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Truthlurker recherches et symboles

Truthlurker recherches et symboles

Symbolisme et rituels... Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

Publié le par Lurker
Publié dans : #Bloc note

FLS = Traduction Française Louis Second.

La jambe gauche du pantalon est remontée au-dessus du genou.

On enlève le soulier droit et le pied est mis en pantoufle en utilisant un chausson du genre "pantoufle".

נַעֲלָה    נַעַל

na‛al    na‛ălâh

nah'-al, nah-al-aw'

Il s’agit, à proprement parler, d’une sandale en forme de langue, une sorte de babouche ; par extension, une pantoufle.

Deutéronome 29:5

(FLS)  Je t'ai conduit pendant quarante années dans le désert; tes vêtements ne se sont point usés sur toi, et ton soulier ne s'est point usé à ton pied;

    ואולך אתכם ארבעים שׁנה במדבר לא־בלו שׂלמתיכם מעליכם ונעלך לא־בלתה מעל רגלך׃

 

Ruth 4:7

(FLS) Autrefois, en Israël, pour valider une affaire quelconque relative à un rachat ou à un échange, l'un ôtait son soulier et le donnait à l'autre: cela servait de témoignage en Israël.

 וזאת לפנים בישׂראל על־הגאולה ועל־התמורה לקים כל־דבר שׁלף אישׁ נעלו ונתן לרעהו וזאת התעודה בישׂראל׃

 Le même terme peut aussi s’accorder avec l’acte de guerre, mais, dans ce contexte, il ne peut pas être confondu avec une pantoufle ou une babouche car les guerriers portent des chaussures ou des bottes fermées et le pantalon est relevé pour ne pas baigner dans la boue et le sang. Le pied portant chaussure est toujours accompagné d’un pantalon court

1 Rois 2:5

(FLS) Tu sais ce que m'a fait Joab, fils de Tseruja, ce qu'il a fait à deux chefs de l'armée d'Israël, à Abner, fils de Ner, et à Amassa, fils de Jéther. Il les a tués ; il a versé pendant la paix le sang de la guerre, et il a mis le sang de la guerre sur la ceinture qu'il avait aux reins et sur la chaussure qu'il avait aux pieds.

וגם אתה ידעת את אשׁר־עשׂה לי יואב בן־צרויה אשׁר עשׂה לשׁני־שׂרי צבאות ישׂראל לאבנר בן־נר ולעמשׂא בן־יתר ויהרגם וישׂם דמי־מלחמה בשׁלם ויתן דמי מלחמה בחגרתו אשׁר במתניו ובנעלו אשׁר ברגליו׃

 

On retrouve cette ambiguïté dans le Cantique des Cantiques. A savoir, est-ce qu’il s’agit de chaussures fermées pour masquer  les pieds ou de sandales comme il est convenu d’en porter dans un palais 

Cantique des Cantiques 7:2

(FLS)  (7:2) Que tes pieds sont beaux dans ta chaussure, fille de prince! Les contours de ta hanche sont comme des colliers, Œuvre des mains d'un artiste.

מה־יפו פעמיך בנעלים בת־נדיב חמוקי ירכיך כמו חלאים מעשׂה ידי אמן׃

 

נָעַל

nâ‛al

naw-al'

Là, il ne peut pas s’agir de botte, uniquement de sandale. Il s’agit d’une racine ancienne qui signifie « correctement fixée avec un cordon » à la sandale, un cordon fourni avec les pantoufles.

Ezéchiel 16:10

(FLS)  Je te donnerai des vêtements brodés, et te chausserai de peaux teintes en bleu; je te ceindrai de fin lin, et je te couvrirai de soie.

  ואלבישׁך רקמה ואנעלך תחשׁ ואחבשׁך בשׁשׁ ואכסך משׁי׃

 

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Publié le par Lurker
les cartes de Piris Reis

Comme pour le principe d’incertitude d’Heisenberg qui démontre que l’on ne peut pas être précis ou actuel pour définir quelque chose, le Sud échappe aux certitudes parce que toutes ses définitions sont perturbées par des composantes contradictoires qui coexistent virtuellement… Il ne suffit pas de dire qu'il désigne la colonne sur laquelle se tiennent les Compagnons car, le Sud, alors, comme les îles avant qu’elles ne soient découvertes, existe sans exister, il est polysémique et polymorphe, il se déplace de lieu en lieu au gréé des concepts.

