feu », dit-il simplement.

La confusion se répandit dans la tribu qui se divisa aussi-tôt en plusieurs factions. Certains dirent : « C'est peut-être vrai. Et si c'est le cas, nous voulons savoir comment faire le feu. » Mais, quand le maître et ses adeptes eurent interrogé ces gens, il s'avéra que la majorité d'entre eux étaient désireux d'utiliser ce savoir-faire à leur propre avan­tage et qu'ils ne comprenaient pas qu'il était destiné à favo­riser le progrès de l'humanité. Les légendes déformées avaient pénétré si profondément dans l'esprit de la plupart que ceux qui pensaient qu'elles pourraient bien représenter la vérité étaient souvent des déséquilibrés, qui n'auraient pas été capables de faire du feu même si on leur avait montré comment procéder.

Il se trouva une autre faction pour affirmer : « Il est évident que ces légendes ne reposent sur rien. Cet homme essaie tout bonnement de nous mystifier pour se faire ici une place au soleil ! »

« Nous préférons les légendes telles qu'elles sont, pro-clamait un autre groupe, car elles constituent le ciment même de notre cohésion. Si nous les abandonnons et que nous découvrons par la suite que cette nouvelle interprétation est sans valeur, qu'adviendra-t-il de notre communauté ? »

Et il y avait encore bien d'autres points de vue.

La petite troupe continua son voyage jusqu'à ce qu'elle atteigne le territoire de, la cinquième communauté. L'em­ploi du feu y était chose banale et ses membres avaient d'au­tres problèmes à affronter.

Le maître dit alors à ses disciples :

« Vous devez apprendre à enseigner car les hommes ne veulent pas de l'enseignement. Tout d'abord, il vous faudra leur apprendre à apprendre. Avant cela même, vous devrez leur apprendre qu'il y a encore quelque chose à apprendre. Ils imaginent qu'ils sont prêts à apprendre mais ils ne veu­lent apprendre que ce qu'ils s'imaginent devoir apprendre, et non ce qu'il leur faut apprendre en tout premier lieu. Quand vous aurez appris tout cela, alors serez-vous en mesure d'inventer les voies de votre enseignement. La con-naissance sans la capacité spéciale d'enseigner n'est pas la même chose que la connaissance plus la capacité. »


So mote it be...

 



Maintenant, nous voyons dans un miroir, obscurément: mais alors nous verrons face à face. Maintenant, je connais partiellement, mais alors je connaîtrai comme je suis connu.

(St. Paul- Corinthiens XIII. 12 )

 

 

ans « le Dictionnaire des Symboles », le silence est opposé au mutisme : le silence est un prélude d'ouverture à la révélation, le mutisme est la fermeture à la révélation. Le silence donne aux choses grandeur et majesté, le mutisme les déprécie et les dégrade. L'un marque un progrès, le respect et l'attente, l'autre une régression. Le silence est l'attribut de l'auditeur, ce même auditeur qui maîtrise le monde car, quoi qu'on dise ou fasse, chaque silence, chaque parole n'existe que par celui qui l'écoute. Le silence se présente alors comme la totalité des mots, comme l'ensemble des Paroles. A l'origine du monde, ce qui est sacré n'est ni nommé, ni représenté, c'est seulement lorsque l'Homme veut s'affirme qu'il donne des formes à son ignorance, pour se rassurer pour affirmer son autonomie, car le silence est juge. Le signe et le Nom son déjà des altérations du Verbe Divin, de la Conscience de Dieu par sa substitution matérielle, un détournement de la connaissance Sacré. La Parole et le Signe son des forces d'incarnation, donc de faiblesse, ils appellent le Divin, obligent le Sacré à agir donc à s'affaiblir pour créer1. C'est la raison pour laquelle nommer un être ou une chose est un acte si important. Un individu n'existe que par son nom, c'est ce nom, qu'il lui soit donné à sa naissance ou qu'il lui soit donné par d'autres, plus tard, qui détermine l'être et ses rapports avec celui qui l'a nommé. Adam crie le nom des animaux pour les soumettre et il nomme cette autre part de lui pour exister. Le silence entre la forme et le son est la propriété de l'Eternel.

 

