Les Clous, la colonne Yod, j'établirai et INRI


« Que celui qui le peut soit lui-même et nul autre »


Le "N inversé" n’est pas un détail simple à clarifier... C'est un symbole étrange : au distrait, il passe inaperçu ; l'ignorant qui se croit savant l'attribue à une faute du graveur ou du peintre ; le chercheur le localise immédiatement et aisément. Le N étant le symbole de l'Azote ( du grec "A-zoe" = sans vie ), le N inversé serait lu comme "A-mor" (sans mort).

 

D’autres alchimistes lui attribuent la valeur de "point d'équilibre" ou d’"État Zéro": c’est ainsi que, dans la chimie moderne, il est utilisé pour indiquer le "ph-neutre", l'absence des Acides et Alcali dans les Solutions, qui correspond à l'eau distillée.

 

Cependant, la lettre "N" est chargée d'autres symboliques. Elle est notamment le symbole de la négation du Pouvoir, la remise en question de la Puissance. Sur ce point, l'inverser est un bon moyen de désigner celui auquel s'adresse la formule comme un porteur de Puissance, un être devant être respecté. Ici, celui qui le peut et qui l'ose, celui qui accepte d'être lui-même malgré les risques encourus. Dans la symbolique des rêves, on sait que la vision de la lettre "N" veut dire "ouvre les yeux et sois toi-même un acteur de ton destin". C'est aussi un moyen de nier le Pouvoir de ceux qui voudraient nous dominer. Dans les anciennes pratiques de magie invocatoires, cette lettre est employée dans les contre-sorts ceux qui ont pour vocation de soumettre. Bien entendu, le fait d'écrire cette lettre à l'envers dans un Nom ou une invocation annule l'effet du sort. C'est l'une des raisons pour lesquelles INRI est souvent écrit avec un N inversé. Il s'agit d'une part d'affirmer la divinté de la personne de Jésus, mais aussi d'empêcher les invocations à son encontre qui pourraient être lancées par des adorateurs du Diable.


Pour éloigner les cauchemars, les Romains plantaient dans la porte de leur chambre des clous de cercueil.


Puisque les conversations portent souvent sur le FEU dont le symbole est un triangle pointé vers le Haut, et, puisqu'aussi bien l'un des mots de maçon est "Tubalcaïn", portons l'argumentaire à nous pencher naturellement sur la nature du Feu ou plutôt sur le fait qu’il participe au « renouvellement de la Nature ». Ignis Natura Rénovatur Integra … I.N.R.I….entre autres choses….Igne Nitrium Roris Invenitur – « par le feu se découvrent le Nitre et la Rosée ». Parler du Soleil ( le Sol Invictus des Mithriaques qui nous rappellent chaque fois que leur Dieu est né un 25 décembre[1] longtemps avant que l’on ne connaisse Jésus, longtemps même avant que Saint Augustin puisse admettre que Jésus eut une date de naissance… et pourquoi pas la même que Mithra… au solstice d’hiver… ) qui réchauffe la Terre à la fin de l’Hiver dans une planche qui a lieue au Printemps, quoi de plus naturel ?

 

 

On sait que le « Sel » du « Corps », une fois dissout, ne se recristallise pas de la même manière, il est délivré de ses impuretés. Il s’agit, bien entendu de la base stable du triangle. Vouloir définir le passé comme un élément du présent, terme particulièrement indéfinissable car immatériel par nature revient à se cristalliser et l’on se rappelle de la femme de Loth se retournant vers son passé et condamnée à rester figée, le regard tourné vers celui-ci. Destin totalement à l’opposé de celui de Ruth ( descendante de Loth par Moab ) qui ira vers son futur par fidélité… boucle du passé vers le futur par un présent figé, fixé comme un clou dans la Terre sur laquelle passe le Feu. Il s’agit d’oublier les côtés du triangle pour ne considérer que les pointes… alors le Delta se met en mouvement. « Jin – la progression », le feu sur la terre évoque la puissance du lever du soleil il s’agit, bien entendu de la victoire de la lumière (yang). Mais, pour qu’il y ait mouvement, il faut qu’il existe un axe… Il est dit dans Isaï 22 ; 25 : « …le clou enfoncé dans un lieu solide, il s'arrachera et tombera; alors se détachera la charge qui pesait sur lui[2]. » alors, puisqu’il en est ainsi, penchons nous sur ce clou, cet « axis mundi » dont l’usage permit de construire la « Demeure », le premier véritable Temple, celui de l’Exode 36 ; 22 « chaque cadre avait deux tenons jumelés. Il fit de même pour les cadres de la Demeure. »


 

 


Le Clou - ( Yod – Het – Daleth  = 10 + 8 + 4 = 22 = 4 )

Daleth correspond au delta grec par sa position dans l’alphabet ( Daleth = est la quatrième lettre de l’alphabet ), elle est en forme d’équerre et signifie « la porte, les colonnes de chaque côté de la porte » le mot YhetD offre une progression intéressante.