Alors, le Sud existe-t-il vraiment ?

L'article que j'ai publié dans la revue Critica Masonica peut fournir quelques éléments.

Critica Masonica n°18 - Le Sud, polysémie et symboles...

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Publié le par Lurker
Publié dans : #Initiations

 

 

Pourquoi les chiens ne peuvent-ils pas être psychanalysés ?

Parce qu’on leur interdit le canapé !

 

Durant ses investigations en quête des assassins d’Hiram, J... rencontre un chien cherchant quelque chose et se dirigeant vers l’entrée d’une caverne. On remarquera que ce chien ne lui appartient pas. Il semblerait que ce soit le chien de l’inconnu, mais, dans la mesure où rien, dans le récit, ne précise qu’A... ait eu un chien, on peut légitiment douter que ce soit le sien. Il s'agit peut-être, alors, d'un chien errant.

Alors, revenons au texte.

D22 Que signifie le chien ?

R Que le moindre indice sert à déceler le coupable.

Cette question/réponse, on le notera, est identique aujourd’hui à ce qu’elle était en 1776. Sur ce point, au moins, il n’y a pas eu de modification entre le rituel d’origine et celui du Régulateur de 1801 ou de ses « modernisations ».

Néanmoins, il reste à se poser la question de l’identité de ce chien. Il en est de même pour la caverne qu’il garde. En effet, au-delà de l’affirmation que l’animal soit le familier du meurtrier, nous n’avons pas d’information sur l’identité de la bête. Par contre, les traditions les plus anciennes ne manquent pas quant à l’animal gardien du destin. Loup pour les uns, coyote pour les autres, chien-loup pour les représentations que nous en avons à ce degré de la maçonnerie. Notre chien est parfois l’ami de l’homme, comme c’est souvent le cas chez les chrétiens, mais il est aussi, et c’est le plus souvent, un représentant des enfers. Le loup, le chien, n’est pratiquement jamais celui qui guide. Il est celui qui mord… dans le Tarot de Marseille, il s’accroche aux mollets du Mat, dans d’autres traditions, il blesse Saint Roch. Il peut être servile, mais toujours ambigüe. Pour les chrétiens, il peut être le serviteur fidèle de Dieu, le Domine canis, Dominique. Cependant, pour ce dernier Saint, on remarquera que ce nom désigne plusieurs Saints, plusieurs identités. Mais on retiendra que l’Ordre monastique qu’il fonda, est celui de l’inquisition… encore une fois, le chien est associé à la part sombre.

Voyons donc ce chien. Le chien est un gardien, il hurle à la lune et chasse souvent la nuit. C'est pourquoi, dans de nombreuses sociétés, il a été associé à la mort. Ainsi, il est le gardien des Enfers, empêchant les vivants et les morts de franchir la porte séparant les deux mondes. De là son association avec l’entrée des cavernes.

Cette fonction explique pourquoi Cerbère, Garm, pour les anciens germains, le chien noir, dispose de trois têtes pour rester sur le seuil de l’Hadès, le lieu des morts, le lieu de l’oubli. Une tête pour s’assurer que le passé reste bien à sa place et que les souvenirs ne soient pas confondus avec les désirs, une pour veiller au présent et faire la différence entre le visiteur curieux et celui à qui l’entrée peut être donnée.

La troisième est celle du destin. Pour nous, qui restons visiteurs, l’entrée ne nous est offerte qu’à l’unique condition que nous n’intervenions pas sur le destin de celui qui s’est réfugié dans les lieux sombres. La source de la vie nous désaltèrera et la lanterne solaire nous permettra de retrouver notre chemin.

Le symbolisme premier du chien dans de nombreuses civilisations est lié à sa fonction de guide de l’homme après sa mort. Pour les Amérindiens, s’il meurt avant son maître, il l’attend dans le ciel afin de lui montrer le chemin à suivre quand celui-ci mourra à son tour. Cette attribution d’une fonction psychopompe découle probablement des sens olfactifs et auditifs du chien, que l’homme s’est annexés pour retrouver son chemin, traquer ses proies et sauver ses pairs.