C'est aussi cette forme de silence qui codifie la Vérité. Qu'est-ce que la Vérité sinon cet état de plénitude qui nous envahi dès lors que nous sommes en accord avec nous même, que nous avons l'impression d'exister, que nos actes sot en harmonie avec notre pensée. Mais où trouver cette pensée, où la nourrir, sinon dans le silence, ce silence qui permet de comprendre, de s'emplir de sens. Il n'y a pas d'autre forme de Vérité, en effet, ce terme ne s'applique pas à la description aléatoire de faits ou d'actes. On se souvient du conte de Rashomon2 durant lequel on voit les témoins d'un meurtre se présenter devant le Juge et raconter l'Histoire du crime... chacun offre une version radicalement différente qui représente pourtant la véracité des faits. Ici, dans le silence des passions, le but est de nous conduire au fond de nous même vers ce lien qui exige l'équilibre entre ce que l'on sent et ce que l'on dit. Une part de cette Vérité se trouve tapie dans le Cabinet de Réflexions dans lequel l'Apprenti encore Profane a séjourné à son arrivée et ou, déjà, il été confronté au silence, comme le disait Kalil GIBRAN :  « vous parlez lorsque vous cessez d'être en paix avec vos pensées. Et quand vous ne pouvez séjourner davantage dans la solitude de votre cœur, vous vivez dans vos lèvres, et la voix est diversion et passe-temps ». Seul le silence permet d'accroître la réceptivité et cette conscience particulière de l'autre dépasse la limite des sens. Etre réceptif ne signifie pas être passif. Etre réceptif permet une forme d'action, action sur soi et sur les autres. Nous revenons alors à cet équilibre entre ce que l'on pense et ce que les autres dises, cet équilibre entre soi et les autres, dès lors on touche du doigt l'âme des symboles qui ne se présentent plus, dès lors, que comme des guides vers l'altérité... une forme de Vérité....

 

 

"La condition souveraine du savoir est le silence car seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse."

Alfred de Vigny


 

D'autres, parmi les maçons, pensent que le silence renforce l'empathie parmi les membres de l'assemblée maçonnique. L'apaisement que ressent le maçon dans sa Loge provient de cette distance que creuse le rythme des tenues avec la vie profane. La communication, en effet, ne peut devenir communion sans un rapport intime au silence. La rencontre la plus décisive se vit dans l'expérience commune de l'indicible, au delà des mots, avant que ceux-ci ne soient créés, ne soient pensés, il s'agit alors d'un dialogue de silence qui donne tout son sens à la communication.

 

Dans la théorie psychanalytique le silence en séance est le lieu où l'on fait un colloque avec soi-même, dans le monde maçonnique il s'agit d'une communication privilégiée avec ces parties de soi, ces autres « ego » restés enfouis dans l'ignorance, mais c'est aussi l'ouverture vers une certaine forme d'empathie avec les autres Frères. Nos propres alter ego deviennent ainsi les Frères et les sœurs, part de nous même autant que sommes une part de ce qu'ils sont.

 

C'est dans le cabinet de réflexions que cette communication silencieuse prend corps pour la première fois pour le futur apprenti, ce le silence du cabinet de réflexion est un séjour, un passage, l'épreuve de la terre. Comment l'homme se situe dans l'univers, perçoit son propre destin, peut essayer d'exercer ses propres pouvoirs sur la matière et son devenir d'humain. A ce niveau le silence devient un moyen de communication interne. Quand les passions, les vaines apparences de la société, se sont tues, il y a enfin place pour la communication avec l'essentiel.

Où commence le silence et finit la méditation?

 

Alors qu'il est plus facile penser à la conception de parole et l'adjoindre, naturellement, à l'idée de communication, voire, de création, il est plus difficile concevoir le silence comme un instrument qui conduise ou facilite un rapport communiquant.

La question est la suivante: est-ce que le silence peut créer, établir, un rapport, une relation?

 

La Parole privée de sens devient Parole perdue. Le silence privé de sens est aussi une parole perdue. C'est peut-être là que réside une partie de la réponse à notre problème, encore une partie de la Vérité ?

 

En hébreu, Vérité3 ( HMT ) se dit « HeMeT », ce mot comporte la lettre Aleph dans son orthographe d'origine. Cette lettre est celle de l'Unité, elle est la première lettre de l'alphabet hébreu et ne se prononce pas, elle est à la fois l'Un et le silence. Ce simple constat semble indiquer l'importance du silence dans la Vérité, mais, continuons notre analyse : si l'on enlève le Aleph4 du mot HeMeT, on obtient le mot « met » qui signifie « mort » cela confirme bien cette importance ; une vérité qui n'est pas silencieuse est une vérité morte. Il existe donc un rapport entre le silence et la vie, le silence est le retrait, donc, le silence est créateur5. Rappelons nous la légende du Golem. Si l'on efface le Aleph inscrit sur son front, il meurt... on le sait, le Golem est muet et le Aleph ne se prononce pas.

 

Donner la Vie à la Parole, le silence a bien d'autres rôles importants. Autre élément, celui du pavé mosaïque fait alternativement de dalles blanches et noires. Le noir n'est-il pas alors la couleur de l'apprenti puisque cette couleur est détresse. "Comme un « rien » sans possibilités, comme un rien mort après la mort du soleil, comme un silence éternel, sans avenir, sans l'espérance même d'un avenir, résonne intérieurement le noir".

 

De fait, les groupes qui utilisent les communications non verbales tel que le silence des apprentis se présente à nos yeux, rêvent d'un espace édénique. Ils recréent cet espace régulièrement et selon des moyens rituels qui leurs sont propres, le refus de la parole à certains membres du groupe est toujours un moyen de communiquer et cette communication est déplacée en d'autres lieux, d'autres temps. Les Francs-maçons utilisent le temps réel suivant des constantes repérables, ils répètent toujours des constantes chronologiques, un mode d'animation, une alternance de dilution et d'effervescence durant les tenues suivant un rythme qui semble intégrer les capacités d'attention des membres. Un groupe fonctionnant sur une durée très brève parcours généralement le même chemin que celui dont les travaux s'étendent sur une « éternité ». Les modalités sont identiques, seuls les impératifs pèsent plus.