 

 

Il commence par un Yod , c’est à dire « la main », mais aussi la « présence immédiate ». On sait que Yod est aussi la lettre initiale de Yakin[3], « j’établirai » et qui figure sur la colonne d’apprenti. Cette lettre a pour valeur 10. Elle fait donc directement référence à la tétractys sur laquelle on remarque que la somme des nombres formant la base du triangle supérieur est égale à celui qui est représenté au centre… ( pour mémoire, Elohim = 86 = 14 = 5 … l’œil était dans la Tombe). On aura noté que la pointe gauche la base est 7 ( RUAKH- silence – 8 + 6 + 200 = 214 = 7 ), la base droit est 10 = Yod, mais aussi SheMeSh, le Soleil ( encore lui ! )… Ceci dit, le « Nom »,  SheM est aussi 7, l’autre côté de la base, les deux ensemble forment 17 = 8, c’est à dire   ( 26 = 2+6 = 8 ), c’est donc bien normal que la pointe supérieure face référence à l’Unique 1 !

 

Pour être clair, nous avons donc le Dieu créateur ( Elohim ) multiple, qui rayonne et se développe en trinité… c’est bien normal puisqu’en tout état de cause la création c’est le Silence, la Lumière et Dieu….

Résumons nous...:

 

 

 

Mais, si nous reparlions de ce clou qui est aussi le pivot, le cadre qui permet au premier Temple de Moïse de tenir, la Loi .

Le clou est figuré, en hébreu, par la lettre Vav ( w ) qui se trouve dans le Nom entre les deux He, troisième lettre du mot, 6ème lettre de l’alphabet, de valeur 6 et associée à la fécondation. Le Trois est donc associé au pivot par le sens et par les lettres pour la forme du tétractys, on vient de le voir. C’est à dire que l’axe du monde est trinitaire. Dans les anciennes traditions, cet axe transporte l’énergie de la Terre au Ciel, soit, pour ce qui nous occupe, de la Terre au Soleil.

   

Nous avons vu, dans le développement des hexagrammes du Yi-King, que le trigramme nucléique supérieur de Jin, la Progression, formée du Feu sur la Terre, est l’EAU. Pour les alchimistes, l’eau est représentée par un triangle inversé, c’est à dire un tétractys dont la base serait le Ciel. Le Dieu Un redescend sur la Terre pour y enfoncer ses racines. Ainsi, comme le disait Isaïe le Clou s’enfoncera dans un lieu solide. L’Eau prendra ses racines au plus profond de la Terre et le Dieu créateur séparera ce qui est en haut de ce qui est en bas pour en affirmer l’analogie.

 

 

 



[1] Si pour les chrétiens, Noël commémore la fête religieuse de la naissance de Jésus, pour les anciens germains il s'agissait avant tout de redéfinir le monde après l'effondrement du Ragnarok. Neue Helle ( la nouvelle source) était avant tout une fête de redéfinition du monde symbolisée par l'usage de la Tour de Yule où la bougie inférieure meurt pour pemettre l'allumage de celle qui est au dessus. Pour les hermétistes et les occultistes la signification est bien évidemment plus profonde. En effet, Noël symbolise parfaitement la première initiation solaire ( Noël, Noé : en grec, contraction de néos hêlios = le nouveau soleil ), celle de la naissance ou re-naissance de la nature ( Ignis Ratura Renovatur Integra ) Divine en l'homme, l'éveil de la Walkyrie ou de la belle au bois dormant, la naissance initiatique! C'est la naissance de l'homme nouveau en même temps que celle du soleil puisqu'au solstice d'hiver dans l'hémisphère boréal, les jours les plus courts de l'année tendent à augmenter. C'était, antérieurement au christianisme, la fête de Mithra et du "Sol invictus" (le soleil invaincu) qui était célébrée le 25 décembre. Il n'aurait donc jamais dû surgir de polémique quant à la naissance de l'Enfant-Roi car si, le symbole est évident en ce qui concerne le solstice d'hiver, il en va également de même en ce qui concerne l'équinoxe de printemps car la nature se renouvelle par l'activité du "feu solaire" dans le signe du Bélier, d'où le sens de l'emblême INRI : Igne Natura Renovatur Integra (la Nature est entièrement renouvelée par le feu). Le sens en est d'ailleurs infiniment plus précis pour l'Artiste : "Igne Nitrium Roris Invenitur" (par le feu se découvre le Nitre et la Rosée...) ! D'ailleurs, en ce lieu, ne nous approche-t-on pas davantage de la 2ème Initiation solaire, celle du Baptême ésotérique qui confère à l'Initié la re-Naissance en Esprit... Mais revenons à Noël et au symbolisme qui l'anime. L'étoile des Rois-Mages semblable en tout point à celle de Compostelle (compost stellae : l'étoile du compost philosophique) n'apparaît que pour mieux "signer" la naissance de l'enfant-Christ. Or, c'est précisément à Léon (anagramme de Noël) que le bon Nicolas Flamel (de nickê : la victoire et laas : la pierre ; Flamel : par la flamme...) rencontrera allégoriquement Maître Canches, le savant cabaliste qui produira en lui la prime "illumination" (tel Noël) propre à l'éveil initiatique. Il aura alors la révélation du "sujet des sages" que le bon pèlerin muni de la "coquille", du bourdon et de la "calebasse", représente, si avantageusement dans sa forme élaborée, tandis que l'ouvrage mythique d'Abraham le Juif en incarnait l'aspect originel... C'est pourquoi Noël se trouve traditionnellement placé au cœur de l'hiver si propice au recueillement ou l'être, dépouillé de tout artifice, prend conscience de sa divinité et de la compassion qu'elle se doit d'exercer envers l'humanité.