Le chien ne sent-il pas ou n’entend-il pas des choses imperceptibles pour nos sens ? Le chien est aussi le pisteur par excellence, celui qui montre la voie au sens propre comme au sens figuré.

Le plus célèbre des chiens psychopompes reste Anubis, divinité de l'ancienne Égypte à tête de chien noir. Son rôle était de superviser l'embaumement du défunt puis de l'amener jusqu'à la salle du jugement des âmes. Enfin il atteste le résultat de la balance des âmes et peut retourner ses crocs contre le simulateur.

Le chien passe aussi pour être un moyen de communication entre l'au-delà et le monde des vivants. Le chien délivre ses messages au sorcier en transe comme on le voit au Zaïre chez les Bantous, ou au Soudan, on le charge d'un message pour les morts après l'avoir sacrifié.

On trouve un homologue d'Anubis chez les Mexicains. Il se nomme Axolotl, dieu chien couleur de Jaguar qui accompagne le dieu Soleil lors de son voyage sous la terre.

Dans les sociétés orientales, on confiait les morts et les mourants aux chiens afin qu'ils les guident vers le paradis, résidence des divinités pures.

La personnalité de ce trickster, c’est-à-dire de cette divinité changeante, et la dualité de la symbolique qui le désigne, le faisant passer du chien au loup sans distinction, se retrouve dans les pays d'Extrême-Orient. Ainsi, en Chine, le chien est tour à tour le destructeur et le compagnon fidèle qui escorte les immortels au paradis. Le penseur Lao-Tseu le rattache à l'éphémère… il montre et s’enfuit.

À l'inverse, pour les Japonais, le chien est l'animal du bien qui protège les enfants et les mères. Enfin, au Tibet, il est le symbole de la sexualité et de la fécondité.

Le chien n'évoque pas le feu par lui-même, mais il est reconnu comme étant celui qui l'a transmis aux hommes. Il prend alors la place de Prométhée dans certaines tribus africaines et amérindiennes. Dans les îles d'Océanie, le chien gronde et dort auprès du feu et en est de fait le maître. Pour les Aztèques, il est le feu lui-même tandis que chez les Mayas, on l’a vu, il n'est que le protecteur du soleil pendant la nuit.

Dans un tout autre registre, le chien peut aussi symboliser la guerre et la gloire. Il est alors sujet d'éloges et être comparé à lui est un honneur. Chez les celtes d’Irlande, le héros est comparé à un chien afin de rendre hommage à sa bravoure. Ainsi le grand héros de la mythologie celte s’appelle-t-il Cuchulainn, le « chien de Culann ». Toutefois, si la bravoure est source d’admiration, elle peut aussi susciter la terreur et c’est un chien qui tuera le héros. Ainsi le chien peut-il être perçu comme une menace pour l’homme aux côtés duquel il n’est pas. Et, manifestement, le chien qui montre le chemin au cœur de la caverne n’est pas le compagnon de J… pas plus que d’A..., d’ailleurs.

Il est intéressant de noter que pour l’héraldique de l’occident chrétien, le chien est représenté de profil et passant (marchant) dans l’écu. Il symbolise la Foi, l’amitié, la fidélité, l’obéissance, le courage et l’ardeur. En matière de symbolisme chrétien, il faut toujours garder à l’esprit l’inversion relative aux anciennes traditions. Ce qui était magique, féérique, merveilleux, devient maléfique et condamnable et certaines divinités trickster se sont vues assigner une qualité plutôt que de conserver leur dualité. L’animal changeant est devenu altérité, lycanthropie, notre Mister Hyde tant que nous restons humains.