 

Que signifie ce fonctionnement ? De fait, l'imposition d'une forme de communication non verbale à certains membres du groupe crée un vide central. On est sur le qui-vive, les apprentis sont placées au premier rang, de là, on peut les surveiller. En veillant sur lui, on affirme sa volonté de voir tout le monde, d'appréhender le monde, on se sécurise en se convainquant que l'on n'est plus seul.

En fait, il ne s'agit pas de surveiller les apprentis, mais de veiller à ce que l'espace qu'ils occupent ne soit pas un espace vide... ce qui signifie que le Maître Maçon a particulièrement peur du vide et que cette peur lui impose de construire autour du néant afin de recréer un univers rassurant qui serait le siens, mais, cet univers est-il toujours si différent du monde réel ? Dès lors que le silence est un vide sans absence, la question que l'on peut se poser est : a-t-on peur du Vide ou de l'Absence ? Les Francs-maçons qui étudient les symboles visibles font ils bien la différence entre le silence, le néant, l'absence...le vide ?

 

Le silence n'est pas ici une forme vide, mais une forme de communication. Le vénérable invite, par ses gestes, à quitter l'espace clos pour entrer en communication. L'espace devient la structure scénique du rite dès lors que l'ensemble des mots et des silences sont liés.

 

 

La peur de l'espace renvoie à une peur beaucoup plus ancienne et qui va bien au delà de l'espace lui même. La plupart des francs-maçons attribuent leurs facilités de communication en Loge au rituel lui-même, ils constatent et expliquent la transformation du local en Temple par les actes et les gestes. C'est, en partie, dans ce constat de transformations que se trouve la justification du silence des apprentis. En effet, dans leur esprit, le rituel doit être le langage, l'apprenti étant un enfant, un nouveau né, il est privé de langage. Mais, la privation du langage chez les enfants est-elle une forme de silence ? Cela ne semble pas être le cas dans la mesure où une Loge privée d'apprentis se trouve privée d'une partie de ses auditeurs tout autant que d'une partie de son avenir. L'Avenir devient dès lors une composante du silence et puisque cet avenir contient les éléments qui forgeront le langage. Le silence est une composante du langage.

 

Mais, revenons à la peur de l'espace. Dans le cabinet de réflexion, les futurs apprentis se sont vu remettre les questionnaires qui forment leurs testaments philosophiques. Dans leurs réponses, ils mettront en avant leurs envies et leurs inquiétudes. Les deux éléments sont identiques, chaque terme reflète le souci de s'intégrer au groupe tel qu'il apparaît dans l'imaginaire collectif, chaque mot est pensé pour meubler l'espace vide de l'ignorance de la réalité. En fait, leur expression du monde se réduit à une technique de communication standardisée que leur sert d'abord à se rassurer. Le Maître, quant à lui, oubliant qu'il a été apprenti, dans une situation de répondre à l'objet même du rituel et de la sacralisation de l'espace, prendra conscience du fait que cet espace est clos. Fenêtres obturées, murs décorés et ... la porte...le rituel transformera l'espace clos et un ailleurs rassurant, la présence des frères et des sœurs confortera cette impression. De même, pour l'apprenti, cette impression de paroles permanentes venue de la présence des autres lui fera oublier le silence. Il pourra alors s'exprimer.

 

Pour ceux qui ne sont pas francs-maçons, ce silence représente le secret et ces deux éléments sont ce qui fonde l'impression de haute faveur qui est réservée à ceux qui ont subi les épreuves et font partie du groupe. Cette impression est, bien sûr, confortée par les initiés eux-mêmes dès lors que le silence est présenté comme une des voies traditionnelle menant à la loyauté et garantissant la solidarité, la solidité du groupe.

 

 

1 Tsim Tsoum

2 Cf. le film de Akira Kurosawa « Rashomon » - 1950 d'après une nouvelle de Ryunosuke Akutagawa (livre de poche)

3 Qu'est-ce que la Vérité sinon cette part de compréhension du monde qui est propre à chacun et à travers laquelle il conçoit l'univers. Ainsi la recherche de la Vérité devient recherche d'équilibre intérieur.

 

4 Pour les Kabbalistes, la Vérité est dans l'Un, si l'on enlève l'Un, donc Dieu, de la Vérité cela conduit à la Mort.

 

5 Tsim tsoum

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Je serais particulièrement intéressé par tout ce qui touche à une particularité de la période Elysabéthaine et qui porte le nom de School of Night.... Si quelqu'un sait où il est possible de trouver :
 Bradbrook, Muriel C.,. The School of Night: A Study in the Literary Relationships of Sir Walter Raleigh, Cambridge: Cambridge University Press, 1936, même en e-book, il est possible de me contacter ici :

  Truthlurker


 


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