  [2] Esaïe 22:25  « En ce jour, dit l’Eternel des armées, Le clou enfoncé dans un lieu sûr sera enlevé, Il sera abattu et tombera, Et le fardeau qui était sur lui sera détruit, Car l’Eternel a parlé. » ( trad. Louis Segond )


[3] Le Mot de maçon apparu en Ecosse entre 1628 et 1637, il n’était pas uniquement un rite de reconnaissance mutuelle entre francs-maçons destiné par conséquent à rester connu des seuls intéressés ; c’était aussi un rite porteur d’une recherche exégétique. C’est ce que tendent à indiquer les trois témoignages analysés ci-dessous.

a) Lorsqu’en 1638, dans sa Thrénodie des muses, Henry Adamson fit dire à des frères de la Rose-croix-, c’est à dire à des sympathisants du mouvement Rose-croix inauguré en Allemagne en 16104 par Johann Valentin Andreae, qu’ils avaient le Mot de maçon, il ne se faisait peut-être pas seulement l’écho du fait, vrai ou faux, rapporté par Valentin Griesmann selon lequel J.V. Andreae communiquait secrètement à ses confrères les mots Yakin et Boaz ; il présenta ces sympathisants du mouvement ésotérique Rose-croix comme des personnes susceptibles de s’intéresser au Mot de maçon, connexion entre le mouvement ésotérique des Rose-croix et le Mot de maçon qui atteste dans ce Mot de maçon un matériau susceptible d’intéresser des amateurs d’ésotérisme biblique.

b) Or la perception du Mot de maçon comme rite supportant une exégèse biblique des colonnes du temple de Salomon semble avoir été un fait répandu dès 1689-1690 puisqu’à cette époque le Dr Stillingfleet, évêque de Worcester, appelait le Mot de maçon "un mystère rabbinique" ;

c) et qu’en 1691 Robert Kirk appelait ce même Mot de maçon "une tradition rabbinique" confirmant ainsi que le Mot de maçon (c’est à dire en somme le nom des deux colonnes du temple de Salomon, et par suite la description biblique de ces deux colonnes) constituait bien dans la franc-maçonnerie écossaise au XVIlèmesiècle un objet d’exégèse biblique.

Les colonnes du temple de Salomon étant des symboles, c’est donc vraisemblablement une exégèse de type symbolique que cultivaient les maçons écossais pratiquant le Mot de maçon.

En 1710 le vocabulaire des maçons de Dumfries laisse croire qu’ils étaient conscients du caractère symbolique du temple de Salomon puisque leur rituel exposait que le maçon doit apprendre "ses symboles" c’est à dire les réponses exégétiques du catéchisme maçonnique aux questions posées sur la typologie de chacun des éléments du temple de Salomon. L’analyse de l’Edimbourg tend dans le même sens à confirmer qu’en 1696 les maçons spéculatifs de Canongate-Kilwinning avaient commencé à aborder l’exégèse proprement symbolique des descriptions bibliques du temple de Salomon. Mais le Dumfries n° 4 de 1710 montre par ailleurs que l’exégèse du temple de Salomon élaborée par les maçons de Dumfries était une exégèse encore uniquement allégorique car sa typologie historiquement finalisée reconduisait aux mystères du Christ mais sans dévoiler le symbolisme universel commun tant aux éléments du temple qu’au Christ.

 

 

 

 

 

 

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