Pour nous, Maîtres Elus, ce chien est un indice… Mais, un indice de quoi ? D’altérité ? D’une certaine fusion morale du bien et du mal entre celui qui a tué et celui qui cherche à tuer ? Une fusion entre la vengeance et le remord ? Une sorte d’instinct psychiatrique au XVIIIe siècle qui identifierait l’ambivalence entre l’homme et l’animal sans encore la nommer syndrome de personnalité multiple ? Ou bien, simplement, de la méfiance naturelle envers ce que nous allons découvrir au fond de la caverne ? N’oublions pas que ce chien est aussi un loup associé à la gémellité, au bien et au mal. La Louve nourrit indifféremment Romulus et Remus. Lorsque nous rêvons à l’enseignement de nos symboles, ne l’oublions pas, c’est volontairement que le chien s’est associé à l’homme. Enchaîné, il devient méchant et assaille férocement celui qui l'approche de trop près. Lorsque nous sommes en paix avec notre cerveau reptilien, notre part instinctive, nos pulsions violentes ou sexuelles, le chien du rêve nous obéit fidèlement. Mais si nous nous sommes trop éloignés de notre animalité, le chien vient à nous et nous observe. Aussi longtemps que nous refusons de tenir compte de nos instincts, le chien des rêves, ou la meute, est méchant, agressif, ses yeux ardents reflètent une sourde passion. Alors nous n'osons pas continuer notre chemin parce que nous aurions à faire face en nous à cet animal devenu dangereux.

C’est pourquoi nous suivrons les indices qui ne sont pas aussi « moindres » qu’il y paraisse et cela nous conduira à adopter une attitude, une ouverture d'esprit plus en rapport avec les problèmes soulevés par le symbole ambivalent du chien.

 

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Publié le par Lurker

APPRENTI - COMPAGNON - MAITRE

"...dans les moments d'isolement, on devra s'efforcer d'envisager et de juger les événements de sa propre vie et ses propres actions comme s'ils n'étaient pas notre fait, mais celui d'autrui."

R. STEINER

"Les Francs-maçons ont existé de tout temps. Il est vrai qu'ils ne s'appelaient pas de ce nom..."

Franz-Carl ENDRES

 

La pratique des rites souchés sur un mythe agrégatif implique, pour celui qui les accomplit, un investissement social tout autant qu'une adaptation psychologique à la réalité définie par le mythe. C'est ce que l'on appelle la Culture issue de l'éducation, c'est aussi ce que l'on peut considérer comme étant la Voie Initiatique. Cela permet à chacun de se définir comme membre à part entière d'un groupe, d'un pays, d'une Nation... Cela permet aussi d'intérioriser les concepts formant l'ensemble des pratiques socio-éthiques du groupe auquel appartient l'individu.

En ce qui concerne la Franc-Maçonnerie moderne, ce qui nous permettra de comprendre la culture générale de l'adepte sera de plonger dans le rite pratiqué par celui-ci en commençant par ce qu'il a de plus évident, c'est à dire les modalités de son déroulement et, d'autre part, ses conceptions Sacrées.

Cela peut paraître délicat et péremptoire, particulièrement dans la forme dite "latine" ou "progressive" de l'Ordre. Cependant, contrairement à ce qu'il peut être dit ou pensé aujourd'hui, c'est très certainement cette forme dont la structure rituelle est appelée "Rite Français" ou, parfois, "Rite Moderne" qui contient, dans la simplicité de sa forme, le plus de référents symbolique ayant trait au Sacré.

Au cours de notre ouvrage, nous tenterons de plonger dans les éléments permettant, parfois de décrire, parfois d'affirmer ou de déterminer ce qui ont fait de ces rites un élément important de la réalité conceptuelle propre au Franc-Maçon en Loge. Ces éléments "crypto-religieux" de définition de cadres de travail, de commémorations, de références gestuelles liées à une Sacralisation parfois hors du domaine habituellement défini comme religieux nous permettront de comprendre comment fonctionne l'outil rituel propre à cette forme occidentale de la pratique mystico-symbolique dont la particularité est, pour ses développements latins, de véhiculer une grande part des concepts rationalistes contemporains. Ce véhicule de rationalité n'est pas une surprise si l'on considère que la Franc-Maçonnerie, à l'époque de sa création, c'est à dire au XVIIIème siècle, fut à l'origine des mouvements de sociabilités démocratiques en Europe; balbutiements du phénomène associatif. Mais, au delà de cette constatation, il ne faut pas oublier que la Franc-Maçonnerie est, avant tout, un phénomène mystico-religieux souché sur la chrétienté occidentale et qu'elle peut représenter, pour le christianisme d'Europe, une forme de parcours ou de chemin ésotérique tel qu'on en retrouve partout dans les relions monothéistes du bassin méditerranéen. Cela ne veut pas dire que la Franc-Maçonnerie soit la seule forme d'ésotérisme chrétien, pas plus qu'elle ne fut le fruit d'une génération spontanée du dix-huitième siècle. Cette forme de société initiatique, pour exister, doit avoir des racines, se soucher sur des survivances, voire, conserver la mémoire des Mythes d'avant les Mythes...

Les éléments de Sacralisation dont nous parlons se trouvent, de fait, liés à une perception particulière de l'idée du Verbe fait chair, de l'épiphanie, définie dans l'occident chrétien comme la cause active de toute la vie et par laquelle ce Verbe se retrouve intermédiaire entre un Dieu parfaitement immanent dans son aspect d'Architecte Universel (on notera que le concept d'Architecte est différent de celui de Créateur) et une communauté créée non plus par miracle, mais selon des plans mécaniques qu'elle se donne pour tache ultime d'expliquer ( c'est, en grande part, le thesaurus Rose+Croix ), voire, d'être à même de reproduire. Cette nuance fondamentale de la pensée maçonnique par rapport à la pensée chrétienne est assez importante pour être soulignée car elle apparaît en permanence dans le parcours maçonnique des Loges dites Bleues1 elle se reflète particulièrement dans la formulation dont on comprend bien la relation avec les trois premiers grades :

"AUDI, VIDE, TACE - FIAT LUX ET LUX FUIT - QUARITE ET INVENIETIS"2

Le parcours est alors tout à fait clair, de même ses relations de cause à effet. Les mots et le silence sont tout aussi bien le véhicule de la pensée que la voie vers la Lumière.

C'est, en quelque sorte ce qui est sous-entendu dans la première épître de Saint Jean:

"..., ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont palpé du Logos de la vie; la vie s'est manifestée; nous avons vu, nous attestons..."3

C'est le type de concept qui donne lieu, par extension, au rationalisme de la recherche scientifique. Un état d'esprit tel que celui traduit par René DESCARTES, qui n'était pas Franc-Maçon, dans ses discours:

"Et me résolvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-même, ou bien dans le grand livre du monde, j'employai le reste de ma jeunesse à voyager,[...] à fréquenter des gens de diverses humeurs et conditions, à recueillir diverses expériences, à m'éprouver moi-même dans des rencontres que la fortune me proposait, et partout à faire telle réflexion sur les choses qui se présentaient, que j'en pusse tirer quelque profit."4

Dès lors, on voit bien que les concepts maçonniques d'Architecte immanent et de partage des mots ne peuvent être que les ferment d'un certain égalitarisme tout aussi bien que d'un esprit d'association. N'oublions pas que, comme l'Ordre du Temple fut créé et conçu par et pour l'aristocratie féodale européenne des XIIè et XIIIè siècle, la Franc-Maçonnerie et, plus particulièrement sa forme dite "écossaise", fut conçue et crée par et pour la haute bourgeoisie du XVIIIè siècle qui avait, à cette époque, un grand besoin de reconnaissance et considérait qu'il était grand temps de tenir compte non plus uniquement de la noblesse de sang, maiss aussi de la noblesse d'idées.

Ces hommes construisaient un type nouveau de société et, en cela, construisaient un Temple, donc un Monde. Bien entendu, il ne pouvaient le construire autrement que sur les bases qu'ils connaissaient, c'est à dire celles de la chrétienté avec toutes les nuances que la renaissance européenne du XVIIème siècle avait pu lui apporter, c'est à dire une sorte de renouveau des Pères de l'Eglise, de la sagesse grecque, la prise en compte de diverses hérésies, la réforme en marche dans toute l'Europe et, bien sûr le mythe des Grands Ancètres gardiens des Portes: l'Ordre du Temple.

Mais, dans ses liens avec la chrétienté et, beaucoup plus visibles, le ternaire, les trois points, références directes à la trinité présentée par la maçonnerie dans un concept universel que l'on peut rapprocher de ce qu'en disait Saint Grégoire de Nazianze:

"Trias, - Ce mot unit des choses unies par nature et ne laisse point disperser les inséparables par un nombre qui sépare"5

En ce qui concerne les pratiques maçonniques, entre le dix-huitième siècle et le milieu du vingtième, les modifications apportées dans les pratiques furent des modifications de forme autour d'un mythe fondateur identique dont nous verrons plus loin ce qu'il peut signifier. Depuis le milieu du vingtième siècle, on assiste surtout à des modifications de fond partant de principes résolument politiques et dont nous avons déjà parlé plus haut.

En fait, on comprendra facilement qu'une pratique rituelle peut être définie comme contenant l'ensemble du tesaurus identitaire du groupe étudié par la codification des cérémonies et des relations du groupe, et par sa référence permanente au mythe fondateur structurant le groupe. La question qui reste en suspend et qui formera la trame de notre ouvrage est : à quoi ces pratiques font-elles référence ?

Bien entendu, il ne suffit généralement pas de décrire les rites pour en trouver la justification, encore faut-il, comme le disait McLuhan, se demander ce que chaque type de langage, chaque type de communication, a, par lui même, d'original. Si le mythe et le rite sont des systèmes de communication, voire, des système d'expression symboliques, il reste à savoir pourquoi tel peuple, tel groupe, à tel moment, a-t-il recours à ce moyen signifiant plutôt qu'à un autre ?

Et, même si, dans l'enthousiasme de la recherche, on parvenait à montrer que les rites, sous leurs formes actuelles dérivent de ceux des peuples dits primitifs, cela n'ôterait rien au fait qu'ils puissent aussi être déclinés de manière rationnelle et ne modifierait en rien l'éclairage qu'ils peuvent fournir sur les comportements de ceux qui les pratiquent.

Pour en revenir à notre présent propos, il est possible de définir un rite comme un acte qui peut être individuel ou collectif mais qui, toujours, lors même qu'il est assez souple pour comporter une marge d'improvisation, reste fidèle à certaines règles et à certains archétypes psychologiques qui, précisément, constituent ce qu'il y a de rituel en lui.

En tout état de cause, pour la Franc-Maçonnerie, il est possible de modifier la forme du rituel6 à condition de respecter un certain nombre de définitions syboliques de base, de conserver des signes de reconnaissance, et aussi le système des trois grades bleus, au delà les modification transforment trop le système pour qu'il puisse encore être appelé Franc-Maçonnerie.

Les rites peuvent se divisier en deux grandes catégories: les rites positifs et les rites négatifs7.

Les rites positifs ont pour but principal d'établir un contact entre le Sacré et le Profane. Ils englobent toutes les pratiques de purification, de consécration, d'initiation; toutes les pratiques d'agrégation de quelque chose ou de quelqu'un comme franchissant la ligne entre ce qui est hors du groupe et ce qui lui appartient.

Les rites négatifs sont ceux qui ont pour vocation de préserver le groupe des impuretés extérieures.

Dans le cas qui nous occupe, on peut dire que le rit français est un rite positif en ce qu'il a pour vocation de définir l'homme et la société, de faire évoluer les deux termes conjointement. On pourrait dire aussi que le Rit Ecossais Ancien et Accepté est un rite négatif en ce qu'il a pour vocation d'isoler l'homme du social et de ne le considérer que par rapport à un terme extérieur "transcendant".

Les rites sont définis de manière précises par ceux qui les pratiquent car l'accomplissement, la justesse du geste et de la récitation des formules, l'usage des objets, des instruments consacrés sont autant de garanties de succès de l'opération rituelle.

Pour qu'il puisse atteindre ses objectifs au mieux de ses possibilités, le rite doit se dérouler dans des conditions de temps et de lieu déterminés par sa nature et non dans les limites de temps et de lieu déterminés par la réalité de son exécution.

C'est pourquoi l'étude des rites permet, dans une large mesure, de comprendre les groupes humains qui les pratiquent car les actes rituels correspondent à des récits mythiques, à des développements symboliques déterminants de l'inconscient culturel des groupes qui les utilisent.

C'est ainsi que certains rites peuvent faire référence à des croyances antérieures à celles qui sont implantées dans les régions où ils sont pratiqués au moment où ils sont pratiqués et d'autres peuvent se substituer aux propositions religieuses locales.

La défection d'une religion, à ce titre, est bien souvent déterminée par la défection du rituel qui s'y attache et, même dans les cas ou il est observé qu'un dogme religieux perd de ses adeptes, cela ne signifie jamais que ceux-ci rejettent le comportement rituel car l'ancienne célébration est toujours remplacée par une autre. Seule la croyance ultime peut différée, rarement le comportement car les phases sociales et/ou du domaine de la foi, doivent être marquées. De même, la disparition d'un groupe social est toujours précédé de la disparition de ses mythes fondateurs et de ses rites agrégatifs. N'ayant plus d'auto-définition, le groupe disparaît.

Certains rites ont pour but de faire passer le Sacré de son premier niveau de perception à celui de transcendance.

Cette mutation de perception est généralement celle qui est pratiquée dans la forme rituelle la plus élémentaire, la plus archaïque; celle de la sacralisation du Mot, c'est à dire de la passation du souffle divin.

Dans ce cas, le Verbe permettra de transformer la perception abstraite en réalité concrète. Ces mêmes pratiques de passation du souffle vital sont utilisées dans les rites de consécration des morts.

Cependant, pour qu'elles représentent une forme aboutie, les démarches rituelles doivent permettre le lien entre la transcendance et l'expression humaine au delà de la mort. Pour ce faire, il est nécessaire que la structure symbolique du groupe ait atteint une phase permettant à la fois la constatation du phénomène mort comme appartenant à un cycle, mais aussi que ce phénomène puisse renvoyer à l'ancètre mythique. C'est à dire, qu'il lui soit possible de se référer à un mythe fondateur.

Avant qu'il y ait une réelle pratique rituelle, il doit nécessairement y avoir construction mythique. C'est cette étape que franchit la Franc-Maçonnerie en créant le troisième grade et en le référençant du Mythe d'Hiram; la mort, la définition de la Mort, l'ancêtre, la Mort du Père, etc...

Que cette construction fasse référence au schéma social ou à une démarche sacrée importe peu, ce qui importe c'est qu'elle se traduise en actes définissant les rapports que l'adepte entretien avec cette construction de telle manière qu'il y ait osmose entre celui-ci et le schéma rituel à un point tel que l'objectif se mêle au pourquoi de l'existence.

La réponse à la question fondamentale "qui sommes nous, d'où venons nous et où allons nous? "; devient alors la cause même de la réalité, le Sacré, d'objectif devient "Deus ex machina".

1C'est à dire des Loges regroupant les trois premiers grades: Apprenti - Compagnon - Maître. 

2Entendre, Voir et rester silencieux - Que la Lumière soit et la Lumière fut - Cherche et tu trouveras.

3Première Epitre de Jean I - 1

N.B. Les citations de la Bible que nous indiquerons seront, sauf avis contraire, tirées de la traduction d'A. CHOURAQUI.

4 R. DESCARTES - Discours, 1; VI, 9

5Cité par Vladimir Lossky

in "Essai sur la Théologie mystique de l'Eglise d'Orient"

Ed du Cerf Paris 1990

6Ce dont les Francs-Maçons ne se privent pas à en juger par le nombre de rituels existant soit en archives soit pratiqués réellement.

7On notera ici que les formules "positif" et "négatif" n'ont rien à voir avec un jugement de valeur ou une quelconque forme de qualification manichéenne, mais plutôt avec le concept de Yin - Yang dont les influences sont importantes dans l'étude du symbolisme. En effet, on peut charger plus ou moins d'une potentialité ou d'une autre un élément symbolique sans que son interprêtation soit définitive. Dans tous les cas, cette interprêtation dépend des éléments de développement et de l'interprêtation des symboles. A ce sujet, voir notre ouvrage : "Les Signes Secrêts de la Terre" Editions Henri Veyrier - Paris 1991

 

 

 

 

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